Denis Bonzy

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  • St Paul de Varces : bel hommage rendu à Michel Deuil

    DB 1989 c

    Hier, les habitants de St Paul de Varces et de Communes voisines ont rendu un bel hommage mérité à Michel Deuil. Cet hommage c'est la reconnaissance exprimée pour une vie de service public de proximité. C'est ce service public qui est apprécié. De quoi est-il question ? De toutes les qualités que j'ai pu connaître à ses côtés comme Maire de cette Commune. D'abord le sens du dévouement. Un dévouement sans limite qui, selon les circonstances, ne connaît aucun horaire. Ensuite, la relation humaine directe. Ce service public de proximité, ce n'est pas un formulaire administratif à retirer, à remplir puis attendre. A l'opposé, c'est un coup de téléphone direct et une réponse immédiate. C'est enfin le sens de l'adaptation. En 40 ans de service public, Michel Deuil a accompagné des évolutions considérables de la Commune. Un exemple parmi tant d'autres : la construction du nouveau groupe scolaire et la fin des préfabriqués qui sévissaient de longue date et qu'il fallait évacuer à la moindre neige pour protéger la sécurité des enfants.

    Pre fabriques spv

    Ce sont de belles qualités qui ont expliqué une mobilisation considérable des habitants de St Paul de Varces pour accompagner Michel Deuil à sa dernière demeure. Un bel hommage mérité.

    Michel Deuil 20 07 16

  • La vraie révolution des réseaux sociaux : Bella va bien !

    Bella 3 20 07 16

    Hier, 30 000 personnes suivaient en direct la "conférence de presse" de Morandini via Periscope. Une caricature de la décadence totale du milieu médiatique parisien perdu entre histoires de culs et de carrières glauques. Plus sérieusement, chaque jour, 10 000 personnes apportent leur soutien à Bella via Instagram : messages, mentions, commentaires … Chaque soir, je regarde la journée de Bella. Et ses photos me ravissent. Voilà la vraie révolution des réseaux sociaux : une communauté ponctuelle qui partage, échange, s'informe sans intermédiaire. Une belle liberté !

    Hier soir, Bella allait bien.

    Bella 2 20 07 2016

     

    Bella 1 20 07 16

  • Nice : qu’avons-nous donc fait pour susciter tant de haine ?

    Nice attentat fleurs 2

    Mourir. Oui, bien sûr. Mais au moins savoir pourquoi. L'avancée de notre civilisation est marquée par sa volonté et par sa capacité à comprendre.  A comprendre dans des domaines les plus divers. Ainsi, tous les actuels défis collectifs ont fait l'objet d'études considérables : réchauffement climatique, maladies … Face à la mort, nous avons considérablement progressé pour identifier ses périmètres. Pour le reste, nous l'accordons au … hasard. Mais là, il ne s'agit pas de hasard. Et pour comprendre, il faut d'abord poser les bonnes questions. 

    Deux constats simples : 

    1) Face au terrorisme, la France est actuellement frappée dans des conditions inégalées parmi les démocraties occidentales entre le nombre de morts et la population. Au sein de l'Union Européenne, pas d'autres pays comparable exposé. Ni dans les principales puissances européennes. Ni dans les puissances moyennes. Et encore moins pour les plus petites. 

    Il y a donc bien une spécificité propre à la France au sein de ce bloc européen. 

    Pourquoi ?

    Son passé colonial ? Elle n'est pas la seule parmi les "vieilles puissances".

    Son action internationale ? Mais elle agit souvent, voire toujours, au sein d'une coalition internationale.

    Les valeurs qu'elle représente ? Mais représente-t-elle encore seule des valeurs qui ne seraient pas celles des autres démocraties occidentales ?

    … : de façon très étonnante, cette dimension n'est jamais évoquée. Qu'à fait la France pour susciter tant de haine ?

    Or c'est la question de fond. Puisqu'en principe c'est la réponse donnée à cette question de fond qui doit conditionner l'efficacité des mesures prises. 

