L’actualité est à la réforme des Institutions pour évoluer vers un pouvoir supposé "mieux partagé", "plus équilibré", acordant une place plus importante à l’opposition. Ce n’est pas une affaire de texte mais de mentalités. C’est donc beaucoup de temps et d’argent probablement dépensés pour rien à ce jour.
Regardons l’actualité internationale, le candidat démocrate pour la présidentielle américaine effectue une tournée en Afghanistan, en Irak … et rencontre les autorités militaires et les troupes (voir vidéo ci-dessous). Serait-ce concevable en France ? Imagine-t-on Ségolène Royal se rendant sur les théâtres d’opérations militaires en janvier 2007 avec la logistique militaire et rencontrant les chefs de bataillons ainsi que les soldats ? Ce n’est pas concevable dans la démocratie Française car être dans l’opposition, c’est vivre une "traversée du désert" : pas de moyen, pas d’information, pas de considération.
L’opinion publique française aime trop le pouvoir pour chercher à être exigeante avec lui. Elle se donne au pouvoir quitte à le fuir brutalement pour faire symboliquement tomber la tête du "Roi déchu" dans la sciure comme "au bon vieux temps".
Cette mentalité opportuniste a beaucoup progressé ces dernières années dominées par le matérialisme. Sur le plan local, trois tests politiques seront des marqueurs d’évolutions.
1) la place des Conseillers Généraux suppléants : là aussi, un texte a aménagé une nouvelle fonction pour un travail collectif meilleur. Cette fonction se réduit-elle à l’espace d’un timbre photo le temps d’une campagne électorale ou est-ce davantage dans l’équilibre d’un ticket cantonal (voir photo actualité) ?
2) le rôle politique du Modem à terme : si le Modem s’ancre durablement et solidement à la majorité PS de Grenoble et de l’agglo, c’est une nouvelle donne politique qui assure une continuité locale pour cette majorité pendant au moins une nouvelle décennie (voir photo Canton de Vif).
3) la pacification quant à la participation d’Alain Carignon dans le débat politique isérois : nous n’appartenons pas à ceux qui ont besoin de dire du mal d’Alain Carignon pour penser se mettre bien avec une image de morale. L’actuel climat dans l’opposition départementale de "forts avec les faibles mais de faibles avec les forts" s’avoisine beaucoup à une indignité choquante. Le bilan de ce responsable public ne peut se réduire à une faute sanctionnée et purgée sur laquelle les opposants d’aujourd’hui (d’ailleurs souvent si proches hier) pourraient faire vivre une rente de situation. Les "années Carignon" sont aussi : le tramway, le nouveau Musée, le referendum, 150 000 Grenoblois sur les berges de l’Isère les 14 juillet, le Synchrotron, les voies sur berges, l’autoroute Grenoble-Valence …
Que montrent ces trois marqueurs :
* la limite des textes si l’opinion ne les adopte pas,
* la limite des principes si les frontières politiques ont évolué au point de dessiner des enjeux quasi-inaccessibles,
* la limite des débats si les participants décident de s’en tenir à de faux dossiers car déjà traités pour ne pas avoir à s’ouvrir aux vraies nouvelles questions.
C’est le même enjeu sur le plan national. Comment considérer qu’un texte puisse réhabiliter la fonction d’opposant quand on constate le traitement indigne qui est réservé à celle qui a représenté 47 % des Français ?
Le jour où un opposant accèdera régulièrement aux services officiels, aux informations officielles, pourra poser des vraies questions sans être traité comme un polémiste, un menteur ou un demeuré ; ce jour là seulement la situation aura changé.
Pour ces raisons, en attendant ce jour sur le plan national comme local, même si nous ne partageons pas toutes ses prises ds positions, nous avons envie de dire "vive Ségolène Royal" car une démocratie devrait être une opposition que l’on respecte et un pouvoir dont on se méfie.
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