La crise actuelle s'inscrira probablement comme l'exemple caricatural des paradoxes. Les défilés rassemblent souvent ceux qui n'ont que peu de raisons d'être mobilisés notamment tous les bénéficiaires de régimes spéciaux protégés. Les débats de fond ont été rarissimes. Très peu de personnes pourraient aujourd'hui exposer des projets alternatifs. Tout s'est accéléré en quelques jours car la rage existait déjà et la réforme des retraites n'a été qu'une allumette.
La vie politique française est à l'opposé des évolutions de la société : d'où un divorce croissant.
La politique est figée, congelée, encroûtée quand la société est d'une extrême mobilité.
La politique est monotone, triste, "elle gère la crise" quand la société aspire à vivre, progresser, exprimer des joies et des plaisirs.
La politique est repliée sur elle, claquemurée sur ses coutumes quand la société s'ouvre à des spectacles où la mise en scène émerveille, surprend, mobilise, innove.
Bref, quand la politique devrait être la vie avec toutes ses révolutions, elle est devenue le cimetière des projets, des espoirs, des confiances.
A l'exemple de la tribune mise en évidence au centre de ce billet, la sortie de crise des retraites qui va bientôt intervenir marquera l'entrée dans une autre crise : celle de la politique plus globalement.
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