Les transports en commun dans l’agglomération Grenobloise augmentent de 8%. C’est décidé.
Normal : 2009 est une année sans élection locale. Depuis 2001, il n’y a en effet que les années avec des élections locales qui ne connaissent pas de hausse de fiscalité locale.
Cette décision est à la fois incohérente et cohérente.
Elle est incohérente pour ceux qui pensaient que la défense du pouvoir d’achat serait aussi l’enjeu des collectivités locales.
Elle est incohérente pour ceux qui pensaient que, face à la cherté des carburants qui pénalise les véhicules individuels, ce serait le moment "idéal" pour promouvoir les transports en commun.
Mais elle est cohérente pour ceux qui savent qu’elle était déjà programmée avant même les dernières élections car inscrite dans la structure financière des organes de gestion.
Cette hausse est l’illustration de la monotonie du climat démocratique depuis 13 ans dans l’agglomération grenobloise.
Un territoire qui ne vit plus les débats démocratiques. Les élections de mars 2008 ont même montré que les citoyens pouvaient voter pour des candidats qui refusaient ouvertement le moindre débat public contradictoire ; ce qui dans de nombreuses autres localités serait inconcevable et disqualifierait immédiatement l’auteur du refus.
Comment comprendre cette situation ?
C’est le résultat d’un état de grâce pour le PS qui dure depuis … 13 ans avec le fonds de commerce des affaires de la droite qu’il a su gérer avec un talent incomparable. Ce fonds de commerce lui épargne tout bilan comme tout projet.
Cet état de grâce est confronté avec une droite divisée, qui a perdu la bataille de la pensée. Une droite coincée entre des "papys flingueurs" qu’on a bien connu dernièrement dans le Canton de Vif et qui vivent dans la recherche d’un mandat électif personnel l’ultime statut social les reliant à la vie active passée. D’un autre côté, il y a une génération de "conseillers de seconde division" qui n’a jamais rien gagné. Ils ont été élevés au "grain des cabinets politiques" c’est à dire qu’ils n’ont jamais rencontré la "vraie vie" et encore moins … le travail. Mais ils complotent pour l’essentiel d’ailleurs non pas au gré de valeurs mais de leurs intérêts personnels à très court terme.
Certes, il peut y avoir quelques alternances locales dans des petites Communes. Comment se jouent-elles alors ? Ce sont des territoires où l’élection ne concerne plus des citoyens mais des propriétaires fonciers. Là, l’engagement c’est d’abord le devenir d’urbanisation d’un terrain qui permettra de restaurer la maison, d’acheter un 4×4, d’aider les enfants … L’élection est devenue le "loto immobilier".
En dehors de ces cas isolés, avec une telle inégalité de rapports de forces politiques, toutes les batailles ont une totale visibilité et inéluctablement sont "jouées d’avance".
Il en est de même pour la gestion. La hausse des prélèvements locaux obligatoires est sans précédent. Le nombre de recrutements de fonctionnaires locaux bat tous les records. La baisse de compétitivité des atouts locaux est certaine dès que l’on compare avec d’autres géographies. Mais aucune élection locale ne se déroule sur ces enjeux là.
Cette hausse est la première d’une longue série. Tant que les usagers auront les moyens financiers et la volonté pour les supporter sans conséquence politique, pourquoi les décideurs publics se priveraient-ils de cette manne tolérée par les citoyens ?
A la prochaine hausse. Elle ne devrait pas tarder.
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