La manifestation d'hier a battu des records de participation à Grenoble. Pourquoi ? Les discussions cette semaine aux inter-cours avec les étudiants de 3 et 4 èmes années d'ingénierie financière dans une Ecole de Commerce de Lyon m'ont donné des grilles de lecture qui me paraissent mériter l'attention.
1) A leurs yeux, le pouvoir politique tourne à vide. Nicolas Sarkozy a été rattrapé par le discrédit général qui frappe la politique. Le temps est d'ailleurs fini où la "carrière politique" pouvait attirer les étudiants les plus brillants d'une promotion. La mode est désormais à proclamer son dédain pour la politique et son attirance pour le privé.
2) La crise angoisse. Mais l'après-crise inquiète aussi quasi-autant : la place de la précarité, le niveau des salaires y compris pour des étudiants à formation "élevée" …
3) Le pouvoir politique ne répond pas aux vraies questions du quotidien. Face à ce constat, les uns considèrent que c'est le résultat de "professionnels de la politique" qui sont coupés de ce fait du quotidien. D'autres, plus radicaux, en déduisent qu'une fois l'élection gagnée le désintérêt est de règle.
4) Le Gouvernement est usé. Le discours avec le références permanentes à Nicolas Sarkozy dégage un culte de la personnalité qui est d'une autre époque. Le style de la "monarchie républicaine" n'est plus supporté. La colère à l'endroit de Nicolas Sarkozy est d'autant plus grande que cette génération attendait de lui qu'il tourne cette page.
Dans ce contexte, le vote des Européennes s'annonce un probable vote sanction d'une extrême sévérité amplifiant celui des élections locales de mars 2008 où l'UMP a déjà connu une défaite nationale historique comme les chiffres l'attestent.
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