Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • 13/05 : à 300 jours des régionales

    Le seuil des 300 jours avant les élections régionales vient d’être franchi. 4 régions occupent particulièrement l’attention dans la préparation des prochaines régionales : Poitou, Centre, Rhône-Alpes et Paca.


    Pour la Région Poitou, l’enjeu est de constater si l’ancrage de Ségolène Royal est confirmé ou pas. En 2004, la victoire de Ségolène Royal avait été le tremplin véritable pour sa présidentielle. Une défaite en 2010 deviendrait un handicap majeur sur le chemin de la présidentielle 2012.


    Pour la Région Centre, elle fut un bastion historique de la droite. Michel Sapin (PS) a gagné en 2004. La tête de liste pour la majorité présidentielle devrait revenir à un Nouveau Centre : Philippe Vigier (voir vidéo ci-dessous). C’est un jeune parlementaire dynamique issu de la société civile. Il est aujoud’hui le leader de l’opposition dans cette région et a gagné de haute lutte la circonscription de Chateaudun. La Région Centre pourrait revenir à son ancrage habituel.


    Pour Paca, la lutte sera d’abord entre « l’influence Gaudin » et celle d’Estrosi. Un retour dans la majorité présidentielle serait naturel compte tenu du profil sociologique de cette région et donc des conséquences politiques qui en résultent.


    Pour Rhône-Alpes, la situation est très compliquée. Pendant longtemps, au sein de la majorité présidentielle, il a été question de « réserver » cette région à un arbitrage post-européennes. Aujourd’hui, face aux difficultés rencontrées sur le terrain, certains évoquent la nécessité de rouvrir le choix de la tête de liste en fonction des résultats des Européennes. Le résultat des Européennes pèsera lourd. Certains Départements se mobilisent activement par des actions militantes manifestes dont la Drôme et les 2 Savoies. La réunion dans le Rhône lundi soir a été un échec flagrant de participation. Quant à la Loire et l’Isère, elles semblent en perdition. Les querelles internes se creusent toujours plus. Dans ce dernier Département (l’Isère), la direction actuelle de l’UMP déjà installée depuis près de 8 mois est désormais exposée y compris en son propre sein à de nombreuses critiques sur son absence d’initiative et la faiblesse de son opposition aux collectivités locales toutes détenues par le PS. Là aussi, les Européennes permettront d’y voir plus clair par un résultat qui dépassera les simples querelles internes pour apprécier l’impact sur les électeurs.

  • 12/05 : hausses records d’impôts sur 2010

    L'année 2010 pourrait être une année historique dans les annales de la comptabilité publique en raison des hausses d'impôts battant tous les records.

    A la fin du mois de mars 2009, le déficit du budget de l'Etat était de près de 44 milliards d'euros contre 22 milliards à la même date en 2008. Si les chiffres de la loi de finances rectificatives s'avèrent juste pour une fois ce déficit pourrait monter à 104 milliards d'euros en fin d'année 2009…

    L'année 2010 va donc connaître un poids accru de la dette avec une baisse significative de recettes liée à la crise économique (dont produits de la TP et des droits de mutation). Pour garder le "fonctionnement habituel", les solutions sont peu nombreuses.

    Il en est de même pour les collectivités locales. De façon surprenante, ce volet n'est pas ouvert pour engager dès à présent la concertation sur des économies de façon à ne pas augmenter les impôts. Il est vrai que finalement les contribuables Français sont assez dociles et semblent être habitués aux hausses fiscales permanentes …

  • 11/05 : Caterpillar : le conflit des symboles

    La crise économique impacte fortement l’actualité quotidienne. 3 000 emplois par jour sont supprimés depuis quelques semaines. Les médias institutionnels semblent guidés par la volonté de marginaliser cette réalité. C’est dommage pour la qualité du contenu de l’information. C’est d’autant plus regrettable que certains conflits montrent des tournants dans les réactions collectives.


    Dans les années 70, le conflit le plus symbolique fut celui de Lip, proclamant alors la force de l’autogestion face à un patronat paternaliste qui partageait peu ou pas du tout les décisions. José Bidegain a publié des travaux très intéressants sur cette ambiance. L’autogestion fut rangée dans les tiroirs mais la participation allait connaître de nouvelles avancées d’ailleurs largement insuffisantes.


    Dans des circonstances différentes, le conflit Caterpillar donnera probablement lieu à des études intéressantes. Il a marqué deux valeurs :


    – le retour en forme de la solidarité salariale,


    – la priorité à l’instant présent.


    Jusqu’alors, dans de très nombreux cas, des conflits étaient fragilisés par des divisions dans le front des revendications. La crise d’octobre 2008 a fait renaître une conscience de classe c’est à dire la certitude que la revendication collective est le seul moyen d’être fort. Cette conscience de classe nouvelle repose sur des bases différentes. La ligne de frontière est désormais entre ceux qui « profitent » de la crise et tous ceux qui « subissent » la crise, ses précarités, ses angoisses … C’est la fin du « sauve qui peut » qui prévalait jusqu’alors.


