Pour ma part, il y a une gêne certaine à constater les reportages TV avec un Président se déplaçant pour célébrer le centenaire de la guerre de 14 – 18 et qui se fait interpeller sur une hausse de 20 cents du litre d'essence. Les pertes humaines globales de cette guerre = 18 millions de morts. Et si la hausse du prix de l'essence est scandaleuse notamment par le poids irréel des taxes en France, l'attitude de boycott des citoyens des déplacements présidentiels aurait été plus judicieuse pour ne pas mélanger les sujets. Laisser le Président se consacrer exclusivement à la mémoire avec les seuls corps officiels aurait probablement été une belle leçon populaire de dignité collective.
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C’est le regard qui imprime le vrai mouvement de la pensée
Les fossés se creusent actuellement entre les différences de l'opinion française. Ils se creusent à un point tel que, sur des sujets majeurs, le "vivre ensemble", formule qui fut très mode, semble en péril ou pour le moins très compromis. Comment "vivre ensemble" avec des personnes qui ne s'entendent plus, voire même se détestent manifestement ? L'un des fossés réside en France dans le rapport aux animaux. Il y a d'un côté les personnes qui ont la capacité, l'intelligence de savoir lire dans le regard des animaux, d'y voir leur sensibilité forte et les autres, plus primaires, qui se refusent à un tel exercice ou qui n'en sont pas capables. Car il faut sortir du tout se vaut et il importe d'avoir la lucidité de constater que l'humanité génère un contingent assez préoccupant d'abrutis qui sont à des distances considérables de l'intelligence animale. Le regard c'est ce qui imprime le vrai mouvement de la pensée. Il peut y avoir un divorce entre les mots et le regard. Mais le regard ne ment pas. C'est ce qu'il y a de plus inquiétant dans bon nombre des actuels gouvernants : ils ont le regard faux. Le regard imprime une pensée qui n'est pas celle des paroles. Macron a actuellement le regard manifestement fatigué, épuisé mais il se déclare en … pleine forme. Même quand il rit ou fait semblant de rire, Mélenchon a le regard dur, sévère, violent. Le Pen a le regard vide, sans luminosité particulière … et la liste pourrait durer longtemps. Regardons le regard ci-dessus de ce chien. Tout y est : de la fatigue au début de cataracte sur un oeil plus voilé que l'autre. L'aspiration au repos. Son regard porte les ans comme les poils blancs de sa moustache. A la prochaine présidentielle, si je vote, je sais que je voterai que pour celui ou celle qui me montre qu'il (ou elle) est d'abord capable de lire le regard d'un animal en refusant enfin que notre pays ne cède à des violences intolérables à destination des animaux : depuis ml'interdiction de l'abattage halal jusqu'aux amendes élevées pour maltraitance d'animaux. C'est le point de passage obligé et il risque de s'avérer très sélectif.
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La France, c’est un pays où la joie peut contrarier …
L'ambiance actuelle en France est terrible. Regardons les faits : l'actualité est sombre de tous les côtés : taxes, chômage, violences, colères généralisées … Regarder un feuilleton TV français : tout n'est qu'épisodes de meurtres, de séparations, de coucheries malheureuses … Un film français : le scénario est tout trouvé : une femme seule qui, de préférence a connu de graves violences, sombre dans le chômage au moment où son fils adolescent épouse la délinquance qu'elle n'avait pas vu venir. Une soirée de chansons en France : le rap qui cogne ou la reprise d'un vieux texte parce que les jeunes auteurs ont la fainéantise d'écrire ou le talent qui fait défaut. Un débat "d'idées" sur un plateau TV : une succession d'engueulades sectaires avec des invités choisis pour être malmenés ou pour agresser. Dans ce contexte, si on arrive encore à croiser quelqu'un de joyeux on le prend soit pour un provocateur soit pour un ignorant de tout ce qui l'attend pour de bon. En France, l'expression de la joie peut contrarier autrui. C'est quand même pesant à la longue que ce climat qui entretient à ce point "le bonheur d'être triste et agressif". Un minimum de joie et de cool attitude ferait beaucoup de bien.
