Le déroulement du Forum Libération a été très instructif de la naissance progressive de tendances lourdes qui devraient compter en 2012.
Sur ce terrain, les informations collectées me semblent dégager 6 enseignements majeurs :
1) Sur le plan pratique et dans un cadre marginal, la pagaille de l'accueil du premier jour est assez incompréhensible. Dès l'instant que les entrées étaient libres et qu'il était possible d'effectuer sa réservation en ligne, pourquoi imposer la collecte d'un billet d'entrée y compris pour ceux qui avaient effectué leur inscription en ligne ; ce qui a semé une belle pagaille ?
Cette situation a donné le sentiment que la Maison de la Culture était manifestement pas habituée à accueillir des "foules" de ce type …
2) Une forte participation : il y a eu une sur-représentation des jeunes (lycéens et étudiants) comme des seniors dont des retraités de l'enseignement. La "gauche bobo" (terme qui n'a aucune connotation péjorative) remplissait une très forte majorité des différentes salles.
3) L'esprit rebelle tous azimuts : dans une ambiance de ce type, très peu de politiques ont "trouvé grâce". La parole publique ne parle plus. Le Ministère de la parole ne fait plus recette. Ceux qui se sont exprimés de façon abstraite n'ont pas emporté l'adhésion. Les personnes attendent de l'action, du concret. Seule l'action est devenue un message. Tout le reste laisse sur la faim.
4) L'humain emporte l'institutionnel : les salle n'ont réagi qu'à des considérations émotionnelles et encore fallait-il ne "pas en faire trop" parce qu'elles concluaient alors au "jeu politique".
5) La sanction emporte la proposition : les salles étaient dans une logique "post – indignation" : elles réclamaient des "têtes" sur des sujets clefs dont les banques où les réactions ont été les plus vives. Les banquiers seront au centre de 2012 car l'opinion veut des clarifications. Montebourg a été le meilleur sur ce volet et de loin car il sait trouver un équilibre entre la critique forte mais avec une dose de technicité qui crédibilise son propos. Il a su "faire parler les solutions".
6) La très difficile campagne 2012 de Nicolas Sarkozy : il incarne le "pouvoir que l'opinion veut chasser". J'ai été surpris par la violence généralisée des commentaires à son sujet. Il lui sera manifestement très difficile de faire campagne dans des ambiances voire des géographies de ce type. L'ambiance à la protestation "chaude" risque de provoquer des situations très difficiles à gérer. L'ambiance est "post-indignation" avec une forme de méthode de "détournement évènementiel" qui peut crisper. "Les Mounier" ont très efficacement pratiqué cette méthode dans un contexte certes globalement favorable compte tenu du profil des participants.
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