Denis Bonzy

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  • L’absence de sortie de crise radicalise les opinions

    La crise de 2008 produit ses "enfants". Ajoutée à la crise économique durable, la crise internationale installe actuellement une radicalisation considérable.

    Deux exemples précis :

    – en France, l'entrée d'élus du Front National au Sénat change considérablement la donne. Et dans d'autres départements, l'absence de listes "dissidentes" aurait largement augmenté ce score. Jusqu'à présent, le vote en faveur du Front National était présenté comme celui des "désespérés qui ne savent pas …". Cet argument ne peut pas être opposé aux votes d'élus locaux. Par son mode sélectif d'électeurs, le vote d'hier a donné une légitimité et une force nouvelles considérables au FN. C'est un constat majeur. 

    – aux Etats-Unis, Obama va enregistrer le 4 novembre une défaite d'ampleur historique. Plus aucune digue habituelle des démocrates ne semble en état de

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  • Jusqu’où l’opinion française va accepter le réalisme d’efficacité en temps de guerre ?

    Comment une opinion qui a progressivement érigé en temple le plaisir de vivre peut-elle accepter la menace de la mort ou l'utilisation d'armes de protection ? 

    C'est un rendez-vous quis era très intéressant à observer.

    De façon étonnante, il y a 5 sujets qui ne sont pas traités en France comme ils le méritent :

    1) Il n'est pas acceptable  que l'Allemagne, première puissance financière, ne participe pas à un effort de guerre. Si le même montant d'efforts de défense que le faible mis en oeuvre par la France impactait ses budgets, ses "équilibres exemplaires" seraient déjà significativement modifiés.

    2) L'effort de défense de la France est trop faible depuis plusieurs années déjà. Lors de la dernière venue de Barack Obama devant les instances de l'OTAN il a souligné ce point. L'actuel décrochage financier ne peut demeurer.

    Comment la France va-t-elle augmenter significativement son budget de la défense dans un contexte général d'économies ?

    3) Paul Bremer, l'un des meilleurs spécialistes des régions concernées, a insisté : la présence durable au sol sera incontournable. Quand la France va-t-elle infléchir son actuelle position ?

    Paul Bremer bis

    4) Sur les théâtres  d'opérations, la guerre comporte son cortège de

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  • L’environnement sans défenseur en France ?

    Le fossé entre les discours officiels et la réalité des faits se creuse de façon inédite. Fabius se rend à New York dimanche pour marcher aux côtés d'Al Gore dans le cadre de la marche contre le réchauffement climatique.

    Le réchauffement climatique met en évidence la nécessaire lutte pour mieux protéger l'eau notamment exposée à la rareté dans des conditions sans précédent.

    Californie 1 bis 2014

    Et que fait le Gouvernement dans le même temps sur 2015 : il décide une ponction de 175 millions par an sur les Agences de l'Eau ! 

    Les structures qui veillent à la cohérence des actions par grand bassin versant sur le plan national, qui participent aux financement des réseaux … voient leurs moyens baisser de façon considérable.

    C'est l'incohérence la plus totale.

    Une incohérence dans le silence parce que les Verts en France, c'est d'abord la gauche de la gauche et pas des défenseurs de l'Environnement. La marque diffère du contenu réel du produit.

    Une incohérence parce que

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  • UMP : un bien curieux débat sur les primaires

    Les primaires ne sont pas dans la culture politique française. Bien davantage, elles  sont à l'opposé des traditions. C'est pourquoi, ceux qui les proposent sont pour un changement radical.

    Pour qu'une primaire se déroule dans de bonnes conditions, cela suppose que l'administration d'un parti politique soit totalement détachée des intérêts de l'un des candidats potentiels à une élection. Le parti est "neutralisé". Il devient une logistique ayant vocation à organiser la primaire dans la neutralité. Ce n'est pas la conception française des partis politiques qui sont un cadre d'organisation dédié à la carrière de son Président.

    La primaire suppose également que les militants d'un parti acceptent le débat interne. En France, là encore ce n'est pas la culture. Quand des divergences existent au sein du PS, il est question de "frondeurs", de "dissidents". A droite, quand Juppé exprime une position différente de celles de Sarkozy, il est question de "guerre" … Des termes qui montrent qu'ici la culture d'un parti politique c'est qui adhère respecte une discipline de pensée comme d'expression.

    La primaire suppose de différencier les moyens des candidats des moyens d'un parti. C'est la seule condition pour qu'il y ait une égalité de départ entre les candidats. Le cadre légal français ne le permet pas puisque les réels financements publics sont voués aux grands partis dotés de la représentation parlementaire.