    Deuxième constat, la confiance est tellement ébranlée qu’accepter un sacrifice immédiat au motif d’en éviter un autre éventuel demain ne marche plus. Chacun a le sentiment qu’accepter un sacrifice immédiat s’ajoutera au sacrifice prochain juste différé. C’est donc un cumul d’inconvénients intolérables. Cette perception montre que la confiance n’existe plus. Là aussi, c’est une nouvelle donne importante qui ne peut que radicaliser les relations.


    Caterpillar marquera une étape dans les conflits sociaux.

  • 09/05 : Barack Obama en France le 6 juin

    Les services de la Maison Blanche ont confirmé hier que le Président Américain avait intégré une étape Française dans son voyage international de début juin. Le temps fort de ce déplacement sera le discours du Caire. Puis il se rendra en Normandie avant de se diriger sur l’Allemagne.


    Un Président qui cultive toujours la proximité comme le montre la vidéo ci-dessous lors d’un arrêt surprise à Arlington.


  • 06/05 : INSEE : la pauvreté progresse en France

    Dans son rapport publié ce jour, l'INSEE indique qu'en 2006, 8 millions de personnes en France vivaient sous le seuil de la pauvreté soit 13, 2 % de la population.

    En 2004, ce chiffre s'établissait à 11, 7 %. La pauvreté a donc augmenté en France.

    1 retraité sur 10 vit en dessous du seuil de la pauvreté…

    Ce sont des chiffres qui méritent une profonde réflexion. Bien davantage, c'est l'ensemble de la pyramide des salaires qui devrait être revue. Un pays qui accorde un taux horaire supérieur aux garagistes chargés de gérer les ennuis matériels qu'aux médecins chargés de la santé humaine … : voilà des chiffres qui en disent long. Il en est de même pour tant d'autres professions.

    Mais surtout, l'éventail des rémunérations a considérablement augmenté dans des proportions qui ne peuvent en aucune manière refléter un juste rapport entre les travaux en question.

    La proclamation sur le "modèle Français" en prend pour son grade avec un tel chiffre de progression de la pauvreté.

  • 05/05 : une opinion qui n’a plus le respect d’elle-même

    La situation actuelle de l’opinion publique Française traduit un « détachement » inquiétant. Les chiffres publics sont faux. Pour le 1er mai, les données ont varié de 1 à 3 pour le nombre des cortèges. Il y a un an, Fillon dénonçait les « caisses vides ». Un an plus tard, chaque semaine connaît une annonce d’un coût minimal d’un milliard d’euros … Il y a 3 000 emplois supprimés par jour mais si l’opinion devait parler de licenciements, elle ne pourrait citer que Continental, Caterpillar, Heuliez car aucune information n’entoure la réalité de la crise économique. L’Europe est très importante : la preuve Sarkozy a pu « contrer » la crise économique quand il exerçait la Présidence de l’Union mais à 30 jours du vote la campagne pour les Européennes ne démarre pas. Voilà autant d’exemples d’une opinion qui n’a plus le respect d’elle-même tant elle est accoutumée à subir n’importe quoi.


    En matière de « démocratie locale », il est en de même : appartenances politiques « oubliées » le temps d’une campagne, hausses d’impôts non annoncées, promesses aussitôt abandonnées …


    L’opinion publique Française s’est habituée à être mal traitée probablement parce qu’elle n’a plus le respect d’elle-même car elle n’entoure d’aucune conséquence pratique de telles méthodes.


    Cette situation est aussi rendue possible par des durées de mandats publics très longues. Aux Etats-Unis, les durées des mandats sont plus courtes et le poids de l’opinion reste plus grand. La campagne de mi-mandat (2010) a débuté et même celle de 2012 comme le montre la vidéo ci-dessous.


    La réduction des mandats publics pour évoluer vers des durées de quatre ans permettrait de revitaliser le poids de l’opinion tout au long de l’exercice du mandat et rafraîchirait le respect des engagements.


  • 04/05 : 65 % de déçus au moment du bilan des 2 ans de mandat de Nicolas Sarkozy

    Deux sondages sont publiés ce jour avec des chiffres qui méritent l’attention. 65 % des Français se déclarent déçus par la politique mise en oeuvre depuis mai 2007. 79 % des Français se disent angoissés par le chômage.


    Ces deux premières années sont marquées par 4 faits majeurs :


    1) la rupture de l’état de grâce au cours de l’été 2007 quand le « Président bling bling » a choqué une part importante de son électorat par des attitudes provocatrices,


    2) la détérioration des marges de manoeuvre avec la crise économique internationale,


    3) la comparaison avec d’autres leaders occidentaux : Nicolas Sarkozy souffre de la comparaison avec le leader de « charme » qu’est Obama ou « la gestionnaire humble » qu’est Angela Merkel. Il a du mal à dessiner sa voie entre de tels profils,


    4) la réforme n’a toujours pas impacté la France qui offre le visage d’une société terriblement bloquée.


