Denis Bonzy

22/07/08 : vive Ségolène Royal !

L’actualité est à la réforme des Institutions pour évoluer vers un pouvoir supposé "mieux partagé", "plus équilibré", acordant une place plus importante à l’opposition. Ce n’est pas une affaire de texte mais de mentalités. C’est donc beaucoup de temps et d’argent probablement dépensés pour rien à ce jour.

Regardons l’actualité internationale, le candidat démocrate pour la présidentielle américaine effectue une tournée en Afghanistan, en Irak … et rencontre les autorités militaires et les troupes (voir vidéo ci-dessous). Serait-ce concevable en France ? Imagine-t-on Ségolène Royal se rendant sur les théâtres d’opérations militaires en janvier 2007 avec la logistique militaire et rencontrant les chefs de bataillons ainsi que les soldats ? Ce n’est pas concevable dans la démocratie Française car être dans l’opposition, c’est vivre une "traversée du désert" : pas de moyen, pas d’information, pas de considération.

L’opinion publique française aime trop le pouvoir pour chercher à être exigeante avec lui. Elle se donne au pouvoir quitte à le fuir brutalement pour faire symboliquement tomber la tête du "Roi déchu" dans la sciure comme "au bon vieux temps".

Cette mentalité opportuniste a beaucoup progressé ces dernières années dominées par le matérialisme. Sur le plan local, trois tests politiques seront des marqueurs d’évolutions.

1) la place des Conseillers Généraux suppléants : là aussi, un texte a aménagé une nouvelle fonction pour un travail collectif meilleur. Cette fonction se réduit-elle à l’espace d’un timbre photo le temps d’une campagne électorale ou est-ce davantage dans l’équilibre d’un ticket cantonal (voir photo actualité) ?

2) le rôle politique du Modem à terme : si le Modem s’ancre durablement et solidement à la majorité PS de Grenoble et de l’agglo, c’est une nouvelle donne politique qui assure une continuité locale pour cette majorité pendant au moins une nouvelle décennie (voir photo Canton de Vif).

3) la pacification quant à la participation d’Alain Carignon dans le débat politique isérois : nous n’appartenons pas à ceux qui ont besoin de dire du mal d’Alain Carignon pour penser se mettre bien avec une image de morale. L’actuel climat dans l’opposition départementale de "forts avec les faibles mais de faibles avec les forts" s’avoisine beaucoup à une indignité choquante. Le bilan de ce responsable public ne peut se réduire à une faute sanctionnée et purgée sur laquelle les opposants d’aujourd’hui (d’ailleurs souvent si proches hier) pourraient faire vivre une rente de situation. Les "années Carignon" sont aussi : le tramway, le nouveau Musée, le referendum, 150 000 Grenoblois sur les berges de l’Isère les 14 juillet, le Synchrotron, les voies sur berges, l’autoroute Grenoble-Valence …

Que montrent ces trois marqueurs :

* la limite des textes si l’opinion ne les adopte pas,

* la limite des principes si les frontières politiques ont évolué au point de dessiner des enjeux quasi-inaccessibles,

* la limite des débats si les participants décident de s’en tenir à de faux dossiers car déjà traités pour ne pas avoir à s’ouvrir aux vraies nouvelles questions.

C’est le même enjeu sur le plan national. Comment considérer qu’un texte puisse réhabiliter la fonction d’opposant quand on constate le traitement indigne qui est réservé à celle qui a représenté 47 % des Français ?

Le jour où un opposant accèdera régulièrement aux services officiels, aux informations officielles, pourra poser des vraies questions sans être traité comme un polémiste, un menteur ou un demeuré ; ce jour là seulement la situation aura changé.

Pour ces raisons, en attendant ce jour sur le plan national comme local, même si nous ne partageons pas toutes ses prises ds positions, nous avons envie de dire "vive Ségolène Royal" car une démocratie devrait être une opposition que l’on respecte et un pouvoir dont on se méfie.

