Denis Bonzy

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  • Les vrais électeurs cachés …

    Trump 2 06 03 16

    Pendant la campagne 2017, l'équipe de campagne de Fillon a eu une création qui mérite l'attention "les électeurs cachés". Souvenez-vous des sondages de Filteris qui expliquaient des distorsions pro-Fillon par le vote des … électeurs cachés. Une allusion à cette époque faisant penser au sketch de Coluche sur 'OMO qui lave plus blanc que blanc". Il y aurait des électeurs qui voudraient rester secrets même dans le … secret des sondages … Appliquée à ce cadre, cette référence devenait ridicule. Mais pour autant cette catégorie d'électeurs cachés existe bien dans les démocraties modernes. Le vote britannique du Brexit, c'est le succès des électeurs cachés. La victoire de Trump de même. Et la liste pourrait être longue. L'électeur caché c'est qui ? Un électeur qui n'attend plus rien du système politique et qui sort voter pour exprimer exclusivement sa colère, ses frustrations. Les frustrations naissent du refus des impuissances multiples qui alimentent le système politique moderne. L'électeur caché naît de la communication du bouche à oreille car il ne veut plus s'en remettre au "système médiatique". Il vit son vote du refus comme un vote de sa liberté. Actuellement, il y a de plus en plus de vrais électeurs cachés qui naissent en France. Pourquoi ? Parce qu'ils se posent des questions simples comme :

    • si la France est "en guerre", est-il possible de la mener sérieusement en ayant pour "armes" les cellules psychologiques, la Tour Eiffel qui s'éteint, les marches blanches et les dépôts de fleurs sur les tombes … ?
    • si une population manifeste contre ce qu'elle refuse (par exemple hier aux Etats-Unis la marche contre les armes), faut-il déduire qu'elle ne s'oppose pas quand elle ne manifeste pas ?
    • assistons-nous actuellement à une banalisation de "faits graves" pourtant dans la proximité et dans le quotidien : existe-t-il des mosquées où la séparation entre hommes et femmes est pratiquée méthodiquement ? Voire même des enterrements où des femmes n'auraient pas accès à la tombe au même moment que les hommes ?

    Et la liste des questions sérieuses pourrait durer longtemps. Plus ces questions resteront sans réponse, plus la liste des vrais électeurs cachés grossit. Parce que contrairement à certaines apparences, le citoyen moderne ne se fait pas à l'impuissance. Client roi, il ne voit pas à quel titre il serait un citoyen esclave prisonnier de chaînes multiples …

  • Les petits mouchoirs du microcosme parisien …

    Conor Lamb 16 03 18

    Avec l'actuelle affaire du financement d'une présidentielle dans des conditions éventuellement très exotiques, c'est stupéfiant de constater combien le microcosme parisien peut être capable d'évitement face à des questions pourtant simples :

    1) Pour les campagnes électorales, il peut y avoir matière à des financements extérieurs illégaux. Mais il y a aussi combien de financements intérieurs illégaux demandant moins d'investigations que d'opaques circuits internationaux. Combien par exemple de collaborateurs payés par des collectivités publiques participent activement à des campagnes électorales en totale infraction avec la loi. C'est une réalité qui ne dépend pas de la Libye mais qui est au coin de la rue. Que se passe-t-il ? Rien. 

    2) Il y a actuellement 2 sommets internationaux très importants. L'un sur la biodiversité. L'autre sur l'eau. Qui entend les écolos français ? Ils sont où au moment où les espèces animales fondent comme neige au soleil y compris en France ? Là où ils sont dans des exécutifs locaux, que font-ils ?

    3) Et si le Brexit était une réussite ? Cette question peut se poser très sérieusement. Plus le temps passe, plus il est avéré que rien ne voue le Brexit à un échec terrible. Question jamais posée en France … Tabou absolu !

    4) Et si Trump n'avait pas perdu en Pennsylvanie par la victoire de Conor Lamb (D) la semaine dernière ? Aux Etats-Unis, même les médias les plus anti-Trump ne soutiennent pas que la victoire de Lamb soit la défaite de Trump. Pourquoi ? Parce que le candidat lui-même (Conor Lamb) a fait le distinguo. Mais en France, Trump ne peut être qu'une "parenthèse pathétique", une "faute de la démocratie populiste" … donc dès qu'un démocrate gagne c'est une "gifle" pour Trump …

    Et la liste des "petits mouchoirs" du microcosme parisien cachant tout ce qu'il se refuse à voir est longue, tout ce qu'il se refuse même à questionner pour sortir de son prêt à penser confortable. C'est lassant à ce point. S'ils sortaient des studios TV ou radios pour rencontrer la vie réelle avec ses questions, le débat français y gagnerait. 

