Denis Bonzy

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  • Des démocraties occidentales gravement malades

    Trump doigt d'honneur 07 11 17

    Historiquement, les démocraties occidentales avaient pour vocation de montrer au monde comment l'esprit de tolérance permet d'avancer de façon la plus efficace possible : vivre en acceptant les différences d'autrui, c'est plus fort que vivre en cherchant à tuer les différences d'autrui. Pour de tels idéaux, c'est une triste période. Avec la Catalogne, l'Espagne montre que des changements issus des urnes sans violence sur autrui peuvent conduire à la prison des personnes qui n'expriment aucune menace sur la sécurité physique d'autrui. Et là aux Etats-Unis un doigt d'honneur lors du passage du convoi présidentiel conduit au … licenciement. Ce qui est une confusion irréelle entre la qualité de citoyen et le statut professionnel. Une femme de 50 ans a été licenciée par son employeur après avoir revendiqué sur les réseaux sociaux une photo d'elle de dos, brandissant son doigt en direction du convoi de Donald Trump qui la doublait. Employée du service marketing et communications de la société Akima LLC, cette femme s'est vu reprocher de ne pas avoir respecté le règlement de la société liée au gouvernement par des contrats. La législation du travail, particulièrement souple dans l'Etat de Virginie, a permis son licenciement sans autre forme de procédure. Avec la décentralisation, il y a combien de doigts d'honneur en France qui ne sont pas faits par des personnes qui ont peur pour des contrats, pour leur emploi … Au moment où les démocraties occidentales s'avèrent bien faibles à lutter contre un radicalisme religieux qui veut leur destruction, elles s'affirment de façon surprenante bien raides face à des expressions qui devraient incarner la belle liberté de l'opinion et de l'expression dans un cadre démocratique. 

  • L’idéal européen est-il compatible avec la notion de « prisonniers politiques » ?

    Catalogne 28 10 17

    Comment imaginer que, dans un Etat clef de l'Europe, une procédure de sanctions d'opinions relatives à l'organisation constitutionnelle puisse conduire à la prison sans le moindre appel à une violence de nature à mettre en péril la sécurité d'autrui et sans le moindre jugement à l'issue d'une procédure contradictoire ? C'est ce qui se passe actuellement en Espagne et dans l'indifférence quasi-totale des autres pays. Et dans le même temps, une française revenant de Raqqa où elle a tenu les armes verra probablement sa dé-radicalisation en toute liberté financée par les contribuables avec ses enfants probablement placés dans une famille d'accueil financée aussi bien sûr par les contribuables et le tout sans la moindre mesure sérieusement contraignante jusqu'au prochain "passage à l'acte". Ce n'est pas là un "idéal européen" très attractif pour ceux qui croient à la liberté d'opinion tant qu'elle n'impose pas la violence physique à autrui … 

  • Enfin, le dernier jour !

    Doc_4

    Des lieux comme des dates alimentent le bien-être. Dans d'autres cas, c'est l'opposé. La tristesse peut aussi naître de dates comme de lieux. Je n'aime pas le mois d'octobre et je suis satisfait qu'il prenne fin aujourd'hui. C'est une situation paradoxale parce que c'est le mois de ma naissance. Mais il s'est chargé ensuite de se nourrir de tant de dates de décès dont celui de mon père le jour même de mon anniversaire. Octobre est ainsi devenu le cortège des dates qui font mal : mes parents, la maman de Marie… Or la mémoire est ainsi faite qu'un anniversaire semble se croire obligé de faire remonter à la surface les temps forts de l'événement concerné. Il n'y a alors pas d'effort de recherches à effectuer. Simplement subir un phénomène intérieur non maîtrisable. Il ne faut jamais s'enliser dans la tristesse. Comment des personnes qui nous ont tant aimés pourraient-elles souhaiter nous voir tristes ? Mais cela demande des efforts. La raison est parfois dure à atteindre. Et de façon surprenante, plus les années passent, plus ces efforts sont lourds. C'est donc une forme douce de satisfaction de voir ce jour le mois d'octobre prendre fin. La mémoire sera toujours là chaque jour. Mais avec la moindre densité des seules images de séparations.

