Deux livres d'Anne Dufourmantelle m'ont particulièrement plu : "l'intelligence du rêve" et "la puissance de la douceur". Une pensée subtile attentive à des éléments parfois perçus comme anodins et capable de leur restituer du sens. Vendredi sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, en voyant deux enfants en difficulté au large, elle n’a pas hésité à se jeter à l’eau. Hélas, elle s’est retrouvée à son tour prise au piège d’une forte houle. Quand les maîtres-nageurs sauveteurs sont venus à son secours, il était trop tard. Les deux enfants, eux, s’en sont sortis indemnes. Elle avait écrit : "…quand il y a réellement un danger auquel il faut faire face (…), il y a une incitation à l’action très forte, au dévouement, au surpassement de soi". Des mots qui ont trouvé un passage à l'acte dramatique. Comme quoi son écriture était une vraie composante de son tempérament. Beaucoup de tristesse.
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Les 3 naissances de chaque individu !
Chaque individu a en réalité 3 naissances : la première c'est celle de l'état civil. Le nouveau né n'est alors pas responsable. Avec la seconde naissance, la part de responsabilité existe fortement : le choix de sa vie : la famille à créer, la profession … Mais il faut compter aussi avec une troisième naissance : les engagements collectifs. C'est par cette naissance que chacun montre qu'il vit en communauté. L'objet de la communauté peut alors être varié : défense d'animaux, d'espèces menacées, de sanctuaires naturels, culture, sport, religion, engagement civique … A côté de la vie professionnelle, l'engagement civique a toujours été un centre d'intérêt fort pour moi. C'est aussi le meilleur moyen pour disposer d'une gamme large de connaissances parce que la vie professionnelle spécialise, réduit cette gamme. Ce week-end, le Club 20 fête son 6 ème anniversaire. Ce collectif est un cadre très agréable de débats, de propositions, bref d'engagements. Lors des dernières municipales sur Grenoble, il a participé à une liste : 59 membres + mandataires financiers + donateurs à trouver. En quelques brèves semaines de campagne, cette liste de société civile a égalisé le score d'une formation comme le Modem avec ses nombreuses années d'ancienneté. Ses centres d'intérêts sont clairs, assumés. Son nombre d'adhérents n'a jamais été aussi élevé. De beaux objectifs sont discutés actuellement avec d'autres associations. Merci à toutes celles et tous ceux qui participent à cette naissance permanente qu'est l'engagement.
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Marcel Mazza : quatre ans déjà !
Pour certains, il semble que ce soit la perspective de la mort qui leur fasse aimer la vie. Pour d'autres, même sans penser à la mort, ils ont toujours aimé la vie. Marcel Mazza appartenait à cette dernière catégorie : les amoureux de la vie. Pendant 19 ans, chaque jeudi soir a été le plaisir de rencontres sur le court de tennis. Puis le "verre de l'amitié" qui était d'abord celui de la détente avec des plaisanteries qui faisaient oublier les divers soucis. Ce week-end, avec la belle victoire de Federer hier à Wimbledon, une pensée toute particulière pour l'une des plaisanterie de Marcel lors de la pose de la première pierre de la nouvelle halle de tennis. Il avait indiqué que Federer viendrait en personne poser la première pierre et qu'il accepterait d'échanger des balles avec des joueurs du club. Le jour venu, c'était le défilé de joueurs, habillés sur leur 31, prêts à échanger des balles avec un Federer … jamais prévu pour cette occasion. Certains d'entre eux avaient même convié pour l'occasion des membres de leur famille pour faire LA photo ou LA vidéo… Pendant des soirées entières, Marcel avait su garder le sérieux en évoquant une plaisanterie qui suscitait ensuite des fous rires irréels. Il peut avoir l'assurance que ceux qui ont eu le plaisir de jouer avec lui évoquent sa personnalité attachante en permanence. Comme ce fut le cas lors du récent tournoi de tennis de Claix pendant lequel, lors du match avec le trésorier de Grenoble Tennis, nous changions de courts en échangeant le souvenir des plaisanteries de Marcel. Une pensée toute particulière pour lui ce dernier week-end de mi juillet 4 ans après son accident mortel du 11 juillet 2013.
