La mode en France actuellement consiste à dire que la présidentielle 2017 échappe à tout pronostic sur le vainqueur éventuel. Contrairement à ce constat, la présidentielle 2017 a déjà un vainqueur : le moi étriqué. C'est le vainqueur absolu sur tous les terrains. Fillon ne se pose pas la question de l'intérêt global de son camp quand la gauche revient à son camp de base qui est celui de donner des leçons de … morale. Mélenchon et Hamon ne s'interrogent pas sur le score global de la gauche qui deviendrait, une fois réunis, un score irréel après un mandat de tant d'échecs notoires. Hollande termine son mandat sans se poser la question, pourtant fondamentale en démocratie, de rendre compte de son mandat. Et avec cet état d'esprit, il devient même le "professeur" qui donne les bonnes et mauvaises notes. En pleine crise climatique, Jadot négocie les … circonscriptions. Et la liste pourrait continuer encore longtemps. Le "moi étriqué" a déjà gagné la présidentielle 2017 et de loin. Comment demander demain à tous les autres de ne pas céder à cet état d'esprit … ?
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France : à quand la réponse à la vraie question : quelle ampleur de la baisse du niveau de vie en France dans les 5 prochaines années ?
La descente aux enfers en France n'est qu'à un étage intermédiaire. La campagne présidentielle est lugubre et irresponsable collectivement. Mais surtout la liste des sujets non traités est considérable. D'où le sentiment à venir d'avoir été trompé, une fois de plus. Hier dans Les Echos, Michel Pébereau a dressé un tableau irréfutable de la dette publique française. Quand un pays montre sa "capacité" à ne jamais réformer, que dans le même temps il réduit l'assiette des foyers soumis à l'impôt, que les salaires et pensions sont voués à être figés pour des raisons diverses … : la hausse de l'imposition est incontournable. Quand les prélèvements augmentent face à des salaires figés, la conséquence directe, c'est la baisse du niveau de vie du pays concerné. Ce d'autant plus que la mobilité internationale est désormais très forte. Par conséquent, celles et ceux qui le peuvent pour des raisons diverses (mobilité professionnelle, choix de vie …) vont quitter ce pays et affaiblir d'autant l'assiette contributive du pays en question. La question de base honnête en France actuellement c'est : quelle ampleur de la baisse du niveau de vie en moyenne dans les 5 prochaines années ? L'opinion a conscience de cette réalité. C'est pour cela que le divorce est profond avec la classe politique : comment la classe politique pourrait-elle s'enrichir sur les deniers publics quand la moyenne est l'appauvrissement pour les autres ? Pour qu'une affaire vive, elle ne s'alimente pas de détails mais d'un socle de vérité. Giscard communiquait sur ses chasses en Afrique. Sur ce socle, des cadeaux émanant d'Etats africains devenaient donc possibles. Pour l'opinion, Chirac avait fait de Paris sa base arrière pour la conquête de l'Elysée. Y nourrir des emplois de collaborateurs politiques devenait crédible. Il doit toujours y avoir la part de vérité qui donne la cohérence au reste. Aujourd'hui, la part de vérité, c'est que l'opinion a conscience que son devenir c'est la baisse moyenne du niveau de vie en France. C'est le socle du divorce entre des sorts trop différenciés.
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Comment baptiser un régime politique qui ne reconnait pas les contre-pouvoirs ?
Qu'est ce qui a caractérisé les 30 dernières années en France : la disparition progressive de l'acceptation de contre-pouvoirs. Sur le plan local, la décentralisation n'a pas seulement été l'affirmation des Collectivités locales. Elle a surtout été l'effacement des pouvoirs locaux de l'Etat : de la chute de l'autorité préfectorale à la disparition pure et simple des antennes de proximité d'administrations d'Etat dont la caricature est la disparition des subdivisions de la DDE (Equipement). Chaque collectivité départementale ou régionale a doublonné les administrations d'Etat (Santé, social …). A de rares exceptions près, les divers médias locaux ont dû compter progressivement avec de nouveaux annonceurs publicitaires que sont les Collectivités Locales. Les expressions des milieux patronaux ou syndicaux ont dû compter avec les nouveaux donneurs d'ordres de marchés publics ou employeurs que sont les Collectivités Locales. Les contre-pouvoirs réels ont disparu des échelons locaux en France à l'exception du Judiciaire mais encore faut-il qu'il y ait contentieux donc saisine du Judiciaire.
