Qu'une chaîne comme LCI ouvre la fonction d'analyste à un ancien responsable des études de Natexis, l'un des plus gros naufrages bancaires français, en dit long sur le copinage qui peut exister car aucun critère technique ne pourrait expliquer une telle situation pour le moins … originale.
Dans une revue étrangère, Guy Sorman (auteur de "L'économie ne ment pas" / Fayard 2008) a publié samedi un article remarquable sur les leçons de la crise. Il prend ses distances avec toutes les explications compliquées pour revenir à des socles de bon sens.
1) dès que l'avenir est incertain, les responsables économiques baissent la voilure par précaution. Donc la logique baissière de la Bourse s'installe,
2) quand l'endettement s'approche d'une année de revenus pour les Etats, ce n'est pas insurmontable, selon les Etats, mais cela ne peut pas s'inscrire dans la durée,
3) par conséquent, les Etats en question doivent rapidement attester qu'ils ont compris qu'il importait de diminuer les coûts de fonctionnement et de réviser l'un des plus gros postes des dépenses : les assurances sociales.
4) pour les "vieux pays", c'est une exigence d'autant plus forte que les capitaux ont aujourd'hui la faculté de les quitter pour aller sur des marchés plus prometteurs : Chine, Inde, Corée du Sud …
Contre ces mouvements structurants, rien n'y fera dans la durée. Ce sont les secousses du nouveau siècle qui naît sous nos yeux.
Loin de telles explications , nous voyons s'agiter des "apprentis directeurs de conscience" qui cherchent à faire compliqué parce que le simple les dépossederait de leur supposé pouvoir d'expertise.
Ils seraient pourtant tellement plus efficaces en nous expliquant sur quoi porteront les économies. Quand on va chez le médecin, normalement c'est l'application de l'ordonnance qui soigne. Ici, ce serait le seul diagnostic qui doit remplir de plaisir celui qui l'énonce. A ce rythme, la sortie du tunnel est encore loin.
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