     

  • Le voltigeur et le … sage

    Ecureuils 20 03 18

    Les Juniors prennent possession des "bonnes tables" signalées par leurs parents. Dans chaque famille, les tempéraments peuvent beaucoup différer. Nous pouvons constater le choc entre le voltigeur et le … sage. Un bouge tout le temps. L'autre s'installe calmement et difficile à perturber. Content d'avoir pu saisir cet instant tôt ce matin.

  • On croit qu’on oubliera mais on n’oublie jamais …

    Chien 17 03 18

    En dehors du bonheur d'un temps passé avec notre petit-fils Léon et de l'échange très agréable de SMS avec sa maman pour fêter son anniversaire, sur le plan personnel, la semaine a été difficile. Deux informations imprévisibles ont montré, une fois de plus, si besoin était, qu'on croit qu'on oubliera mais on n'oublie jamais. La première information qui m'a affecté c'est la lecture dans la soirée du jeudi 15 mars du mot publié sur Facebook par M. Ducoulombier au sujet de la disparition de son chien. J'ai eu le plaisir de rencontrer M. Ducoulombier à quelques reprises en présence de M. de Villard et je n'ai jamais imaginé qu'il puisse exposer de tels sentiments. Il m'apparaissait solide, peu affectif … Et là d'un coup je découvrais un autre visage. Mais ses mots si forts avec la photo de son chien me rappelaient aussitôt nos animaux disparus dans des circonstances identiques. Ceux que nous avions accompagnés jusqu'à la dernière seconde pour tenter d'apaiser leurs douleurs, pour leur montrer l'attachement réel profond qui est le nôtre avec l'immense reconnaissance de tous ces moments merveilleux passés ensemble. Pour Aspen, nous avons lutté deux ans. Deux ans pour tenter de la garder contre des cancers. En une seule photo, toutes nos batailles si difficiles, incertaines remontaient à la surface. Puis hier, apprendre le décès de M. Salvatore Cianci. 57 ans ! Maladie détectée juste avant Noël. Hospitalisé à Noël. Décédé en mars. 70 jours plus tard ! Pendant 30 ans, Salvatore a été notre boucher. A Claix d'abord. Puis à Seyssinet. Pendant 30 ans, il a incarné pour moi le commerçant indépendant avec toutes ses immenses qualités : travailleur, humain, connaissant sa clientèle par coeur. Après l'hospitalisation de Marie, il savait exactement ce qui lui ferait plaisir comme plats à son retour. Dans le détail. Une gentillesse fabuleuse. Le rencontrer c'était un moment agréable : des odeurs qui ouvrent l'appétit. Des plats confectionnés avec soin. Les recommandations qui cassent la monotonie des habitudes. Un temps heureux. Là aussi, que d'images de personnes disparues sont revenues. On croit qu'on oubliera mais on n'oublie jamais. Cette mémoire montre, si besoin était, combien ces temps ont été forts. Mais il y a des moments où il serait souhaitable qu'une hiérarchie de douceurs puisse mieux équilibrer ces souvenirs. Mauvaise semaine. 

  • La revanche de la vie réelle …

    Chat et souris

    Auprès d'un microcosme, les réseaux sociaux ont fait naître un malentendu : les réseaux sociaux pourraient être les outils modernes de survie d'un discours déconnecté de la vie réelle. A l'opposé, les réseaux sociaux sont devenus les moyens de défense de la vie réelle. C'est une nouvelle donne considérable. Nous ne sommes qu'au début des conséquences pratiques. L'actuelle campagne des élections intermédiaires aux Etats-Unis le montre. Avec le renforcement de la diffusion des informations via les réseaux sociaux, c'est la revanche de la vie réelle ou  la fin brutale d'un entre soi sélectif. Un choc considérable qui ne fait que commencer. Des exemples :

    • comment Hulot, passionné des berlines, peut-il maintenant être crédible pour demander de ne pas utiliser les voitures quand une semaine ne compte pas assez de jours pour lui pour faire rouler une de ses voitures par jour ?
    • comment des politiques dans telle ou telle ville de France peuvent-ils être crédibles en se réfugiant derrière des tableaux que personne ne comprend pour tenter de faire vivre un argument que la moindre photo postée sur Facebook ou Twitter emporte comme une feuille au vent ?
    • je l'ai vu dernièrement sur la Commune où j'habite en écoutant les moqueries dont faisait l'objet une élue municipale (Danièle Lieutaud) qui occupe les pages d'un quotidien régional pour sauver 3 grenouilles qui traversent une route mais qui tient le registre d'enquête publique pour supprimer plus de 2 hectares d'espaces verts pour construire des immeubles dans la Commune où elle a été élue en promettant que le vaste programme immobilier ne soit pas … réalisé.

