Longue promenade aujourd'hui sous la pluie puis la neige mouillée pour constater l'état de torrents que je connais depuis mon enfance. Rien de mieux que marcher pour éroder le souvenir du 1er anniversaire du décès d'Aspen qui a tant occupé mon esprit cette semaine quand tout bascule si vite suite à la découverte d'une tumeur. Revoir une énième fois ces paysages que je parcourais enfant. Apprendre de Vital Geymond le rythme de la marche lente qui permet de faire durer son effort. Avoir toujours son couteau pour tailler le morceau de bois qui peut aider à la descente d'une pente humide… Connaître chaque barrage pour les avoir escaladé lorsque le cours d'eau était doux à partir du printemps. Découvrir au hasard d'une bordure de bois une dizaine de mouflons. Mais surtout déplorer une nature à l'abandon avec des coulées de boue dans des endroits totalement inattendus. Des endroits impossibles hier car des paysans entretenaient les éviers, les haies, n'autorisaient pas des coupes de bois irresponsables … Le sentiment que ce dérèglement s'il persiste va produire des effets dramatiques. Plus personne ne s'occupe de ces fonds de vallées. Une dégradation accélérée dans la défaillance de lieux hier si jolis entretenus. D'année en année, ce constat s'amplifie. Après un retour trempé, un café très chaud et le sentiment fort du "ramène-moi hier" quand des enfants pouvaient courir les champs en toute quiétude sans même imaginer un autre risque que celui de se fouler une cheville lors d'une course trop rapide, apprendre d'un ancien des règles de la nature à respecter … En quelques petites décennies, quelle détérioration ! Peut-elle continuer encore longtemps et pour quelle issue ? Cela fait peut-être nostalgique ou trop rétro mais le bon sens n'a pas d'âge.
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A mesure que les températures battent des records de chaleur, le débat public français descend lui en dessous de … zéro !
Dans le temps, la capacité actuelle à ne pas vouloir voir les problèmes sérieux sera jugée de façon particulièrement sévère et à juste titre. Prenons l'exemple d'hier. L'ONU publie un rapport sur le dérèglement climatique qui est terrible. Qu'indique-t-il pour l'essentiel ? Les trois dernières années (2015 – 2016 – 2017) ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la Terre. Des chiffres qui montrent un rythme «exceptionnel» du réchauffement au regard des données collectées depuis l’ère pré-industrielle. «Il est désormais confirmé que les années 2015, 2016 et 2017 (…) sont les trois années les plus chaudes jamais enregistrées», a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM), agence spécialisée de l’ONU. Selon l’ONU, ces trente-six mois «s’inscrivent clairement dans la tendance au réchauffement sur le long terme causée par l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre». Toutes les analyses montrent par ailleurs que les cinq années les plus chaudes dans les annales ont été enregistrées depuis 2010, a précisé la NASA. Des chiffres incontestables et incontestés. La semaine dernière, un rapport solide montrait que l'irréversible pourrait être atteint dans 12 ans. Une réalité qui va faire naître des épisodes de plus en plus fréquents de canicules comme des séquences de grand froid. Et dans le même temps, de quoi est-il question en France ? Comment céder devant 300 zadistes pour qu'un ministre médiatique ne démissionne pas. Et l'argument officiel suprême ne porte pas sur le contenu de la décision mais sur la capacité à décider. Ce qui est une étape incroyable : en France un pouvoir doit se féliciter de … décider. Mais décider comment ? Même pas en connaissant le coût réel sérieux de la décision puisqu'aujourd'hui personne n'est capable de le donner puisqu'il dépend pour partie d'une négociation non engagée. Et le pire c'est que l'argument même de la décision qui n'aurait jamais été rendue auparavant est … faux. En effet, dans le même temps, il est fait état de 170 décisions de Justice. Comment la Justice aurait-elle pu être rendue sur une absence de … décision ? La Justice aurait donc été rendue 170 fois sur du … vide. Et aucun journaliste ne pose ces questions face à la parole officielle. A ce rythme, le débat en France va encore connaître des records. Allez les champions, surtout ne pas s'arrêter en route …
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Le scandale Lactalis ou le vrai test de la VI ème République
