Denis Bonzy

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  • Quand Julliard dresse le certificat de décès de la bien pensance de gauche …

    Bien pensance

    Pendant des années, les chroniques de Jacques Julliard dans le Nouvel Obs étaient la référence de la gauche morale, la bien pensance de gauche. Et voilà que le même Jacques Julliard dans le dernier numéro de la Revue des Deux Mondes dresse le certificat de décès de la … gauche morale. Et avec quelle froideur implacable. Dans son analyse, la mise en accusation de … 1968 et la conception qui en a résulté de l'école. Et là des passages méritent l'attention : " ... l'objectif premier de l'école n'est pas l'égalité mais l'instruction. …L'école n'éduque plus et elle enseigne de moins en moins...". Puis il évoque le rôle entre parents et enfants avec la dislocation de la fonction d'éducation des parents. Et quelques paragraphes plus loin, Julliard dénonce la "morale élémentaire laïcisée" celle qui fait "réduire à presque rien le passé chrétien pour être ouvert à autrui". Et face à l'Islam, Julliard dénonce "le masochisme culturel de la gauche morale …" qui se trompe de combat.

    Quand je pense aux railleries subies par celles et ceux qui ont effectué ces constats des années avant J. Julliard et émanant alors des valeurs de bien pensance de cette gauche morale.

    Après 4 ans de présidence Hollande, que reste-t-il de

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  • Quand Soros parle de 2016 …

    Soros bis 23 01 16

    Le niveau zéro des débats de fond en France a été crevé depuis longtemps. Mais là il bat des records. Valls à Davos, sur quoi porte le "débat"en France : "il a été moins applaudi que Macron …". Le temps fort a été l'intervention de George Soros sur Bloomberg TV.

    Comment voit-il 2016 ? Et Soros énonce des faits :

    • L'Europe explose notamment sous l'effet des vagues de migrations,
    • + elle vient de perdre sa leader (Angela Merkel) qui a laissé son crédit politique dans une vague de migrations mal préparée,
    • + la Russie s'engage dans des causes qui la fragilisent beaucoup,
    • + la Chine va vivre une "pause" dans sa croissance donc dans sa fonction de locomotive de l'économie mondiale,
    • + les Etats-Unis entrent dans une année de paralysie politique pour cause de présidentielle en novembre,
    • + le terrorisme qui fragilise tout particulièrement les

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  • Vive les chemins droits

    Time une Hollande mai 2012

    Quand on parle avec des élus ou des entrepreneurs de la Corrèze, on comprend mieux l'actuelle gestion de la France : ne pas faire ce qui est dit. Une anecdote racontée par un élu éminent de Corrèze m'a beaucoup marqué l'an dernier. Lorsque F. Hollande était président du conseil général de la Corrèze, il tient un discours pour la présentation des voeux. Un paragraphe surprend concernant l'école publique dans les petites Communes rurales. A la fin du discours au hasard des discussions, l'élu en question cherche à croiser Hollande et lui pose la question sur le paragraphe en question. Hollande très naturellement lui répond "non, ça c'était pour le discours, cela se passera de la façon suivante dans les faits … " et d'énoncer dans la foulée des éléments contraires au discours tenu quelques minutes avant. 

    C'est ce qui vient de se produire notamment pour l'organisation territoriale française. Les contribuables français payent à un montant très élevé des élus départementaux qui n'ont plus de compétences en dehors d'un immense guichet social. Hollande a affirmé son attachement aux Départements mais les Départements n'ont plus de compétence en dehors de guichet social pour acquitter les aides décidées par … l'Etat. 

    Deux circulaires ont été publiées le 22 décembre 2015 dans l'ombre des fêtes de Noël. Elles précisent les compétences des Départements notamment en application de la loi NOTRe. A la sortie de 2016, le département est un guichet social. C'est tout. Tout le reste disparaît en dehors de quelques possibilités de "solidarité territoriale" très encadrées.

    Tout est comme cela dans la vie publique française : tortueux à

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  • Que reste-t-il de la politique quand les partis perdent les militants et les élus perdent les électeurs ?

