Hier, c'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de M. Louis Policand. Dans mon engagement public, des agriculteurs m'ont toujours réservé le plus beau des cadeaux : les mots de l'expérience. Louis Policand était l'un d'eux. Comme Maurice Valfort sur Varces. Chaque entretien avec eux était le retour à la source de la sagesse. Pour ma première campagne électorale, avec son gendre, nous étions allés rencontrer souvent Louis Policand. C'est toujours instructif d'écouter une personne qui aime son village. Le premier document d'information (cf ci-dessous) d'alors avait été beaucoup inspiré par ses réflexions. Louis Policand parlait peu. Il pesait les mots. Il scrutait beaucoup avec un regard qui pouvait devenir rieur alors même que sa bouche ne bougeait pas. Plus son jugement allait être rude, plus il campait préalablement avec solidité sur ses jambes. Une robustesse que le corps allait exprimer avant la voix. L'été dernier, à l'occasion d'un running, je l'ai croisé au bras de son épouse, Marie-Louise. Ils étaient à quelques centaines de mètres de chez eux. Pour la première fois, il m'est apparu fragile, frêle, fatigué. Nous avons parlé avec plaisir. Comme à chaque occasion. Mais après je ne suis pas parvenu à reprendre le rythme de la course. Le sentiment qu'une "page allait se tourner". Dans les villages, il y a des personnes qui sont associées à des âges de la vie. Leur disparition est encore plus lourde. C'était le cas pour moi de Louis Policand. Son gendre avait été un maire-adjoint remarquable aux affaires scolaires. Ses petites-filles étaient allées à l'école avec nos deux fils. Une grande tristesse.
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Seule la fin éclaire toute l’histoire …
Ce qui est souvent le plus surprenant c'est la capacité à réécrire une séquence temps en fonction de la fin. Il y a des moments où quand on a participé à une partie de "l'histoire" dans un cadre professionnel ou public, il y a matière à être surpris par cette ré-écriture a posteriori. Quand des personnes remettent tout "en ordre" en fonction de la fin. Cette pratique a même pu parfois me pousser à me demander si nous avions bien vécu la … même histoire. C'est ce qui attend maintenant la campagne présidentielle 2017. Macron va vivre le post pouvoir qui est aux politiques ce qu'est la séance de démaquillage pour des comédiens : le retour au vrai. Le "démaquillage" va débuter avec les investitures aux législatives, pour le meilleur ou pour le regret. Pour ce qui me concerne, depuis ce jour, j'ai perdu ma blague du matin au petit-déjeuner. Car depuis de nombreuses semaines déjà, face au mug de Marie, la mention me permettait de plaisanter et de tester sa résistance aux arguments même de la pire mauvaise foi. Cette mention ce matin est … juste. Même le mug vient de changer de … dimension. En effet, seule la fin éclaire toute l'histoire, même l'histoire des … mugs.
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2017 : plus le verdict approche, plus la « nouvelle garde » devient introuvable …
L'invité inattendu de la présidentielle 2017 : le mot "caché" ! La droite a cherché ses électeurs "cachés" sans jamais parvenir à les retrouver après qu'elle a découvert des scandales … cachés. Actuellement, Les Républicains cherchent même "l'argent caché" dans le micro-parti de son candidat d'avril (3 M€ quand même …). Probablement des électeurs en nombre croissant vont se … cacher dimanche pour assumer un ni ni qui prend du poids dans certains cercles de façon étonnante à ce point. Il y a eu des propositions tellement bien … cachées qu'elles ont disparu des discours de la campagne : environnement, cause animale, dépendance du quatrième âge … Et maintenant c'est au tour de la jeune garde … cachée. Il y a des divorces entre les mots et les faits qui ne peuvent être cautionnés tant ils constituent une insulte à l'intelligence collective. C'est le cas de l'actuelle fin de campagne d'Emmanuel Macron et de la promesse de "nouvelle garde". Quand on voit les photos d'actuelles réunions publiques, ses soutiens ne sont ni jeunes ni neufs. Où est passée la "nouvelle garde" promise ? Pourquoi réussirait-elle à se "cacher" à ce point ? Faudrait-il en déduire que la France compte aussi peu de talents que des anciens usés au pouvoir avec leurs collections d'échecs seraient incontournables à ce point ? Jusqu'où des citoyens de bonne foi peuvent-ils cautionner de tels divorces entre les mots et les réalités visibles par chacun ? La "nouvelle garde" n'a pas à être obligatoirement jeune mais neuve c'est à dire pas sortante du pouvoir. Des qualités perdues en route de la "marche". A ce stade quelle différence avec la "vieille politique" qui a vidé de tout sens tant de mots ? C'est quand même un constat inquiétant en cette fin de campagne. Inquiétant sur le fond : pourquoi cette incapacité à faire naître de réels nouveaux visages ? Pourquoi cette indifférence collective entre les principes énoncés et les réalités constatées ?
