Denis Bonzy

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  • Une journée avec ses contrastes extrêmes

    Seyssins 17 04 17

    Il y a des jours qui portent le meilleur et le pire. Le meilleur quand vous engagez une randonnée de bon matin au soleil levant avec quelqu'un que vous rencontrez pour la première fois pour faire découvrir les chemins que vous aimez. Une personne dont le lien a été tissé via Twitter et sa capacité à faire partager de si belles photos. Une personne agréable, sympathique qui ressemble à tant d'êtres de qualité qu'on a l'impression de l'avoir déjà rencontrée, connue comme si c'était simple et naturel de longue date. Puis en fin de matinée, par la lecture de la presse locale, découvrir le décès par accident de l'enfant de 36 ans d'amis avec lesquels nous avons partagé tant de moments agréables : un accident de spéléologie. La sagesse populaire a de nombreuses formules d'une grande force juste. Mais aussi parfois elle porte des formules qui sont des idioties irréelles. Ainsi, certains disent-ils parfois "on a la vie qu'on mérite". Cette formule est d'une injustice terrible, folle. Il y a tellement de personnes qui n'ont pas la vie qu'elles méritent. Dans ce cas, Julien, ses parents et ses deux soeurs ont tellement lutté pour mériter une vie tellement plus longue. Lutter dès le plus jeune âge dans des conditions que celles et ceux qui les connaissent peu ne pourront jamais imaginer. En quelques heures, cette journée imposait ses contrastes les plus extrêmes. Implacable avec un ciel si bleu pur que tout pouvait disposer à la douce joie. Une façon aussi de rappeler qu'il ne faut jamais aller mal par flemme d'aller bien car tout peut basculer si vite.

  • Jour de fête et visages de … guerres

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    La violence passe par les images davantage que par les mots. Aucun mot n'a la cruauté triste des réalités de guerres. Aujourd'hui, quand des pays font la "chasse aux oeufs", d'autres sombrent toujours sous les tirs et les bombes, presque dans l'ordinaire. Une réalité qui mériterait d'être mieux considérée. A cette fin, presque chaque jour, des médias devraient consacrer quelques secondes à ces réalités : une photo et une explication de 15 secondes suffiraient. La conscience internationale y gagnerait. En 2003 et 2004, aux Etats-Unis les visages des soldats tombés au front ont changé les consciences dès que les infos commençaient par ces visages frappés en pleine jeunesse, en pleine vitalité souriante et prometteuse selon les photos. Pour garder à l'esprit ces réalités, un témoin fabuleux : Erin Trieb. Une photographe de terrain qui a le talent de montrer le … terrain. Implacable. Réaliste. Pensée particulière aujourd'hui. Pour ne pas oublier cette réalité, il suffit de s'abonner aux réseaux d'Erin Trieb.

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  • Le jour où la politique s’inspirera des leçons du … tennis

    Tennis 15 04 17

    La saison des tournois locaux de tennis vient de débuter. Un moment particulièrement agréable. J'ai commencé mon premier tournoi de tennis en avril 1974 à Meylan. C'était ma première année en droit. Je faisais alors le tournoi sous les couleurs de l'équipe de Rhône Poulenc. Le responsable de notre équipe était M. Mourra qui, dans les années 80, a pris sa retraite à Mont de Marsan. M. Mourra nous entraînait souvent. Avec patience et pédagogie. Nous jouions alors avec MM Cloarec, Michaud, Moneger … notamment. Ce matin là d'avril, je m'en souviens comme si c'était hier, le temps était froid. Mon adversaire était largement à ma portée. J'ai perdu. Avec la sagesse et la gentillesse qui étaient les siennes, M. Mourra m'a donné un conseil : "tu as trop voulu gagner. Il faut jouer sans penser au score. Jouer chaque balle en donnant le meilleur de soi-même sans penser au score". J'ai appliqué son conseil et chaque fois que je l'ai appliqué je suis parvenu à gagner même des meilleurs que moi. D'un coup le jeu devient plus vrai, plus naturel. Le "petit bras" s'éloigne". Depuis 10 jours, ce conseil devrait être respecté par les candidats à la présidentielle 2017. Ils pensent trop au score sauf un qui en conséquence monte, monte, monte … comme s'il ne pensait pas au score. Pour les autres, la campagne a manifestement 20 jours de trop. Dommage pour tout le monde que ce soit les 20 derniers jours …

  • Philippe Labro et les « potages brûlants »

    Philippe Labro

    Le dernier livre de Philippe Labro est remarquable. Comme si souvent pour ne pas dire toujours de la part de cet auteur d'une extrême qualité. Le sujet de fond : les secrets de famille. C'est un des sujets les plus passionnants qui soit. Pendant l'enfance, à l'occasion d'un potage par exemple, un nom ou une circonstance rend manifestement le potage plus brûlant que sa véritable chaleur. On a le sentiment diffus, confus d'avoir levé un sujet important mais au point de ne pas en connaitre la réelle importance et de ne jamais avoir la réponse avant le dessert ni même … après ! Puis, quelques années plus tard, parfois en ayant entre-temps totalement oublié cet instant, au hasard d'une photo ou d'une anecdote, la réponse vient. L'âme oubliée était toujours là. Sitôt réveillée, le puzzle prend corps et une vraie logique en résulte. D'un seul coup, c'est le repos de l'âme cachée pour celui qui révèle et la cohérence de l'âme révélée pour celui qui reçoit. Un vrai silence peut alors se réinstaller, pas celui qui cache mais qui a mis en ordre. Le livre de Philippe Labro, c'est le résumé des "potages brûlants" connus probablement par chacun sur des sujets différents. Passionnant.