    Santorum 21 01 16

    Pourquoi Chirac n'a-t-il rien fait après le choc du 21 avril 2002 ? Excellente question. Un probable tournant de sa présidence. Mais alors pourquoi Hollande ne fait-il rien après le 6 décembre 2015 ? En 2002, le FN était à 15 % ! Aujourd'hui, selon les régions, il est entre 40 et 30 %. Des chiffres incontestables. Cette progression ne mérite-t-elle aucune analyse, aucune conséquence rapide ? Situation incompréhensible a fortiori de la part de personnes qui parlent de "menaces graves" face à cette poussée. Comment serait-il possible de reprocher à Hollande de ne pas avoir réglé ce sijet quand, finalement, l'opinion constatera qu'aucun autre dossier sérieux n'a été davantage résolu depuis 2012 ?

    De façon plus globale, que reste-t-il de la politique quand les partis perdent leurs militants et quand les élus perdent leurs électeurs ? Plus grand chose. 

    Les politiques français ont perdu le contact avec les citoyens. Ils veulent être filmés, applaudis, soutenus. Mais jamais contestés. Ils ne rencontrent plus jamais les citoyens sauf dans des

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  • La mode du « slow media » se confirme

    Albert Riveara bis 18 12 15

    Pour résumer, le "slow media" serait le retour aux sources de l'information : des faits précis détaillés, des explications sérieuses. Bref, l'opposé de la mode de la formule éphémère et de la seule photo. De longue date, nous avions annoncé cette évolution pour une raison très simple : quand une tendance s'affirme trop fortement, elle génère d'elle-même sa … contre-tendance. Le "retour de mode" est quasi-assuré par l'excès d'une mode. L'information n'avait aucune raison pour échapper à ce mécanisme.

    Avec la levée de fonds hier de Ijsberg, c'est une reconnaissance pour l'évolution en faveur du "slow media". Ciudadanos, Trump, Podemos … ne peuvent se résumer à des polémiques, des formules chocs. Il y a des tendances de fond. Lesquelles ? C'est pour répondre à ces questions que le slow media existe. C'était le parti pris d'Ijsberg.

    Chacun y gagnera. L'actuelle fièvre dans l'emballement médiatique ne peut pas continuer et pire encore s'accélérer. Une majorité de citoyens attend la pause, le

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  • L’inaction publique peut-elle être juridiquement fautive et avec quelles responsabilités ?

    Bataclan

    La maman d'un jeune homme décédé au Bataclan annonce officiellement vouloir engager la responsabilité de la Belgique pour inaction face aux menaces manifestes de l'intégrisme dans une Commune de Belgique devenue de ce fait foyer de terrorisme. C'est un sujet remarquable : à partir d'où l'inaction publique peut-elle être juridiquement fautive et donc de nature à engager la responsabilité d'une collectivité, voire davantage celle d'une personne physique représentant cette collectivité ?

    En France, la reconnaissance de la responsabilité d'une personne morale de droit public pour inaction a été une longue et progressive conquête grâce à la jurisprudence administrative d'abord. C'est le Conseil d'Etat en France qui a fait effectuer les pas en avant les plus importants et non pas la loi. Il a effectué ce progrès avec le sens des nuances, des limites tant vis à vis des personnes morales que des personnes physiques (par exemple la notion de faute détachable de la fonction).

    Avec l'actualité et les décès pour avalanches, c'est le Tribunal Administratif de Grenoble qui a posé les jalons de la responsabilité des Communes sous l'initiative de deux juges remarquables et passionnés par ce sujet : Gilbert Anton et Robert Viargues. Revirement jurisprudentiels confirmés par le Conseil d'Etat.

    Faut-il aujourd'hui vivre une étape supplémentaire ?

    Oui. En France, c'est l'un des socles pour

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  • L’âne lui le sait …

    Kerviel

    Pourquoi à un moment donné un système institutionnel est décrédibilisé, ridiculisé comme en France actuellement ? Parce que le bon sens populaire n'est plus dupe de la version officielle donnée par les institutions. C'est le cas pour "l'affaire Kerviel". Les "révélations téléphoniques" de ce jour rejoignent le bon sens populaire installé depuis longtemps. Comment une banque qui surveille à l'euro près le compte du moindre client obscur du fond de la province avec un outil informatique à la pointe des progrès pourrait-elle ignorer les placements de l'un de ses salariés pour un montant de … 5 milliards ? Il y a longtemps que l'opinion a jugé la Société générale et la justice avec elle …

    Cela me rappelle une anecdote les plus truculentes que j'ai connues. Lors de l'inauguration d'une belle réalisation de l'Agence de l'Eau, le Maire d'Antibes me présente Louis Philibert. Ce Président de Conseil général a eu un parcours remarquable ayant débuté comme ouvrier agricole à 12 ans. A cette époque il fait des observations sur mon jeune âge et me dit qu'il a eu un