    2) Parce qu'il existe une "spécificité française" manifeste donnée par les chiffres, perçue par les français, la confiance avec les gouvernants est cassée. Ils ne répondent pas au besoin d'efficacité comparée. Mais surtout, ils n'expliquent pas cette spécificité. Est-ce affaire des moyens mis en oeuvre, sous-entendu la "réponse française" serait-elle moins efficace qu'ailleurs ? 

    Tant que ces deux questions n'auront pas de réponse fiable précise, le débat semblera très déconnectée des réalités durables d'efficacité. 

  • Nice : il est temps de changer sinon la colère du peuple va s’exprimer

    Nice 2 15 07 16

    Depuis vendredi matin à 08 heures, l'attentat terroriste de Nice a pris une dimension particulière. Un ami me téléphone pour m'informer qu'il avait perdu son petit-fils Yannis âgé de 4 ans.

    Le quotidien Sud Ouest relate ainsi les faits :

    Yannis, 4 ans et demi

    Le petit garçon jouait insouciamment avec d'autres enfants lorsque le camion l'a percuté. C'était la première fois jeudi que son père, Mickaël Coviaux, installé à Nice depuis trois ans, l'emmenait voir le traditionnel feu d'artifice sur la Promenade des Anglais.

    "C'est mon épouse qui a insisté pour y aller, elle voulait lui faire plaisir". "Nous étions installés sur la plage avec la femme d'un ami, ses nièces et ses deux enfants. Yannis était ravi, il sautait partout, il faisait le fou avec ses copains…", se remémore Mickaël.

    Yannis a été emporté par le camion : 4 ans et 1/2. Dans le Parisien, les faits sont relatés de façon très précise. Pour en prendre connaissance, cliquer sur le lien suivant : Le Parisien. Cest une lecture terrible !

    A Grenoble, son grand-père, éminent Professeur agrégé de droit, a formé des générations de juristes. Une formation pour le respect du droit, pour la tolérance et pour la primauté de la raison.

    Il me faudra du temps pour oublier sa voix brisée par la douleur lors de l'appel vendredi 15 juillet 2016 puisque nous devions passer ensemble un long moment samedi.

    Il est temps que les politiques changent de contenu des politiques mises en place sinon l'esprit munichois qui les inspire trop souvent va susciter une colère populaire dont ils ont de mal à imaginer l'ampleur de la force face à leur inefficacité aussi manifeste. Ce n'est pas d'infirmiers, de théoriciens, de polémistes du baratin politique classique dont on n'a besoin en temps de guerre mais de combattants, des guerriers qui veulent protéger leur territoire, protéger ses habitants et qui préfèrent l'injustice pour l'autre camp plutôt que pour des victimes innocentes fauchées en pleine enfance. 

  • Et la France inventa le concept de « la guerre en paix »

    Attentats nbre de morts 15 07 16

    Les historiens indiquent que l'Italie a inventé l'art quand la France inventait la pensée. Depuis quelques années, la France "invente la pensée" avec des concepts pour le moins fumeux :

    • la "réduction dans la hausse du chômage" : formule supposée montrer que la hausse baisse dans sa progression immédiate,
    • la "sauvegarde des services publics" pour indiquer la baisse des services publics : en l'espèce la formule consiste à indiquer que tous les services publics ne sont pas supprimés. Donc les ultimes "sauvés des eaux" deviennent les outils d'expression du "sauvetage de tous",
    • "ils ont gagné la finale en se réconciliant avec le public" : en la matière, l'idée est différente. Il s'agit de découper en tranches les enjeux pour montrer que l'enjeu réel (la victoire pure et simple) peut être contrebalancé par d'autres volets. Bref comment gagner dans la … défaite,

    Et la liste pourrait être longue d'exemples de ce type.

    A la liste s'ajoute désormais le concept de "guerre en paix" : être attaqué sur son sol mais vivre comme si on était en paix. Il y a progressivement une expression qui s'installe "ils ne vont pas gagner en cassant nos habitudes de temps de paix". Le plus sûr moyen de gagner ni l'une (la guerre) ni l'autre (la paix). Et d'ailleurs une expression qui ne résiste pas à la réalité des faits. En novembre, les parisiens déclaraient "vouloir continuer à vivre sur les terrasses des cafés". Résultat : – 50 % des fréquentations dans les semaines qui suivent.

