Denis Bonzy

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  • Info : vive le papier !

    La Presse 04 01 16

    Les faits : aujourd'hui à Montréal, pour la 1ère fois depuis 130 ans, la version papier de La Presse ne parait pas. Et ne paraitra plus. Annoncée de longue date, cette évolution vers le "tout numérique" prend effet aujourd'hui. Aux Etats-Unis, des supports version papier institutionnels comme Boston Globe, Washington Post … réfléchissent à une évolution analogue. Dans les 10 dernières années, leurs valorisations ont chuté dans des proportions inédites. "Normal" puisqu'à côté d'un titre et d'une influence, il s'agit désormais d'acheter des … pertes à combler.

    En France, si l'Etat ne versait pas près de 400 millions d'euros par an à la presse écrite, ce serait un champ de ruines. 

    La question : pour la première fois, l'arrivée d'un nouveau média va-t-elle en faire disparaître un autre ? 

    Jusqu'à ce jour, chaque nouveau média s'est ajouté aux anciens. La radio n'a pas fait disparaître le papier. La TV n'a pas fait disparaître la radio… Chaque média ancien s'est ajusté à l'arrivée d'un nouveau. Pourquoi en irait-il autrement pour Internet et l'info papier ?

    Parce que le rythme d'Internet et la diversité de ses fonctions (texte + image + vidéo) changent totalement les fonctions de l'info papier.

    En conséquence, ce sont ces fonctions de l'info papier qu'il faut ajuster pour

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  • Présidentielle : toujours les mêmes méthodes …

    Vivement demain

    La vie politique française n'est qu'un éternel recommencement. Toujours les mêmes méthodes. A 15 mois de la présidentielle, le jeu médiatique est aux "troisièmes hommes". Il faut créer un suspens donc faire vivre qui peut perturber le jeu que chacun sait bloqué. En 88, c'était Tapie ou Montand. En 95, le tour était à Seguin ou Lang. En 2002, le troisième homme c'était Chevènement ou Bayrou. Une couverture presse alors considérable sur ce thème. En 2007, la presse vantait DSK, déjà le thème du "nouveau socialisme"… Toujours les mêmes approches : un mélange de jeunisme et de "vieux sages". Maintenant dans le rôle de DSK sous la doctrine économique, c'est … Macron…

    Cette méthode date de … 1965 avec l'opération M. X de l'Express visant à bouleverser la donne de la présidentielle de cette époque. 1965 !

    Il est est de même pour les sondages. Combien de "Présidents" dans les sondages qui ne l'ont jamais été dans les votes surtout à 20 mois du scrutin ? Combien de "rois et de reines des sondages" ont été marginalisés : Veil, Kouchner, Lang … ?

    En France, tout est verrouillé par les partis politiques : finances, moyens humains … car tout est financé par les contribuables chaque année sur des bases très généreuses : un vrai trésor de guerre.

    Tout le système a été conçu par et pour les partis politiques donc pour ceux qui les dirigent.

    Les percées aux Etats-Unis d'Obama en 2008 ou de Trump en 2016 ne sont possibles que parce que

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  • Attention à la première chute emblématique …

    GoPro

    Le parallèle entre début janvier 2016 et début janvier 2001 ne peut être évité désormais. Des valeurs technologiques emblématiques font l'objet de retraits de précaution impactant sévèrement leurs valeurs : Twitter : – 45 %, Lending Club : – 53 %, GoPro : – 48 % sur 20 mois … C'est probablement GoPro qui peut être le maillon faible parce que cette société cumule de nombreux facteurs et que le "soutien" du cours dernièrement était lié à des rumeurs de rachats d'ailleurs non concrétisées depuis. 

    C'est généralement la première chute emblématique qui provoque l'inversion brutale des tendances. 

    Désormais, la première chute emblématique n'est plus à exclure. Des entreprises ont manifestement durablement creusé un écart trop important entre le CA et leurs

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  • 2016 (10/10) : une crise généralisée de représentation : jusqu’où toujours ?

    Uber Taxis violences

    Etre représenté c'est quoi ? C'est accepter que des personnes parlent en son nom et que les expressions ainsi effectuées engagent largement. Etre "tenu" par cette expression extérieure. Le problème de la France c'est qu'aucune représentation ne fonctionne désormais.

