30 millions d’euros pour faire 7 voix, cela met la voix à un montant particulièrement élevé. Mais ce score rappelle des réalités.
1) Est-ce la taille démographique qui fait la qualité d’une candidature ? Non. Sinon, Albertville n’aurait jamais gagné les JO. Ce qu’a montré Albertville, c’est la force de la passion collective + la valeur ajoutée d’un leadership.
La passion collective existait pour 1992. Comme Vice-président de la Région Rhône-Alpes chargé alors des Finances, j’ai vécu cette expérience en direct. Toute la Région sous la Présidence de Charles Millon était aux côtés d’Albertville. Mais aussi tout le Gouvernement du temps de Jacques Chirac qui n’a pas ménagé ses aides.
Là, Annecy était seule. La Région s’est retirée. Les Villes voisines sont restées à l’écart.
A ce premier fait, s’ajoute la place du leadership. On ne remplace pas facilement un ticket Barnier – Killy. La force de ce ticket avait été déterminante. Le leadership si fort hier a terriblement manqué en 2011.
2) D’autres villes françaises auraient-elles pu être plus performantes ? Non, sinon elles auraient déjà pu se qualifier et arriver à cette étape devant Annecy. De telles perspectives alimentent le virtuel déjà trop répandu actuellement. La fatitude tue la vie locale. Le contentement de soi orchestré par une cour politique et relayé par une cour médiatique fait oublier les réalités. Or la compétition de ce type vit par les réalités. Il ne s’agit pas de refaire le match. La décentralisation à la française a déclassé la quasi-totalité des villes par la faute de pouvoirs trop éclatés et de dimensions trop restreintes.
3) Est-ce grave ? Oui. Surtout si la leçon des échecs n’est même pas tirée. Est-ce que Grenoble a tiré les leçons de ses échecs face à Annecy dans cette course aux JO 2018 ? Pas sûr. Le ronron du contentement de soi a repris le dessus. Pour preuves tous les échecs qui se sont répétés dans un chapelet assez irréel mais sans la moindre conséquence publique tirée par les premiers responsables. Il y a là une forme d’autisme assez irréelle.
4) Et demain ? La réforme des collectivités territoriales de 2010 crée des ponts vers de nouveaux territoires. Mais ces nouveaux territoires seront d’abord ce que les prochains décideurs en feront. Ce qui est sûr, c’est que la décentralisation du début des années 80 a montré toutes ses limites et qu’aujourd’hui sa logique pénalise les collectivités locales françaises dans la compétition internationale.
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