    La primaire suppose que les médias portent une culture de la diversité pour mettre à égalité les candidats. En 2008, Hillary Clinton n'était plus l'ex First Lady mais une candidate comme les autres, parmi les autres, traitée comme les autres. C'est la force des primaires que même le candidat doté d'un parcours de haut niveau revienne à la … base. C'est l'opposé de la culture médiaticopolitique française. Il suffit de constater les modalités de couverture du retour de Nicolas Sarkozy.

    Obama 27 12 08

    Le PS en 2012 a-t-il bousculé cette culture en organisant des primaires ? Non. En 2012, le PS a été décapité en quelques jours de son présidentiable, DSK, dans des conditions totalement inattendues. Ponctuellement, les primaires ont été alors le moyen d'arbitrer un second choix qui n'était pas arbitrable par d'autres modalités apaisées.

    La preuve, lors des municipales de mars 2014, dans combien de grandes villes le PS a-t-il organisé des primaires pour désigner ses candidats ? Très peu de villes et dans des conditions très problématiques à l'exemple du clash de Marseille. A Marseille,

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  • France : pourquoi tant d’immobilisme ?

    Est-il possible que la politique française descende encore plus bas ? C'est aujourd'hui un cumul de débats glauques, de de blocages généralisés et surtout d'impasses permanentes.

    Les débats glauques sont quotidiens : vie privée, faux diplômes, menaces de sanction politique sans suite (les frondeurs et le vote de confiance) … : il n'y a plus un seul débat qui permette de rehausser le niveau. Le caniveau est devenu le terrain de jeu.

    Les blocages sont généralisés. Pas une réforme ne s'engage sous l'optimisme qu'elle puisse améliorer la situation actuelle dont chacun dans le même temps s'accorde à reconnaître qu'elle est mauvaise et qu'elle ne peut durer. Aujourd'hui va mal mais changer pourrait conduire au pire encore : tout est donc bloqué.

    Les impasses sont permanentes : il n'y a plus aucun dossier qui trouve un traitement serein cohérent. Les élections locales ont un calendrier baladeur. Comment seront donc calculées les dépenses sur les 12 derniers mois quand le point de départ  est aussi fluctuant ?

    Autre exemple : l'Etat annonce 3, 7 milliards de baisses dans les dotations aux collectivtés locales. Ce chiffre a dû reposer sur des estimations. Mais le contenu de ce montant est

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  • Politique : des marques en panne de contenu

    Banalités, illusions, déceptions, trahisons… : la politique française semble occupée par des marques en panne de contenu donc des appréciations sévères sur la situation des partis politiques. Le PS ne parvient pas à assumer les modifications de sa culture de la dépense publique qui n'est plus compatible avec l'actuelle situation économique.

    La droite ne parvient pas à definir un contenu qui ne soit ni le libéralisme ni le socialisme. Elle a longtemps vendu de la simple opposition : ne pas être Hollande.

    Il va  lui falloir sortir de cette facilité. 

    L'opinion attend du contenu.

    Elle a été gavée d'images et de mots. Mais le contenu, le vrai, il est où ?

    Une "autre gauche" est-elle possible et si oui en quoi consisterait-elle ? Cette question n'a pour l'instant aucune réponse ni sur le plan national ni dans un exemple local.

    Si l'identité de gauche s'est déjà dissolue, en quoi consiste

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  • Ecosse : jusqu’à quand la France restera-t-elle à l’écart de la contagion de referendum ?

    La France donne des leçons de démocratie à la terre entière mais c'est une des démocraties qui vote le … moins.

    Aux Etats-Unis, la Chambre des Représentants est renouvelée en totalité tous les 2 ans. Ce sera le cas le 4 novembre.

    Jeudi, l'Ecosse vit un referendum qui est un exemple de participation.

    Ecosse 15 09 14

    …

    Le dernier referendum national en France date de 2005, il a presque 10 ans !

    Le dernier referendum local significatif dans l'agglo grenobloise date de 1986 : presque 30 ans et pourtant le thème de la démocratie citoyenne est dans tous les … discours locaux.

    Les conseillers  généraux ont été élus sur des échéances qui n'ont jamais autant fluctué au point qu'à ce jour le calendrier électoral définitif n'est toujours pas définitivement finalisé, ce qui est une caricature d'instabilité démocratique pour un … "modèle démocratique" affiché.

