Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • Tourisme : la France : un pays rongé par les chiffres faux

    Metro panne

    Un été de plus, des médias acceptent de contrebalancer des réalités quotidiennes par un classement  flatteur : la France = 1ère destination touristique au monde. Comment ce classement est-il effectué en France ? Les étrangers qui passent sur le sol français même en simple transit. Depuis 2008, officiellement, l'INSEE alerte sur les corrections à opérer. Quels critères sont souvent retenus dans les autres pays ? Les dépenses effectuées par les touristes à partir des données des informations bancaires. Classement : 1) Etats-Unis : 186 milliards d'euros, 2) Espagne, 3) France (40 mds), 4) Thaïlande, 5) Chine, 6) Royaume-Uni… C'est le vrai classement. Comment mettre à égalité le touriste de passage en 1 jour et celui qui reste 10 jours ? Mais une fois de plus ce chiffre biaisé permet de minorer le pays où il faut attendre 3 heures pour visiter la tour Eiffel, puis voir ses vols décalés, prendre le Métro et terminer sur le quai par 40°, arriver à des escalators en panne, surveiller ses papiers face aux pickpockets des grandes avenues reconnus comme le fléau de la France … : la France est gravement un pays rongé par des chiffres faux. 

  • Les mots oubliés …

    Courtadon bibliothèque SPV 07 07 18

    Les mots oubliés révèlent autant sur des individus ou sur une collectivité que les mots prononcés. Peut-être même davantage ? Avec l'expérience, j'ai pu constater combien ceux qui font rien ou si peu ont du mal à se souvenir de ceux qui ont fait. On assiste alors à des équipements sans mémoire comme s'ils étaient tombés du ciel un beau matin. Un matin du 3 août 2009, une personne qui a beaucoup fait dans la discrétion est décédée : Christiane Courtadon. Une femme qui, dans la discrétion la plus absolue, a été une militante quotidienne du service public. Le service public de l'enseignement où elle a fait carrière comme professeure d'anglais puis principale de collège. Le service public de la culture en montant de toutes pièces la bibliothèque du Groupe Scolaire de St Paul de Varces : les Epis d'Or. Bénévole. Sans titre ronflant. Mais avec la passion partagée avec une équipe de … bénévoles. Un budget d'acquisitions d'ouvrages très limité. L'appel permanent aux dons. Et en quelques mois, une belle bibliothèque publique, neuve, avec des ouvrages diversifiés. Ce sont des personnes de cette trempe qui font que notre pays est encore debout ou pas tout à fait couché au sol encore. Des véritables héros du quotidien avec le moteur de la passion, la volonté de partager, l'ambition de servir autrui. En cette triste date anniversaire, que cette belle personne soit assurée d'une pensée fidèle, émue qui va bien au-delà des seules dates anniversaires. Si dans la même discrétion que celle qu'elle a pu témoigner hier sa mémoire était mieux célébrée ne serait-ce qu'en évitant que le bois d'une école ne pourrisse sur pieds, ce travail là serait mieux respecté dans le temps … 

    Ecole 25 07 18 (Copier)

  • En France, faut-il alimenter le parti de l’indifférence ?

    Rivières 12 04 18

    Il y a toujours un moment où une pratique perd tellement d'intérêt qu'une question simple se pose : "et si je ne m'en occupais plus ?". C'est la première fois que cette formule est aussi souvent utilisée par des personnes que je rencontre et qui ont été pendant des décennies des personnes mobilisées par la vie publique. Les scandales occupent le devant de la scène (costumes de Fillon, Bygmalion, emplois du Modem, emplois du FN …), on assiste alors à un feuilleton de déclarations vives. Puis … le vide ! Incapable de savoir l'issue s'il y en a une. Pour Benalla, les personnes non engagées posent des questions simples : un député peut-il poser une question sans lire une fiche ? Quand manifestement il n'a pas été répondu à la question, pourquoi le député fait-il semblant d'avoir obtenu une réponse ? Pourquoi des questions d'une extrême simplicité ne sont-elles jamais posées ? … Et la liste pourrait durer longtemps. A l'issue des émissions, il y a une sorte de "gueule de bois" (formule que j'utilise sans connaitre le détail puisque j'au toujours échappé à ce travers). C'est irréel ce sentiment que finalement la sagesse serait d'alimenter le parti de l'indifférence. La République en Marche vient de montrer que c'était un parti comme les autres sous la Vème République. Une tâche lourde à porter dans le temps. Les médias sont égratignés une fois de plus. Et le personnel politique est fragilisé. Bref, pendant une semaine, une étage de moins vient d'être descendu. Qui peut dire s'il y a un gagnant ? Un seul ? On a toujours le sentiment que faire pire serait impossible. Mais non le + bas existe encore. Très préoccupant. 