  • Au suivant …

    Harcelement

    Il y a un mois, la France vivait au rythme d'Irma, l'ouragan historique qui était présenté comme ruinant des îles, ouvrant des propriétés à des pillages traduisant un échec de plus de la République à défendre ses plus fragiles … et la liste des périls inqualifiables augmentait pour justifier une visite présidentielle. 30 jours plus tard, l'ouragan historique est balayé du champ des médias. Plus aucune nouvelle. Et dans 8 jours, que restera-t-il en France de l'épisode du harcèlement sexuel ? Combien de plaintes sérieuses en dehors des déferlements de tweets de mimétisme ? Au Canada, les plaintes judiciaires s'égrènent chaque jour : des faits, des griefs sérieux, des procédures officielles avec des conséquences concrètes. De même aux Etats-Unis. Mais en France, rien de comparable. Dans une semaine, on n'en parlera probablement plus. Comme IRMA. Autre exemple, aujourd'hui : les 10 ans du Grenelle de l'Environnement. Quoi de réellement changé ? Peu en dehors de montants considérables d'aides publiques pour la rénovation de logements. Sauf constater que Nicolas Hulot avait conseillé à l'époque Sarkozy, avant de conseiller Hollande au titre de la COP21 et maintenant Macron comme … Ministre. Et presque dossier par dossier, c'est ainsi : rien ne bouge. Rien ne change. Il faut juste attendre le prochain sujet de mobilisation ponctuelle. Lassant à la longue.

  • Scandale Weinstein et le jour d’après en France …

    Salomé Corbo

    Dans de nombreux pays, c'est actuellement le jeu de quilles. Les têtes tombent. Les procédures judiciaires se multiplient. La presse américaine et la presse canadienne sont engagées dans une course précise aux scandales : des noms, des faits, des révélations … comme la récente affaire McQuade. A l'opposé, en France, tout est calme. Ou nous assistons à la plus belle réhabilitation de l'élite française politico-médiatique exemplaire face à des reproches très graves de ce type ou c'est un système très verrouillé. L'explication sérieuse gagnerait à être donnée …

  • Et si le scandale Weinstein devenait aussi enfin celui d’un suivisme de mondanité …

    Femme 20 05 13

    Il y a une question simple qui n'est pas posée actuellement : "comment tant de personnes ont pu dire tant de bien de Weinstein pendant tant d'années finalement sans le connaître véritablement puisqu'elles ignoraient ses comportements privés ?". Et la liste des hypocrisies pourrait durer longtemps : – comment des responsables politiques américains ont-il pu accepter tant d'argent sans se renseigner sérieusement sur le donateur ? – comment une ex-secrétaire d'Etat est-elle coupée d'informations de ce type ce qui augure des coupures quand il s'agit de dossiers lointains sur des territoires étrangers ? comment les médias ont-ils pu être aussi complaisants vis à vis d'une personnalité qui est avérée aujourd'hui être "un monstre" depuis tant d'années ? … Parce que l'opinion est en présence de l'hypocrisie mondaine ! "Tout ce petit monde" savait probablement depuis longtemps la réalité probable des agissements de l'intéressé. Mais il était à la mode. Alors puissant. Presque intouchable. Et un jour ce socle d'impunité se brise. Et tous ceux qui n'avaient pas eu le courage hier de faire le premier pas pour dire la vérité simple, en font encore davantage comme s'il fallait crier encore plus fort pour faire oublier le silence d'hier. C'est assez pathétique d'abord sur la qualité d'un système. Après le sujet très sérieux et grave du harcèlement, il serait aussi temps que la crise systémique de l'actuelle information soit reconnue pour être corrigée. Pour ma part, c'est ce volet là qui m'inquiète au moins autant dans le scandale Weinstein : une incapacité à informer justement, courageusement, de façon impertinente pendant tant d'années !

  • Instagram et les avancées surprises de la cause animale

    Orvis dogs 07 10 17

    Instagram est en train de faire vivre à la cause animale des avancées inattendues qui vont progressivement changer la donne pour de bon. Pour la première fois à ce point. Enfin !  Loki, Crusoe, Whiskey, Cayenn … sont des comptes Instagram battant des records d'abonnés. Leur point commun : retracer par des photos du quotidien la vie de chiens. Et il en est de même pour d'autres espèces animales sur d'autres comptes. Sur Instagram, plus de 100 000 abonnés ont suivi Bella et le compte de Rob Kugler partageant les derniers jours de son année sabbatique pour faire voir à Bella, sa chienne labrador atteinte d'un cancer, les plus beaux paysages des Etats-Unis. Ce que des mots n'étaient jamais arrivés à traduire pour faire passer l'âme d'animaux, des photos y parviennent. C'est l'une des avancées les plus positives du moment grâce aux réseaux sociaux. Une avancée discrète mais aux conséquences pratiques considérables dans les prochaines années : la cause animale est heureusement en train de changer de dimension. Des maltraitances ne seront plus possibles demain sans des sanctions fortes parce que cette dimension d'être vivants des animaux est enfin de plus en plus reconnue. Une cause que de belles marques comme Orvis renforcent avec efficacité. 