    Bien avant "l'état de guerre" sous impact d'un terrorisme international, la France avait cédé à une violence intérieure permanente très forte : les bonnets rouges, Uber et les taxis …

    Pourquoi ? Parce que dans tous les domaines, la représentation est en crise grave.

    La représentation politique est en crise. L'abstention est le 1er parti de France et de loin. Le 1er parti des exprimés (le FN) est peu ou pas du tout représenté dans les instances publiques de décision. Parfois la coalition des battus permet de gagner contre ce parti. Partout le militantisme est en chute libre.

    La représentation syndicale fonctionne sur la base de participations très faibles surtout chez les PME et TPE. Le système de la représentativité syndicale à la française est une rente de situation pour des syndicats comptant de moins en moins de syndiqués. Dans le secteur de l'entreprise, un organisme consulaire comme une Chambre de Commerce voit ses instances de direction désignées par 20 % du collège électoral dans le meilleur des cas.

    Les tribunaux de Commerce fonctionnent de facto sous le régime de la cooptation.

    Les Juges "professionnels" rendent les jugements "au nom du Peuple" selon la phrase qui figure à

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  • 2016 (9/10) : une République mais combien de France ?

    Basket et chaussure

    Gérer une démocratie c'est savoir concilier des antagonismes obligés de vivre ensemble. Mais il y a un moment où les pouvoirs manifestement ne parviennent plus à le faire. C'est le cas actuellement avec la perception de plus en plus forte de France divisées, inconciliables.

    Quel rapport entre la France du secteur public garantie de son emploi, avec ses statuts particuliers de retraites, avec son confort matériel des rémunérations des collectivités locales et le secteur privé de la TPE ou de la PME obligées chaque jour de vivre la compétition dans la précarité ?

    Quel point d'équilibre entre la France des quartiers de non droit où aucun képi ne s'hasarde et la présence de forces dites de "l'ordre" au bord d'une voie sans danger qui consacrent leur "énergie" à verbaliser pour un dépassement de 10 km/h sur une voie bien dégagée ? 

    Quelle justice entre une veuve retraitée obligée de compter chaque euro en fin de mois et la famille immigrée qui n'a jamais été contribuable mais qui touche tout de suite des

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  • 2016 : (8/10) : l’échec du principe du timbre poste

    Hollande Lucette 01 11 15

    Le principe du timbre poste, c'est quoi ? C'est considérer qu'il y aurait une clientèle captive prête à payer toujours plus cher le même service pour compenser ceux qui ne font plus appel à ce service. Là encore les faits sont très expressifs :

    • 1990 : le timbre poste = 35 cents d'euro,
    • 2005 : le timbre poste = 53 cents d'euro,
    •  2016 : le timbre poste = 80 cents d'euro.

    Dans le privé, les intéressés changeraient d'offre considérant que la demande ne suit plus. Non là, la "culture" c'est de considérer qu'il y a toujours une offre et qu'il est possible de la taxer toujours plus cher pour rigoureusement le même service sans la moindre valeur ajoutée dans le temps. 

    Ce principe ne fonctionne plus. Le trou de La Poste se creuse de plus en plus sur ses anciens métiers.

    C'est le même constat qui intervient pour la fiscalité. Les plus fragiles, toujours plus nombreux, ne payent pas d'impôt. Les plus riches quittent la France. La classe moyenne ne va pas continuer à payer des impôts toujours plus élevés pour des services toujours moins nombreux. 

    Les politiques sont hors sol quand ils considèrent que

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  • 2016 (7/10) : la bombe de la majorité silencieuse est amorcée

    Mai 68

    Deux événements récents viennent de confirmer que la bombe de la majorité silencieuse est amorcée. Des faits doivent être regardés avec lucidité. D'une part, les régionales qui ont installé un pays politiquement dévasté. Le PS disparaît de territoires entiers. Le FN largement arrivé en tête au 1er tour est battu par des combinaisons politiques. Comme au … Vénézuela, des régions vont vivre des assemblées bis. Le communisme n'existe plus. Et l'abstention est toujours le 1er parti de France et de loin. Pas un domaine n'échappe à la dévastation la plus inédite. 

