Nous vivons la chute des "dinosaures tétanisés". Toutes ces institutions qui refusent de s'adapter au monde moderne. Le premier socle de la crise, c'est de refuser de regarder les problèmes avec lucidité. Prenons l'Eglise catholique. J'ai fait toute ma scolarité dans des institutions catholiques jusqu'à l'université. Quand je l'évoque, je me crois obligé de mentionner que je n'ai jamais au cours de ces années été victime ou témoin de situations de nature à prêter à "confusion". C'est irréel. En pleine guerre (ou + plus pacifiquement en pleine compétition des religions), il faut que le Pape soit vieux, rétrograde, fermé aux arbitrages de nature à susciter des enthousiasmes parmi les jeunes. Compétition perdue. Imaginons un Pape jeune, séduisant, condamnant la pédophilie par des exclusions vives, acceptant le mariage des prêtres … beaucoup changerait dans l'attractivité de l'Eglise catholique. Même situation pour la politique en France. Dans une démocratie, aucun pouvoir ne gagne contre l'opinion. Même "dinosaure tétanisé". Imaginons si Macron avait engagé de vastes économies avant de les demander aux citoyens : suppression du Comité Economique et Social et traçabilité réelle sur les économies ainsi réalisées, Gouvernement de 16 membres, des vrais juristes nommés au Conseil Constitutionnel et non pas le placard doré à copains, les parlementaires reversant à un régime social pour seniors la cagnotte prévue pour leurs retraites qui sont des parachutes dorés … : la situation serait méconnaissable. Finalement dans la nature humaine, la vraie mutation n'intervient-elle que quand elle devient le facteur évident de survie ? Si c'est le cas, cette étape ne devrait plus tarder parce que les "dinosaures tétanisés" paraissent bien en état de coma avancé.
Catégorie : Non classé
-
Rien ne doit calmer le doute
Qu'est ce qui est le plus effrayant actuellement en France ? Il n'y a plus d'espace pour le doute. Le doute, c'est le sens des nuances. C'est l'ouverture à des questions au moins collatérales. Maintenant en France, tout n'est que bloc d'affirmations sans le moindre doute. "Untel est nul… La sortie de l'Europe est la solution… Si les citoyens pouvaient tout décider tout directement, tout irait tellement mieux …" : le point d'interrogation a disparu de la grammaire française. Tout n'est que points d'exclamations. Péremptoires. Sans appel. Avec la période de Noël, un livre mérite la lecture (Yvon Chouinard : confessions d'un entrepreneur …"). Une leçon permanente : pour avancer, il faut … douter. C'est le doute qui permet d'apporter des réponses parce qu'une bonne réponse naît d'abord d'une … bonne question. Si la question est mauvaise, la réponse ne pourra être bonne, utile, efficace. Certes, des rendez-vous essentiels ont été ratés en France : l'entreprise citoyenne existe peu, la réelle confiance n'est qu'un mot, le sens du collectif a disparu, la qualité de la sobriété dans la consommation est contestée dans un cycle d'apparats probablement inédit à ce point … Tous ces travers sont démultipliés par la disparition du doute. Le doute mérite désormais un comité de défense car il est trop menacé en France. Il n'y a pas de … doute en la matière.
-
Le premier Noël d’Ottawa
1er Noël pour Ottawa. Adorable. Premiers cadeaux de Noël dont sa laisse et son collier d'adulte à venir. Une réelle émotion de retrouver tous ces réflexes qui font le charme des briards. Aspen (briard noir) nous manque tellement depuis bientôt deux ans.
