Denis Bonzy

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  • Jean Boissonnat et l’enjeu de la prise de conscience

    Boissonnat Jean

    Une journée particulière non seulement par la disparition si accélérée d'une personne de ma famille vers laquelle vont toutes mes pensées les plus tristes et affectueuses mais aussi en plus avec le décès d'un journaliste qui a structuré une partie importante de ma formation intellectuelle : Jean Boissonnat. Pour la personne de ma famille, je sais combien ses proches tiennent à l'intimité et à la discrétion que je respecte. Pour le journaliste, c'est un article qui vise à exprimer toute ma reconnaissance. Quelle chance d'avoir pu vivre une période où étudiant je dévorais les éditos de Jean Boissonnat.

    Une époque où le débat sur les enjeux collectifs étaient animés par lui, par Raymond Aron, par Jean Lacouture, par Jean Guitton, Jean François Revel, Claude Imbert, Françoise Giroud … Ce fut un privilège considérable. Aujourd'hui, pour Jean Boissonnat, c'est une expression de tristesse bien sûr mais surtout de reconnaissance.

    Le regret aussi que les générations suivantes n'aient pas pu bénéficier de tels talents au moment où désormais les comiques troupiers séquencent les images et pas les idées quand ils ne se vautrent pas dans une vulgarité pathétique.

    Ses livres sont un merveilleux refuge pour ne jamais perdre de vue des vrais enjeux dont le plus important : la prise de conscience individuelle.

    Pour tous ses écrits magnifiques, merci !

    Boissonnat décès

  • Mode : la fausse bataille du matin

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    La France commence à connaître à son tour la "bataille du matin" ou la mise en évidence des avantages à se lever tôt. Une bataille ouverte en France avec beaucoup de retard après les Etats-Unis dans la foulée du livre d'Hal Elrod "Miracle Morning". C'est une fausse bataille. Comme toutes les autres fausses batailles, elle va être livrée dans une logique binaire artificielle : faire corps ou faire face. Faire corps c'est défendre cette théorie selon laquelle "la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt". Face face, c'est dire non. Mais l'essentiel n'est pas de faire face ou de faire corps, c'est de faire soi. Qu'est ce qui convient à son propre rythme ? 

    La quasi-totalité du moule de l'enseignement vise à faire entrer dans des "modèles de pensées". Pas un cours sur la découverte de soi, son horloge biologique … La vraie liberté n'est pas dans la capacité de choix entre des modes de pensées ou de comportements mais dans le choix du comportement qui convient à soi. Comment d'abord être bien avec … soi-même. C'est d'ailleurs probablement le sujet le plus important d'une vie. 

    Je m'y suis ouvert lors des épreuves de santé de mes parents puis avec encore davantage d'intensité lors du choc de leur disparition. 

    La fausse bataille du matin, c'est celle des horaires du début d'une journée.

    La vraie bataille du matin, c'est celle du début du rendez-vous avec soi. C'est une conquête qui ne coûte rien. Elle ne se tartine sur aucun discours préparé par autrui. Elle est d'une douceur exquise. Elle libère des modes. Elle émancipe du jugement du regard d'autrui. Elle fait même gagner en recul pour tenter de convaincre autrui comme si chercher à enfermer l'autre dans une logique pouvait être d'imposer à autrui ce que l'on refuse pour soi. Là est la vraie bataille du matin. Une seule recommandation : livrez-là et la journée de la vie deviendra différente. 

  • « C’est la faute de la Métro … » : l’excuse qui ne suffit plus !

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    Dans l'agglomération grenobloise, le refrain politicien "ni responsable ni coupable" avait trouvé son bouclier depuis 2014 : la Métro. Les élus municipaux avaient le paratonnerre idéal : "un problème non résolu = "c'est la faute à la Métro !". Mais hier, dans une Commune de l'agglomération grenobloise, une réunion importante sur l'eau. 3 fonctionnaires de la Métro, un représentant d'un cabinet d'études, un représentant de la société Colas sont présents pour exposer un dossier mené "cul par-dessus tête" au point de lever un tollé général : absence totale de concertation, organisation de la réunion dite de concertation 3 mois après l'attribution de l'appel d'offres, projet de lancement des travaux sans même avoir l'autorisation indispensable de propriétaires pour traverser des propriétés privées …

