L’actuelle crise grave montre, si besoin était, combien depuis plusieurs années le pouvoir présidentiel a pris des risques considérables en installant une confusion qui provoque aujourd’hui des collisions aux issues aléatoires.
Confusion entre les pouvoirs : pour la première fois à ce point le pouvoir politique est apparu mêlé aux puissances économiques, médiatiques voire même judiciaires.
Confusion entre les fonctions : pour la première fois à ce point les Ministres ont joué sur tous les registres : fonctions ministérielles + fonctions d’appareils politiques + liens médiatiques (époux de stars de ciné, TV …) + présences sur les plateaux TV à la moindre occasion même dans des émissions de divertissement de « seconde catégorie ». L’opinion s’est fait à l’idée qu’ils « veulent tout ».
Ce climat de confusion généralisée a rencontré la crise. La crise demande du Pinay, du Monory, du Barre : bon sens + terrain + expertise. Au même moment, Sarkozy offre Yade, Blanc, Estrosi : paillettes, éloignement, superficialité.
Le choc ne peut qu’être dur.
Le plus étonnant, c’est que le Président adapte mal sa réaction à la crise. Prenons trois exemples concrets.
La fête du 14 juillet : pourquoi passer du tout au rien ? Les autres années, les « castes du pouvoir » se rencontrent dans les jardins de l’Elysée. Si la page doit être tournée, pourquoi pour autant ne pas maintenir une fête avec des invités symboliques à l’exemple des familles de militaires présents en Afghanistan comme Obama vient de la faire pour la fête de l’indépendance ce 4 juillet (voir vidéo ci-dessous) ?
Le débat sur les économies budgétaires : pourquoi mobiliser les Préféctures pour le débat sur l’identité nationale et pas sur les économies budgétaires ? 300 burqas méritent plus de mobilisation que les économies sur l’argent public donc l’argent de tout le public ? Pourquoi cette sélectivité des sujets qui méritent la « mobilisation nationale » ?
Le rapport à la vérité : pourquoi ne pas s’expliquer comme si l’opinion était une adversaire alors même qu’elle est celle qui a droit à des comptes ? Quel est donc ce pays où le Chef de l’Etat considère qu’il n’a pas d’explication précise à donner à l’opinion ?
Dans ces trois cas, sur des bases concrètes, l’actuelle attitude présidentielle dénote des choix qui sont inquiétants parce qu’ils traduisent un flottement pour le moins, une rupture de considération démocratique pour l’opinion.
C’est probablement là le grief à terme qui affectera le plus la Présidence Sarkozy : aimer le pouvoir, ne pas aimer les gens. C’est cette crise là qui sera la plus difficile à assumer car l’opinion ne pardonnera pas cette confusion qui a pu être la sienne en … 2007.
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