Pour moi, 2017 restera d'abord l'année de la banalisation de la violence dans tous les domaines. La violence est chez elle partout. Chaque jour. A chaque moment. Sur le plan international, deux Etats jouent avec le nucléaire. Le représentant de ce qui devrait être la 1ère démocratie au monde insulte sur Twitter le moindre opposant. Les "fausses informations" se succèdent au point de noyer les vraies. En Espagne, un élu n'a pas le droit de rentrer dans son pays. Des pays de l'Est ou l'Autriche placent aux premiers rangs des idéologies violentes. Sur le plan planétaire, le réchauffement climatique crée des désastres considérables : ouragans exceptionnels, espèces animales menacées, incendies records … Sur le plan français, la violence est également partout. Les oppositions s'expriment désormais sans la moindre nuance. Il n'y a plus de débat. Tout tourne tout de suite à l'insulte. Au printemps 2017, toute une génération politique a été jetée dans un mouvement kleenex qui aurait été dénoncé dans le privé même ceux qui avaient travaillé sérieusement. Les codes sécurisant sont modifiés. La violence est la voisine quotidienne permanente : vols, délinquances. Même des pompiers et des infirmiers doivent désormais être protégés pour travailler dans certains quartiers. … Et les conditions de vie de précaires sont manifestement indignes. Et le tout dans une forme de violence la plus insidieuse, malsaine et brutale : l'indifférence. La violence est la grande gagnante de 2017. Dangereux à ce point.
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1988 – 2018 : 30 ans déjà et un contexte méconnaissable
L'affiche ci-dessus est celle qui a toujours gardé ma préférence. C'est celle qui a lancé ma campagne cantonale d'octobre 1988. Mitterrand vient d'être réélu en mai. La gauche a connu des législatives triomphantes en juin. Et je candidate dans un canton à gauche depuis la Libération qui est réputé pour appartenir à la "banlieue rouge inexpugnable" (Fontaine, St Martin d'Hères, Echirolles et … Pont de Claix). Quelques mois plus tard, je gagne ce canton avec plusieurs centaines de voix d'avance à l'issue d'une campagne très sportive. Qu'est ce qui a rendu cette victoire possible ? D'abord, la possibilité de rencontrer les électeurs. Nous avons effectué un porte à porte méthodique : 12 500 foyers visités. Le contact direct. Les yeux dans les yeux. Main à main. Impossible aujourd'hui, il faut une clef ou un code pour entrer dans les immeubles. Et en cas d'entrée, par peur, les portes ne s'ouvrent plus. Ensuite, la participation civique avec des réunions très fréquentées. Les citoyens croyaient à l'engagement. A son utilité. A sa nécessité. Les questions étaient nombreuses. Aujourd'hui, quand j'observe les compte-rendus de réunions comparables, peu de monde. Et dans le texte, un défaitisme généralisé sur le thème du "à quoi ça sert ? Est-ce possible ? …". Enfin, à l'époque, la confiance dans la capacité à faire. Aujourd'hui, c'est une complexité de tout où même la meilleure bonne volonté peine à passer aux actes face à des obstacles multiples : un texte, un contrôle, un partage de compétences, des moyens financiers limités, des recours contentieux probables … En 30 ans, le contexte est méconnaissable. Que sera-t-il dans 30 ans ? Ce qui est sûr c'est que si les tendances actuelles demeurent, le paysage déjà très préoccupant sera dramatique. Un constat qui montre, si besoin était, que c'est bien l'actuel système qu'il faut changer. Car la crise systémique est installée, toujours plus grave l'année suivante ….
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Vivre en harmonie avec son chien : un livre remarquable
Je recommande particulièrement ce livre de Piero Bianchi. Il est simple mais va à l'essentiel. 125 pages. Surtout il montre que la relation avec un chien, c'est une école de la vie. Actuellement il est beaucoup question de reviser des matières de l'enseignement. Curieusement, deux matières font toujours défaut : se connaître et respecter son environnement dont les animaux. Se connaître : c'est quand même incroyable que tout soit mobilisé pour faire entrer tout le monde dans un même moule alors même que des tempéraments différents le resteront toujours et que le tempérament à la longue gagnera toujours. C'est l'exemple le plus caricatural des combats perdus par définition par l'enseignement en France. De même, c'est incroyable de constater que des jeunes individus vont apprendre des "âges perdus" mais ne pas connaitre les règles de fonctionnement de leur plus proche environnement : animaux et nature. Comment les comprendre ? Comment les respecter ? Comment vivre en harmonie ? Sur ce chemin, ce livre est une belle étape. Félicitations à l'auteur et à l'éditeur.