Même évolution sur le plan national vis à vis de l'exécutif. Les parlementaires sont des godillots à droite comme à gauche, dépendants d'investitures de partis politiques pour continuer leurs carrières. La presse est fragilisée par des aides publiques multiples. Et un examen des périmètres d'actionnariats pose objectivement des questions sérieuses et graves. L'exécutif a toujours un lien direct avec le Parquet en matière judiciaire au sein d'un ministère de la Justice qui est un "ministère comme les autres" sans garantie particulière d'indépendance. La "Cour Suprême" qu'est le Conseil Constitutionnel est la "maison de retraite" de politiques en fin de carrière. La commande publique de l'Etat est très influente. Là encore, il ne reste que l'autorité judiciaire et encore, à ce niveau, ne faut-il pas sous-estimer certains volets dont les nominations à venir pour des carrières "attractives". Progressivement, l'exécutif est confronté à très peu de réels contre-pouvoirs. Il y aura un moment où devra être traitée avec sérieux la question simple suivante : comment baptiser un régime politique qui ne reconnait pas les contre-pouvoirs ? La réponse sérieuse risque d'être très inquiétante pour l'état de la démocratie en France. Une réalité que l'affaire Michael Flynn vient de rappeler.
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La lutte entre les états sombres et les états brillants
Plus on avance dans la vie, plus elle apparaît comme un voyage incertain avec de multiples épreuves qui sont autant de tests entre les états sombres et les états brillants. Chacun porte en soi ces deux aspects. Sur la route de l'existence, l'état d'esprit sera tiraillé. Parfois terriblement heureux dans certains événements. Parfois immensément malheureux en fonction d'épreuves lourdes. Dans ces derniers moments, il faut lutter pour chasser les états sombres. C'est le test de la maîtrise de soi. Et probablement d'ailleurs la seule façon pour se reconstruire et bien re-démarrer. Quelle inquiétude de constater que des personnes qui aspirent à des responsabilités éminentes veulent d'abord partager les états sombres : colères, violences, refus de reconnaître leurs responsabilités personnelles directes. Et inquiétude analogue de constater que la politique ressemble désormais à un match de football avec des militants aussi soumis à la défense coûte que coûte de leurs maillots. Dans ce contexte, les états sombres marquent beaucoup de points actuellement. Les messagers sont pris à partie. Et pourtant quelle liberté plus importante que celle de la presse, celle qui les vaut toutes selon la belle formule de Chateaubriand. Et de même pour la justice qui doit faire face à des décisions d'une extrême complexité et qui fonctionne dans des conditions d'ascétisme matériel irréel en France. Si des inflexions rapides n'interviennent pas, le mal à l'âme risque de devenir très douloureux en France à ce rythme.