    Ce sont des pratiques de ce type qui créent un fossé croissant entre l'opinion et

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  • Le rôle toujours sacré du livre mais pour maintenant conforter l’esprit

    Contrairement à bon nombre d'analyses sur la disparition de supports d'informations en raison d'une concurrence de plus en plus forte, les récents succès de livres montrent combien l'opinion sait remarquablement gérer les fonctions complémentaires de supports d'informations.

    En France, les explications de Valérie Trierweiler auraient-elles eu un impact analogue avec un support autre qu'un livre ? Assurément pas.

    Le livre garde un caractère sacré pour l'explication sérieuse. Encore faut-il que cette explication sérieuse ne sombre pas dans la confusion donc qu'elle puisse être résumée par quelques mots. Hollande ne se remettra pas de la formule des "sans dents" comme de celle des "handicapés qui font commerce de leur handicap", comme de la scène où il est prosterné sur un lit … Le livre c'est la réalité de mots démultipliée par la force de l'imaginaire. 

    C'est une première évolution.

    Une seconde évolution mérite  l'attention.

    Hier, le livre alertait l'esprit. Aujourd'hui, il doit conforter l'esprit, consolider l'idée admise avant … lecture.

    En effet, rien ne voue un livre au succès. 

    Prenons le cas des Etats-Unis. Hillary Clinton rate la promo de son livre tandis qu'Elizabeth Warren change de dimension avec le succès du sien. Presque comme Obama en 2007. 

    Warren promo livre

    Pourquoi ?

    Parce que les lecteurs voient dans un livre ce qu'ils comptaient voir et qui dépasse de beaucoup le seul livre. C'est donc un redoutable miroir. Hollande est très impopulaire. Le livre de Trierweiler apporte de l'eau au moulin de l'opinion. L'eau que l'opinion attendait pour conforter son sentiment initial. 

    Si Hollande avait été populaire, le succès du livre de Trierweiler aurait été très difficile.

    Le livre ne crée plus l'assaut pour faire changer l'esprit mais il conforte l'opinion installée. Il rassure. Il crédibilise. 

    Hillary Clinton ne fait pas décoller sa campagne de lancement pour la présidentielle. Donc le lancement de son livre pas davantage.

    Warren apporte le neuf attendu par l'opinion. Elle clive. Elle surprend. Donc le livre bénéficie de

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  • Les Français n’ont jamais cautionné la « politique à la Lady Diana »

    En France, sur quoi tombe une République ? Sur un échec de gestion ? Non, sur des scandales privés !

    C'est l'affaire Stavisky qui conduit aux émeutes de février 1934 dont la III ème République ne se remettra pas. Pourquoi cette affaire ? Parce qu'elle s'ajoutait à une liste déjà longue : décorations, Oustric, Panama … et l'opinion en avait assez.

    L'affaire des piastres, des scandales privés récurrents ont emporté la IV ème République.

    D'ailleurs, les gaullistes, persuadés de cette grille de lecture, ont toujours considéré qu'avec l'Observatoire, ils avaient "le feu nucléaire" contre Mitterrand et ils en ont beaucoup usé non sans succès.

    Les Français n'ont jamais cautionné la "politique à la Lady Diana" : la séduction dans ce cadre est fausse, éphèmère, boomerang. Ce mélange de public et de privé sulfureux.

    La "politique à la Lady Diana" : c'est le narcissisme médiatique qui les contrarie dans la durée. Les caméras, les fiers à bras … sont des "lumières" qui brûlent ceux qui s'y prêtent dans la durée. 

    Diana

    Ce qui est aujourd'hui le plus dangereux pour Hollande, c'est ce climat des affaires permanentes sur des bases d'argent, de sexe, de privilèges …

    L'opinion pardonnerait à des dirigeants vertueux même avec peu

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  • Les effets irréversibles d’une crise systémique

    La politique française est entrée dans une crise systémique qui ne prendra fin que par la démission de F. Hollande ou par la dissolution. Il faut regarder les faits avec lucidité. une crise systémique, c'est le moment où le système crée des effets auto-entretenus sur lesquels les actions classiques n'ont plus prise.

    Prenons 5 exemples concrets :

    1) La cote de confiance : qui va annoncer qu'il fait confiance à Hollande au moment où 80 % expriment leur défiance ? Le taux de défiance est tellement élevé qu'il entretient la défiance.

    2) Le vote de "confiance" à l'Assemblée : l'opinion a intégré le fait que la majorité PS a peur de revenir devant les électeurs. Donc l'opinion ne percevra pas ce vote comme de la confiance mais comme le simple fait de s'accrocher à une fonction.

    3) Les chiffres officiels : il suffit aujourd'hui qu'une personne dise

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