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Le marqueur du « parlons balcon, parlons nichons » …
De longue date, il y avait une compétition entre le contenu et l'audience. La question de fond : la qualité d'un contenu est-elle liée à l'audience ? La France de Vichy de Paxton, la Trahison des Clercs de Benda, les ouvrages d'Hervé le Bras … : tous ces titres remarquables sont-ils nuls faute d'audiences ? Pendant des décennies, le partage de la qualité et de la quantité était accepté. Aujourd'hui, il n'y aurait plus d'espace pour la qualité sans audience. Bien pire, un produit est de qualité parce qu'il fait de l'audience. C'est une évolution terrible. Surtout quand on connait les "ficelles de l'audience" en France : les 3 C : du cul, de la colère et des conneries qui peuvent faire polémiques. Plus la polémique peut être grosse, plus l'audience est assurée. Historiquement, l'Italie était le pays de l'art tandis que la France était le pays de la pensée : le siècle des Lumières, les grands auteurs … Le pays de la pensée fonctionne désormais au rythme de la "poésie des brèves de comptoirs" : la fâcherie éphémère, le coup de gueule, le mot déplacé, le jupon qui se lève …. Décadence totale. Et le pire c'est que s'insurger contre ce naufrage c'est être rétrograde. Désormais en France, la gestionnaire de la communication présidentielle serait une gestionnaire de paparazzi : le billet de Philippe Labro sur les "mimimarchanderies" est assassin. Le récent marqueur de cette évolution, c'est le billet de Charline Vanhoenacker sur France Inter. Elle est sympa. Elle a de l'humour. Mais ses billets souvent faits de nuances plafonnent à 10 000 vues sur YouTube. Que fait-elle pour booster ses audiences ? Elle enlève le haut. Résultat : 2 047 000 vues à ce jour. Un marqueur simple avec résultats assurés. Quand l'audience devient le marqueur de la qualité, la qualité en France ne requiert pas une imagination débordante. Une époque terrible de décadence.
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Les mots pour soi
Souvent actuellement les mots en France sont maltraités. Et puis il y a des embellies. Les mots justes sont enfin utilisés. Un mot juste c'est toujours une promesse de bonheur. Le bonheur d'exprimer exactement ce que l'on pense. Celui d'avoir clarifié sa pensée. Car pour exprimer une émotion encore faut-il avoir identifié le sentiment. Le bonheur d'entendre exactement ce que l'autre pense. Les mots resteront donc intouchables dans le temps. Regardons l'actualité depuis 24 heures. Le dernier disque de Johnny. Dans les facteurs du succès hors du commun de cet artiste, certes une voix : qui peut imaginer qu'une personne atteinte d'un cancer du poumon puisse encore avoir une telle voix ? Mais des mots. Des mots forts. Justes. Des mots tellement forts et justes que l'on arrive à se les approprier parce qu'ils expriment des instants d'une vie. Ce goût des mots justes, un artiste l'a : Nicolas Bonnet. Dans ce constat, il peut y avoir de la partialité dans mon appréciation parce que je connais ses parents. C'est une partialité assumée parce qu'il y a un volet qui me plait beaucoup aussi dans cette réussite : le sentiment qu'un enfant peut exprimer une facette de tempérament que les parents avaient pu ou voulu ne pas laisser éclore de leur temps. Pendant des années, j'ai joué au tennis avec son papa. Dans nos discussions, alors même qu'il menait une vie professionnelle trépidante très minutée, il y avait une part de fantaisie et de sensibilité positive qui me surprenait tout le temps. Quand je revenais du tennis, je disais à mon épouse "c'est incroyable, Hervé passe sa journée à négocier des prix et il y a des moments où tu peux le découvrir sensible et plein de fantaisie". Je connais moins sa maman mais il y a une douceur dont on m'a souvent parlé que l'on retrouve dans les mots de son fils. C'est un aspect qui me touche toujours beaucoup que de constater ainsi combien un être humain est une construction complexe mais heureusement avec une part de logique dans la chaîne des âges. Avec un tel talent, nous avons la chance de pouvoir compter sur un artiste qui va ajouter son nom aux talents remarquables qui ont cette sensibilité pour exprimer des mots pour soi. Des mots qui nous touchent. Ceux que l'on s'approprie : les mots pour soi. Ils devenaient rares. Leur lumière n'en sera que plus forte. De très belles années sont devant lui. Et notre plaisir aussi.
