Denis Bonzy

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  • La situation de la France est structurellement pire que celle de la Grèce

    Guerre

    Hier, la Bourse a perdu près de 4 %. En une journée. La situation de la France est aujourd'hui structurellement pire que celle de la Grèce. La Grèce a la marge de manoeuvre de structurer son Etat, d'appliquer la réalité de sa fiscalité. La France est déjà, avec un Etat installé, au sommet des impôts. Elle bat chaque mois des records de chômage donc elle augmente structurellement ses dépenses sociales. Elle connait cette situation en étant également au record des déficits. Et en plus, elle s'engage dans un effort de guerre dont elle n'a pas les moyens financiers. Rien ne coûte plus cher qu'une guerre. Pour la seule Syrie, une nuit de bombardement coûte plus de 2 millions d'euros.

    Selon les estimations des experts, la présence militaire globale actuelle (tous théâtres extérieurs confondus) ce serait près de 10 millions d'euros par jour (frais d'armements compris). C'est totalement impossible à assumer pour un Etat comme la France déjà terriblement endetté et qui n'a même plus les moyens financiers de son fonctionnement courant. 

    Comme la quasi-totalité des sujets graves que le pouvoir ne veut pas voir ou qu'il veut cacher à l'opinion, c'est d'ailleurs étonnant de constater que l'effort de guerre n'a pas donné lieu à

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  • Le grand retour du chiffre d’affaires

    Berlin Valley

    Le premier semestre 2016 s'annonce redoutable pour l'économie française. Il y a la conjonction de trois facteurs graves. Tout d'abord, l'instabilité politique probable. La victoire du FN va créer une crise de légitimité généralisée accélérant le lancement de la présidentielle 2017. Une crise incontournable qui couve depuis 15 ans face à un système incapable de se réformer.

    Ensuite, des métiers avec des cycles saisonniers forts sont terriblement déstabilisés depuis les attentats du 13 novembre. Les chutes de CA sont considérables lors d'entretiens notamment avec des commerçants.

    Enfin, l'éclatement de la bulle des start-ups arrive. C'est une situation que j'ai évoquée depuis plusieurs semaines déjà. Mais le pronostic d'alors s'accélère. La presse spécialisée commence à débattre non pas de la survenance de l'événement mais de son calendrier. Pire encore, elle débat de l'acte détonateur de la crise à l'exemple des commentaires sur l'édifice des frères Samwer dans la "Berlin Valley" (photo ci-dessus). Des investisseurs référents (Grinda par exemple) l'inscrivent officiellement dans leurs tribunes. Des entreprises pourtant prometteuses qui avaient programmé une introduction en bourse commencent à la décaler … La crise est dans la salle d'attente.

    Quelle crise ?

    Sur le plan économique,

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  • La naissance d’un cycle nouveau du pouvoir

    Albert Rivera 30 06 15

    Trois démocraties modernes sont actuellement engagées dans un processus électoral : Etats-Unis, France, Espagne. Trois contextes différents mais des évolutions communes.

    Aux Etats-Unis, les primaires sont le succès des "hors système" : Trump, Carson qui font campagne sur une base identitaire très rude, avec des termes quasi-inconcevables en France actuellement. A eux 2, Trump et Caron font 50 % du collège électoral des Républicains. Pendant ce temps, Jeb Bush, caricature du système est à … 6 %.

    Trump 23 11 15

    En France, le Front National, perçu historiquement comme l'anti-système, va réaliser dimanche un score historique marquant une étape nouvelle décisive à une progression constante depuis 15 ans. 

    Marion maréchal le pen 18 10 15

    En Espagne où le vote a lieu le 20 décembre, les sondages publiés hier donnent des chiffres surprenants : selon Sigma Dos, le PP (droite) serait en tête (27,1 % des voix, contre 44,6 % en 2011), suivi de Ciudadanos (23 %), du PSOE (20,2 %) et de Podemos, (16,2 %). Mais une autre enquête de Metroscopia donne une marge très serrée entre les trois : 22,7 % pour le PP, 22,6 % pour Ciudadanos et 22,5 % pour le Parti socialiste (PSOE), suivis de Podemos (17,1 %). En Espagne, la vraie surprise est donc celle de Ciudadanos (Nous Citoyens) qui peut gagner : le hors système.

    L'opinion applique un constat simple :

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  • Une Nation doit toujours respecter ses racines

    >

    La constitution d'une Nation c'est une alchimie. Mais il n'y a pas de Nation sans son Histoire. Une Nation qui ne respecte pas son Histoire est vouée à la décomposition. Prenons le dernier exemple en date : la beauté de l'hommage à Jonah Lomu par le haka célébré depuis … 1905.

    All Blacks 30 11 15

    Une fois passé le temps de l'émotion, il faudra que les français s'interrogent enfin sérieusement sur ce sujet.