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La « vérité SNCF » et le prix de la vertu pour la France …
La première fois où j'ai pris réellement conscience du "pouvoir EDF" c'est à l'occasion d'une discussion professionnelle avec un dirigeant m'indiquant tout naturellement "l'arrêt de telle ou telle centrale nucléaire se fera quand nous le déciderons. Les Gouvernements peuvent déclarer ce qu'ils veulent …". C'est ce que l'on vit actuellement avec la "vérité SNCF". Les barrières sont levées ou baissées quand la SNCF l'a décidé même si des photos établissent des dysfonctionnements manifestes. De même pour les "pagailles" dans les gares. Elles n'existent pas tant que la SNCF ne les reconnait pas, elle qui parait sur le bord de dénoncer "des montages photos" … C'est comme le harcèlement sexuel, jeudi avec la révocation de l'organisateur de Miss America, les Etats-Unis ont franchi le seuil des 105 mis en cause. En France, les questions par exemple sur Tariq Ramadan ont vécu une journée et encore … Les français méritent le prix de la vertu mais si c'est au prix de la … "vérité SNCF" ce n'est pas nécessairement un prix très réputé. Il y a quand même de quoi susciter des questions sérieuses sur le système officiel français.
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4 001 ou les mots pour soi
Aujourd'hui avec cet article, c'est le seuil des 4 000 articles qui est franchi sur ce blog. 1 231 commentaires avec des auteurs que je remercie pour leur volonté d'avoir complété des éclairages sans haine, avec tolérance et avec argumentation. Plus de 2 millions de pages vues depuis le début. Tout parait linéaire. Simple. Dans la continuité. Depuis juillet 2008. Et pourtant, cette apparence, si elle existe, est fausse. Le tournant c'est l'été 2014. C'est l'époque où j'ai commencé à écrire pour moi. Rien que pour moi. Sans me préoccuper de l'audience d'un article ou de la capacité à ce qu'il soit partagé. C'est vraiment depuis cette époque que j'ai pris plaisir à écrire sur ce blog. Il est devenu un carnet personnel de temps libre. Permettant de ne pas oublier dans la durée en retournant à un repère calendaire. C'est fou le plaisir que procure la liberté de l'égoïsme de l'écriture. Je regrette de l'avoir découvert et pratiqué trop tard préoccupé si longtemps, en fonction des étapes, par des notes, puis des votes, puis des ventes … Cette liberté à gagner le plus tôt possible est le meilleur conseil à donner aux proches. Encore beaucoup de plaisir j'espère à connaître avant le 5 001 ème article… ?
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Denis Bonzy : « tristesse à l’annonce de la disparition de Mme Colette Ambroise-Thomas »
Il m'aura parfois fallu attendre 20 ans pour vérifier la justesse de certaines phrases consignées dans des carnets au hasard de remarques effectuées par des personnes dans des circonstances qui prêtent à la confidence sincère. En 1986, dans le cabinet de Jean Pierre Saul-Guibert, Me Jouanneau, notaire très proche de François Mitterrand, exprime une demande concernant un document alors promis à distribution au sujet de Louis Mermaz. Et il termine sa demande qui sera respectée par une formule qui alors m'intrigue beaucoup "si dans votre existence, vous avez la possibilité de rencontrer durablement 10 personnes qui sont bien, vous serez un homme chanceux". A cette époque, étant jeune, je trouve cette annonce d'une terrible tristesse tant le chiffre parait faible. Tout l'enjeu est dans le rapport entre le chiffre et le "durablement". Et quelques décennies plus tard, constater que cette appréciation était juste. Colette et Pierre Ambroise-Thomas avaient toutes les qualités et les raisons pour figurer durablement dans une telle liste. Pierre avait été un compagnon de batailles politiques.
Une intelligence fulgurante qui, sur le plan national, lui avait donné des responsabilités de tout premier plan : le professeur Ambroise Thomas fut notamment Président de l'Académie de Médecine, expert auprès de l'OMS, Directeur général de la Santé … Pierre nous a quittés en mars 2014. Légèrement plus de 3 ans plus tard, c'est son épouse. Son épouse Colette était passionnée par l'enseignement et par le sport. Deux isérois fidèles à notre département qui, comme tant d'autres esprits brillants mais indépendants, n'ont pas eu la participation publique locale méritée et qui aurait été si positive pour notre géographie. Avec tristesse, toute notre reconnaissance pour leurs superbes parcours et pour leur amitié.