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Le pays qui mobilise toute son imagination pour cacher la progression de la pauvreté
Le climat actuel a de quoi sérieusement inquiéter. Il faut dire que le microcosme parisien qui vit hors sol met beaucoup d'huile sur le feu. Un exemple : l'imagination mobilisée pour cacher la progression de la pauvreté en France. Sur BFM TV ce matin, ils indiquent que les "Français aiment les petits appartements". On imagine un couple ayant le choix entre un appartement à 110 m² et un autre à 55 m² se dire : "on choisit celui à 55 m² parce qu'on préfère tout ce qui est petit". Il y a quelques semaines, la même chaîne titrait "les Français aiment les découverts bancaires". Là aussi, on imagine un couple avec son compte bien fourni se dire "on va créer un découvert bancaire pour payer des agios". Et la liste pourrait continuer longtemps comme ce "les Français préfèrent les voitures utilitaires à bas prix". Là encore, on imagine un ménage ayant le choix entre une berline haut de gamme et une Daxia se dire "finalement la Dacia ce sera plus confortable pour nous". Tout est fait pour ne pas regarder une réalité en face : la pauvreté gagne du terrain en France. C'est le cas de la grande pauvreté tout particulièrement. Mais c'est le cas plus insidieusement de l'érosion des pouvoirs d'achat. Les ultra riches ont quitté la France pour leur statut fiscal. Les "pauvres officiels" échappent à l'imposition. Et la classe moyenne paye, paye toujours plus donc perd du pouvoir d'achat. Le jour où la classe moyenne engage cette révolte là, les institutions seront gravement secouées. Macron par son arrogance et son isolement perçus accélère ce processus. L'actuel pouvoir devrait faire davantage attention à ce volet là.
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Impossible d’imaginer à long terme le vrai voyage d’un livre ou d’un magazine …
La sagesse populaire dit à juste titre que "lire c'est voyager". Mais les ouvrages (livres et magazines) voyagent eux aussi au sens propre du terme. Et parfois le voyage peut être très … inattendu. Juillet 1999, décès de JFK Jr. Nous sommes à Boston. Notre fils Thomas, 14 ans à l'époque, achète des magazines dont un joli n° spécial d'USA Today consacré à ce tragique événement. Pendant des années, ce magazine était dans la bibliothèque. Puis tout dernièrement, à la recherche d'une date, je le relis et le range mal. Plus précisément, je le laisse sur un coin de table. Lors de la dernière visite de notre petit-fils Léon, quelle surprise de le voir au fond de la remorque de son tracteur. Et impossible de le reprendre en sa présence. 19 ans plus tard, un magazine n° spécial voué à retracer une partie d'Histoire du "Prince de l'Amérique" se fait balader dans la remorque plastique du tracteur d'un enfant de 19 mois. Et en plus avec une balle de tennis posée par Chatham qui roule à chaque démarrage sur la couverture … Il y a des moments où la relativité de la vie comme de la mort prend toujours un sens particulier pour vouer à l'humilité à ne jamais quitter.
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142 ! Pour rien ?