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  • Trump ou le coup de poing américain à surveiller

    Trump 09 01 16

    C'est la théorie du feu de prairie. Au début, quand le feu prend, personne n'y croit. Trop loin. Trop faible. Il s'arrêtera de lui-même à la moindre rencontre de l'herbe humide. Il fume moins. Il couve et d'un coup il a tellement progressé qu'il devient impossible à arrêter. Aujourd'hui le feu de prairie pour 2016 c'est les sondages et les foules aux réunions de Trump.

    Trump foule 08 01 16

    Mais le vrai "feu" c'est le contenu de la "doctrine Trump". Une véritable révolution culturelle. Et il ne faut pas sous-estimer la portée de cette "révolution". En 80, à une époque où la mondialisation était tellement plus faible qu'aujourd'hui, Reagan avait rendu Chirac … libéral c'est dire !

    A une époque où notamment avec les réseaux sociaux, la mondialisation a considérablement progressé, la campagne Trump pour le vote final sera une secousse internationale. C'est la victoire du Tea Party 6 ans après sa naissance. Le peuple, y compris celui des fins de mois difficiles et de "l'Amérique profonde", a le sentiment de prendre la parole par la bouche d'un … milliardaire de la capitale économique fédérale. Irréel. Toutes les contradictions objectives réconciliées, disparues. Un milliardaire qui dépense même très peu jusqu'à maintenant puisque le "feu de prairie" le porte. 

    Pourquoi le "feu de prairie" est-il si fort ? Parce que Trump a

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  • France : une monarchie à l’agonie

    Ciudadanos bis 21 12 15

    Combien faut-il de siècles ajoutés à des moyens modernes de communication pour lobotomiser une opinion ? La monarchie française est à l'agonie. L'opinion se détache de ses monarques. Elle ne les supporte plus. Mais elle reste prisonnière du système dans la vieille culture du "le roi est mort, vive le roi". Tout est cul par dessus tête. Les politiques pratiquent la fuite en avant accélérée sans rien régler. Les médias détournent l'attention des vrais sujets. Le temple de la bien pensance qu'est Le Monde évoque les mensonges tolérés aux Etats-Unis par la campagne de Trump (à la Une du 15/01/16) mais se garde bien de consacrer un reportage sérieux sur la montagne de mensonges qui font vivre la politique française dont les conditions de renflouement de ce gouffre financier qu'est … Le Monde. La télé d'Etat sévit en occultant par exemple le débat de fond sur les faits gravissimes de Cologne. 

    Jusqu'à quand l'opinion publique française acceptera-t-elle d'être lobotomisée à ce point ? Prisonnière. Sans passion. Fataliste. Lobotomisée ! Et ailleurs ? Les Grecs ont fait leur rupture avec l'ancien régime en choisissant Syriza. Les Espagnols font de même en se réfugiant chez Ciudadanos et Podemos. L'Europe du Nord se détache de sa social-démocratie trop dépensière. Les Etats-Unis ont Trump et Carson.

    Trump foule 08 01 16

    Dans cet océan de changements, il y a l'îlot de conservatisme français : mécontents mais toujours clients des

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  • Le retour des fondamentaux : attention aux dominos …

    GoPro 15 01 16

    Depuis 24 heures, il est beaucoup question de GoPro. La situation de GoPro avait été évoquée sur ce blog dès le 02 janvier 2016 (*) avec signalement avant que sur les derniers jours la société perde + de 15 % en bourse. Il fallait en sortir au plus tard en début d'année. Car il y a toujours un moment où les fondamentaux gagnent la partie. 

    En économie, il y a trois fondamentaux incontournables : le cash en caisse, l'évolution du CA et le résultat net. Tout le reste, c'est de l'éphémère, du cinéma, de la fantaisie, de l'attrape gogos…

    Quand une société n'a pas de cash en caisse et a fortiori si elle n'en a jamais eu, que le CA baisse et que le résultat net est fortement négatif et parfois même là aussi depuis le début, la vie ne peut pas être un parcours tranquille. 

    Il en est de même pour les structures publiques. Quand une collectivité publique se fixe pour cap de ne pas augmenter les impôts, en portant un montant élevé de dettes pourries, avec une

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