  • La nature et les épisodes caniculaires

    IMG_7232

    Ceux qui travaillent la terre ont conscience que les épisodes caniculaires font vivre à la terre une épreuve tout à fait particulière. On le voit dans nos jardins ou nos pots de tomates-cerises. En 48 heures, faute d'arrosage éventuel, la terre devient une plaque imperméable tellement elle est dure lors d'un épisode caniculaire. C'est très impressionnant à observer. Là où il fallait des semaines pour parvenir à une telle sécheresse, avec les très fortes températures deux ou trois jours suffisent. Et il faut arroser avec douceur pour que la terre retrouve de la souplesse et de la perméabilité. Cette réalité montre l'urgence absolue de diversification d'alimentations en eau. Il faut assurer l'alimentation domestique mais penser aux autres usages comme les jardins ou les plantations. Cette diversification d'alimentations suppose souvent des travaux lourds de réseaux à tirer. C'est actuellement un volet qui ne bénéficie pas de l'attention qu'il mérite. Très inquiétant face à la réalité annoncée et programmée de la densité comme de l'étendue des épisodes caniculaires. 

  • Les mots de l’expérience ou quand peu de mots réveillent le bon sens …

    Jorge Lemann

    Il y a actuellement en France une fièvre ambiante assez inédite et irréelle. Tout est surjoué : de la joie qui tourne à l'hystérie (coupe du monde) comme de la déception qui tourne à la crise de régime (Benalla). Plus un moment est difficile, complexe, plus il faut s'en tenir à des règles d'une extrême simplicité. Parfois même un seul mot. Ce qui est très étonnant actuellement, c'est que les mots de l'expérience sont très souvent ignorés. Or il y a des personnes qui ont déjà connu certaines situations, qui ont réfléchi, qui ont pris le recul pour exprimer en toute honnêteté les leçons tirées. Pourquoi écarter ainsi ce regard ? Pourquoi s'en priver ? Prenons deux exemples concrets. Le populisme a "mauvaise presse" actuellement. Garderait-il cette image si on revenait à sa vraie définition donnée par Krista Tippett : "la colère est souvent le visage de la douleur lorsqu'elle se révèle en public". C'est si vrai. Pourquoi un microcosme parisien ne veut-il voir que la colère et pas les douleurs ? Deuxième exemple : "Réfléchissez de façon indépendante. Soyez un joueur d'échecs et pas un pion". Combien de parlementaires vont sortir terriblement durablement fragilisés pour avoir aussi facilement accepté d'être un "pion" ces derniers jours ? Lisant des fiches. Récitant des éléments de langage. Ils auraient mérité de mieux méditer cette phrase de Ralph Charell. Pour ceux qui veulent revenir à ces mots de l'expérience, je recommande le dernier livre de Tim Ferriss. Il fourmille de phrases simples, efficaces pour réveiller le bon sens. Il en est de même sur YouTube des conférences de Jorge Lemann, très discret mais actionnaire de référence de Heinz, Burger King, Cafés Maxwell … A 78 ans, sa sagesse est inspirante. Le jour où la traduction simultanée de vidéos aura gagné en efficacité, sa pensée gagnera en diffusion nécessaire. Parce que quand on dit "un pays a la fièvre, il faut toujours se méfier car c'est la fièvre qui a gagné le pays" (Sénèque) …

  • Comment une démocratie historique a-t-elle pu accepter un tel affaissement de son Parlement ?

    Senate hearings 2

    Pour avoir regardé dans la soirée des extraits des auditions d'hier, la question n°1 qui m'est apparue évidente c'est : comment une démocratie historique comme la France a-t-elle pu accepter un tel affaissement de son Parlement ? 1) La salle : toute petite. Les députés entassés comme des sardines. Pour certains voir l'orateur était impossible. Dès le cadre de l'audition dans cette petite salle, le ton était donné : le Parlement comme pouvoir n'existe pas. 2) La Présidente qui coupe la parole. Les auditionnés qui ne répondent pas mais qui ne sont pas relancés. 3) Les députés de la majorité présidentielle qui préfèrent défendre leur "candidat" plutôt que la vérité. Que peut penser un retraité dont les pensions sont rognées alors que le collaborateur du Président allait bénéficier de 180 000 € de travaux pour un appartement de fonction ? Quelle considération accorder à un parlementaire qui préfère défendre l'indéfendable plutôt que de défendre la confiance donnée par le citoyen ? C'est un spectacle terrible qui est offert par la Vème République qui montre que de scandales en scandales, elle n'est manifestement aujourd'hui, par le déséquilibre des pouvoirs, plus dans les rangs des démocraties occidentales modernes. Un constat terrible quand on compare avec d'autres démocraties quand des commissions mènent des enquêtes comme la photo ci-dessus aux Etats-Unis. Aucun parlementaire n'accepterait d'être coupé dans de telles conditions.

  • Le début de la dernière étape … ?

