Denis Bonzy

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  • Comment avancer quand l’opinion ne croit plus en rien ?

    Iowa

    Dernier sondage hier sur l'utilité de la conférence sociale annuelle. Réponse : perçue comme utile par 15 % de l'opinion. Que serait un commerce sans client ? Une entreprise sans le moindre chiffre d'affaires ? Un artiste sans spectateur ? … Impossible de durer dans la "vraie vie" !

    Mais en politique le décrochage le plus absolu ne produit aucun effet sur le titulaire du pouvoir. Tout s'aggrave, s'enkyste mais les titulaires du pouvoir bénéficient d'une durée immuable. Imperméables. Protégés. Le bunker qu'est la durée d'un mandat.

    C'est ce bunker qu'il faut remettre en cause par le pouvoir de révocation. Ce pouvoir de révocation existe dans de nombreuses géographies d'importance par exemple dans l'une des premières puissances économiques au monde qu'est la Californie. Donne-t-il lieu à des abus ? Non. 

    C'est l'une des mesures indispensables à introduire en France où le pouvoir présidentiel sans partage est immense.

    C'est la seule façon d'apporter une réponse à une question fondamentale : qu'est ce qu'une démocratie sans le peuple ? Où est la frontière entre une démocratie sans le peuple et une démocratie contre le peuple ? Une démocratie contre le peuple reste-t-elle une démocratie au sens fondamental du terme ? 

    Il serait temps de se poser et de régler ces questions.

  • Une chance de trop ou quels changement en moins ?

    Une chance de trop

    Belle audience pour le lancement de la série de TF1 (une chance de trop). Le livre d'Harlan Coben qui a inspiré cette série est remarquablement écrit. Il avait échappé aux lectures multiples de Marie qui, pour gagner du temps sur le suspens de TF1, l'a commandé aussitôt. Et livraison assurée, c'est la course pour découvrir le suspens.

    Constats simples :

    1) Belle relance d'un livre grâce à la télé,

    Alexandra Lamy 2

    2) Sur le fond suffit-il de changer le sexe du principal concerné dans le drame familial ou le changement est-il allé plus loin ?

    3) Est-il + agréable de tout découvrir ou de connaître déjà une

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  • Libérer la liberté d’expression en France

    Vincent Bolloré

    Pen International vient de lancer une alerte au Canada sur les menaces qui pèsent sur la liberté d'expression. En France, ce n'est plus l'alerte qui est de mise mais l'impression du faire part de décès. Tout est codé, ordonné, régimenté, réglementé, verrouillé.

    Les partis politiques ont les … "éléments de langages". Derrière cette formule : une réalité : répéter les mêmes mots validés par les chefferies concernées.

    Les médias ont … "les contraintes d'audiences". Chaque media a la grille des profils à ne pas offenser pour qu'ils restent sur le support.

    La PQR a ses annonceurs publicitaires.

    … : et la liste des obligés est longue.

    Prenons l'actualité récente. Morano a découvert les contraintes des "éléments de langages" quand ils ne conviennent plus au chef dont elle a été la porte-voix aveugle et docile pendant tant d'années. Dans le cadre des régionales en Languedoc, Dominique Reynié découvre la PQR bien éloignée du plateau de la 5 quand il était "l'expert supposé apolitique" mais désormais très étiqueté. La gauche annonce qu'elle va réformer le code pour mieux surveiller Bolloré sur Canal. Et pourquoi pas surveiller Pierre Bergé et Mathieu Pigasse quand ils sont actionnaires de supports d'informations ?

    C'est toute la liberté d'expression qui doit être libérée en France parce qu'elle a succombé sous le politiquement correct, les mots imprononçables, les modes éphémères, la bien-pensance courtisane et surtout la médiocratie qui s'est installée.

    Canal +, cela fait des années que je ne regarde plus tellement cette chaîne a été incapable de

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  • Enfin le charme discret de l’automne

    Ecureuil SPV

    Depuis quelques jours seulement, le charme discret de l'automne est de retour. C'est la plus belle période : le début de l'automne. Il n'y a plus l'agression de chaleurs torrides ni encore la rudesse du froid. La pluie donne le sentiment de nourrir la nature. Les brumes procurent du mystère aux paysages. Les couleurs des feuilles sont un spectacle fantastique. Il est possible de courir ou de se promener sans avoir la compagnie désagréable de mouches ou pire encore de taons. Bref, depuis mon enfance, c'est de loin la saison que je préfère.

    Ce qui m'a toujours agréablement étonné c'est aussi pendant cette période la capacité d'animaux à repérer leurs lieux de replis pour le froid qui s'annonce. Les merles viennent visiter les mangeoirs. Les oiseaux se sensibilisent en nombre aux lieux de graines et de graisses. Les campagnols consolident les nids. Cette année, nous en avons un (ou une ?) qui témoigne une vitalité extraordinaire à construire son nid. Marie l'a surnommé(e) "Vinci". Il ne lui manque que le casque pour symboliser la ténacité à l'effort. Et surprise, un

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  • François Pignon Président !