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Quand le temps d’aimer devient celui de souffrir avec dureté
J'appartiens à l'une des générations pour lesquelles la "bonne éducation" consistait à ne pas s'exposer et encore moins à exprimer fortement ses sentiments. Mais dans les faits, une disparition vous donne soudain l'expérience permettant de constater que cette éducation n'est pas la "bonne". La disparition d'un être cher qui vous fait subir une douleur considérable comme si demain devenait impossible. Et vous apprenez alors que la belle harmonie des temps agréables n'est que la dette ouverte de l'ampleur de la tristesse quand ces temps agréables disparaîtront. Comme cette tristesse imposera sa dureté, il ne faut pas être économe des expressions d'amour. Fort de ce constat, Aspen a été le 1 er chien auprès de qui j'ai pu lui exprimer aussi souvent, quotidiennement, mon attachement. Avec Marie, avec qui son lien était particulièrement étroit, nous avons appris à prendre notre temps pour elle. Avec elle. Choisir les aliments qu'elle aime. Attendre son "soupir de contentement" pour nous endormir avec paisibilité. L'aider dans les épreuves dont deux opérations très très lourdes. Lire des ouvrages techniques pour apprendre à mieux dialoguer avec elle. Elle a partagé toutes les préparations de Jonathan et Thomas pour leurs concours, restant à leurs côtés des journées entières. Le soir, lors de dîners, nous plaisantions en disant "Aspen étudie l'informatique, puis le droit". Et cette semaine, tout s'accélère. Son coeur ne permet pas l'opération de plus. Ses forces la quittent. Bouger lui devient impossible. Une hémorragie produit l'irréparable. Le rendez-vous de la séparation physique a sonné. Hier, Aspen s'est donc endormie. Et notre souffrance est à la hauteur de l'harmonie partagée chaque jour de ces 12 années. Immense !
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Un film de mauvaise qualité avec des acteurs médiocres
Les 3 débats de la primaire du PS ont été nuls. Deux candidats présents avaient dû se perdre dans ce cinéma de série B. Ils avaient probablement dû s'incruster dans la salle en ayant vu la lumière et deviné le buffet d'après film ? Et les autres n'auraient même pas pu prétendre à une fonction de Gouverneur dans un Etat fédéral. Quelle tristesse de voir un pays avec une représentation politique tombée aussi bas. L'ex-compagne de l'un des candidats tweete son exaspération face aux déclarations du père de ses enfants… Le Cevipof a publié son baromètre de "confiance" : tous les chiffres sont au rouge vif. Le divorce est consommé entre l'opinion et ses supposés "représentants". La séance va continuer encore longtemps ? La "production" coûte de plus en plus cher pour des spectateurs de moins en moins nombreux. Pathétique.
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Pour colorer son harmonie intérieure
Le vrai froid approche. Ce matin, Aspen n'a accepté de sortir qu'à la condition de revêtir sa … polaire. Un marqueur de confiance pour constater le froid. Aspen est notre chienne briard. 11 ans ! La doyenne de la famille. J'espère qu'elle a conscience de l'immensité de notre reconnaissance pour la lutte qui a été la sienne pour vaincre deux maladies redoutables. Elle a su combattre et gagner. Avec l'âge, le briard doit lutter aussi contre son … physique. Son train arrière plus difficile à bouger. Mais quel merveilleux tempérament. Comme tout chien berger, Aspen cherche à surveiller son troupeau. Mais pour Aspen, en terme de troupeau, ils sont … 1 : Marie. Tout tourne autour de Marie. Lors de sa récente hospitalisation, j'ai mis plus de 48 heures pour ramener Aspen à la vie quotidienne. Pour faire sortir Aspen de sa sidération de ne plus avoir de … troupeau. Les animaux domestiques m'ont beaucoup appris. Tout particulièrement, une capacité à apprécier le temps heureux, celui de la banalité douce. Avec les réseaux sociaux, j'ai beaucoup apprécié de constater que tant d'autres personnes ont la même relation avec leurs animaux domestiques. Reconnaître leur intelligence comme leur sensibilité. Les intégrer dans une famille. Les considérer. Etre à leur écoute. Ils donnent de la couleur à l'harmonie intérieure. Des vraies émotions saines. Savoir analyser un regard. Les caresser et progressivement constater que son coeur se met à leur rythme paisible. Sur les photos des enfants aux murs de la maison, Jonathan et Thomas sont presque toujours avec un chien. Une vraie harmonie. Une grande satisfaction de constater combien Jonathan peut être complice du chat de Clara, sa compagne, et Thomas de James, le chien de son épouse Ombeline. Le cycle continue. C'est naturel. Comme Aspen qui retrouve sa polaire pour sortir les jours de vrai froid.