    Il reste encore plein d'hypothèses de formules à explorer à l'exemple des suivantes :

    • "être mort en bonne santé" qui pourrait permettre d'indiquer que tout va bien sauf une maladie qui conduit à la mort,
    • "l'environnement est pollué parce que trop pur" : cette hypothèse vise le déséquilibre des marqueurs techniques. L'idée en la matière c'est que les marqueurs techniques ont tellement progressé qu'ils alertent désormais sur un environnement plus pur que celui d'hier quand les marqueurs n'existaient pas,

    Un trait commun entre toutes ces formules : fuir devant la réalité des faits. Combien faudra-t-il de morts encore pour que l'illusion des mots cesse ? Comment penser que des actions efficaces peuvent être engagées quand le diagnostic n'est même pas assuré sur la réalité des faits contre lesquels il faut agir ?

  • L’horreur. Encore et toujours.

    Nice Matin 4

    Cette une de Nice Matin résume tout. Pas de commentaire sur une telle horreur ni de place pour un autre sujet. Tristesse et solidarité avec les familles.

  • Jusqu’où peut monter la « culture » de l’exagération ?

    Foot supporters 10 07 16

    L'exagération gagne actuellement beaucoup de terrains. Communiquer est-ce surtout exagérer ? La période actuelle en France en donne des exemples quotidiens. Plus une expression de supporters de l'équipe de France de foot qui ne soit pas d'abord une forme d'hystérie et non pas de joie simple. Le peuple champion de la sinistrose monte dans les tours au moindre reportage en sautant l'étage de la joie pour immédiatement accéder à l'hystérie totale. Il faut crier, hurler, se maquiller, se bousculer … des scènes irréelles chauffées par les journalistes qui n'imaginent plus effectuer un reportage calme, serein, cool.

    Idem pour les manifestations du printemps : un texte nullissime devient un test de mobilisation puisqu'il remettrait en question pas moins qu'un siècle d'acquis sociaux à en croire les déclarations syndicales officielles.  A ce rythme, pourquoi s'arrêter à un siècle … ? Qu'est ce qui justifie cette rupture dans la remontée dans le temps ? 

    Hier en Grande Bretagne pour se féliciter de la désignation comme capitale de la Culture une ville organise une photo avec 3 200 personnes nues. Si elles n'avaient pas été nues, la scène aurait été moins … culturelle bien sûr. 

    Nu GB 10 07 16

    Et la liste des exagérations est interminable. Les exagérations n'apportent rien sur le fond mais la forme permet de retenir l'attention collective. 

    Le tam tam médiatique encadre ce phénomène. Il le perfuse, le booste. Et le système s'alimente de ce cycle. Pour faire parler de soi, il faut exagérer. L'exagération assure de l'audience donc elle suppose de toujours plus exagérer pour surprendre. Où s'arrêtera ce cycle ? Bien difficile à dire.  Ce qui est sûr c'est que dans la période actuelle il ne fait pas bon s'embarrasser des nuances et de la modération. 

  • Un lent mais réel naufrage

    Police avec brassard noir

    Que serait la démocratie sans les actes ? Qui prétendrait sérieusement sortir d'une crise sans un bon diagnostic ? Tout le naufrage actuel de la France tient dans ces deux questions.

    Parler n'est pas agir. Parler ou écrire donnent une orientation. Mais il faut des actes. Et les actes sérieux cohérents font défaut depuis si longtemps. Pourquoi ? Parce que les politiques courent après l'élection et pas après la solution des problèmes. La professionnalisation du corps politique français poussée à l'extrême fait que les politiciens sont trop dépendants de chaque élection parce qu'ils ne savent faire que de la politique. Et ne pas être élu c'est pour eux être voué au chômage. Donc une dépendance absolue avec chaque score électoral. 