    D'autre part, les récentes manifestations en Corse. Il y a des indicateurs de plus en plus nombreux qu'une partie importante du peuple considère que "cela ne peut plus durer". 

    Les français avancent par coups de sang. Il y a un moment où la majorité silencieuse prend l'envie d'en découdre. Ce temps là est actuellement très très proche. La classe politique est totalement discréditée, voire détestée. Les termes à son sujet sont d'une rare violence. L'économie ne redémarre pas. La violence est installée partout. La parole d'Etat ne signifie plus rien. Où étaient les contraintes d'un

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  • 2016 (6/10) : le jour où la boulimie de dépenses publiques doit prendre fin

    Trou

    Dernier exemple en date : ce week-end et le choix du stade pour une compétition de tennis. L'Etat joue la voiture balai pour accorder les rallonges pour faire face au choix de la Guadeloupe. Plutôt que de choisir un stade prêt à accueillir la compétition, a été choisi un stade entièrement à aménager pour la circonstance ; d'où le coût de plusieurs millions d'euros pour les contribuables. Autre exemple, l'arrêté préfectoral pour mettre un terme au barrage de Sivens adopté le … 24 décembre. Le week-end de Noël, l'Etat dépense 7 millions d'euros sur deux sujets totalement accessoires pour lesquels il achète le silence tout simplement.

    En France, dans le secteur public, le "père Noël" est de passage 365 jours sur 365. La dépense de l'Etat progresse toujours. Les dépenses des collectivités locales augmentent dans le même temps. Les dépenses immédiates mais aussi celles différées sur le lendemain par le poids de la dette. Et dans le même temps, l'investissement chute. C'est le fonctionnement courant qui coûte donc de plus en plus cher. Toujours de plus en plus cher alors même que des priorités manifestes ne reçoivent pas les réponses évidentes.

    Mais il y a toujours un jour où le "père Noël" présente sa facture. La Cour des Comptes évoque le chiffre de

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  • 2016 (5/10) : le vrai prix de la terreur

    Corse 27 12 15

    L'un des rendez-vous de 2016 c'est la France qui découvre le vrai prix de la terreur. D'abord le prix financier de la lutte contre le terrorisme. Un exemple pratique : quand un militaire est payé d'ordinaire 10 €, il touche actuellement 25 € dans le cadre des actions de vigilance sur le terrain par impact des diverses primes. C'est une masse salariale multipliée par 2, 5 à effectifs constants ! Enorme. L'effort de guerre à l'extérieur : une bombe selon ses caractéristiques technique coûte de 200 000 € à 400 000 € l'unité. Le coût financier global s'annonce considérable. 

    Ensuite, le coût sur l'unité d'une nation surtout quand elle a le sentiment que des auteurs de la terreur appartiennent à la société qu'ils attaquent. C'est un sentiment insupportable que cette réalité de "l'ennemi de l'intérieur". Il est en train de totalement changer le tissu social. Et nous ne sommes qu'au début des modifications. Dans le temps le véritable défi sur le terrain des libertés s'annonce redoutable. Jusqu'où les "mettre au vestiaire" pour lutter contre la terreur ?

    Enfin, le rôle des médias. Aux Etats-Unis,

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  • 2016 (4/10) : France : déclin ou décadence ?

    VGE JFK

    Remarquable numéro de la Revue des Deux Mondes en octobre 2015. A l'ordre du jour des questions essentielles : les Français et le libéralisme, le prix de la terreur … et surtout un entretien avec VGE dont une question essentielle : la France : déclin ou décadence ? Et la réponse de VGE est la suivante : "le déclin est une étape. La décadence, c'est la destruction. Nous sommes dans la décadence : des structures religieuses, éducatives, familiales, judiciaires se disloquent, s'effondrent. Les gens le sentent".

    Tout est résumé.

    Et à chaque nouvelle année, les visages de la décadence française se creusent. Les trois derniers exemples :

    1) un pays en guerre mais qui n'a plus aucune unité de production d'armement sur son sol : plus aucune arme n'est faite sur le sol français. L'armée achète à l'extérieur. La pire dépendance qui soit.

    2) une presse qui dépend de

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