    Et la liste pourrait durer longtemps. Que se passe-t-il pour de bon dans la vie réelle ? : c'est désormais le vrai critère de choix dans de nombreuses démocraties. Une avancée positive. La monarchie reposait sur l'esprit de Cour : des initiés qui savaient mais partageaient que ce qu'ils considéraient comme positifs ou servant leurs intérêts. Cette page se tourne et c'est un progrès très positif. Bon nombre de dossiers devraient y gagner comme la lutte contre le dérèglement climatique, la protection de l'environnement, la défense des droits des plus fragiles … : parce que les citoyens ne se contentent plus de mots mais veulent des actes dans la vraie vie. Au jeu du chat et de la souris, le chat qui incarne le pouvoir face à la fragile souris (le citoyen) doit devenir très méfiant. Le danger est désormais au coin de chaque rupture avec la vie réelle …

  • Jusqu’à quel point les Français doivent-ils vénérer les cons ?

    Diner de con 14 03 18

    La première fois où j'ai réellement pris conscience de l'impact positif considérable des cons dans la vie des français c'est en lisant Francoscopie 1999. En 1998, le dîner de con connait un succès considérable. 6 nominations à la cérémonie des César. 10 millions d'entrées dans la sortie immédiate. Un film culte en France. Pignon est un héros national. Et Mermet dans Francoscopie analyse le phénomène : pourquoi le con plait en France comme nulle part ailleurs : le con est innocent. Il ne ment pas. Il ne manoeuvre pas. Il est sincère, gentil, honnête … Le con venait de creuser sa légende. Et la légende est sur-exploitée. Actuellement les succès : les Tuche, Ch'tite famille et hier l'actualité est faite par Franck Dubosc … Jusqu'à quel point les Français doivent-ils vénérer les cons ? Avec quelles conséquences collectives ? 3 précisions s'imposent : 1) on est tous le con d'un autre. Moi le premier. Avec plaisir et indifférence. 2) Mais il y a quand même des phénomènes hors compétition comme les caricatures du cinéma. Pourquoi vénérer alors la connerie quand c'est la garantie du succès à ce point ? Et pire, à l'époque du mimétisme, c'est la garantie de reprises de formules, d'attitudes … 3) Jusqu'où le règne de l'audience peut-il amplifier ce phénomène ? Hier, le GIEC qui fête son 30 ème anniversaire ou la disparition du rhinocéros blanc passent après les pitreries de Dubosc : inquiétant quand meme. A quel moment le public prendra-t-il conscience qu'à vénérer les cons, il enrichit de façon accélérée des "faux cons" qui produisent et jouent les films et que les "vrais cons" sont peut-être dans la salle … ? Entre l'obscurantisme de religions et la vénération des cons, le pays des … Lumières a de quoi s'interroger très sérieusement sur sa situation actuelle. 

  • Quand le crayon est aussi une agence de voyages

    Crayons 11 03 18

    Serons-nous la dernière génération à … écrire ? Ou plus précisément à communiquer par des signes en ayant utilisé un crayon ou un stylo ? Il y a des signes à suivre. Cette année en janvier, très peu de cartes de voeux reçues (ou expédiées d'ailleurs). Les voeux ont été reçus par sms, mails … Les mots manuscrits sont de plus en plus rares. Quand des personnes sollicitent des conseils, leurs structurations de phrases sont très découpées. Le respect des mots est pour le moins … libéré. Bref, l'écriture avec les repères classiques se perd manifestement. Aujourd'hui, le mobile ou la tablette règnent. Une évolution aussi massive et rapide était imprévisible. C'est dommage. Pour ma part, je reste solidement accroché aux instruments classiques de l'écriture. Et avec une passion particulière pour les crayons : le "stylo du pauvre". Une passion qui remonte à mon enfance. Le crayon est propre. Il ne tâche pas comme la bille ou l'encre. Il permet la révision de l'expression sans trop laisser de trace grâce à sa complice : la gomme. Il offre une très grande variété de looks. Il ne coûte pas cher. Il visualise l'ampleur de votre travail par sa dimension qui diminue en fonction des tailles de la mine. Et surtout, il est aussi une agence de voyages. A chaque déplacement, je garde le souvenir de plusieurs crayons. Et les utiliser ultérieurement, c'est un "parfum" de l'endroit d'origine. Au moment où le crayon est emporté par la chute des instruments traditionnels de l'écriture, il mériterait presque un comité de soutien ! Vive les crayons !