-
Ottawa et son premier sapin de Noël …
Le premier sapin de Noël d’Ottawa. Curieuse et intriguée par les lumières tout particulièrement. Mais peut-être l’une des dernières fois que Marie peut la porter ainsi ? Elle grandit si vite …
-
#SurLeTerrain : #LesCombes2
Le dialogue sur le terrain est toujours très instructif. Aujourd'hui, le plaisir de retrouver, même sous la pluie, un hameau que j'ai toujours beaucoup aimé : les Combes. Il offre une vue magnifique sur la vallée et sur la chaîne de Belledonne. Un hameau au croisement de 3 Communes : le nord de St Paul de Varces, le Sud de Claix et l'Ouest de Varces. Un peu excentré de chaque pôle urbanisé, il en a un calme enviable. A 5 minutes d'une sortie de l'A 480, d'un coup, on a le vrai sentiment de ne plus être dans l'agglomération urbaine mais à la campagne. Une montée redoutée que nous avons pratiquée tant de fois en VTT en famille. Le souvenir d'être à la peine quand Jonathan et Thomas "changeaient alors de braquets". Puis la quiétude de ce plat à l'ombre avec une fraîcheur particulière même en plein été. Un moment très agréable.
-
Le vrai pied à terre …
L'une de mes premières observations de la politique sur le terrain a été aux côtés de Jacques Chirac dans le Sud Isère. Sur la route de Mens, dont le Conseiller Général était alors Pierre de Villard, il s'arrête pour saluer un agriculteur au fond d'un champ humide. Il revient les chaussures crottées de terre comme le bas de son pantalon. Il avait le symbole de son "pied à terre" pour le reste de la journée. Personne ne douterait qu'il avait fait du … terrain. Plus tard, j'ai appris que cette "méthode" était classique pour l'intéressé. Les chaussures en disent en effet long sur le rapport d'un individu avec le terrain. Imaginez-vous recevoir une leçon de terrain par une femme munie d'escarpins d'orsay impeccablement cirés à talons aiguilles de 15 cm. Serait-elle crédible ? C'est comme la génération des hommes à mocassins à glands toujours remarquablement cirés. Quand on a le pied à terre au vrai sens du mot, la terre laisse des traces. C'est que j'ai toujours constaté et encore davantage actuellement sur le terrain avec des jours de pluie. Des traces pas seulement dans le raisonnement. Quand on a le recul de l'âge pour comparer les situations, c'est fou ce que l'arrogance des escarpins à talons aiguilles ou des mocassins à glands a pu gagner comme terrain dans la vie publique française sans connaitre le … terrain. C'est finalement pour une grande partie la bataille du gilet jaune contre les mocassins à glands que vit la France actuellement. Le vêtement a toujours une dimension qui dépasse sa seule utilité primaire.
-
Bien vieillir, c’est devenir roseau avec les racines d’un chêne
Hier, deux des filles de M. Jacques Menut ont posté des billets émouvants à l'occasion de la date anniversaire du décès de leur papa. J'ai toujours pour lui une extrême reconnaissance. La vie est faite de rencontres heureuses et d'autres moins agréables. Des premières, il faut en extraire des enseignements durables lorsque les écarts d'âges sont importants. Dans ma formation, ce fut le cas avec Gustave Peiser, Ernest Escolano, Gilbert Anton, Robert Viargues notamment. Dans le professionnel, Pierre de Villard, René Michal, Christian Gauduel m'ont beaucoup appris. Dans la politique, dès qu'il fut question d'écarts d'âges importants ce fut le cas avec Jean Boyer, Haroun Tazieff, Guy Cabanel et Jacques Menut. Ces noms là incarnent tout ce qui a disparu ces dernières années. Et si les disparitions de valeurs continuent à ce rythme, c'est une terre brûlée qui attend dans les 30 prochaines années. Qu'ont-ils appris à ceux qui voulaient apprendre d'eux ? 