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    Depuis quelques mois déjà et avec une nette accélération prend corps une nouvelle tendance : se moquer du système politique dans son ensemble. La dérision devient le bouclier des citoyens. Classiquement, le con a toujours eu une place à part dans le coeur des Français d'où la popularité de François Pignon. Le con n'est pas méchant puisqu'il ne pense pas au second degré. Il a même la réputation d'être sympa, le coeur sur la main. 

    Dans les circonstances actuelles, les citoyens ont conscience que la situation ne peut plus durer. Hollande et tout le système politique sont à un taux de désapprobation inconnu ailleurs. Une comparaison parmi beaucoup d'autres : Obama est actuellement "fragile" avec un taux d'approbation qui est plus du double de celui de Hollande. 

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    Face à cette situation, deux hypothèses : la violence des réactions ou la dérision par le recul. Les Français ont manifestement choisi la dérision par le recul. Ils ne se veulent plus dupes du "cirque politique" : les promesses jamais tenues, les chiffres toujours faux, les mots qui ne veulent rien dire, les mêmes têtes qui

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  • #Grenoble : l’opinion supporte de moins en moins la famille du « gendre idéal »

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    A Grenoble, à l'approche du bouclage de la fin de la seconde année de mandat, l'histoire locale prend des virages. Le clash avec les commerçants en constitue un épisode fort dans l'histoire du mandat. Le mot "histoire" mérite sa place puisque la victoire a été celle revendiquée du storytelling : construire une histoire. Le pitch d'alors : comment faire de Grenoble la capitale de la "nouvelle gauche" capable de mêler écologie, technocratie, citoyenneté et social ? Une nouvelle gauche qui doit avoir un nouveau représentant : un candidat "neuf" qui fait naître la "séduction confiante" ? C'est là qu'est né le concept du "gendre idéal" : celui à qui toute "bonne famille" aimerait confier sa "fille". Il est jeune mais pas trop. Il sait faire des affaires sans être dévoré par l'appât du gain. Il n'a pas trop couru les autres campagnes (les "autres filles" dans l'imagerie souhaitée) et est même capable d'en cacher plusieurs avec la bonne volonté de chacun. Il est sportif puisqu'il fait du … vélo … Pour le "réflexe protecteur", il y a même une concession forte : il est "catholique". Pendant toute la campagne, la "famille du gendre idéal" est restée à l'écart. Même pas croisée officiellement.

    Le pitch d'alors est d'ailleurs tellement bien rédigé que l'un ou plusieurs des rédacteurs ne peuvent résister au plaisir de la lumière. Il est mis en ligne sur un réseau social. Accessible à chacun. 

    La victoire est acquise. Et l'installation se passe bien.

    La première année de mandat est "cool". Il faut dire qu'à Grenoble, comme dans de nombreuses autres villes de France, la première année d'un nouveau pouvoir municipal, les citoyens ne sont plus des citoyens mais des commerçants. Est-ce que le "petit commerce" de chacun va conserver la "clientèle" de la nouvelle mairie ?

    En l'espèce, la peur a bien fonctionné. Le nouveau pouvoir a montré rapidement qu'il pouvait changer de commerces : palais des Sports, Musiciens du Louvre … D'un coup les plus grands supporters du pouvoir d'avant deviennent les ravis de la "nouvelle crèche" : le nouveau Jésus parmi les siens est paré de toutes les qualités. Pas une seule ne peut manquer à l'appel. Ils sont d'autant plus ravis publiquement qu'ils avaient été d'autant plus les supporters de l'ancien pouvoir …

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    Dans ce contexte, dans les 6 premiers mois, la pire erreur objective (Tour de France, chèvres à la Bastille …) devenait alors une

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  • Kermesse politique : le casse-tête gagne du terrain

    Gaspard Gantzer

    A la foire, un jeu ancien est toujours populaire : le casse-tête. On y dispose des figurines et à quelques mètres de là il s'agit de les faire tomber. C'est ce jeu qui rythme la politique française actuelle. Dernier exemple : FR3. Le système produit ses films destinés à corriger son image auprès de l'opinion. Mais surprise, le film se retourne contre ses auteurs et contre les politiciens qu'il était voué à … promouvoir.

    C'est la période de la promo-boomerang.

