Denis Bonzy

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  • La génération solide qui avait le sens du temps long

    Jean Louis Benis 05 09 18
    La tristesse d'apprendre hier le décès de M. Jean Louis Bénis. Une personne qui a beaucoup compté dans les diverses étapes de mon existence : de la découverte de la montagne pendant mon enfance aux discussions détaillées sur la nature et les animaux une fois plus âgé. C'est la génération solide qui avait le sens du temps long dans tous les domaines. Une vie professionnelle se construisait alors par seuils de compétences et d'ancienneté. La vie familiale était celle des choix durables avec le sentiment de devoir passer des repères à ses enfants. La vie associative était constituée d'engagements autour de passions quasi-éternelles. Le temps long était accepté. L'opposé d'aujourd'hui. J'ai vraiment découvert l'immensité des connaissances de M. Jean Louis Bénis par une journée d'octobre lors de la visite d'Haroun Tazieff sur St Paul de Varces (photo ci-dessus extraite de l'article du Dauphiné Libéré). La météo était splendide. Et pour parler de la Commune, cela me semblait naturel de faire appel à celui qui m'en avait si bien parlé quand j'étais enfant. Nous avons visité tous les endroits à risques naturels : des berges du Lavanchon aux rochers du Grand Sorbier en passant par les éboulements de l'Echarina. Tazieff était un marcheur hors du commun. Jean Louis Bénis aussi. Avec 30 ans d'âge d'écart j'étais à la peine. Et pourtant à cette époque la forme physique était là. Ils marchaient et ils parlaient en même temps. Dates. Evènements. Petits raccourcis sur le terrain. Un des meilleurs souvenirs. Puis Haroun Tazieff était allé rencontrer les scolaires de St Paul pour parler des volcans, lui qui était un scientifique de renommée mondiale dans ce domaine. Et sur le chemin du retour, il me faisait part de sa surprise agréable d'avoir pu rencontrer une personne qui lui avait appris autant de choses sur ce secteur de l'agglomération grenobloise. Toutes mes condoléances à sa famille, à son épouse, à son fils Jean Luc et à sa soeur Chantal ainsi qu'à leurs familles. Un temps long partagé qui a été très instructif, agréable et qui restera en permanence dans les mémoires. 

    Jean Louis Benis 2 05 09 18

  • La main …

    Crayons 03 09 18

    Aujourd'hui, avec la rentrée scolaire, la vraie nouvelle année débute. De septembre à juillet. Chaque rentrée scolaire évoque trois sentiments pour moi. D'abord, le souvenir de mes rentrées scolaires pendant mon enfance. Pendant l'été, maman m'avait fait préparer et réciter le programme scolaire de l'année à venir. Au plus profond de moi cette méthode, peu respectueuse de la période dite des vacances, me rassurait. Ce jour là, j'avais le sentiment d'une petite avance. La dernière semaine était marquée par la préparation des "outils" de l'année : cahiers, livres et surtout les crayons. Quelques années plus tard, ce goût des crayons est toujours aussi fort dont l'étape du taille-crayon qui permet de faire "son crayon". Mais surtout, la main. Le jour de la rentrée scolaire pendant mon enfance, c'est la chaleur communicative de la main de maman sur le chemin de l'école. Serrant à chaque croisement de rues. Cherchant à faire bouger la mienne pour donner une image de joie à la rentrée … Ensuite, avec nos fils, la belle idée de Marie d'effectuer chaque matin de rentrée une photo. Plusieurs années après, c'est une précieuse mémoire que de revoir ces photos affichées sur nos murs. Enfin, pour tous les enfants qui reprennent aujourd'hui, que cette rentrée soit belle, douce, prometteuse. Ils s'en rappelleront leur existence entière.  

    Rentrée john et thomas 03 09 18

  • Au nom du peuple …

    Chiens orvis

    Hier, à Montauban, les propriétaires de Nikita, chienne traînée par une voiture sur plus de 20 km, retrouvée avec la peau arrachée jusqu'aux os, ont été condamnés à 300  € d'amende ! La honte pour un pays incapable à ce point de reconnaître les animaux comme des êtres vivants et la colère. Je suis pour l'élection des juges au suffrage universel direct comme aux Etats-Unis. En France, chaque jugement débute par une formule "au nom du peuple …". Le jugement est rendu par des personnes qui ne rendent aucun compte au peuple. Des personnes qui parfois se drapent dans une prétendue impartialité alors même qu'elles sont manifestement d'une partialité effroyable. L'élection de 2017 n'a semble-t-il été comprise par personne y compris par son principal bénéficiaire, Macron. Le peuple est considérablement plus réformiste que le microcosme parisien qui vit sur les impôys grâce à l'entre soi médiatico-politique. Rt ce "petit monde" hors sol devrait se méfier car beaucoup de marqueurs commencent à signaler qu'on s'approche désormais d'un sérieux coup de sang. 