1) Il ne faut jamais être un professionnel de la politique. Il faut avoir une existence professionnelle personnelle à part entière en dehors de la politique. C'est la condition de la liberté et de la connaissance de la vraie vie. 2) Il ne faut jamais couper la tête du messager porteur des mauvaises nouvelles sinon c'est la coupure garantie avec des opinions différentes et l'espace utile des parts de vérités disparaîtra. 3) Il faut garder des valeurs solides, durables, être éloigné d'un esprit de l'éphémère qui change d'idées comme de saisons. 4) A côté de sa vie familiale, il faut être ouvert à autrui. C'est l'autre forme de l'utilité préservant de l'égoïsme qui ne consisterait qu'à penser qu'à soi et qu'aux siens. Quand j'entends aujourd'hui parfois des élus se plaindre pour les efforts pour poser trois lampions et organiser une mini choucroute party entre amis, je repense à toutes les animations qui ont … disparu. Celles qui mobilisaient la formidable énergie de M. Menut et de son équipe : grand prix cycliste, maisons fleuries, fête de l'artisanat de proximité, défilés de mode … Et des animations imaginées, préparées, organisées dans un cadre bénévole avec souvent des marges de rentabilité permettant d'organiser la prochaine animation. Tous ces écarts d'âges ont été porteurs d'expériences riches qui m'ont appris notamment une chose : bien vieillir c'est devenir roseau avec les racines d'un chêne. Roseau, parce que les nuances de la vie dont les épreuves fortes ont chassé la rigidité de la radicalité, ont appris la nuance donc la souplesse. Mais garder les racines d'un chêne, profondes, solides, inébranlables car c'est la garantie de la confiance : savoir où l'on est et où l'on va. Aujourd'hui l'un des problèmes de la France c'est que trop de générations veulent donner l'image de chênes en assénant des mots forts souvent criés d'ailleurs mais avec les "racines" du … roseau. Quand c'est le cas, la solidité ne peut pas être durablement au rendez-vous. Très inquiétant.
-
« Ils ont perdu le Nord … »
Quand trop de subjectivité rend la remarque suspecte : c'est l'une des caractéristiques de la période actuelle en France. "L'esprit fan zone" a gagné le débat public à un niveau consternant. C'est la morne plaine car tout est trop prévisible. Qui va soutenir comme qui va critiquer. La "pièce de théâtre" est désormais d'une prévisibilité absolue dans ses répliques. En France, l'une des plus vieilles formules de la sagesse populaire était "ils ont perdu le Nord". Cette formule serait apparue dès le XVII ème siècle pour faire référence à l'aiguille de la boussole qui indique toujours le Nord magnétique. Perdre le Nord c'était ne plus savoir où l'on est. De la version de départ (perdre sa direction) à ensuite une version secondaire : perdre ses esprits. Aujourd'hui, "perdre le Nord" ce n'est plus ne pas savoir où l'on est, c'est savoir que l'on reste toujours … au même endroit. Toujours Pour. Toujours Contre. Des personnes d'ordre défendent de fait le droit de … casser. Des fauteurs de dettes publiques soutiennent la … rigueur financière. Ce n'est plus l'objet d'un sujet qui guide l'avis mais l'auteur de la remarque avec ses détracteurs comme ses supporters. C'est assez monotone d'en être arrivé à ce point.
