Denis Bonzy

Philippe Meirieu : à la tête de Rhône-Alpes en 2010 …

Le top 3 concerne la désignation de Philippe Meirieu comme tête de liste des Verts en Rhône-Alpes. Cette désignation marque une triple évolution du courant écologiste. Tout d’abord, il désigne un intellectuel qui a une vision d’ensemble de la société. L’école, le logement … sont pour lui des dossiers au moins aussi importants que l’environnement. Ensuite, il désigne un contestataire de la gauche étatique. Enfin, il désigne une personnalité qui veut « changer le système ». C’est ce dernier volet qui est le plus intéressant dans la démarche de Cohn-Bendit et de ses proches. Il ne s’agit plus de teindre de « vert » une politique. Il faut changer le système politique notamment dans ses « équilibres » des pouvoirs.


Philippe Meirieu peut gagner la Région Rhône-Alpes. Des sondages le placent en tête au premier tour devant le PS. Un PS qui, par son refus de laisser les Verts en têtes de listes dans deux Régions, a pris le risque de confrontations qui peuvent considérablement le fragiliser.

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Le flop 3 concerne la taxe carbone. Sa naissance est frappée par trois vices. Tout d’abord, elle est supposée être « indolore ». C’est faux. Il s’agit d’une formule inappliquable de façon individualisée. Ensuite, elle est supposée être efficace. C’est faux. Si tel devait être le cas, comment expliquer que les routiers en soient exemptés. Enfin, elle est supposée être neutralisée par des baisses d’autres taxes. Ce dernier volet fait de la taxe carbone la caricature du divorce entre la parole présidentielle et la réalité des faits.


En 2009, une évolution est intervenue entre l’opinion et la parole présidentielle. Cette évolution a concerné quatre domaines :


  De la confiance à la suspicion : de 2005 à 2007, face à une nouvelle initiative de NS, l’opinion se disait « il va me séduire ». Maintenant, la réaction spontanée est « il va me tromper ».


  De la joie à l’amertume : l’engouement de départ se transforme en ambitions non satisfaites.


  De l’union à la jalousie : l’homme qui monte est devenu l’homme qui encombre parce qu’il veut tout décider.


  De la cohérence à l’éclatement : à force de vouloir tout décider en circuit court et rapide, les priorités ne sont plus visibles.

Commentaires

Une réponse à « Philippe Meirieu : à la tête de Rhône-Alpes en 2010 … »

  1. Avatar de Christian Bec
    Christian Bec

    Que penser de la nomination de Philippe Meirieu comme tête de liste des verts en Rhône Alpes ?
    Il possède à mon sens la volonté de vouloir faire de la politique autrement, ce qui lui laisse une certaine liberté de penser qui se traduit par uns discours moderne, dynamique et séduisant. Grâce à son talent de pédagogue, il saura s’entourer d’experts, écouter, consulter les citoyens et donner du sens à son programme.
    Pour notre famille politique, l’issue se révélerait tout aussi grave, puisque Philippe Meirieu ne veut pas travailler avec l’UMP, considérant nos valeurs trop éloignées des siennes.
    Pour ma part, je milite activement pour expliquer que la protection de l’environnement et de manière plus globale le développement durable, ne sont pas des exclusivités propres aux seuls écologistes.
    Aujourd’hui, aucune politique ne peut sérieusement être mise en œuvre sans s’articuler autour des trois leviers qui caractérisent le développement durable : l’environnement, le social (ou sociétal) et l’économie.
    Le débat controversé sur la croissance ou la décroissance ne doit pas masquer la réalité économique liée aux emplois verts. Sur fond de crise, l’économie verte peut constituer un relais ou encore un ballon d’oxygène visant l’évolution ou la création de certains métiers.
    La région Rhône Alpes a un rôle essentiel à jouer sur ce dossier en partenariat avec les professionnels de l’emploi et de la formation.
    L’emploi vert, qui contribue à la préservation ou au rétablissement de la qualité de l’environnement, que ce soit dans l’industrie, l’agriculture, les services ou l’administration, présente l’avantage de ne pas être délocalisable et de proposer notamment des débouchés pour une main d’œuvre peu qualifiée.
    La région Rhône Alpes doit coordonner et faciliter en partenariat avec l’Etat, les différentes branches professionnelles et le service public de l’emploi les axes suivants :
    • Etre en phase avec la forte mobilisation concrétisée par le Grenelle de l’Environnement et voulu par le Gouvernement au sujet des métiers verts.
    • Identifier les métiers verts (périmètre : nouveaux métiers émergents + métiers existants qui vont devoir s’adapter). Ce travail doit aboutir à la création de référentiels des métiers et des compétences élaborés à partir des besoins des entreprises.
    • Définition des besoins en formation. Il s’agit d’anticiper les besoins et les mutations en matière de croissance verte. Cet exercice suppose la redéfinition d’un grand nombre d’emplois dans beaucoup de secteurs. Effectivement, de nombreux métiers verront leur contenu se modifier en intégrant de nouvelles exigences en matière de performances et de compétences. L’objectif est de promouvoir des formations correspondant au marché du travail.
    • Mettre en relation les offres d’emplois émanant des métiers verts, un niveau de formation qualifiante adapté couplé à l’épanouissement individuel.
    L’objectif de faciliter l’employabilité en orientant les demandeurs d’emplois vers les métiers ou il existe de la demande et faire correspondre le profil compétence et/ou expérience par rapport à l’offre présente et à venir est un défi qui dépasse la couleur politique.
    Tous les experts sont d’accord pour évoquer la création ou la mutation de 600 000 emplois verts à échéance 2020.
    La région Rhône Alpes possède des atouts précieux pour devenir pilote et exemplaire sur ce sujet.
    Christian Bec.

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