    Dans la lassitude de s'exposer aux critiques fondées mais vives (toujours exprimées dans la courtoisie pour respecter le statut des fonctionnaires), ces derniers exposent alors tout le processus. Et d'un coup les masques tombent ! Le projet a été élaboré à la demande des élus de la Commune concernée, dans la concertation la plus totale avec les élus de la Commune…. Et deux élus municipaux sont là au premier rang et ne prennent jamais la parole pour dire le contraire ! C'était le moment de la vérité : soit les élus gardaient le silence et c'était le "bruit de leur culpabilité" soit ils prenaient la parole et c'était le cri de leur innocence. Et ils ont gardé le … silence face aux révélations détaillées des services de la Métro !

    Une étape est franchie. La Métro n'accepte plus de jouer le paratonnerre et les élus ne peuvent nier leur responsabilité directe dans un dossier bouclé dans la solitude la plus totale pour tenter de mettre tout le monde devant le fait accompli.

    La confiance est brisée dans des conditions inédites. Et on est scandalisé par le double langage d'élus municipaux qui oublient le lien direct qui devrait être le leur auprès des citoyens pour se livrer à des jeux qui deviennent ainsi la pire caricature de la politique que chacun n'accepte plus.

    Les responsables et les coupables sont à la fois la Métro lointaine et arrogante mais aussi des élus municipaux qui n'ont pas le courage de rendre compte des vraies priorités qui sont les leurs lors des travaux à la Métro. L'agglomération grenobloise s'enfonce dans une triste "démocratie inversée".

  • Ne jamais subir la tyrannie du calendrier : bon début pour la vraie nouvelle année !

    Rentrée scolaire 01 09 16

    Le rapport au temps est étonnant. Il est marqué par des dates qui ont finalement peu de sens. Chaque nouveau siècle n'a jamais débuté quand le calendrier l'indiquait. Le 20 ème siècle est né en 1919 après la guerre de 14 – 18. Le 21 ème siècle est en train de naître sous nos yeux : terrorisme, nouvelle économie, réchauffement climatique …

    Il en est de même pour les âges : un papier devrait indiquer quand on est jeune ou vieux. Quelle triste fatalité. Chacun se libère de ce calendrier en étant vieux trop tôt, jeune trop tard par rapport aux repères établis.

    Le calendrier est même supposé imposer les dates où il faut être joyeux par exemple pour les anniversaires ou celles où il faudrait être triste. Chacun sait bien que la joie ou la tristesse ne peuvent se contraindre par une date.

    Et la liste de ces décrochages est considérable face à la tyrannie éventuelle des dates du calendrier. C'est le cas pour la vraie nouvelle année. Elle ne débute jamais le 1er janvier mais dans les premiers jours de septembre. Elle ne va pas du 1er janvier au 31 décembre. Mais du 1er septembre au 15 juillet. 

    La vraie vie nous montre qu'il faut chevaucher les dates et non pas subir les dates. Un exemple à suivre.

    En réalité la vraie nouvelle année ne dépend pas de la date du 1er septembre. Elle dépend du jour de la rentrée scolaire. C'est d'ailleurs un beau symbole : la reprise des plus jeunes entraîne la vraie reprise de tous.

    En conséquence, aujourd'hui, avec la rentrée scolaire du 1er septembre, bon début de la vraie nouvelle année (2016 – 2017) !

  • Hollande va-t-il tuer le PS comme Mitterrand a tué le PCF ?

    Macron 2 31 08 2016

    La vraie question de fond actuelle : que restera-t-il en France du PS après le mandat de François Hollande ? François Hollande va-t-il tuer le PS comme François Mitterrand a tué le PCF ?

    Il est souvent question d'une vie politique française immuable. Tout serait éternellement figé. C'est faux. Le radicalisme n'a pas survécu à la naissance de la V ème République. Autre exemple de "mort politique" : le PCF dans les 30 dernières années. La vérité des chiffres : aux législatives de 1978, le PCF fait 20 % des voix quand le PS fait 22 % des voix. Aujourd'hui le PCF est le "nouveau pauvre" du PS qui lui "donne la pièce" avec des territoires enclavés de bastions historiques et le PCF est dans la quasi-impossibilité de présenter un candidat à une présidentielle.

    Le PCF ne s'est jamais remis du tournant de 1985. D'un coup, il a fondu comme neige au soleil. Dépassé. Discrédité. Agonisant. 

