Denis Bonzy

La Ville de Grenoble a-t-elle perdu définitivement le statut de Capitale de la Montagne ?

Dans un peu plus d’un mois, le 6 juillet à Durban, le CIO tiendra sa 123 ème session pour désigner la Ville organisatrice des JO d’hiver de 2018. Annecy est sur les rangs et tente d’intensifier sa mobilisation (cf vidéo ci-dessous). Que se passera-t-il le jour d’après ?

Si Annecy est désignée, hypothèse peu probable, toute l’attention internationale l’installera comme Capitale de la Montagne. Dans cette hypothèse, le déclassement de Grenoble sera manifeste. L’action et l’avenir seront « chez les voisins ».

Si Annecy n’est pas désignée, cette ville se relancera-t-elle pour un tour ultérieur ? Et dans ce cas, que fera Grenoble ?

Dans la compétition internationale des Villes, 2014 se jouera sur trois enjeux :

– l’identité d’un territoire : son image de marque, son pouvoir d’évocation face à un nom : c’est l’enjeu de l’attractivité d’un territoire,

– la gestion de l’espace dans le rapport entre la Ville – centre et la périphérie : c’est l’enjeu de la qualité de vie locale,

– les moyens financiers pour financer les grandes infrastructures locales : c’est l’enjeu de la réactivité face à l’avenir.

L’identité du territoire, c’est un déclassement manifeste de Grenoble. Arriver 3ème dans la liste des villes françaises candidates aux JO 2018 était déjà un terrible échec. La lecture politique a dominé localement à l’époque mais elle est fausse. Le rapport technique de la revue l’Expansion tirait la sonnette d’alarme parce que la candidature grenobloise était très onéreuse compte tenu des retards des équipements.

Où est aujourd’hui l’identité de Grenoble ?

En ce qui concerne la gestion de l’espace, ce sera probablement à terme l’échec le plus redoutable. Le diagnostic avait été établi sur des bases consensuelles notamment dans des rapports de structures techniques à l’exemple de l’AURG. La Ville centre s’est fondue dans la Métro qui a fonctionné comme simple mutuelle financière sans volonté d’organisation de l’espace. Les voies de contournement, la « décentralisation » locale d’équipements publics, les zones d’emplois … : rien ne semble avoir répondu à une logique cohérente d’aménagement durable de l’espace.

Pour les finances, les collectivités locales ont créé beaucoup trop d’emplois de bureaux. Elles ont multiplié les locaux. Les impôts très élevés sont donc entièrement affectés à des charges de fonctionnement courant. Et il faut trouver toujours des recettes supplémentaires pour les investissements lourds frappés d’immobilisme.

Pour ces raisons, la position officielle de Grenoble le 7 juillet méritera une attention prioritaire. C’est bien un enjeu de déclassement de cette Ville qui est aujourd’hui ouvert objectivement.

Denis Bonzy

Ancien Président de l’Agence d’Urbanisme de la Région Grenobloise

Commentaires

Une réponse à « La Ville de Grenoble a-t-elle perdu définitivement le statut de Capitale de la Montagne ? »

  1. Avatar de martine
    martine

    Voilà au moins un sujet sérieux qui tranche avec tous les commentaires sur le sondage qui sera oublié dans 15 jours. Je suis venue à Grenoble parce que j’aimais la montagne. J’ai demandé ma mutation pour y vivre mais je ne trouve plus ce qui pourrait faire le charme de cette ville à la montagne. Et au fait que la mairie arrête de considérer les tags comme de l’art. C’est la seule ville polluée à ce point par des tags à tous les coins des rues. martine

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