Commentaires

3 réponses à « 22/07/08 : vive Ségolène Royal ! »

  1. Avatar de Jorice
    Jorice

    Pour compléter sur le fait de savoir si on doit ou non aimer Alain Carignon.
    Je dirais simplement que quand on a la chance d’avoir dans sa formation politique un homme qui a été élu deux fois maire de Grenoble, député, député européen, présent du CGI et nommé deux fois ministre, peu importe ce qu’il a pu faire de « mal », on n’a pas le droit de se priver de ses compétences. Surtout au vu de l’état de nos performances électorales!
    La droite n’est plus capable de gagner en Isère. Ce n’est pas en nous privant de son expérience que cela changera la donne, bien au contraire.
    Nos adversaires l’instrumentalisent et s’en servent comme d’une excuse pour ne pas avoir à débattre. A nous de leur demander le débat que nous souhaitons et qui est nécessaire à la démocratie! Nous n’avons pas à rougir car eux n’ont pas de quoi être fiers!
    Unissons nous! A chaque fois que quelqu’un de notre camp est attaqué, c’est tout notre camp qui souffre! Les dernières échéances l’ont bien montré. Ce n’est qu’en resserant nos rangs qui nous arriverons à la victoire!
    On peut avoir des avis divergeants sur la candidature de telle ou telle personne, au final les électeurs tranchent! Mais il serait bien qu’avant l’avis des électeurs, une partie de notre mouvement ne fasse pas campagne contre le candidat désigné! Il y a des règles de conduite à tenir dans un parti politique!
    Donc pour conclure, oui à l’union de toutes les volontés, de toutes les intelligences, de toutes les énergies et avec Alain Carignon!
    Cordialement,
    Jorice SAMUEL

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  2. Avatar de maisonneuve

    Moi je ne suis pas d’accord. Quand on sollicite la confiance des électeurs, et qu’on les trompe, avec enrichissement personnel, et abus de biens sociaux, on se doit de quitter la politique. Comment peut on revenir et les regarder à nouveaux droit dans les yeux? Moi, je n’aurais même pas osé…
    Il a endetté la ville, trompé ses électeurs, il s’est enrichi… ALors dans une démocratie moderne ce devrait être interdit. et puis, toujours dans une démocratie moderne, ceci serait interdit, puisque l’on ne pourrait pas se représenter avec 2 mandats dans la même ville…
    Enfin, c’est bon de rêver…
    En attendant : NON à carignon ! Il ne repassera jamais et a perdu tout crédibilité. car Homme politique ce n’est pas un Job normal. La résposabilité vis à vis des électeurs est grande et unique.
    La Gauche est durablement implantée à grenoble, et j’en suis fort aise.
    Stéphane.

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  3. Avatar de Jorice
    Jorice

    @ Stéphane Maisonneuve,
    je suis d’accord avec vous sur le fait qu’homme politique ce n’est pas un emploi « normal » mais j’irai même plus loin en disant que ça ne doit pas être un emploi du tout!
    Voilà pourquoi à titre personnel je suis opposé au cumul des mandats et que je pense qu’il faille limiter à 2 le nombre de mandats consécutifs.
    Vous qui êtes socialiste, vous devriez en parler avec Didier Migaud qui à mon avis n’est pas d’accord avec vous sur ce point là (élu depuis 1988, cumulant les mandats de Maire, député, président de commission des finances et président de la métro).
    Sur l’endettement de la ville de Grenoble, je vous conseille vivement le dernier livre de Mr De Villars, qui rétablit beaucoup de vérités!
    Pour finir, je pense que justement dans une démocratie, tout le monde a le droit de se présenter devant les électeurs. C’est ce qui fait la force d’une vraie démocratie!
    Mon propos dans ce commentaire était de dire en dehors du fait qu’Alain Carignon doive ou non être de nouveau candidat de l’UMP qu’un grand parti comme le notre ne peut pas se passer de personnes ayant un certain talent.
    Je suis persuadé pour ma part qu’il peut, de par la rudesse des combats qu’il a gagné à Grenoble, de par son expérience et de par sa passion toujours intacte pour la politique apporter beaucoup aux militants de l’UMP dont vous ne faites pas partie.
    Ce que je regrette pour conclure, c’est que la gauche se serve d’une excuse « Carignon » pour refuser systhématiquement le débat avec l’UMP! Je vous rappelle qu’un de vos vice président du CGI a été lourdement condamné dans le passé et que vous avez tout fait pour favoriser son retour! La grosse différence avec Alain Carignon est que dans ce cas là l’argent a littérallement disparu! Soyiez un minimum honnête et cohérent dans vos propos!
    Je préfèrerais à titre personnel que l’on parle d’idées et non de personnes, que l’on discute sans souci partisan de l’avenir de notre territoire, mais cet avis n’est pas partagé!
    Bien Cordialement,
    Jorice SAMUEL

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