    Le PS va-t-il suivre le même chemin ? La période actuelle ne sera pas sans des conséquences graves durables. Il y a une atmosphère qui est un mélange de crise de régime, de fin anticipée de règne et de pagaille inédite. Les Verts ont perdu l'écologie au sens originel du terme. Le PS est-il en train de mourir sous nos yeux ? Ce n'est plus à exclure. Ce qui marquerait un tournant réellement historique.

  • Le bon sens, c’est quoi ?

    Livre Detoeuf 22 08 16

    Hier, Thomas m'a prêté un livre qu'il avait beaucoup apprécié cet été : "Propos de OL Barenton Confiseur". 220 pages sur des constats inspirés par la vie. Bref, un recueil sur le bon sens. Un délice.

    Ma première rencontre avec le bon sens date de ma seconde année de droit et des discussions avec un Professeur de droit public, Gustave Peiser. Il délivrait comme des confidences ou des recommandations humbles des phrases qui me semblaient d'une réelle profondeur, méritant le temps de la réflexion pour en bénéficier pleinement. De nos entretiens, je remplissais des fiches aussitôt l'entretien terminé puis, heureusement, j'ai eu la bonne idée d'ouvrir un petit carnet pour noter systématiquement les expressions du bon sens. Un tiers venait de me faire entrer dans une dimension qui allait continuer ensuite en permanence. Toujours la même méthode depuis cette date. Une fiche puis le temps de la réflexion pourvoir si la formule méritait d'entrer dans le carnet.

    Carnet de formules 22 08 16

    Mon père ne l'avait pas fait car, en dehors des 6 derniers mois de sa vie, il devait considérer qu'il était difficile de parler avec son fils. Et maman ne procédait pas par conseils mais par directives sachant que je n'aurais pas la volonté de les discuter car lui faire plaisir était le 1er de mes objectifs. 

    Ce petit carnet acheté en 1975 n'a pas de marque. Je ne connaissais pas les "marques" à l'époque et n'aurais pas eu les moyens de m'en acheter un de "marque". Il est tout simple, très scotché à l'intérieur car recouvert de tant de formules pendant tant d'années.

    Hier, avec le livre prêté par Thomas, il y a matière à ajouter de très nombreuses nouvelles formules.

    Le bon sens, c'est un chemin avec trois étapes :

    1) Il faut vivre une situation pour en extraire la leçon,

    2) Il faut prendre le temps du retour sur expérience pour formaliser la leçon,

    3) il faut avoir envie de partager avec autrui ce retour sur expérience. Franchir l'étape du "pourquoi dire à autrui ce qu'on a mis tant de temps à découvrir et peut-être le livrer à une contestation inutile". 

    L'auteur de ce livre a manifestement franchi ces trois étapes et en plus il est maître dans l'art des phrases courtes. 

    En reprendre les meilleures serait une liste trop longue. Juste deux sur la vie des affaires et les "puissances rarement reconnues" :

    • "L'argent est comme la foule qui s'entasse dans le café où il y a foule et déserte le café d'en face. Non parce qu'on y est mal servi mais parce qu'il est vide !",
    • il y a des gens dont la puissance est faite de tout l'argent qu'ils ont prêté. Il y en a d'autres dont toute la force est dans l'argent qu'ils doivent".

    Et 200 pages de ce type sur tous les volets de la vie quotidienne. Remarquable !

     

  • Au moins savoir …

    Nice attentat fleurs

    Pour des raisons que je n'arrive pas à m'expliquer et que je regrette ce jour, je n'ai jamais consacré du temps à bien connaître la région du Proche-Orient. Et cela dès la période de mes études pendant lesquelles déjà cette géographie ne m'intéressait pas. Aujourd'hui je regrette terriblement cette situation. Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour me faire une opinion sérieuse, pour identifier des causes donc des voies de solutions durables. Par conséquent, je lis désormais tout ce qui concerne le sujet avec le sentiment d'un retard à rattraper. Mais, chaque fois que je lis des contributions sérieuses, je suis atterré par les "révélations". C'est le cas du dernier numéro de la Revue des Deux Mondes consacré à l'Islam et au terrorisme reçu vendredi.