A quelques jours près, il y a un an (le 25 janvier 2017) était publié le premier article du Canard Enchaîné sur "l'affaire Fillon". Un scrutin essentiel dans une démocratie occidentale allait être totalement modifié par cette affaire. Un an plus tard, que s'est-il passé ? Quels éléments concrets pour voir où était la vérité incontestable ? Impossible de le savoir. Le scandale Lactalis risque de vivre le même chemin. Les chemins que l'opinion n'accepte plus que des "intouchables" puissent emprunter pour échapper au sort que les faibles auraient subi depuis longtemps. Ce scandale c'est la caricature des échecs français. La Justice sanctionne peu le "système". Dans l'affaire de la Société Générale, la hiérarchie d'une banque parvient à surveiller les découverts de millions de comptes de particuliers à l'euro près mais pas sa propre gestion interne pour des milliards d'euros. En France, pour le moment, aucune banque ou enseigne de la grande distribution n'a été sérieusement condamnée. Intouchables. La presse semble ignorer le fonctionnement de la grande distribution, l'un de ses principaux annonceurs publicitaires. Par sa gestion informatique centralisée, la grande distribution dé-référence un produit en un clic. Un fournisseur conteste un rabais demandé par son acheteur de la centrale d'achats dans la grande distribution, il peut voir tous ses produits dé-référencés en 5 heures sur tout le territoire national. Et là, tout juste si on ne nous explique pas qu'il y aurait un dispositif de "pigeons voyageurs" pour porter la nouvelle des laits contaminés de magasin à magasin. Et enfin, quand l'Etat coûte aussi cher aux contribuables (le plus cher d'Europe !) c'est quand même pour que sa gouvernance soit efficace sur le plan sanitaire au moins. Quand ces trois volets seront corrigés fondamentalement, une autre République sera née bien au-delà d'un texte supplémentaire. Pour le moment, on est très loin de cette nouvelle étape. Très très loin …
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Quand l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) répond à Nabilla …
Dans le cadre de la progression sans cesse permanente du "tout se vaut", l'AMF vient de franchir un nouveau palier. Nabilla vante le Bitcoin. C'est dire la garantie de "fiabilité financière" du conseil. Sur Twitter, l'AMF répond à Nabilla : «#Nabilla Le #Bitcoin c'est très risqué ! On peut perdre toute sa mise. Pas de placement miracle. Restez à l'écart», a tweeté mardi soir l'AMF. On imagine l'état d'esprit du conseiller membre de l'AMF quand il a dû recevoir l'instruction pour répondre à Nabilla : "allo …". 7 ans d'études techniques, expertise de suivi sur les marchés et il faut dialoguer avec … Nabilla sur des choix financiers. Cela permet de beaucoup relativiser "l'expertise" dans la vie moderne … C'est aussi un signal fort sur la considération des Institutions quant à la capacité de jugement individuel des citoyens …
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La vue d’un simple habit et l’humeur change …
En France, la reprise de janvier est sévère. Inondations, disparitions et puis ce débat irréel sur les #FakeNews . L'Etat veut condamner les Fake News. Comment va-t-il alors faire pour les faux chiffres sur les manifestations, les grévistes, voire même au-delà plus simplement sur les comptes publics ? Des quotidiens régionaux emboîtent son pas pour mener le "combat". Comment vont-ils faire pour leurs chroniques locales d'un légitimisme monarchique ? Sur le plan personnel, je suis toujours sur mes gardes quand je vois des "pouvoirs" vouloir installer des "vérités officielles", incontestables, impérieuses. Je préfère m'en remettre à la raison de chacun pour faire le juste tri. Et sur le plan international, Trump surjoue son personnage. Et la liste pourrait continuer longtemps. Mais la vue d'un simple habit et l'humeur change en bien, en légèreté, en joie : la doudoune de notre petit-fils. Son "habit de campagne". Une toute petite doudoune avec ses moufles. Mieux que l'homéopathie ou des traitements divers : les objets ! Ne garder autour de soi que des objets associés à des moments agréables. Et ranger précieusement les autres. Ce que nous avons fait pendant cette brève coupure des fêtes. Une recommandation pratique pour bien traverser l'année 2018 qui s'annonce très tempétueuse.