  • Tenter de comprendre la seule révolution qui compte : sa propre révolution intérieure

    Yoga

    Dans le rapport à la lecture, il y a des quêtes différentes, souvent complémentaires, mais parfois terriblement opposées. Pour moi, la lecture, c'est trois centres d'intérêts : toujours mieux connaître des sujets qui me passionnent, s'ouvrir à des thèmes entièrement nouveaux, s'interroger sur des remises en question de fond. Les premiers me confortent souvent. Les seconds m'apprennent. Les troisièmes m'interrogent. Là, avec le livre "le cycle de la vie", c'est l'une des premières fois où je suis secoué à ce point sur des thèmes forts : le rapport à la souffrance, à la mort. Comment suis-je arrivé à cette lecture ? Lors d'une discussion avec une personne confrontée à une disparition terrible, j'ai été saisi par sa sérénité, par la profondeur de ses réactions et par la beauté de ses observations. Elle avait manifestement franchi des étapes lui permettant d'être mieux avec elle-même, trouver une paix intérieure d'une extrême qualité. Non pas en s'en remettant à une grille de lecture à suivre docilement mais avec un travail sérieux de réflexion. Pour bien vivre quand le temps a infligé des séparations avec des êtres chers, il faut trouver une explication de vie qui dépasse la seule séparation physique. Sinon des états d'âme de tristesse gagnent si souvent, trop souvent. Parmi de nombreuses lectures sur ce thème, c'est le premier livre qui m'impose tant de questions de fond et peut ouvrir un rapport différent à des sujets difficiles. Je le recommande. 

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  • La valeur de la vie d’une personne âgée a terriblement chuté en France ces dernières années

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    Comparons les chiffres officiels publics. En août 2003, la canicule provoque 15 000 décès. C'est une crise de régime. Démissions, méthodes spéciales d'alertes … Décembre 2016 et début janvier 2017 : la grippe provoque 14 358 décès. Il se passe quoi ? Rien ! Pas une seule mise en cause du vaccin. A quoi a-t-il servi ? Pas une seule démission. Le chiffre n'est même pas à la Une de l'actualité. Entre 2003 et 2016, la valeur d'une personne âgée en France a terriblement chuté. L'industrie de la santé choisit ses morts. Ceux qui scandalisent pour pomper les aides publiques et ceux qu'il faut banaliser pour éviter d'ouvrir les interrogations sur ses propres échecs. C'est comme les effets des vaccins. Hiver 2016, dans des délais semble-t-il proches de la vaccination anti-grippe, des "incidents" cardiaques sont intervenus dans des nombres très supérieurs à la moyenne. Un lien existe-t-il ? Si non, à quoi est liée cette réalité inhabituelle ? Pas de chiffre. Pas d'étude. Rien. Face aux impératifs capitalistiques de l'industrie de la santé, le prix de la vie humaine semble très faible pour des bénéfices records. Très inquiétant que la faiblesse politique face à de telles réalités.

  • Aujourd’hui, peut-être retrouver le doux plaisir d’une odeur de l’enfance ?

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    A juste titre, la sagesse populaire dit que l'on reste toute sa vie de son enfance. Il y a des temps forts de l'enfance qui impriment à jamais. Pour moi, c'est le cas notamment de 5 odeurs. L'odeur de l'encre suggère la concentration des études d'alors. Il y a 2 ans, suite à un encrier cassé, j'ai retrouvé chez Trichon à Grenoble un vieil encrier en verre à la forme originale qui garde remarquablement l'odeur de l'encre. A chaque recharge de stylo, c'est une volée d'images revenant en surface. La seconde odeur est celle de l'iode. A l'opposé de l'encre, l'iode rappelle les vacances. Les vacances d'alors incarnent pour moi de longs trajets en voiture et la fenêtre ouverte dans les derniers kilomètres pour sentir l'iode qui envahissait la voiture : nous étions sur le point d'arriver. Je retrouve cette odeur tout particulièrement dans deux endroits : Bordeaux Mérignac selon les météos, les vents et quand le plafond des nuages est bas par temps humide. Pareil : prendre le temps sur le tarmac et les images reviennent. Il en est de même à Boston à la sortie du Logan Airport. La troisième odeur est celle des confitures : c'est le souvenir des retours d'école avec le temps du goûter. A Lyon dans des bouchons, la "cuisine maison" dégage cette odeur d'une tarte avec des fruits frais au milieu d'une épaisse crème pâtissière avec un arrière goût de vanille. A la seule perspective de ce dessert, tout le repas change. La quatrième odeur est le parfum de ma mère. C'est une odeur paradoxale. Elle me ravit au premier instant puis m'attriste terriblement ensuite. C'est l'odeur triste quand les autres odeurs sont les odeurs joyeuses. Et la 5ème odeur de mon enfance, c'est l'odeur des fermes. En dehors des vacances d'été au bord de l'eau, les autres vacances scolaires étaient "à la campagne". Le rituel du petit déjeuner consistait à aller chercher le lait à l'étable, chaud pour faire le banania. Je regardais comment traire les vaches, un savoir faire très précis. Puis c'était le retour avec le lait chaud pour partager le petit déjeuner avec maman et ma soeur. Avec la Ferme à l'Oriel cet après-midi, j'espère retrouver cette odeur qui a quitté tant de villages bien tristement. 