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L’innocence et le couloir du Père Noël …
Dans les affaires et pire encore en politique, une question se pose souvent face à une action inattendue dont il importe d'identifier les auteurs : comment savoir si cette personne est réellement innocente, "à l'écart du mauvais coup" ? Quel peut donc être le marqueur réel de l'innocence ? Il est souvent question du "cri de l'innocence" c'est à dire de la capacité à exprimer fortement le refus d'endosser une action qui n'a pas été la sienne. C'est un marqueur difficile. Hier, notre petit-fils Léon âgé de 9 mois nous a donné le visage de la vraie innocence. Il a traversé "le couloir du Père Noël" où sont stockés des cadeaux dans l'attente du "traitement définitif" et il n'a même pas accordé un seul regard aux paquets stockés au sol. La vraie innocence, c'est ne même pas pouvoir imaginer l'existence d'une situation tant elle est méconnue. Ce n'est pas être apte à trouver une explication cohérente : une excuse solide. C'est n'avoir même pas imaginé la situation. Sauf qu'avec l'âge la capacité à feindre devient plus performante … Finalement le marqueur de l'innocence reste un sérieux mystère dans l'âme humaine.
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Il serait quand même temps de sortir de l’écume des faits …
L'affaire de la "barrière baissée" dans la collision de la semaine dernière met en relief les limites extrêmes de l'information permanente qui s'alimente de brèves immédiates sans creuser le moindre sujet. C'est d'ailleurs l'espace considérable qui est laissé à la presse écrite. Prenons un autre exemple concret de question jamais posée sur la migration, sujet du jour pour les médias. Un français épargne en moyenne 10 % de ses revenus. Lors de migrations, il est question de pays où le SMIC est de 210 € en moyenne. Le passage vers la France est facturé 4 000 € en moyenne par personne. A supposé qu'une personne qui gagne 210 € dégage une épargne mensuelle dans la tendance des français, elle économise donc 20 € par mois. Pour payer 4 000 €, à ce rythme, il lui faut 16 ans et 8 mois de travail par personne. Comme c'est une population jeune qui arrive souvent, qui paye puisque, par définition, ils n'ont pas pu épargner 16 ans et 8 mois sur leur travail rémunéré ? C'est une question pratique simple qui mériterait une réponse précise. Elle mérite une réponse précise comme les intéressés méritent un accueil digne de l'humanité. Une communauté ne progresse que quand elle pose les questions et obtient des réponses sérieuses de nature à dissiper des a priori dangereux.
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France : dans l’indifférence totale, l’Etat devient actionnaire d’un groupe de … presse
Cette semaine, en France, s'est produit un fait qui aurait soulevé un sérieux débat dans la quasi-totalité des démocraties occidentales comparables. Les faits sont simples : l'Etat est actionnaire de Renault. Renault devient actionnaire du groupe de presse Challenges à hauteur de 40 %. L'Etat français est donc officiellement actionnaire du groupe de presse Challenges. Qu'un voiturier investisse dans la presse pose déjà question. Les explications officielles sur le partage à moyen terme de contenus restent confuses. Mais qu'un voiturier dont l'Etat est l'un des principaux actionnaires fasse une telle recapitalisation mériterait un débat de fond sérieux. La France ne traitera donc jamais les liens entre la presse et le montant irréel de subventions publiques, entre l'actionnariat privé parfois dépendant de marchés publics et les lignes éditoriales … "L'ancien monde" reste encore très présent dans certains domaines.
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#MeToo : le procès Tron fait-il terriblement reculer la cause de la dénonciation du harcèlement sexuel en France ?
C'est une question de fond qui mérite trois constats. 1) la France est à ce jour terriblement en retrait par rapport aux procédures qui existent sur ce sujet ailleurs dans des démocraties comparables. Aux Etats-Unis, c'est une vague d'une ampleur considérable. Le récent score dans l'Alabama s'explique d'abord par ce sujet bien davantage que les explications partisanes données par des journalistes très engagés (trop !) dans une "culture anti-Trump". La presse étrangère fait état d'un dossier à Radio France qui passe en France de façon très … discrète, quasi inaperçue. 2) Si de tels procès deviennent un "bain de boue" pour les plaignantes, c'est la dissuasion la plus absolue. Surtout si ce "bain de boue" intervient en séance publique. C'est donc toute la procédure qui doit être révisée en la matière. 3) Dans de nombreuses circonstances, l'appareil d'Etat français est très inquiétant par sa docilité face aux puissants. C'est comme l'actuelle collision et l'affaire des barrières baissées ou pas. Pourquoi personne n'évoque une question simple : si la barrière avait été baissée, pour quelle raison la conductrice aurait-elle passé ? Et surtout comment passer une barrière baissée sans "emporter" la barrière ? Tout se prépare pour une fois de plus rejeter la faute sur une "défaillance humaine" parce que c'est le bouclier face à la faute du système. Cet état d'esprit est très grave et inquiétant.