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Une année à pommes
Dans la vie politique française, il a fallu attendre … 1995 et la campagne de Chirac pour que la pomme soit à ce point au coeur d'une présidentielle. A cette époque, face à l'austère Balladur, la pomme était devenue le fruit de la sympathie. Qui a rendu l'autre sympathique : la pomme ou Chirac ? Difficile à dire. Avec les Guignols alors en pleine forme, la campagne "mangez des pommes" était lancée. Ce fruit ajoutait un épisode à sa légende. Depuis la signification du "croquer la pomme" jusqu'à la pomme d'Apple en passant par la pomme de New York, ce fruit a échappé à l'anonymat de bon nombre d'autres. A voir le nombre et la beauté des pommes sur notre pommier actuellement (photo ci-dessus prise ce matin à 7 heures), à la différence de l'an dernier, cette année s'annonce comme une belle année à pommes. A chacun d'y voir ensuite les symboles nécessaires à cette période post-présidentielle en France …
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Le dangereux enlisement dans une supposée fatalité
Pourquoi la vie politique française est aujourd'hui en crise ? Parce qu'elle a cédé au dangereux enlisement dans une supposée fatalité. Dans le secteur privé, nous avons deux repères qui comptent : agir et progresser. Dans le secteur public, une génération s'est habituée aux titres mais pas aux actions qui devraient les accompagner et surtout elle s'est enlisée dans l'irresponsabilité de l'impuissance : "c'est pas moi c'est l'autre" … C'est le décrochage qui décourage. Il décourage la jeune génération la plus dynamique qui se pose une question simple : pourquoi perdre son temps pour aller sur un terrain aussi insaisissable ? Il décourage les citoyens qui se posent aussi une question simple : pourquoi participer si rien n'est possible ? Le jour où la vie publique française sortira de cette ornière, elle retrouvera sa vitalité. Pour avoir personnellement beaucoup bataillé contre des décisions supposées rendues, activé des réalisations supposées impossibles, c'est actuellement le volet le plus triste d'une génération qui veut les titres sans les compétences, les indemnités sans les défis. La raison pour laquelle la jeune génération la plus motivée, ambitieuse, volontaire choisit le privé. Un fossé inquiétant s'est creusé et surtout s'amplifie.
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Quand la nature fait battre le coeur encore plus fort
J'ai pris la photo ci-dessus ce matin à 07 heures. Ce matin pour la 1ère fois sur 2017 le tournesol est en fleur à ce point. Petite graine pour les oiseaux perdue dans un massif …Il y a des moments où la beauté de la nature fait battre le coeur encore plus fort. Ce tournesol est totalement le fruit de la nature et des animaux sans la moindre intervention humaine. Les oiseaux emportent des graines de tournesol. Ils laissent tomber des graines et quelques mois plus tard le "miracle" de la nature a eu lieu. Face au défi des espèces animales menacées comme celui de la nature toujours davantage maltraitée (urbanisation à outrance, déchets plastiques, pollutions …), il peut y avoir parfois le sentiment de ne même pas chercher à blamer celles et ceux qui sont indifférents, ou pire complices, parce qu'ils sont déjà en eux ce qu'il y a de pire. Mais cette démobilisation serait coupable à terme. Il faut donc se mobiliser davantage que jamais pour que la nature et les animaux puissent faire battre le coeur encore plus fort.