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  • Quand une seule question pourrait suffire mais elle n’est jamais … posée

    Jumbo Wild Patagonia

    En dehors de l'investigation naturelle sur la moralité indispensable des candidats lors de l'actuelle présidentielle, il y a une seule question à mes yeux qui pourrait suffire pour faire le choix : quelles causes avez-vous financées sur vos deniers personnels dans les deux dernières années, preuves justificatives à l'appui (virements ou chèques) ? Là il ne s'agit plus de parler mais de faire. Et de faire sur ses deniers personnels. Et finalement ces candidats qui sont très auto-centrés, habitués à recevoir, sont-ils tout simplement capables de penser aux autres et si oui à quelles causes : santé, environnement … Et avec de telles preuves d'actes, le choix pourrait devenir tellement plus clair et facile. Dommage que cette question simple ne soit jamais posée … ! Pourtant pour beaucoup de citoyens, des efforts concrets de ce type sont fréquents et récurrents sur des causes multiples : Jumbo Wild, mucoviscidose, Restos du Coeur …

  • La bataille souvent irréelle du plus bas prix !

    ABépluche

    Hier matin, France Bleu Isère a consacré un reportage de grande qualité sur la bataille d'une société ABépluche. Son créneau est étroit mais d'une grande utilité. Cette société peine à s'installer dans la durée. La raison : l'absence de marchés publics locaux parce que des collectivités ne reconnaissent pas que la valeur ajoutée de son service a un coût et que ce coût doit donc correspondre à un … prix. C'est la bataille ridicule du plus bas prix qui est le socle du clientélisme irresponsable, le bouclier de la décision indifférente qui ne veut pas dire son nom. Lors d'une subvention par exemple à une association culturelle, où est la prise en compte du rapport qualité / prix entre un service et une aide publique ? Nulle part. Mais dans cette hypothèse, l'argent public devient, selon le discours officiel, le marqueur du soutien à une activité dite … d'intérêt général même si les "clients" sont très rares. Mais dès qu'il y a un rapport économique marchand, cette "mentalité" disparaît. Il faudrait apporter une valeur ajoutée sans le prix qui correspond. Bref, impossible par définition ! Et dire qu'un pays comme la France se moque de la "jungle" que seraient le Canada et les Etats-Unis … Le jour où la France aura autant de modalités protectrices et de respect du prix de proximité comme valeur ajoutée, l'économie de proximité en France deviendra resplendissante. C'est un triste pays quand le prix d'une valeur ajoutée n'est pas reconnu. Un pays voué à l'échec collectif et au départ de ses talents lassés de devoir se battre contre tant d'obstacles injustes.

  • Quand tout réside dans le regard d’autrui …

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    C'est surprenant de constater actuellement certaines questions sur la présidentielle 2017 : les révélations sur les affaires de François Fillon vont-elles impacter le vote ? Quelle évidence ! C'est l'un des sujets prioritaires des conversations. Ce qui a changé c'est le regard d'autrui sur Fillon. Hier, quand les personnes le voyaient, elles attendaient le contenu de ses déclarations. Aujourd'hui, elles s'interrogent d'abord sur le prix de son costume, sur l'éventuel donateur … et tant d'autres questions. Le politique vit à travers le regard d'autrui. Le regard d'autrui est la grille de lecture sur un politique. Hollande en fut une caricature : même face à des actions positives, le regard d'autrui était scotché à des images chocs : la pluie, le casque à scooter, la formule sur les "sans dents" liée aux révélations de son ex … Le regard d'autrui c'est le filtre face aux faits bruts. Quand ce filtre est négatif, les faits bruts n'ont pas d'espace. Bien au contraire, la bonne définition de la mode, c'est quand le regard d'autrui est positif. Quand il est positif au point de sublimer une attitude ou une expression maladroite dans l'absolu. Sous cet angle, les politiques ont un exercice difficile car le regard d'autrui bouge vite. Et surtout, il n'est pas un bon critère de sagesse. Le bon critère de sagesse c'est le regard de soi sur … soi. On a connaissance de tous les critères. Et si ce regard est positif avec humilité et raison, un grand pas est fait vers la sérénité. C'est aujourd'hui la vraie bonne question du moment : finalement Fillon a-t-il encore un regard positif de lui sur … lui ? Son attitude pendant les débats contradictoires donnera peut-être des éléments de réponses ?