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Jusqu’où s’allongera la liste des perdants de la présidentielle 2017 ?
Une fois la fièvre électorale retombée, la liste des perdants sera dressée au sujet de la présidentielle 2017. En 2017, cette liste s'annonce énorme. La Droite a perdu "l'élection imperdable". Elle a même réussi "l'exploit" de recevoir des leçons de morale de la gauche après les 5 ans du mandat Hollande. Un exploit qui, il y a 6 mois, était perçu … hors de portée. Le PS est tombé à un niveau historique. Les primaires ont perdu leur statut de "nouveauté" pour devenir les … "mécaniques infernales". Mais il y a tellement d'autres perdants dont des plus discrets. Quatre d'entre eux méritent une attention particulière. 1) L'environnement : 1 an après les accords de Paris, le réchauffement climatique est absent de tous les discours importants. Et dans la discrétion totale, l'Etat "fait les poches" des agences de l'eau sans que ce sujet ne soit jamais abordé. 2) En pleine vague pro-société civile, les patrons, y compris de PME et de TPE, sont totalement absents. Il est admis que la création durable d'emplois de proximité dépend d'eux. Mais ils n'ont pas "voix au chapitre". 3) La fracture territoriale est reconnue avec la création de nouveaux "déserts". La campagne se termine. Même avec la meilleure bonne volonté qui peut citer des mesures pratiques prioritaires proposées ? 4) De même pour la progression de la pauvreté. S'en remettre aux colères, c'est ne pas chercher à traiter le problème et s'en remettre à la formation par l'école élémentaire, c'est tenter de traiter le problème dans 15 ans au mieux pour de nouvelles générations. Et quid pour l'actuelle pauvreté ? La sagesse populaire dit "quand une porte se ferme, il ne faut pas s'acharner sur les verrous car une autre porte va s'ouvrir". En l'espèce, à constater toutes les portes solidement fermées par des verrous immuables, il y a matière à se demander quelle porte peut sérieusement s'ouvrir après cette campagne … ?
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Aujourd’hui, le premier mot …
Quand j'ouvre un livre que j'ai lu il y a quelques années déjà, il y a toujours une "seconde lecture" qui m'intéresse : celle des passages passés au stabilo jaune ou des mots que j'ai ajoutés dans la marge. C'est une grille de lecture qui me rappelle mes centres d'intérêts de l'époque. Aujourd'hui, je commence un autre livre. Entre la première et la quatrième de couverture, c'est le … vide. Le vide sauf des repères calendaires pour noter, jour par jour, sur 5 ans, des temps forts en quelques mots. Excellente idée dont doit rêver chaque éditeur : vendre un livre que l'acheteur va … écrire. On dit d'ordinaire que la lecture, c'est le voyage immobile. Là, le voyage est même inconnu puisqu'il s'écrira jour après jour. Quelle belle tendance que ces produits qui permettent de s'approprier le support. C'est comme le succès des bracelets à charms Pandora. Le support devient le cadre de la personnalisation et non pas un produit fini, uniforme, à porter comme … tous les autres. Ce cadeau inattendu reçu hier me plait beaucoup. A plus forte raison quand il s'agit de commencer le premier mot un … premier mai.
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La chance est-elle une forme de talent ?
Actuellement, après le 1er tour des présidentielles 2017, la France respecte jusqu'à la caricature sa tradition de "malheur aux vaincus et bonheur aux gagnants". Les vaincus sont parés de tous les défauts. L'article de L'Express cette semaine sur Fillon pose une seule question sérieuse : pourquoi avoir caché jusqu'à la défaite cette description d'une équipe incapable à ce point de travailler ensemble, voire de travailler tout simplement ? D'un autre côté, à la condition d'avoir gagné, il y a les bénéficiaires de tous les talents reconnus. Dans le "sujet Macron", il y a des volets qui ne sont jamais abordés actuellement : la chance que son créneau central se soit libéré dans des conditions totalement imprévisibles à ce point et des conditions extérieures à toute action de sa part. La victoire de Juppé à la primaire de la droite aurait beaucoup changé la donne. Celle de Valls à la primaire du PS de même. Avec deux profils de ce type, rien ne pouvait plus être comme la campagne écoulée. Finalement, la chance est-elle une forme de talent ? C'est un sujet qui me paraît bien placé pour les épreuves de culture générale de mai et juin 2017 …
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Quand la France entre en territoire inconnu
Le dégagisme est le grand vainqueur du 23 avril. C'est la seule réalité des chiffres qui doit être respectée. Macron ne fait pas gagner l'Europe en arrivant en tête avec 23 % des voix quand plus de 60 % des voix la rejette du moins sous sa forme actuelle. De même pour le social-libéralisme comme pour tant d'autres thèmes. Quand un mandat risque de débuter sur une erreur sérieuse d'interprétation des scores, c'est tout le contenu du contrat de confiance qui est fragilisé. Le dégagisme, c'est quoi ? C'est le ras le bol généralisé face au système en place. C'est pour cela que la ligne de fracture entre conservateurs et progressistes est finie, périmée. Il n'y a plus personne pour vouloir conserver le système en place. Et le jour d'après c'est quoi ? Si le contenu de ce message populaire est mal interprété, c'est la confrontation. Et si la confrontation produit des effets inacceptables, le jour d'après c'est la mobilité. Parce que le dégagisme, c'est pas seulement le fait que les dirigeants doivent dégager c'est aussi que les dirigés peuvent dégager. Avec ces étapes totalement inédites, avec le 23 avril, la France est entrée dans un territoire réellement inconnu.