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Vous voulez vous fâcher avec votre chien adoré, surtout ne passez pas à côté de ce livre …
Le rapport à la lecture est d'abord instructif sur l'état d'esprit du … lecteur. Tantôt il s'agit de découvrir des sujets inconnus. Tantôt il s'agit de mieux connaître des sujets un peu connus déjà. Cette semaine, le choc a été avec le livre qui est en photo ci-dessus. Aimant bien la littérature animalière, j'espérais mieux connaître certains volets du tempérament du chien. En réalité, à mesure que les pages défilaient, j'ai trouvé une présentation très éloignée de ce que j'avais pu déjà lire ou plus encore de ce que j'avais pu vivre donc penser. L'auteur procède par affirmation puis étaye son postulat par des présentations dites tirées d'expériences. C'est un mécanisme intellectuel redoutable d'autant plus que rien n'établit la bonne représentativité des expériences. A la fin, sur des sujets importants, on voit son chien sous un autre angle. Heureusement, chacun garde sa liberté d'appréciation. Et il est toujours possible de croire que chacun de ses chiens a été une … exception. D'ailleurs, la sagesse populaire ne dit-elle pas "tel chien tel … maître". Ce qui ne peut malheureusement pas valoir pour moi car c'est toujours Marie qui s'est occupée de l'éducation de nos chiens entre autres … A ne pas lire.
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Irresponsabilité et impuissance publique ou l’inversion démocratique en France
Hier, il était question d'un organisme public ayant pris la décision d'engager la responsabilité de requérants en les soumettant à la menace de 2 millions d'euros pour "recours abusif" et sans même connaître la décision du Juge sur le recours, ce qui montre bien, si besoin était, la volonté de menace puisqu'à ce jour rien ne permet d'indiquer que le recours serait … abusif. 24 heures après, suite aux dégâts liés aux fortes pluies, un autre constat s'impose : ces dégâts sont manifestement le résultat de l'inaction publique et là pourquoi n'y aurait-il aucune conséquence en matière de responsabilité ? Les faits sont terribles pour certains secteurs comme le sud de l'agglomération grenobloise. 1) Il existe une base de données publiques par Commune des dégâts passés liés aux risques naturels : lieu, année, détails. Par conséquent, personne ne peut dire qu'il n'est pas au courant. 2) Dans la quasi-totalité des cas, les dégâts sont intervenus aux mêmes endroits que ceux répertoriés comme sensibles. 3) Pourquoi ce "copier-coller" dans le temps ? Parce que rien n'a été fait ces dernières années. 4) Conséquences pratiques ? Aucune. Il suffirait de pleurer sur la force de "dame nature". Conclusion : des citoyens peuvent s'exposer à des menaces financières énormes quand ils cherchent à défendre leurs droits et des élus sont libres du moindre grief quand leur inaction manifeste a pourtant produit des conséquences graves. Dans une Démocratie, c'est à qui de rendre des comptes ? Aux citoyens convoqués "disciplinairement" par des élus ou aux élus de s'expliquer auprès des citoyens qu'ils ont vocation à représenter ? C'est une inversion démocratique qui devrait susciter des réflexions sérieuses …
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Grenoble au centre d’un sujet de fond : l’argent peut-il chasser la recherche de la Justice ?
De façon très inattendue, la Ville de Grenoble se trouve au centre d'un enjeu de fond d'une extrême gravité : la Justice devient-elle le privilège des riches ? Les faits : une association dépose un recours administratif contre une opération d'urbanisme. Grenoble Habitat engage un recours contre les … requérants et leur demande 2 millions 300 000 € de réparation de préjudice (2 300 000 €). C'est un précédent d'une extrême gravité. Il faut déjà avoir les moyens pour faire appel à un Avocat pour engager un recours. Si à la facture de l'Avocat s'ajoute la menace de millions d'euros pour réparation d'un contentieux perdu, les voies de droit deviennent un simple procédé sur le papier que personne n'utilisera. Qui va garantir alors la défense du citoyen seul face à des groupes puissants, privés ou publics ? Cette place permanente gagnée par l'argent dans tous les dossiers devient inconvenante. Et pourquoi l'arrêter à ce stade ? Si la décision devait être annulée, pourquoi ne pas considérer que la faute deviendrait détachable de la fonction d'élu pour engager une responsabilité financière personnelle des élus décideurs ? La chaîne peut continuer longtemps … Il faut intégrer l'existence de recours. Attendre qu'ils soient purgés. Ce ne sont que quelques années, ce qui à l'échelle du temps d'opérations immobilières de ce type est une dimension marginale que chacun aura oublié dans quelques décennies. C'est aussi cela le respect d'un Etat de droit.