  • Conseils pratiques aux jeunes générations

    Crayons 25 08 18

    Il y a parfois des petits riens qui changent beaucoup. Au moment de la rentrée, c'est le temps des bonnes résolutions pour traverser la vraie nouvelle année : de septembre à juillet. Pour ma part, depuis plusieurs décennies déjà, quelques pratiques simples me sont apparues utiles. Les premières sont liées au livre de Mark McCormack datant de 1985 (tout ce que vous n'apprendrez jamais à Harvard). Un ouvrage remarquable qui fourmille de conseils pratiques efficaces. J'ai beaucoup tenté d'en respecter des conseils. Le second livre est de Marc Fischer sur le "golf intérieur". Son titre : "le golfeur et le millionnaire" (1996). Simple. Concret. Sage. Donc utile. Et ma troisième règle est extraite de livres de Philippe Labro avec les couleurs de la semaine. C'est un conseil pratique d'une simplicité totale et d'une efficacité remarquable : les temps d'une semaine doivent être inscrits sur l'agenda de couleurs différentes. Pour ma part, les couleurs retenues sont les suivantes : rouge si le moment est pénible, bleu s'il est prometteur, noir si indifférent et jaune si agréable. Avec le recul du temps, les périodes gagnent en vie. Elles ne sont plus uniformes. Si le jaune est trop absent, il faut penser à ré-équilibrer car le moral sera impacté. Comme le moral et le bien-être intérieur comptent beaucoup, je recommande à mon tour cette méthode. Puis avec le temps, reprendre ses agendas donne une vision plus animée des semaines. Et parfois même avec le recul c'est l'envie de changer des couleurs car le temps a donné un relief différent à un moment d'alors. Une pratique utile. 

  • La désinformation commence où ?

    Trump 01 03 16

    Je suis très surpris par l'actuelle banalisation du débat sur la désinformation. La désinformation, c'est quoi ? Elle commence où ? Qui devient le gardien de l'information pour sanctionner la "désinformation" ? Quels pouvoirs pour ce "gardien" ? Quelles sanctions si abus de sa part ? Où est la frontière entre la limitation de la liberté d'expression et la limitation de la liberté d'opinion ? Qu'est ce qu'une pensée qui ne peut pas être exprimée ? L'arsenal français n'est-il pas déjà assez punitif en la matière pour ajouter une strate supplémentaire ? Cette banalisation a de quoi inquiéter. Nous vivons une période où, face au souffle de la liberté des réseaux sociaux, les paroles officielles donnent le sentiment de vouloir reprendre les libertés gagnées. Pour moi, le seul gardien de la désinformation ce doit être le libre arbitre individuel. C'est à chacun de fixer ce qu'il croit faux. Le vrai défi de la période actuelle , ce n'est pas de parquer l'information mais de la libérer. Encore et toujours. Parce que c'est toujours la liberté qui est la meilleure gardienne de la qualité de l'information notamment par le pluralisme. Et en France le pluralisme a encore beaucoup de terrains à conquérir notamment sur la vie locale. 

  • « Dites moi ce qui va bien, ce sera plus bref … »

    Gironde 09 01 16

    La rentrée de septembre 2018, c'est la caricature d'un patient qui se rend chez le médecin et qui voit ce dernier poser une question simple : "dites moi ce qui va bien ce sera plus bref …". Qu'est ce qui fonctionne bien en France aujourd'hui ? La justice n'a pas les moyens d'informatiser les calendriers des relances formelles pour éviter les vices de procédures même dans des dossiers très sensibles. L'hôpital public est malade. Un pourcentage élevé des routes est à risques. Les réseaux d'eau ne sont pas renouvelés à temps. La morale ne retrouve manifestement jamais sa place en politique (Benala + Nyssen + tous les dossiers en suspens qui semblent se perdre dans les couloirs du temps pour les puissants comme si dans cette monarchie les rois ne peuvent jamais mal faire …). Le monde urbain a la fièvre avec ses quartiers sans droit. Et le monde rural se meurt tant il est oublié, déserté. La liste est interminable. Et tous ces maux dans le pays aux impôts records et à la dette astronomique. En principe, prendre conscience de la source de ses difficultés, c'est le premier pas vers la transformation indispensable. Cette étape là, c'est pour quand ? Qui peut sérieusement penser que ces maladies généralisées vont pouvoir durer encore longtemps ?