    AN

    En ouvrant les débats sur l'arrière-scène de l'affaire Benalla, la France entre peut-être dans la dernière étape d'une crise systémique historique ? La Vème République va mal. De plus en plus mal. Chaque pouvoir malade contamine l'autre. Avec cette affaire, que découvre-t-on ? 1) Des usages ignorés : de la largesse des appartements de fonction toujours payés par les contribuables aux observateurs agréés fondus parmi les policiers. 2) La traditionnelle ligne de défense renvoyant sur le lampiste. Plus on est haut dans la hiérarchie administrative française, moins on est responsable. Qui choisit les collaborateurs ? Qui les dirige ? 3) Des médias qui suivent celui qui a révélé l'affaire. Personne n'était au courant avant dans le microcosme médiatico-politique parisien ? Des parlementaires qui en rajoutent et apparaissent tous sous l'effet d'une fièvre préoccupante. Des débats parlementaires frappés d'hystérie. Un sujet grave ne peut-il pas être traité sans crier ? Le séisme de 2017 n'a pas été intégré à sa juste dimension. La Vème République avec ses pouvoirs si déséquilibrés est peut-être entrée dans une phase terminale aux yeux de l'opinion ? C'est comme le rangement d'une maison. On veut ranger des tiroirs mais au gré des découvertes quand le tiroir se referme l'esprit est différent durablement … C'est le vrai enjeu de cette affaire. 

  • La crise systémique française grimpe encore d’un étage

    Redford Watergate

    L'affaire Benalla fait replonger les Français dans la crise systémique subie depuis plusieurs décennies en mettant en surface une question simple : qu'est ce qui a changé pour de vrai depuis le printemps 2017 ? Cette question ouvre un cortège de questions collatérales : et si un journal n'avait pas sorti l'affaire ? Et les autres affaires politiques sont-elles jugées ? Pourquoi s'éternisent-elles à ce point avant le moindre jugement ? Quelles découvertes de passe-droits encore à vivre ? La France est la démocratie occidentale qui compte le plus grand nombre de médias d'Etat : 6 chaînes chez France Télé, 3 chaînes chez France Médias Monde, 2 chaînes parlementaires (LCP et Public Sénat), TV 5 Monde et Arte (co-financées par l'Etat) et 7 stations de radios publiques. Et de nombreux autres médias survivent grâce à des "mécènes" qui ont des relations étroites avec des marches d'Etat. Aux Etats-Unis, Trump ne serait jamais parvenu au pouvoir sans le discrédit généralisé des branches de l'équilibre classique des pouvoirs dont les médias. La France prend sérieusement le même chemin de discrédit …

  • Le plus beau message pour célébrer l’âge de 20 ans

    Marie fleurs anniversaire 13 07 18

    Hier, comme avec les secrets imprévisibles que le calendrier peut parfois réserver, il y a un volet de symbole peu mis en relief à tort : l'âge de 20 ans rend tout possible. Dans le succès d'hier, il y a des côtés qui restent très éloignés de ce qui peut me passionner positivement : la casse bien sûr mais aussi ce mimétisme dans l'excès de liesse. La joie réelle peut aussi exister sans avoir le besoin de crier, parfois même de tomber dans une forme aussi irréelle d'hystérie. Ces observations faites, il y a un symbole fort : à 20 ans, tout est possible. Car la victoire de 2018 c'est aussi l'anniversaire de celle de … 1998. La vie collective française repose souvent sur des formules empreintes d'un très grand bon sens dont la suivante "on n'a pas tous les jours 20 ans". Cette formule est d'abord d'une évidence déconcertante car elle peut pareillement s'appliquer à tous les âges de la vie. Pourquoi 20 ans alors ? Parce que c'est l'âge où tout doit paraître possible, ouvert, positif, la vie devant … Le jour où, en dehors d'épisodiques circonstances, cette phrase aura retrouvé tout son sens pour la jeunesse française, une amélioration collective agréable sera alors intervenue pas seulement pour le temps éphémère d'un soir légitime de fête.

  • La France et son long cortège d’abstractions archaïques ou les vieux habits usés d’un système qui ne fait plus illusion

    Trump Cour Suprême 09 07 18

    Hier soir, Donald Trump a désigné un juge membre de la Cour Suprême. 3 juges étaient en compétition. Chacun d'eux assumait ouvertement son parcours, ses engagements y compris religieux … On est loin de l'abstraction à la française qui voudrait qu'un juge soit "neutre", d'une impartialité absolue, "hors sol" par rapport à la vie quotidienne. Le juge est un être humain comme les autres, parmi les autres. Il a donc ses sensibilités, ses priorités … La France s'est construite à partir d'abstractions qui n'ont pas résisté à la modernité. La notion d'Intérêt Général cache désormais tellement mal l'influence efficace décisive d'intérêts très particuliers que cette expression est de moins en moins utilisée. L'impartialité de la justice n'existe pas davantage. Il suffit d'ailleurs de constater les différences de jugements selon les Cours à partir de faits pourtant identiques. Comme la neutralité de médias dont la télé d'Etat. Et la liste pourrait durer longtemps. Ces abstractions archaïques ne fonctionnent plus. L'un des problèmes majeurs actuels de la France, c'est que Paris pense que la province y croit encore. Ce sont les vieux habits usés d'un système qui ne fait plus illusion. Si la politique française "pédale" dans le vide c'est pour une grande partie parce qu'elle se refuse d'accepter que c'est tout un "logiciel" à changer … dont ces abstractions qui n'ont plus prises.