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Le 23 avril et son vainqueur manifeste incontestable : les fausses informations
La présidentielle américaine de novembre 2016 avait été la consécration des "fake news". Terme qui recouvre des réalités très différentes. En France, le vainqueur manifeste incontestable du 1er tour, ce sont les fausses informations. Une présentation qui a tout d'une information mais qui est une manipulation. La manipulation la plus imaginative a été celle des "électeurs cachés" devenus depuis hier soir les électeurs disparus. Celui ou celle qui a conçu cette expression au moment où la fiabilité des sondages était fragile a témoigné une ingéniosité intellectuelle de haut niveau. C'est digne du "plus blanc que blanc", formule publicitaire qui a eu ses "heures de gloire". Une formule qui ne résiste à aucun examen sérieux mais qui marque les esprits pour faire naître un doute sur des bases nouvelles. A la réflexion, la notion "d'électeurs cachés" ne résiste à aucun examen sérieux : pourquoi se cacher ? A partir de quoi on peut décider qu'un électeur se "cache" ? Se cacher de qui ou de quoi ? Pourquoi les électeurs cachés n'existeraient-ils que dans un camp ? Qui les recherche et comment ? … Dommage que la même ingéniosité intellectuelle ne soit pas mobilisée sur le fond. La sortie de crise s'accélérerait peut-être ?
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Quand la façon d’écrire un mot devrait pouvoir varier par individu …
Dans les "petites classes" de l'Ecole, des enseignants fourmillent parfois de conseils simples pour donner la clef de la bonne écriture d'un mot. Pour le mot "mourir", cette clef est simple : "un seul "r" parce qu'on ne meurt qu'une fois". Ce matin, à l'église de Varces, en écoutant le mot d'un père lors des obsèques de son fils jeune trentenaire, j'ai eu, une fois de plus, la solide certitude profonde que ce mot terrible "mourir" devrait être le seul mot du dictionnaire en France où chaque auteur devrait pouvoir ajouter le nombre de "r" qu'il souhaite montrant ainsi le vrai chiffre de ses épreuves fortes dans la vie et attester d'autant sa capacité de résilience. Très dure matinée.
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La présidentielle 2017 et sa longue liste de … disparus
La présidentielle 2017 restera probablement d'abord l'élection des … disparus. Le premier disparu a été le président sortant. Puis ce fut le tour des perdants des primaires. Ensuite, le tour des experts économiques qui n'ont même pas cherché à "cadrer techniquement le débat". Puis les candidatures de membres de la société civile : aucune. Par membre de la société civile, il faut comprendre des personnes qui vivent d'un métier en dehors de mandats politiques. Il avait été question de Payre, de Jardin … : disparus ! Une compétition entre des membres qui vivent de la politique. Ils vivent du système politique dont ils sont membres depuis de nombreuses années mais qu'ils … condamnent comme inefficace, corrompu … Disparu aussi le Medef face à deux programmes dont il passe pourtant son temps à dire qu'ils seraient "dangereux" et qui recueillent pourtant près d'un vote sur 2 (si on ajoute Le Pen + Mélenchon + l'extrême gauche très en forme actuellement). Hier aux Etats-Unis, 162 entreprises portent témoignages dans une procédure judiciaire contre des décrets de Trump. En France, où sont les patrons qui témoignent concrètement des "dangers" énoncés par ailleurs ? Nulle part. Dans ce contexte de disparus, il faut quand même saluer le courage des citoyens qui vont devoir se décider. Il manque plus que l'abstention soit élevée et il faudra ajouter à la liste les électeurs … disparus après l'épisode irréel des électeurs …cachés. Pour un pays qui veut compter sur le plan international, c'est une équipe longue de … disparus.