-
La France malade de la mauvaise gestion de ses espaces
Avec les #GiletsJaunes, il est beaucoup question de la France périphérique. Ce n'est qu'un volet du problème. De façon plus générale, la France est aujourd'hui malade de la mauvaise gestion de ses espaces. 1) En quelques brèves années, elle a voulu faire naître de grandes métropoles européennes. Pour ces métropoles, c'est la course au toujours plus grand. Très souvent cette course passe d'ailleurs par d'abord répartir sur un grand nombre de contribuables extra-communaux les factures de la ville-centre. Prenons un exemple concret récent dans l'agglomération grenobloise. 12 millions d'euros HT pour une cathédrale pour le tennis dans la ville-centre mais 120 000 € pour un stade de football dans une Commune périphérique. La première digère l'investissement comme si "rien n'était" tandis que dans la seconde le sport le plus populaire donne le sentiment de mettre à l'épreuve les finances municipales pour plusieurs années. En moins de 20 km, l'inégalité financière totale saute aux yeux. Et les structures de décision des agglos dépendantes du poids politique de la ville-centre corrigent souvent très peu les inégalités financières de base, voire même les amplifient. 2) La faiblesse des services publics de proximité. Là encore un exemple pratique. Le Dauphiné consacre ce jour un article aux 25 ans de l'école de musique de Claix (420 élèves). A sa création (cf photo ci-dessus), c'est l'exemple réussi du service public de proximité mutualisé pour un bassin de vie. Mais aujourd'hui les agglos nient l'existence de bassins de vie de ce type. Tout doit être fondu dans une aire métropolitaine. Il y a ainsi la création artificielle d'une aide métropolitaine qui n'existe que dans les découpages administratifs. L'habitant de Claix ne vit pas avec celui de Domène. 3) La loi NOTRe est la consécration diabolique de ces tendances récentes. Elle a poussé le vice jusqu'à déconstruire ce qui fonctionnait bien. Et le tout dans une absence totale de concertation. Un pays qui est mal dans son espace ne peut pas bien fonctionner. Il faut d'abord remettre à plat l'organisation territoriale. Par le passé, d'Olivier Guichard à Alain Peyrefitte en passant par Jacques Delors (la démocratie à portée de la main) ou Michel Crozier, la question territoriale était au coeur des réformes majeures. Aujourd'hui, Bercy et les finances dominent tout et nient cet enjeu. Un facteur majeur dans les crises actuelles.
-
L’impact des réponses jamais données …
Ce qui manque le plus actuellement en France, c'est la confiance. Cette confiance a disparu par l'impact des réponses jamais données. Les citoyens ont gagné en compétences, en maturité. Ils posent des questions de fond. Des questions qui ne reçoivent souvent aucune réponse. La confiance est donc cassée. Les uns se réfugieront dans le silence. D'autres dans l'ironie. D'autres dans la colère. La confiance est le socle de toute relation humaine apaisée. Lorsqu'il y a eu le débat sur le moratoire des taxes, chacun percevait bien combien la confiance pouvait être cassée. Ce n'est pas l'affaire d'Emmanuel Macron. C'est l'affaire de plusieurs décennies d'évitements permanents. 4 exemples pratiques récents : 1) la place de la France dans la compétition internationale : les événements actuels lui portent un coup terrible. La presse internationale titre sur "la chute de Macron". D'autres sur les "Français ingouvernables". Cette semaine, le site Politico consacrait un reportage sur les 30 européens à suivre sur 2019 : pas un Français dans cette liste ! Une question évitée comme si la France était une île dans le monde. 2) Le coût des politiques publiques : comment le pays aux solidarités les plus coûteuses peut-il se diviser de façon aussi violente ? 3) Pourquoi toute la chaîne de la représentation est aussi discréditée ? Quelles corrections possibles ? 4) Quelles économies possibles ? Où ? Pour quels montants ? Pourquoi seraient-elles possibles aujourd'hui sans avoir été opérées hier ? Toutes ces questions légitimes animent les esprits. Comme elles ne reçoivent pas de réponses, la confiance est cassée. Sans confiance, aucune gouvernance n'est possible. Quand Jorge Lemann débute ses interventions, c'est le préalable qu'il pose. Ses conseils sont d'une sagesse absolue. Il n'a plus rien à gagner et il a connu un parcours hors du commun. Que dit-il ? Une marque n'existe que par la confiance. C'est le cas dans le commercial. C'est le cas dans le public. Or la "marque politique" incarne la … défiance. Tant qu'elle sera scotchée à cette image, la gouvernance publique sera quasi-impossible. La confiance suppose notamment que la rigueur soit aussi vécue par les politiques, que les affaires des politiques soient jugées, que les chiffres publics puissent être crus … : en France, compte tenu de l'immensité des passifs, c'est une oeuvre de très longue haleine pour restaurer la confiance.