    La caricature : le film sur Hollande sur FR3. Il alimente les conversations pour susciter les moqueries et les rigolades. Le jeune Gantzer est en bonne place. Au casse-tête de la kermesse politique, il serait très visé. Il faut dire qu'il y a mis du sien le jeune garçon. Tous les clichés en une figurine : le parcours (de cabinet Delanoë à cabinet Hollande), l'épouse qui est aussi dans le cabinet à et à la presse de surcroît, cette façon de diriger avec dédain … Gantzer est devenu la figurine moderne de la cour du Roi. En une soirée, il a été connu et … détesté. Pour ce qui concerne le Roi, il est tellement

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  • Quand la bien-pensance conduit à la crise de nerfs

    Air France violences

    La violence contenue dans la société française est actuellement considérable. La preuve : dès qu'il y a un vrai choc, tout peut dégénérer à la moindre occasion dans des conditions irréelles. Air France, Uber/taxis, agriculteurs … : le déchaînement est au coin de chaque conflit.

    Pourquoi ?

    Parce que les corps intermédiaires ont une représentativité qui a fondu comme une peau de chagrin. Les élus représentent 15 % de la réalité du corps électoral. Les syndicats encore moins. 

    Parce que le climat général est insupportable. Ce cortège permanent d'impuissants qui s'invectivent et qui expliquent "c'est pas moi c'est l'autre". Cette fuite en avant permanente avec l'incapacité de résoudre le moindre problème une fois pour toutes.

    Parce que l'opinion a conscience que les vrais problèmes ne sont pas traités et qu'en conséquence elle a peur pour demain non sans raison. Et qu'en plus elle ne peut même plus exprimer ouvertement ses craintes avec les mots qui sont les siens.

    Parce qu'à force de voir toujours les mêmes têtes, elles ont perdu toute crédibilité à promettre pour demain ce qu'elles n'ont jamais fait hier.

    Parce que l'opinion a pris conscience que ce qui était présenté comme le "modèle français" ou "m'exception française" c'est le nom de baptême de fonctionnements voués à l'échec, hyper-dépensiers, suivis par

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  • Inondations : une présentation médiatique irréelle

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    Il y a des moments où les salles parisiennes de presse sont vraiment hors sol face à des sujets très concrets. On est en train de le vivre actuellement avec la présentation du drame de la Côte d'Azur.

    5 questions pratiques font actuellement l'objet d'un traitement médiatique irréel :

    1) Météo France : le constat de bon sens  c'est : il vaut mieux être informé même 5 minutes avant les faits que pas du tout. J'ai connu de fortes tempêtes à Denver, Boston, Newport. Que se passe-t-il ? Vous êtes dans le Colorado ou dans le Massachusetts, sur la chaîne TV locale, en cas de tempêtes, vous avez un bandeau en bas de l'écran qui donne en permanence toutes les informations : estimation de la force des vents, celle des pluies …  Cette info est donnée pendant toute la tempête avec les évolutions possibles. Et avec les réseaux sociaux notamment chacun se charge de relayer. Dans le Colorado, le bandeau d'infos est même précédé d'une alerte sonore du type de celle en France pour les enlèvements d'enfants. Pourquoi est-ce possible là-bas et impossible en France ? Ce décalage ne résiste pas à l'examen des faits.

    2) L'analyse des causes : de façon générale, les causes sont connues. Le sous-dimensionnement des digues face à des étiages exceptionnels. Je présidais l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse lors des inondations de Nîmes en 1988 (11 morts), les études ont établi une chaîne très cohérente de difficultés dont le sous-dimensionnement des berges. Vaison la Romaine après les inondations a effectué des travaux remarquables = plus de problème. C'est le plus bel ouvrage de redimensionnement des

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  • Emotion et solidarité avec les villes de la Côte d’Azur

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    Ce matin, c'est avec stupeur qu'on découvre les images du traumatisme qui frappe des belles villes que nous aimons comme Mandelieu, Biot, Cannes …

    Des catastrophes de ce type sont très traumatisantes durablement. Quelques heures emportent des vies et souvent les souvenirs matériels d'autres vies. Des souvenirs qui ont parfois un poids affectif très lourd. Les familles concernées ne verront plus jamais du même oeil le noir des nuages, la force du vent ou les pluies violentes.

    Ces événements doivent mettre en relief deux impératifs sur le plan national :

    – analyser les conséquences pratiques du réchauffement climatique dont notre pays vit des étapes manifestes dont le marqueur des tornades comme hier à La Ciotat. Une réalité qui ne doit plus être évitée,

    – inscrire de façon urgente le renforcement des investissements pour exposition aux risques naturels. C'est notamment le renforcement du gabarit des réseaux d'assainissement, le renforcement des digues de rivières … : toutes ces mesures qui ne sont plus financées actuellement et tout particulièrement ces dernières années avec les baisses des dotations d'Etat.

    Des catastrophes de plus en plus nombreuses vont intervenir puisque l'exposition à des séquences violentes de risques naturels augmente et que la protection n'est pas adaptée en conséquence.

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