    143 pages consacrées à ce sujet avec les contributions d'experts. Quand on a terminé la lecture attentive de toutes ces contributions, des sentiments lourds à porter :

    • l'énoncé des erreurs commises pour lutter contre Daesh avec efficacité y compris dans ses déploiements au sol. Les exemples donnés d'inactions sont terribles. Pire encore, les exemples de complicités manifestes révoltent jamais sanctionnées,
    • les erreurs sur les Printemps Arabes,
    • la paralysie d'Obama,
    • le sentiment que Poutine est finalement le seul "Chef d'Etat" à avoir une vision à long terme,
    • la fragilité de la France qui fait du spectacle mais pas d'action sérieuse,

    Syrie 19 08 16

    Vous fermez ce numéro et vous avez le sentiment terrible que votre sort vous échappe et que vous avez été complice d'une médiocrité crade et suicidaire au sein de pays qui ne "veulent pas voir".

    Quand au même moment, on "tombe" sur l'article de Brice Couturier, chroniqueur sur France Culture, qui décrit de l'intérieur le système médiatique parisien, il y a un vrai sentiment de colère et de révolte face à une telle irresponsabilité. Pour lire l'article terrible en question, cliquer sur le lien suivant : Brice Couturier.

    Dernièrement, je lisais avec intérêt l'optimisme d'une personne sur Facebook indiquant face au terrorisme et avec certaines réactions "ils vont nous rendre notre vraie France". Et la personne listait toutes les réactions positives qui allaient en résulter. La France des "villages de Pierre Bonte" retrouvait une nouvelle jeunesse. Ce qui est sûr, c'est qu'ils doivent nous rendre une nouvelle citoyenneté. Pour ma part, c'est en route (pour ne pas dire En Marche ce qui serait connoté …).

     

  • En démocratie, l’opinion a toujours raison

    Justin Trudeau 18 08 16

    Deux faits sont actuellement trop souvent oubliés ou sous-estimés. D'une part, la défiance (pour le pas dire le dégoût) vis à vis du "système" est désormais telle que ce qui est présenté comme réel compte moins que ce que l'on croit réel. On n'attend plus "la vérité officielle annoncée" mais la défense de ce que l'on croit vrai, ce qui est une différence considérable. D'autre part, en démocratie, l'opinion a toujours raison. Dès qu'un pouvoir se fait à l'impopularité donc à ne plus être d'accord avec l'opinion, c'est la reconnaissance du divorce donc de l'échec cinglant. 

    Toute la qualité de ceux qui dirigent doit être appréciée à leur capacité à garder cette "harmonie" avec l'opinion. Ce qui demande des efforts des deux côtés. Regardons actuellement le Canada et sa "lune de miel" avec Justin Trudeau. Quand une démocratie fonctionne de façon pacifiée, quelle beauté ! Quand un leader élu trouve les mots, les gestes pour canaliser une énergie collective positive, quel temps radieux.

    Trudeau bis 18 08 16

    La France est à l'opposé d'une telle "météo".

    Pire, à circonstances constantes, la France avance vers un séisme considérable par le cumul de 4 facteurs :

    • une partie croissante de l'opinion publique française ne croit plus au "système" donc le "système" ne peut plus jouer son rôle de régulateur : des médias en crise, des corps intermédiaires discrédités, des élus désavoués …
    • les caisses sont vides de tous les côtés (Etat + Collectivités locales) : donc l'Etat n'a plus les moyens "d'acheter" une paix intérieure (aides, allocations diverses, recrutements …)
    • il lui est demandé aujourd'hui de traiter dans l'urgence des sujets qu'il n'a jamais su ou voulu traiter depuis 30 ans (religions, quartiers hors de l'Etat de droit, niveau de la dépense publique, économie qui achète l'exclusion par la couverture chômage plutôt que le travail par le mérite… ) : le bon sens impose une question simple : pourquoi et comment l'Etat pourrait résoudre aujourd'hui des problèmes qu'il a portés pendant 30 ans en tolérant une aggravation de chacun d'eux année par année d'inaction ?
    • et le tout au moment où il y a "le feu à la maison" : car sur chacun de ces sujets, il y a sérieusement le "feu à la maison". Les "incompatibilités d'humeurs" sont manifestes. Les records de dépenses publiques sont toujours battus. Le chômage ne connait pas de baisse significative structurelle sérieuse…

    Je ne vois pas dans le discours des actuels candidats pour 2017 l'électrochoc qui puisse, dans de telles circonstances très particulières, susciter la rupture pour ouvrir un rebond. Ce constat signifie que très probablement chaque sujet va encore s'aggraver. Pour entendre avec attention autour de moi ce qui se dit de la part de personnes traditionnellement modérées, la prochaine étape devient désormais totalement imprévisible. 