Il y a un mois jour pour jour, j'annonçais ma candidature pour les municipales. Prendre son temps. Voir les réalités sur le terrain. Dialoguer sans précipitation. Calmement. Sans polémique. Sur le terrain, tout particulièrement chaque week-end, j'ai commencé par visiter les équipements de protection en flancs de montagnes. Je les connais depuis des décennies. Ces équipements sont au nombre de 142. Ce chiffre concerne tous les équipements. En réalité il y a 8 localisations qui accueillent des équipements de protections : barrages, effets de seuils … Ils sont à l'écart des lieux fréquentés. Parfois même, ils demandent beaucoup de marche. Mais leurs fonctions sont essentielles. Pendant des décennies, des élus ont appelé les contribuables à des efforts financiers importants pour les construire, pour les renforcer, pour les nettoyer. Des pourcentages considérables dans les budgets d'alors. Souvent le premier poste des dépenses publiques. Des salariés ont consacré des efforts énormes dans des lieux souvent difficiles d'accès. De nombreux accidents du travail sont intervenus. A cette époque, les services de l'Etat dressaient des points annuels d'une précision remarquable. Par exemple, le 24 juin 1988, l'Ingénieur Divisionnaire des Travaux, directeur du service RTM rédigeait une note avec le point actualisé et un estimatif de travaux par zone. Et à l'intérieur de cette note, il y avait même des distinctions selon la hauteur des barrages, donnée qui conditionnait les conditions ultérieures des interventions. Aujourd'hui, tout est à l'abandon. Les services de l'Etat ont quitté le terrain. Les élus ne s'occupent que de ce qui se voit (animations, fêtes …). C'est un gâchis irréel. Pour gaspiller l'argent public, les méthodes sont nombreuses. Les élus en pratiquent beaucoup. L'une des méthodes, c'est de ne pas respecter ce qui a été fait hier. Ces dépenses. Cette mobilisation. Non seulement dans de telles circonstances une Commune abaisse sa protection dans des conditions graves. D'autant plus graves en période de dérèglement climatique avec des pluies torrentielles annoncées plus fortes que jamais. Une force déjà connue en janvier 2018 (cf vidéo ci-dessous). Mais aujourd'hui la collectivité met à la poubelle les efforts des contribuables d'hier. Une réalité inquiétante qui mériterait une meilleure attention collective.
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« J’entends et j’oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et … »
"J'entends et j'oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends". Cette formule de Confucius est un remarquable résumé de sagesse, de bon sens et de qualité à décider. Pourquoi la France va mal à ce point ? Parce que les décisions sont presque toujours prises dans la vie publique par des personnes qui n'ont pas fait. Sans faire, il n'est pas possible de connaître la réalité donc de comprendre les paramètres d'une situation. Bruno Le Maire est à l'Economie sans jamais avoir créé ou au moins dirigé une PME. Au vrai "social", il faudrait un homme ou une femme ayant connu la situation de chômage longue durée. C'est comme l'hôpital, pourquoi ce ministère devrait-il toujours être dirigé par des mandarins et non pas par une personne qui a été malade et qui en a fréquenté les couloirs pendant des années ? Dans une démocratie, il n'y a aucune raison pour que le peuple soit exclu à ce point de telles fonctions. A mon modeste niveau, pour une géographie que je connais depuis des décennies, depuis 3 semaines, je fais le terrain. Chaque week-end. J'ai commencé par les ouvrages de protections en flancs de montagnes. J'en suis à 45 km dans les pierres. Faire ce chemin permet de comprendre. Dimanche après-midi en me rendant à une cascade, un gros éboulement de pierres est passé à une vingtaine de mètres. Tout de suite, on comprend mieux le besoin de signalisations comme l'absolue nécessité de digues de retenues quand on constate la force et la vitesse de descente. Tant que la France restera dirigée par des personnes qui n'ont pas fait, elle avancera dangereusement vers un choc frontal qui peut réserver des réveils particulièrement sévères pour un establishment coupé des réalités du terrain. C'est le vrai défi de fond de l'actuelle période.
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Les crises ne doivent jamais prendre plus d’énergie que les moments heureux …
Pour traverser sereinement les crises, il faut de la … légèreté. De l'optimisme. Aujourd'hui, la crise est partout. Des décès emblématiques occupent l'actualité. La journée du début du mois du cancer du sein succède au dimanche des Virades de l'espoir. Une photo objectivement inappropriée suscite des torrents de colères. Et la liste s'allonge y compris la météo dans notre région. Et ce matin dans ce contexte, arriver au Starbucks Lyon rue de la République et découvrir cette musique : du ciel bleu, des rires, un air léger … Les crises ne doivent jamais prendre plus d'énergie que les moments heureux sinon les crises gagnent tout et il ne faut jamais leur laisser cette victoire. Le plaisir de partager cette chanson en espérant qu'elle produise un effet positif :