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Quel triste moteur que de souhaiter que les autres ratent …
Depuis deux jours, nous assistons à un triste spectacle : celui de responsables publics qui ont pour moteur de souhaiter que les autres … ratent. Respecter le suffrage universel ce n'est pas seulement accepter un score le soir d'une élection. Ce doit être aussi donner la chance au succès de ceux que le suffrage universel a désignés. Rien n'est plus pathétique que de voir cette jalousie alimenter les commentaires comme si une parcelle de lumière chez un autre pouvait susciter un malheur d'une profondeur infinie. L'âme est souvent inscrite sur les visages. Et sur de trop nombreux visages d'actuels élus voués à l'opposition depuis mai et juin 2017 il y a une âme triste, amère, avide de revanches. Une sorte de "mal de vivre" si la vie devait être éloignée des allées du pouvoir. C'est une étape supplémentaire dans le discrédit d'une classe politique qui n'a pas vu arriver une vague terrible. Dommage que, parmi les opposants, il n'y ait jamais eu un seul espace pour un commentaire simple : bonne chance. C'est pourtant aussi ce réflexe là que respecter le suffrage universel car l'échec des uns c'est quasi-mécaniquement l'échec de tous. Et une nation moderne ne peut se nourrir des échecs permanents. Même quand on ne partage pas les priorités d'un pouvoir tout neuf issu des urnes.
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La politique en France actuellement : le hasard du trimestre où un individu marche sur l’eau
Il y a un an, jour pour jour, seulement un an (!), la vie politique française marchait au gré de la Juppémania. La presse y compris de gauche parait le maire de Bordeaux de toutes les qualités : l'expérience, la modération et même une condamnation pénale devenait une médaille d'honneur puisque la condamnation avait été reçue au nom et pour le compte d'un … autre. Puis courant l'été 2016, la droite, qui devait gagner alors "l'élection imperdable", allait se trouver un autre "champion" : Fillon. Fillon a marché sur l'eau pendant l'automne 2016. A cette époque, il n'avait aucun défaut : il avait été capable de supporter le tempérament de Sarkozy pendant 5 ans, de construire un programme non démagogique, de ré-introduire une dimension spirituelle dans la vie politique, même son manoir dans la Sarthe ne retenait pas l'attention. C'était le temps d'avant les affaires. A l'automne, Fillon remplaçait Juppé. A la sortie de l'hiver 2016 – 2017, c'était au tour de Macron de remplacer … Fillon. En moins de 6 mois, les valeurs qui faisaient la mode Juppé avaient disparu. Et de même pour celles de Fillon. C'était au tour de Macron de marcher sur l'eau : sa jeunesse, son parcours dans le privé … Finalement la politique actuellement en France c'est le hasard du trimestre où un individu marche sur l'eau, paré de toutes les qualités avant de disparaître dans les profondeurs, alors paré de tous les défauts c'est à dire de l'autre visage des qualités hier reconnues. Plus éphémère que la mode vestimentaire à ce rythme…
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L’inversion des catastrophes annoncées
Une partie importante de l'information moderne vit au rythme de l'inversion des catastrophes annoncées. Il y a les catastrophes annoncées qui … n'arrivent pas et les catastrophes non annoncées qui … arrivent pourtant. Le premier semestre 2017 bat des records en la matière. La présidence Trump devait avoir des effets dévastateurs sur l'économie américaine. Le premier semestre 2017 reste l'un des meilleurs. La présidence Trump dévaste l'image des Etats-Unis mais remplit les poches des financiers. Le Brexit devait ruiner la Grande Bretagne, provoquer un exode immédiat des entreprises et des emplois. Rien de tout cela. Et face aux catastrophes qui n'arrivent pas, il y a celles qui arrivent alors même que les annonces avaient été celles … d'améliorations à venir. L'exemple vient de la France et de ses déficits publics. Toujours la même rengaine. Et probablement toujours la même sortie : augmenter des prélèvements obligatoires. Cette inversion des catastrophes annoncées installe une défiance légitime vis à vis de la représentation comme de bon nombre de corps intermédiaires. C'est l'un des facteurs sérieux de la poussée de l'abstention : l'absence de repères solides. La confiance cassée.
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Et si la Cour des Comptes changeait enfin son timing ?
Jusqu'à quand va continuer encore cet usage des "fessées" sur les comptes publics une fois l'élection passée. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que la Cour des Comptes considère que son "audit" serait plus utile et surtout plus efficace avant la campagne électorale qu'après la campagne électorale ? Une situation assez irréelle. Après chaque campagne présidentielle, ce sentiment amer que les copies rendues étaient … "hors sujet". Avec de tels décalages, l'abstention, premier parti de France, de loin et en constante progression, a de quoi s'alimenter facilement.