Au moment où Annecy se remobilise pour s’ancrer durablement comme la Capitale de la Montagne dans les Alpes du Nord, il serait opportun de soulever le capot de la Ville de Grenoble et d’apprécier ses potentialités.
Sur le plan de la région Sud Est, la course est entre Lyon et Marseille. Lyon construit avec patience son partenariat renforcé avec St Etienne pour s’installer comme la grande métropole de Rhône-Alpes.
Marseille va bénéficier de son statut de Capitale Européenne de la Culture en 2013 et ces derniers jours elle décide de la réalisation du plus grand village de marques du Sud Est : l’opération dite la Valentine : 125 enseignes fortes, 1 000 emplois créés, 100 millions de travaux pour les seules entreprises locales …
Sur le plan de Rhône-Alpes, outre l’évolution déjà signalée pour Lyon, Annecy préempte doucement mais sérieusement le statut de Capitale de la Montagne. L’arc alpin reste flou. L’agglomération grenobloise, de loin démographiquement la plus importante en dehors de l’axe Lyon – St Etienne, se construit dans l’incohérence la plus totale. Comment imaginer qu’elle puisse aller dans le Vercors alors même qu’elle ne comprendrait pas Crolles. Combien de travailleurs se rendent dans « l’agglo » à Villard de Lans et combien vont à Crolles ?
Cette incohérence n’est que le résultat d’une place trop importante accordée à des considérations politiques qui, à l’échelle des décennies à venir, sont d’un ridicule sans nom. Mais le PS doit entretenir les territoires de ses chefs locaux sans chevauchement …
L’agglo n’a même plus les moyens financiers pour garder dans le patrimoine public le « grand stade des alpes » qu’elle vient de décider de privatiser.
Asphyxiée au niveau de ses voies de communication, elle ne pourra financer de nouveaux équipements lourds qu’avec l’installation d’un péage urbain de proximité.
Tous ces faits imposent de se poser une question simple : que reste-t-il sous le capot de la Ville de Grenoble ? Où est le moteur des prochaines années ? Où est le grand projet qui remet la Ville dans la course de ses concurrentes ?
Et pendant ce temps, la priorité va aux déchirures intestines sur les places d’une liste aux sénatoriales …