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Ce matin, j’ai 10 ans …
Enfin une journée d'hiver qui n'est pas économe en neige. De quoi rappeler ma jeunesse. Alors quitter Grenoble pour rejoindre le chalet de mes parents, c'était une merveilleuse récompense. Il fallait que deux conditions soient réunies en dehors des périodes classiques de vacances. 1) Que les notes scolaires aient été bonnes et 2) que je m'engage à … déneiger. Depuis cette époque, je n'ai jamais calculé le volume de neige manipulé. Mais ce matin, il a été significatif. 2 heures 48 de pelle pour "revoir la terre" sur les espaces utiles. 8 353 pas. Prendre son rythme. Ecouter le silence. Méthodiquement choisir les bons angles pour ne pas piétiner des espaces à déneiger. Il y a toujours des moments délicieux où le rendez-vous avec son enfance est là. Imprévisible. Non programmable. Mais réel. Ce matin ce fut le cas. Dommage que des cérémonies religieuses de décès familiaux cet après-midi altèrent cette douceur matinale si agréable. L'âme peut avoir 10 ans mais le vrai temps a fait son "oeuvre". Dommage …
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100 jours … ! Et alors ?
Aujourd'hui, nous sommes à 100 jours du 1er tour de la présidentielle. Et à l'exception de ceux qui vivent la présidentielle comme la rampe de lancement de leurs campagnes législatives, c'est l'indifférence. Hier, un sondage Fiducial a été publié. A la question "Les Républicains feraient-ils mieux que l'actuel Gouvernement ?". Réponse : "ni mieux ni moins bien" : 52 %. Et "moins bien" : 25 % ! Il n'y a que 23 % à penser que ce peut être "mieux". Ce fut d'ailleurs le problème de Juppé dans les primaires de la Droite : un PMU avec des cavaliers ne visant pas la présidentielle mais … leurs législatives. D'où le rituel d'alors de campagnes bien éloigné des fondamentaux efficaces. L'échec de la politique en France est tel qu'en dehors des intéressés, plus personne n'y croit. Quand une réunion d'un ex Premier ministre sortant fait 500 personnes présentes, c'est un … gros score ! Un climat très particulier probablement jamais connu à ce point sous la Vème République à 100 jours d'un vote.
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La personnalité géographique existe bien …
C'est un des sujets les moins traités et pourtant très intéressant : l'identité géographique existe-t-elle ? Et si oui qu'est ce qui peut la structurer ? Quels rapports entre une identité géographique et le profil des habitants ? Qui structure le plus l'autre ? Depuis près de 30 ans, pour des raisons professionnelles, je suis sur Lyon plusieurs fois par semaine. Samedi en me rendant sur Grenoble, le constat classique de clochards, de tags, de papiers sur la chaussée. Dès l'arrêt au feu du pont de Catane, sur la droite, un groupe de sans abri manifestement très énervé, probablement très alcoolisé … Ce matin, à Lyon, entre Bellecour et le bout de la rue de la République à l'opposé de Bellecour donc sur un espace important : pas un clochard, pas un papier, pas de tag … (cf photos ci-dessus et ci-dessous prises à 9 heures). Bien davantage, à Lyon, la Ville vend même son savoir-faire en matière d'événementiel (cf article dans Les Echos la semaine dernière sur la fête des Lumières) et récupère des recettes non négligeables. Le Maire du 2ème arrondissement (UDI) travaille en bonne intelligence avec la "mairie centrale" (PS). Si des dossiers les opposent, il présente des contre-projets solides, précis, argumentés. Une approche bien éloignée de la guerre permanente des tranchées à Grenoble. A Grenoble, où le moindre projet piéton est perçu comme une agression contre les commerces. Et à Lyon, la rue "principale" est … piétonne avec des enseignes de haute renommée qui ne baissent pas les rideaux, loin s'en faut. Comment à 150 km de distance, de telles différences peuvent-elles exister à ce point ? Pourquoi de tels "tempéraments" aussi différents ? La sociologie ? L'histoire des lieux ? Comme beaucoup de sujets importants donc difficiles, il n'est pas traité. Dommage …