  • Octobre Rose : le mois des méritantes

    Orvis women 02 10 17

    Avec le début du mois d'octobre, comme chaque année, c'est le lancement de l'opération "Octobre Rose" consacrée au cancer du sein, 1er cancer pour les personnes de sexe féminin. Toutes les personnes qui luttent contre la maladie sont des méritantes. Mais ce mois d'Octobre Rose consacre une initiative qui est particulière. D'abord, parce que cette initiative agit sur la prévention par le dépistage. Ensuite, parce qu'elle incarne l'action positive avec un souffle de vie dans toutes les animations notamment sportives. C'est un choc très réussi dans une communication positive, conviviale, agréable. Enfin, parce qu'elle rappelle le courage de toutes celles qui, en plus des nombreuses responsabilités lourdes de la vie d'une femme (profession, maman …) trouvent l'énergie pour lutter contre une épreuve terrible. Avec Octobre Rose, c'est le moment où un mois du calendrier devient plus que jamais le mois des méritantes ! 

  • L’époque du téléphone mobile est peut-être déjà passée … ?

    Apple 13 09 17

    Remarquable article du quotidien Sud Ouest sur la "génération post mobile". Une question : y aura-t-il une génération post mobile et si oui pour quels nouveaux supports ? La réponse est oui : il y aura bien une génération post mobile. Les outils de demain seront la montre et les lunettes. Et hier … Apple a présenté la nouvelle version de sa montre connectée Apple Watch qui est désormais capable de passer des appels directement. La montre se connecte directement aux réseaux mobiles sans passer par un iPhone, ont expliqué les responsables du groupe lors d'une présentation organisée dans le nouveau siège à Cupertino. La fonction «cellulaire» est intégrée dans la montre et l'écran sert d'antenne à l'appareil. Avec cette fonctionnalité, on peut passer des appels et écouter de la musique en streaming directement, sans passer par la connexion d'un téléphone intelligent. Et la montre aura notamment toutes les fonctions d'aide à la surveillance de la santé. Le printemps du mobile est peut-être déjà passé, fabuleuse époque. Et demain, les lunettes auront des utilités tellement plus multiples que la traditionnelle correction de la vue.

  • On finit toujours par devenir ce qu’on est …

    Base ball 06 09 17

    A mes yeux, le plus beau texte de la rentrée : celui posté sur son blog par Fabrice Grinda à l'occasion du décès de son chien. Tout y est dans la qualité d'une relation privilégiée avec un animal (photo ci-dessous). Y compris les photos avec les regards mutuels qui ne trompent jamais. Au milieu des années 2 000, à l'occasion de la rédaction d'un prospectus d'introduction en bourse qui m'était confiée, j'avais eu l'occasion de rencontrer Fabrice Grinda. Il appartenait manifestement à la famille de ceux à qui une seule vie ne suffit pas. Il avait des expressions, des digressions qui le détachaient des profils classiques dans ce domaine. En effet, il y a des personnes qui traversent seules l'existence. Tout ce qui n'est pas elles ne les concerne pas. Une imperméabilité étonnante. Puis il y a des personnes qui acceptent d'autres vies. La vie d'animaux. La vie d'objets. Bien entendu en priorité la vie d'autres personnes. Dans la discussion, il y a alors l'expression d'une différence par l'attachement à l'Autre. Un attachement tel qu'il est respecté, aimé, compris. Il n'y a ni double ni fusion. Mais une familiarité particulière. Une autre vie existe alors aussi. C'est la caresse pour un chien, la façon de lui exprimer une recommandation par la douceur, d'accepter un refus de sa part. C'est le respect d'un objet. Ne pas le maltraiter comme s'il était irrémédiablement voué à l'oubli ou à la poubelle. Mais le voir comme s'il devait être respecté pour la séquence de vie partagée. Il ne s'agit pas de tomber dans une sorte de religiosité de l'Autre au point de transformer sa vie en musée ou en hôpital. C'est un équilibre qui dépend de chacun. Pour ma part, il m'a fallu de nombreuses années pour le trouver à l'exemple de la photo de cette balle de base ball qui symbolise des heures de jeux avec nos enfants. La perdre du regard serait une réelle tristesse. Un manque sérieux. Ce texte de Fabrice Grinda m'a conforté dans une conviction ancienne : on finit toujours par devenir ce qu'on est. C'est inquiétant pour certains. C'est rassurant pour d'autres. La seule inconnue c'est le calendrier. Avec ce texte, Fabrice Grinda a montré un visage peu connu mais qui devait apparaître un jour. Le calendrier a été court. Un animal, un objet portent cette "révélation". Fabrice Grinda appartient à la famille de ceux qui sont capables de ne pas se contenter d'une seule vie, la leur, mais qui ont à coeur de la partager avec d'autres qui enchantent les moments partagés comme avec son chien. Bravo pour son très beau texte.

    Fabrice Grinda