  • 01/05 : quand la politique joue au moins le rôle d’ascenseur … financier

    Un débat s'est ouvert sur le rôle des élus, leur efficacité, leur implication durable sur les grands dossiers. Sous cet angle, le reportage de la revue "Capital" publié hier au sujet du salaire des élus mérite une attention particulière.Salaires élus

    Tout d'abord, pour ceux qui connaissent un peu la réalité des dossiers, il importe de préciser que les montants donnés sont incomplets. Par exemple, ils n'intègrent pas l'avantage de véhicules de fonction ; ce qui représente pourtant de 300 à 500 € par mois …quand on intègre l'essence, les assurances …

    Ensuite, même incomplets, ces chiffres montrent qu'il ya un réel problème dans le rapport travail / rémunération. Je passe sur le cas de JF Copé qui est député-maire, président de groupe à l'assemblée nationale : autant de tâches qui peuvent laisser penser qu'il y a matière à un plein temps. "Super Copé" est en plus avocat et il a perçu la dernière année 200 000 € d'honoraires à ce titre ! Il devrait dispenser des formations sur l'organisation d'un emploi du temps pour cumuler autant de tâches en 24 heures.

    Enfin, ces chiffres montrent qu'il y a aujourd'hui une véritable difficulté sur les salaires. Il est beaucoup question d'endettement mais il n'est pas question du niveau des salaires. C'est pourtant le véritable sujet. Combien d'élus se feraient la même rémunération dans le privé ? Et quelles postes devraient-ils occuper pour parvenir à cette rémunération ? Pour les salaires, il faut toujours regarder la comparaison par le bas. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour d'autres secteurs ? Dans les pays scandinaves, les fonctions politiques sont quasi-bénévoles mais dans ce domaine la "comparaison par le bas" n'est jamais de rigueur …

  • 26/04 : Barack Obama toujours en plein état de grâce

    La Fondation Terra Nova a reçu dernièrement Howard Dean. Ce dernier, Chairman du Parti Démocrate lors de la présidentielle 2008, est revenu sur les caractéristiques de la dernière campagne présidentielle. Il a détaillé les incontournables du professionnalisme mais aussi les facteurs d’innovation. D’ailleurs, sur ce point, le rapport de Terra Nova est très instructif.


    A trois jours du cap des 100 premiers jours, le Président Américain est toujours en état de grâce. Pour 48 % des Américains, il leur « donne de l’optimisme », c’est dire son rôle emblématique.


    Il a apporté trois changements majeurs :


    1) de la suspicion à la confiance : sous GW Bush, tout était menace. Aujourd’hui, tout paraît chance y compris le déblocage des relations avec l’Iran, ce qui montre l’ampleur du changement,


    2) de l’amertume à la joie : de leader incompris comme seul « gendarme du monde » qui dot exposer en permanence ses muscles, les Etats-Unis dégagent la force de l’espoir par le respect de valeurs fondamentales.


    3) de l’arrogance à la tolérance : le partenaire qui « encombrait » est devenu l’ami qui sait écouter.


    Hier face à GW Bush, l’opinion internationale se disait « il va se fâcher« . Aujourd’hui, face à Obama, elle se dit « il va me séduire » et pour le moment ça fonctionne à la perfection.


  • 22/04 : Caterpillar : un exemple des nouveaux rapports de pouvoirs

    La sortie de l'actuelle crise marquera la naissance de nouvelles situations dans des cadres multiples. L'imprévoyance des Gouvernements incapables de prédire l'arrivée de la crise va modifier significativement leur autorité. Nous sommes entrés dans une logique permanente de démocratie directe. Sur le plan Américain, Moveon.org a été la première structure à poser les jalons d'une telle évolution. Le pouvoir n'est plus à l'élu mais au citoyen à la condition que ce dernier ait conscience de ce transfert.

    En trois semaines, les salariés de Caterpillar viennent de sortir du "politiquement correct" à trois reprises.

    1) Ils refusent d'aller à l'Elysée. C'est un précédent considérable qui montre leur refus d'être enjolés par les "ors de la République" : 1er comportement atypique.

    2) Ils appliquent la démocratie directe et le compromis n'est pas validé par la base. L'autonomie individuelle a fait son chemin et les "intermédiaires" ne "tiennent" plus leurs mandants : 2ème comportement atypique.

    3) Ils refusent le referendum dans les locaux de la République (la Préfecture). Ce nouveau refus montre ou traduit l'impact désormais nul de toute proprosition notabilaire : 3ème situation atypique.

    L'autonomie individuelle a effectué des progrès considérables ces dernières années. Sur le plan politique, le scrutin de l'Ile de France au sein de l'UMP pour les régionales avec la victoire de Pécresse sur Karoutchi avait déjà traduit l'émancipation des militants sur les mots d'ordres de l'appareil. Sur le plan syndical, il en est de même.

    Le pouvoir est revenu à chaque citoyen. C'est une indiscutable avancée que de telles décisions de démocratie directe loin d'un politiquement correct qui a montré toutes ses limites sauf celles de la tromperie dans le temps.