    Que s'est-il passé ces dernières décennies ? Pendant longtemps la France a vécu l'universalisme en exportant ses valeurs. Puis elle a vécu l'universalisme en important les valeurs des autres dans une logique suicidaire de "tout se vaut". Quand tout se vaut, c'est que plus rien n'a de valeur. La pagaille totale. C'est un sujet ancien. Sur ce blog, le 16 octobre 2008, je posais la question de fond : comment accepter la haine de la France ? Pour relire cet article, cliquer sur le lien suivant : la haine de la France.

    Comment un pays qui tolère une telle haine peut-il être bien dans sa tête ? Impossible.

    Quand on va dans une patrie d'accueil, c'est pour

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  • COP21 : bravo à Instagram et à son opération everydayclimatechange

    Instagram COP21

    Ces derniers mois, chaque jour, j'ai plus appris sur les dégâts de la planète avec Instagram qu'avec tous les précédents rapports. Simple : une photo et un commentaire détaillé pour juger sur pièce. Et chaque jour, une liste d'exemples comme celui ci-dessus sur la rivière Yamuna suite à des rejets chimiques et à l'inaction permanente des autorités publiques.

    Avant cette gamme quotidienne de photos, je n'avais imaginé l'ampleur des dégâts dans toutes les géographies : la photo d'un balcon où l'on voit à peine en face compte tenu de la pollution, l'ampleur de la déforestation …

    Bravo à Instagram.

  • La révolution des objets connectés

    Sigfox san francisco

    C'est la seconde étape de la révolution numérique. La semaine à venir Sigfox tient à Lyon une présentation sur invitation de ses prestations possibles. C'est une révolution du quotidien. Cette société (distinguée par les Awards 2015 de BFM et classée par Forbes dans le top 10 des start-ups les + prometteuses au monde) participe à la révolution des objets connectés. Des objets qui vont entièrement changer notamment le fonctionnement des villes modernes dans tous les domaines.

    Montréal engage 25 millions de dollars sur 2 ans pour s'engager dans ces changements. Boston et Chicago ont un programme très ambitieux superbe. San Francisco vient de confier à … Sigfox des changements majeurs. Au passage, c'est quand même fort qu'un tel marché soit gagné au coeur de la Silicon Valley par une start-up qui a son siège social à …. Toulouse !  

    La compétition entre les villes est engagée dans ce domaine et elle s'annonce sportive.

    Le nom de cette révolution n'est pas encore fixé. Il a été question des "villes intelligentes" mais ce terme est perçu comme arrogant vis à vis des autres et surtout la place annoncée à l'ordinateur déshumanise les villes. Il est donc maintenant question des

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  • Altice ou le prochain choc boursier

    Patrick Drahi

    Cette semaine à l'actualité écrasée par le drame des attentats de Paris, un fait est passé inaperçu : le groupe Altice a gagné des droits TV de football hier exercés par Canal +. Gagné comment : en offrant +. Toujours +. Et pourtant le groupe Canal + avait la réputation d'être généreux. Offrir + mais sur quelles bases ? Car le groupe Altice c'est 35 milliards d'euros de dettes.

    Une période qui ressemble beaucoup au 1er semestre 2001 lors de l'introduction en bourse que j'avais alors conduite et où le marché s'était retourné en quelques semaines.

    Les faits : Altice, c'est un groupe privé qui a un montant de dettes plus élevé que 9 Etats de l'Union Européenne.

    Un groupe privé qui finance ses acquisitions via des LBO en "se payant sur la bête" : endettement pour acheter une société puis dégager des résultats pour rembourser la dette par la cible. Mais il y a un moment où la cible peut ne pas dégager des résultats. Et à ce moment là, l'édifice s'écroule.

    Ou plus précisément, le montant des résultats à obtenir peut être trop élevé et par définition l'édifice est voué à s'écouler.

    C'est aujourd'hui la question qui se pose pour Altice de Patrick Drahi.

    Dans le même moment on constate trois autres faits :

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  • Banque alimentaire : c’est fait !

    Banque alimentaire

    Ce matin au Leclerc Echirolles, avec Marie, nous avons fait un des gestes qui, chaque année, nous tient le plus à coeur : les produits alimentaires remis à la Banque Alimentaire. C'est d'ailleurs le rare moment où le mot "banque" retrouve de la noblesse dans notre pays. Comme chaque année, nous remettons les produits de belles marques que nous aimons, comme si nous devions préparer notre meilleur repas. Dans cette circonstances, trois sentiments m'animent.

    1) La tristesse de voir notre pays institutionnaliser à ce point de telles formes d'aides. Lors de rencontres au Fournil à Grenoble j'ai pris conscience combien la vie peut tourner, sombrer dans une cascade d'épreuves qui ajoutées les unes aux autres rendent presque impossible le retour à la vie d'avant. 