  • Quand les événements ne sont presque jamais ce qu’ils semblent être …

    Tapie

    Pour moi, l'article de la semaine, ce sont les 12 pages d'entretien de Bernard Tapie dans Le Point. J'ai eu l'occasion de le rencontrer trois fois. A chaque reprise, j'avais le sentiment que la réalité du personnage était si loin de son image. Cet entretien dans Le Point ponctue ce sentiment. La première fois, c'était dans le cadre de la préparation de son émission Ambitions lors du passage à Grenoble. Avant de quitter la mairie de Grenoble, j'avais connu de nombreuses préparations de manifestations de ce type. Mais jamais un tel professionnalisme. Tout était consigné sur des fiches. Jusqu'aux moindres détails des chambres d'hôtel par membre de son équipe afin qu'ils retrouvent ce qui leur faisait plaisir. Il avait une revue de presse remarquablement faite dont l'article de L'Express qui faisait alors de Grenoble la "Californie de la France", la "ville de l'anti-crise".

    Grenoble 1985

    D'où sa détermination à venir dans cette ville. A la fin de son émission, lorsqu'il s'agissait de rencontrer des entrepreneurs pour un buffet dînatoire léger, son épouse Dominique lui demande de prendre congé parce qu'elle est fatiguée et il s'exécute avec une gentillesse exemplaire. Le bouillonnant était donc aussi celui de la précision des détails. L'individualiste pensait également aux … membres de son équipe. Et le fort en gueule s'exécutait devait un …  "petit bout de femme". A l'opposé de tous les clichés. La seconde fois, ce fut en 1988 dans le cadre de sa campagne à Marseille. Je participais alors à la campagne d'un concurrent de Tapie. Mais même ses concurrents étaient scotchés, admiratifs devant son énergie, devant son audace, devant la qualité de ses documents diffusés. J'ai toujours ses publications "Marseille se prend en main 6" (NB : chiffre 6 pour le cadre de sa circonscription des Bouches du Rhône).

    Tapie 10 03 18

    30 ans plus tard, le graphisme est toujours mode ! La troisième fois, c'est en 2014 à l'issue d'un déjeuner sur Paris. Il est quelques tables à côté. Ses épreuves avaient été fortes, multiples. A la fin du déjeuner, c'est la possibilité de lui parler. On peut imaginer le personnage aigri, amer, expéditif, replié sur lui. A l'opposé, il est sympa, disponible, plein de mémoire. Dans Le Point, un bel article qui à de multiples reprises est aussi une sacrée leçon de vie. 

  • Quand des événements donnent de la vie aux années …

    DIAPO10

    Dans peu de mois, ce sera désormais au tour de Thomas de porter son fils Léon sur les épaules pour lui faire découvrir l'agréable toucher des feuilles. Aujourd'hui Léon fête son 1er anniversaire. Avec le recul, sa présence m'a conforté dans le sentiment que l'existence c'est un choc permanent entre les années et la vie. Il y a des moments où on a le sentiment que des années prennent sur la vie : des annonces de décès, des événements lourds (santé …). Dans ce cadre, les années pèsent. On a juste le sentiment de survivre. Puis, au contraire, il y a d'autres moments où on a le sentiment que la vie retire des années du nombre de celles déjà écoulées. On se sent plus jeune, plus "léger", plus heureux. C'est le "miracle de Léon". Ce "miracle", grâce aux réseaux sociaux, c'est très agréable de voir combien il peut être partagé dans de nombreuses familles vivant les mêmes circonstances. Revivre ces instants si merveilleux déjà connus avec nos fils. Avec l'âge, quand un événement donne de la vie aux années, il est encore davantage apprécié parce que l'expérience nous a appris que ce n'était pas si naturel que ce que l'on pouvait imaginer au début de la vie. Bon anniversaire à Léon et à ses parents Ombeline et Thomas.

  • Quand l’ordinaire sort du commun …

    Martin Parr 04 03 18

    Pendant le mois de mars, Montréal consacre les photographies de Martin Parr. Un hommage mérité venant d'une grande capitale internationale. C'est un photographe remarquable. D'ordinaire, il s'agit si souvent de chercher le spectaculaire. Voire même de le "mettre en scène". Pour Martin Parr, c'est la vie de tous les jours qui contient des scènes hors du commun. Comme la photo ci-dessus. Les intéressés ont la nature concernée sous les yeux mais finalement ils la regardent via une … tablette. En France, Arles avait accueilli une exposition de Martin Parr. Pour ceux qui aiment les photos de la "vraie vie" avec leurs côtés décalés anodins mais si lourds de sens, un photographe à ne pas manquer.