    Pour guérir, il faut identifier d'abord les questions à régler. Or, la liste des questions non réglées, jamais réglées est immense. Quelques exemples :

    • existe-t-il encore des zones de non droit dans des villes ? Oui à l'évidence,
    • le laxisme avec des comportements religieux sectaires a-t-il disparu ? Non à l'évidence notamment pour des raisons de clientélisme électoral,
    • le "vote religieux" existe-t-il déjà ? Oui à l'évidence. Et avec une efficacité et une discipline impressionnantes, 
    • les "règles" sont-elles mieux respectées aujourd'hui qu'hier ? Non. La France a accepté la disparition progressive du sacré dont le rapport à des règles de fonctionnement collectif avec la ligne claire de séparation entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.

    Tant que cette réalité ne sera pas mieux considérée, ce sont des fuites en avant permanentes dans tous les domaines. 

    La courbe de la décadence est engagée. Elle a débuté en 1981 à tous égards notamment sur le plan financier. Et depuis, cette courbe n'a jamais été inversée. Elle a connu des étapes de stagnation mais jamais d'inversion. Si cette réalité perdure, la logique du naufrage est incontournable. 

    Aujourd'hui sur ce chemin, une étape nouvelle a été franchie avec l'enterrement de deux policiers tués en raison de leurs fonctions. C'est une disparition supplémentaire d'une frontière du sacré, de l'absolu qui ne se fait jamais. Et dans des conditions horribles à la caricature.

    L'Histoire avec le recul sera très sévère pour l'actuelle période. Après la collaboration puis la décolonisation en totale débandade, c'est un seuil nouveau de naufrage d'une ex grande puissance qui est en train d'être vécu dans les seules tendances qui comptent pour un Etat c'est à dire à l'échelle de plusieurs décennies.

  • Quand 89 000 + 1 000 000 = 0 !

    Manifestations 16 06 16

    Il y a des limites à prendre les citoyens pour des gogos. En France, ces limites sont franchies depuis longtemps mais actuellement des records nouveaux sont même battus. Nouvelle exemple en date : les chiffres sur la manifestation à Paris mardi 14 juin.

    Les services de la Préfecture de Police de Paris annoncent 89 000 participants.

    Dans le même moment, les organisateurs de la manifestation annoncent 1 000 000 de participants.

    Avec de tels écarts, la manifestation a perdu toute crédibilité quant à sa référence de participation. C'est zéro pour tout le monde.

    Et ce n'est pas un fait anodin. 

    La Préfecture de Police de Paris devrait incarner un pôle de technicité, de fiabilité, de sécurité y compris pour le professionnalisme du comptage des manifestants.

    Pour les Syndicats organisateurs, l'honnêteté devrait être une qualité fondamentale puisque c'est le socle de la confiance. Et le bon chiffre c'est l'expression du respect des participants. Pourquoi les associer, les instrumentaliser dans une tricherie ?

    Loin de tels repères, chacun se fait à l'idée du mensonge anodin et les vrais faux chiffres circulent à qui mieux mieux. Irréel et irresponsable. Et les médias s'en amusent comme d'une banalité. C'est vrai qu'en France la vérification des faits n'est pas un sport national très répandu y compris parmi les médias. 

  • Les crises et la voiture de golf

      Manifestations 14 06 16

    En France actuellement, les crises ont tout gagné. Pas un territoire qui soit épargné : insécurité, terrorisme, chômage, pauvretés, exclusions … Les sujets de crises dont on ne parle plus ne sont pas réglés mais devancés par d'autres crises encore plus graves, plus incompréhensibles. Et les politiques sur ce champ de crises passent dans une voiture de golf comme extérieurs à toutes ces crises. La voiture de golf évite les trous. Ses occupants délivrent des "bons mots" de compassion pour ceux qui bataillent dans la boue. Des mots, toujours des mots mais rien que des mots. Mais après … ?

    Ce n'est pas la nature de la démocratie. La démocratie, c'est que des représentants élus règlent les problèmes des citoyens. Et à force de l'ignorer de façon aussi ostentatoire et à tous les niveaux, les sanctions électorales seront très lourdes. Bien loin du climat doux des plateaux TV parisiens. A force d'échouer de façon aussi généralisée et irresponsable, les citoyens ont coupé les ponts. Voilà la réalité. Et cette réalité a de quoi inquiéter très sérieusement parce qu'elle pourrait conduire à "l'imminence des impossibles" dans des scores électoraux car les radicalités gagnent du chemin de tous les côtés… ?