    2) Le regret et la colère de ne pas voir mise en oeuvre notre proposition effectuée en 2014 d'annulation des dettes pour des familles en détresse, des dettes qui rendent les rebonds impossibles. Quand on voit les gaspillages effectués et qu'une telle mesure ne soit pas mise en oeuvre, c'est révoltant.

    3) Le souhait que la fiscalité soit révisée pour que l'impôt soit dissocié entre la somme dûe de façon générale à vocation des missions fortes d'un Etat (sécurité, santé, enseignement) mais qu'une part discrétionnaire soit introduite sur justificatifs. Autant je suis déchiré par le paiement de l'impôt autant ce matin j'avais une forme de contentement à dépenser, ce qui est exceptionnel chez moi car j'ai une réelle allergie à la dépense. Mais savoir qu'une dépense peut être aussi utile, c'est un autre réflexe. 

    Ce n'est pas en fermant des services publics qu'on légitime la solidarité par l'impôt. C'est en améliorant la transparence de la dépense qu'on sert l'impôt. L'argent public n'est pas l'argent de personne. Il est l'argent de chacun prélevé sur le produit de son travail. Ce serait sain de pouvoir mieux l'utiliser directement en affectant une partie importante en toute liberté à l'intérieur du montant annuel global de son imposition. Beaucoup d'actions changeraient alors. Et ce serait tellement plus motivant pour les bénéficiaires potentiels.

  • La France aujourd’hui : une gauche épuisée face à une révolte culturelle populiste

    Sydney

    Une personne aurait quitté la France début octobre 2015 et reviendrait hier, elle ne reconnaîtrait pas la France. Où sont passés ses apôtres de l'intégration, ses opposants irréductibles des mesures qui peuvent devenir liberticides, ses contestataires des mesures d'exception, ses propagateurs de l'internationale des droits de l'Homme … ? Ils ont au moins déserté les médias qui les avaient vu (peut-être même fait) naître et prospérer. 

    Où sont passés les maîtres à penser habituels ? 

    La gauche a perdu ses repères habituels. Hier, elle se déchirait déjà sur la "nouvelle économie". Là elle n'a même plus les forces de se déchirer sur la sécurité. 

    Même des journalistes qui semblaient persuadés de leur "magistrature morale" perdent leurs mots, leurs tics de langages … 

    Symboles suprêmes, la gauche française chante la Marseillaise à la moindre occasion et elle met même le drapeau tricolore sur ses épaules. Bientôt Burberry va sortir une formule chic qui permettra aux bobos de respecter la mode tout en se démarquant bien sûr. Là au moins comme d'habitude !

    La gauche finance des guerres lointaines qui chaque jour coûtent au moins 5 millions d'euros aux contribuables (frais d'armements compris). 

    Il n'y a qu'un domaine où la gauche française reste fidèle à elle-même :

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  • Quand la prison des mots s’ouvre …

    Ann Coulter 2

    La vague du 6 décembre 2015 lors des régionales sera encore plus ample que celle du 29 mai 2005 dans la contestation du système politique français. Le 29 mai 2005, le non à la Constitution européenne a gagné largement (54, 68 %) contre toutes les recommandations des partis du système officiel. Le peuple s'élevait contre la "parole officielle". C'est la même ambiance pour le 6 décembre 2015 et en plus fort encore. 

    Il suffit d'écouter les conversations. La prison des mots s'est ouverte. Et avec elle, la prison des pensées. Pendant des années, le "politiquement correct" a installé une chape de plomb sur les mots et à travers les mots sur des idées, des analyses, des craintes … Mais ce politiquement correct vient de faire des morts, des morts innocents qui auraient pu être l'épouse, l'enfant, la mère ou le père de chacun. Et dans ce contexte, l'opinion se libère.

    Elle se libère à sa façon en France qui n'est pas celle d'une évolution progressive mais du coup de sang. A chaque étape de son Histoire, l'opinion française ne résiste pas. Elle se révolte. C'est un état d'esprit très différent. Le coup de sang est imprévisible. C'est un cri : "assez !". C'est très différent des Etats-Unis où des voix dissonantes résistent en permanence dont celles de journalistes d'opinion comme Ann Coulter (photo ci-dessus) par exemple. 

    En France, depuis quelques jours, ce cri est déjà né chez des journalistes. Bon nombre d'entretiens ne sont plus ceux d'hier. Les sujets abordés sont plus larges, plus rebelles. La "parole officielle" ne s'impose plus d'elle-même

    Dans l'opinion, la révolte est moins feutrée. Les mots de la pensée réelle ont repris leur place largement devant ceux des convenances. Et la revanche du temps perdu se fait même au prix d'une sécheresse d'expressions assez étonnante.

    La classe politico-médiatique parisienne n'avait pas vu venir le 29 mai 2005. Elle gagnerait à mieux écouter parce que la vague du 6 décembre 2015 s'annonce bien plus déferlante qu'en 2005.