  • Le pays attrape-désespoirs …

    Lyon St Exupéry 08 07 16

    JD Salinger a eu une formule magique pour résumer la relation qui peut parfois exister avec une géographie : "attrape-coeurs". Des paysages. Des odeurs. Des lumières. Des habitants qui portent des coutumes. L'attrape-coeurs peut fonctionner. Pour la France, cette rentrée va le démontrer une fois de plus, c'est l'attrape-désespoirs. Emmanuel Macron gomme sa magie avec l'affaire Benalla et pire encore avec la basse opération de com montée par Europe 1 au sujet d'un enfant de 6 ans. La croissance n'est pas au rendez-vous alors qu'elle est vive ailleurs. Les impositions douces en apparence mais violentes sur le pouvoir d'achat foisonnent comme le prix record de l'essence avec 70 % de taxes ! Plus un plein à moins de 50 €. Les réformes annoncées s'accompagnent des grèves qui sont leurs soeurs immuables. Aucun sujet sérieux sur l'immigration ne peut être ouvert sans un déchaînement de caricatures opposant ceux qui portent le coeur en bandoulière et ceux qui succomberaient à la sécheresse des sentiments égoïstes. Des agressions graves et les médias ouvrent le #NoName : pas de nom de l'agresseur donc désormais chaque agresseur devient un … "étranger caché". Une spirale infernale à terme. C'est vraiment désespérant. Tout sauf l'envie de rentrée. Ou plutôt une rentrée si ordinaire qu'elle donne immédiatement envie de sortir …

  • Et si c’était fini … ?

    Village dordogne 17 08 18

    Pour moi, la chanson de l'été c'est celle des 3 cafés gourmands : à nos souvenirs (cf vidéo ci-dessous). Cette chanson résume la France de mon enfance. Comment en 30 ans, ce pays a-t-il été capable de produire ce qu'il est devenu aujourd'hui ? Pourquoi ? A ce rythme, qu'en sera-t-il dans 10 ans ? Les chansons étaient douces avec des paroles porteuses de sens (de Brel à Trenet en passant par Bécaud ou Ferrat). On était loin de l'univers du rap avec cette violence vulgaire permanente dont cette conception de la femme objet vouée à exhiber d'abord son attirance sexuelle. Les vieilles pierres des bâtiments étaient respectées. Les seniors occupaient leurs fonctions de passeurs de mémoires sans se croire obligés de succomber à un ridicule jeunisme . Les habits étaient simples voués à être choisis pour leur utilité et non pas par identification à des marques qui plument leurs acheteurs. Un enfant pouvait jouer dans les champs loin de chez lui sans craindre l'agression et quand il revenait à la maison les voitures ralentissaient pour le protéger. Et la liste pourrait durer longtemps de tout ce qui a été perdu. Ce qui hier apparaissait naturel relève aujourd'hui de l'exception, de la magie. Comment un pays peut-il produire en 30 ans autant de dommages ? Il serait quand même temps de répondre sérieusement à cette question de fond. Parce qu'il faut en même temps se poser une autre question : et si cet âge là était fini pour de bon … ? 

  • Des terres d’aventures existent toujours …

    NZ le fermier volant

    Avec des cycles longs dans le temps, les compétitions territoriales font toujours naître de nouveaux rapports de forces. L'Europe est le territoire perdant du début du XXI ème siècle manifestement. L'entité s'érode. Le "modèle" européen ne fait plus référence. Des pays sont à bout de souffle dont la France qui poursuit sa fuite en avant au prix des taxations les plus "imaginatives". Les Etats-Unis hésitent entre protectionnisme et véritable isolationnisme. L'Asie s'est imposée. Et il reste les terres d'aventures. Tout dernièrement, remarquable émission sur France 5 sur les fermiers volants en Nouvelle-Zélande. Les terres sont tellement immenses que leur surveillance comme leur entretien passent par des déplacements aériens. L'Australie et la Nouvelle-Zélande apparaissent de plus en plus comme les "terres d'aventures" de ce siècle. Les repères sont différents. Les sociétés ne sont pas déjà bloquées. Pour autant, la "mentalité occidentale" reste possible sans chocs redoutables. A constater les entretiens, un sentiment de plus en plus partagé et une tentation de plus en plus forte. 

  • La défense des vertes prairies

    Patagonia

    Comme Patagonia sait si bien le faire, cette entreprise renforce sa vaste campagne de communication sur la défense des vertes prairies. Aux Etats-Unis, les grandes prairies, c'est le sang de l'Amérique. Ce qui a fait ce pays. C'est un sentiment fantastique que j'ai éprouvé pour la première fois il y a plusieurs décennies en survolant le Kansas pour se rendre à Denver. Nous avions la chance d'une très belle météo et voir des champs à perte de vue. Toutes proportions gardées, en France, c'est le même défi aux portes des villes. Là où la nature avait encore sa place. Mais en France, ce défi mobilise peu. Voire pas du tout. Comme si le béton et le bitume devaient toujours gagner sur la verdure. Ce qui se prépare en France dans les grandes agglomérations, c'est un univers irréel. Une urbanisation étouffante, ennuyeuse, uniforme et surtout terriblement violente. Un échec collectif immense pour le triste héritage laissé aux prochaines générations.