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Ne pas vivre dans l’impasse des mots oubliés …
Pour moi, janvier c'est le mois du danger des mots oubliés. Il y a des mots prononcés que l'on peut regretter. Il y aussi des mots oubliés, non prononcés, qui sont aussi dangereux, voire pire. J'essaie que janvier soit surtout le mois des mots qui ne sont pas oubliés. Dans l'année, l'emploi du temps ne permet pas la disponibilité souhaitée. Janvier, c'est le mois des souvenirs chaleureux. Adresser un mot à des personnes parfois pas revues pendant des années mais qui ont été une rencontre heureuse. Leur montrer que cette satisfaction ne s'est pas effacée avec le temps. N'a pas été gommée. A cette fin, rien ne peut remplacer l'écrit. Le vrai c'est à dire le papier, l'encre, l'enveloppe et malheureusement ce prix du timbre qui s'envole d'année en année. Pour ne pas oublier, il y a un petit carnet noir. Progressivement, il porte bien sa couleur parce que d'année en année, il y aussi matière à rayer les noms de disparus. C'est alors un sentiment étrange fait à la fois de tristesse, de reconnaissance et d'interrogation. De tristesse, parce que toute disparition est une épreuve. De reconnaissance, parce que la vie permet encore de tenir le crayon pour actualiser. Et d'interrogation sur le "combien de temps encore" qui grandit à mesure que les années passent. Mon tempérament ne me prédestinait pas à la politique. Loin s'en faut. Cette activité est maintenant très décriée. Et pourtant, à la différence de la vie professionnelle très segmentée, c'est en politique que j'ai rencontré le maximum de "gens bien". Des personnes simples. Libres. Engagées. Ayant à coeur de bien faire. Souvent très éloignées de certaines images. Peut-être même qu'un jour, je publierai un ouvrage avec les noms, les faits. Que du positif. Parce que les mots oubliés sont trop souvent ceux du positif. Et quand c'est bien, il ne faut jamais hésiter à le dire. Pour moi, cette semaine, comme chaque année, c'est le début pour éviter l'impasse des mots oubliés.
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2018 et des fractures qui peuvent être poussées jusqu’où ?
La balade du matin dans un endroit que je connais depuis mon enfance a donné une illustration de plus des conséquences de territoires à l'abandon. Après des jours de neige et de pluie, des torrents de boues ont gagné des espaces hier impossibles quand la nature était entretenue. Des barrages de retenues sont à un mètre de dégorger … C'est un exemple parmi tant d'autres de fractures qui se sont installées et grandissent en permanence. En l'espèce une intercommunalité peut trouver 46 millions d'euros pour se refaire un siège administratif flambant neuf mais pas 2 millions d'euros pour entretenir des berges de rivières, pour évacuer des plages de dépôts … et le tout dans l'indifférence totale de la Commune concernée. Ce choc des chiffres montre bien, si besoin était, qu'il s'agit d'une choix politique. Il y a désormais des pans entiers du territoire français qui sont à l'abandon. Il y a des départements entiers qui vivent une désertification jamais vue depuis 50 ans. L'histoire du territoire français était faite d'unité, d'égalité. Maintenant l'inégalité est installée dans des proportions totalement inhabituelles entre des poles de performance et des espaces qui se vident. Jusqu'où peuvent se creuser ces écarts inédits dans l'indifférence forte ? C'est pour moi l'une des interrogations principales de 2018. Mais enfin, selon la formule consacrée, belle année 2018 quand même …