    Les candidats des Républicains comme du PS devraient considérer que la bataille de fond actuelle n'est pas la collecte des signatures pour participer à la primaire mais la tenue de ce discours de fond de vraie rupture qui devrait susciter tout naturellement … la mobilisation des signatures pour participer à la primaire

    SVP donnez nous envie de participer. Parce que c'est toujours plus agréable de participer dans une démocratie. Mais surtout parce que les actuelles mobilisations annoncent des chocs très redoutables si le grand nombre reste à l'écart.

  • Travailler moins pour … bronzer plus !

    Plage bronzage

    Si un doute existait encore sur la non-représentativité des réseaux sociaux, il se dissipe toujours pendant l'été. En effet, à parcourir les réseaux sociaux en France, tout le monde bronze. Un seul programme : travailler moins pour bronzer plus ! Et à voir tous les articles sur les belles plages, les amis retrouvés, les tables merveilleusement garnies … on peine à imaginer qu'il puisse encore y avoir des usines qui fonctionnent, des métros qui transportent des travailleurs, des emplois du temps qui ne soient pas uniquement garnis par un mot : plage.

    On se demande pourquoi le mot "crise" peut être encore chez lui en France quand on constate le prix des bouteilles de vins exposées, les hôtels fréquentés, les piscines généralisées …

    … Le décalage est impressionnant. Il m'est apparu évident quand dernièrement sur Facebook un "ami" indiquait combien il se sentait décalé à … repeindre sa cuisine. L'honnêteté de cette remarque m'est apparue touchante. 

    Pour ceux qui travaillent pendant l'été, parcourir les réseaux sociaux c'est le supplice, la torture. Parce que la mode n'est pas seulement à exposer les vacances mais elle est à faire naître une surenchère dans les vacances. 

    Une réalité qui montre, si besoin était, l'aspiration profonde des français à retrouver le calme, le bonheur, la douceur de vivre. Bref l'opposé de tout ce qui nous attend à partir de début septembre 2016 …

  • Les faits ont-ils encore une place dans « l’information » en France ?

    USA carte électorale 16 08 16

    Le traitement des heurts en Corse ce week-end montre une fois de plus la difficulté pour que les faits se fassent une place dans "l'information" en France. Il semble impossible de connaître même la réalité des blessures … Maintenant tout n'est que commentaires immédiats sans parler des journalistes qui considèrent qu'informer c'est leur ouvrir une tribune d'opinion. Les faits ont-ils encore une place dans "l'information" en France ?

    Prenons l'exemple de la campagne américaine. A écouter les journalistes français on imagine Trump battu à plate couture partout, incapable de tenir une réunion publique tant les manifestants sont nombreux, sur le point de tout raccrocher …

    La carte ci-dessus montre la réalité des victoires par Etat. Trump est en rouge et Clinton est en bleu (en rose les Etats incertains). Le fait majeur c'est la rupture entre "l'Amérique profonde" du coeur du pays et celle des "rivages". La vraie question de fond n'est pas que Trump soit battu mais qu'un discours comme celui de Trump puisse gagner dans tant d'Etats. Cela donne un sentiment de la "température" dans le pays !

    C'est comme pour la Corse. Les deux vraies questions sont : 1) pourquoi le burkini cette année à ce point ? 2) Et pourquoi autant d'hostilités face à ce port ? Avec ces deux questions et notamment en reconnaissant une poussée inhabituelle des réactions des deux côtés, c'est reconnaître des tensions nouvelles certaines. Et à ce moment, l'important c'est de les interpréter. Mais cette logique dérange parce qu'elle va à l'encontre de la volonté officielle qui est celle de "loups solitaires dans un pays apaisé". Comment est-il possible de régler un problème en refusant de poser les vraies questions qu'elles fassent plaisir ou pas ? Cette fuite en avant permanente décrédibilise tout le système et les supposés pros de l'information voient leur professionnalisme suivre la courbe des politiciens. Ils devraient s'alerter parce que ce n'est pas une compagnie à rechercher en matière de marqueur de confiance …