Denis Bonzy

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  • Tempéraments gagnants !

    Christiane Ayache 2 26 01 19

    A Grenoble, la désignation de Mme Christiane Ayache comme "Madame Projet" est l'occasion pour moi d'exprimer les mots de l'expérience. Des femmes portent en elles la force de l'énergie et de l'enthousiasme dans des conditions irrésistibles. Dès mon enfance, j'avais éprouvé ce sentiment de découverte avec la force procurée par ma mère, cette poignée de mains sur le chemin de l'école passant tant d'énergie et de chaleur. J'ai retrouvé ces qualités avec mon épouse, Marie-Cécile, observant attentivement notamment sa fantastique passion positive mise dans l'éducation de nos deux fils.

    MCB John 22 11 17

    Sur le plan professionnel, que de succès auraient été impossibles sans la participation de Danièle Péguilhan avec une mécanique intellectuelle remarquable.

    07-Peguilhan dossier com

    Ou sans le goût de l'excellence au travail de Lydia Menut. Sur le plan politique, les mots objectifs de l'expérience imposent de citer notamment Marie-Josée Palacio, Sylvie Leborgne, Christiane Grimaldi, Marie Moussy : personne n'imagine l'énergie mise par elles dans la campagne 83. Seul un léger croque-monsieur à 13 heures pris sur l'angle du bureau en l'espace de 15 minutes était la "coupure" dans la journée de travail. Une campagne qui n'aurait jamais été la même sans Madeleine Maur, Marguerite Canolle, Suzanne Ferrand, Marie-Thérèse Phion. Une fois l'élection gagnée, la qualité du mandat n'aurait jamais été la même sans l'engagement des élus comme Eliane Bellot, Françoise Soldano, Françoise Paramelle. Un exemple concret parmi d'autres, le premier été (1983), Françoise Soldano a annulé ses vacances personnelles pour faire la tournée des centres municipaux des colonies de vacances. Un à un. Sur le terrain. Du jamais vu ! Il a souvent été question de la qualité de l'information d'alors, de sa créativité. Elle n'aurait jamais été identique sans Véronique Bouffard ou Béatrice Podico et toute cette belle équipe de Grenoble Mensuel, magazine en vente qui faisait envie à toutes les autres villes de France. Cette liste n'est pas exhaustive. Par avance, toutes mes excuses aux personnes pas citées. Sur le terrain du canton de Vif, lors de ma première élection cantonale (la campagne présentée comme ingagnable par définition), deux femmes ont été pour moi des surprises considérables. D'abord en tenant à m'accorder en plus de leurs heures de travail une aide énorme lors de cette première campagne cantonale (en plus d'habitants du secteur dont Martine Gouilloux au collage) : Monique Sacchi-Meunier et Christiane Ayache. Deux découvertes absolues. Deux femmes menues, quasi-frêles, élégantes, très urbaines dans leurs apparences. Mais le porte à porte à leurs côtés était un temps de dialogue fantastique : une sympathie exemplaire, une compassion réelle pour les problèmes exposés, une énergie inépuisable : des beaux tempéraments gagnants. Les coups de téléphone pour montrer leurs soutiens. Des moments qui ont créé chez moi une réelle et forte reconnaissance. Revoir aujourd'hui, Christiane Ayache engagée dans le combat grenoblois, c'est l'assurance d'un vrai professionnalisme, d'un sens du travail bien fait et d'une volonté à la solidité exemplaire. Avec l'âge, la seule référence doit être la vérité, sa part de vérité. Pas la complaisance. Encore moins un obscur intérêt. Et ma part de vérité, j'ai plaisir aujourd'hui à l'exprimer car c'est l'assurance d'un projet de qualité avec une coordonnatrice de ce talent et de cette rigueur.

  • Ces moments qui laissent des indices impossibles à dissimuler …

    Ottawa neige 24 01 19

    Ottawa découvre sa première neige. Aspen adorait la neige. Elle peinait à dissimuler les traces de ses coups de langue dans la neige. Ottawa est manifestement sur le même chemin. Et plus calmement, vu son âge, Chatham observe avec recul … Toujours des moments agréables à observer.

    Chatham 24 01 19

  • Et si la « démocratie à portée de la main » n’était finalement plus la … démocratie ?

    DB 20 01 18 (Copier)

    Rien ne peut remplacer les leçons du terrain. Il y en a une qui actuellement me marque beaucoup : le nombre de personnes très critiques sur un pouvoir local mais qui dans la foulée donnent la raison pour ne pas pouvoir l'exprimer à haute voix publique. Dans les années 80, après l'échec de la loi Marcellin sur les fusions de Communes, un ouvrage de Jacques Delors avait eu un succès considérable : "la démocratie à portée de la main". Dans la France centralisée d'alors, cet ouvrage était l'éloge de la proximité. Finalement l'analyse d'hier est peut-être devenue fausse : et si démocratie et forte proximité étaient difficilement compatibles ? Pourquoi ? Parce que dans la démocratie de proximité, une décision n'est plus anonyme. Et l'anonymat reste l'un des boucliers de la décision non arbitraire. Avant ces échanges sur le terrain, j'avais un marqueur qui m'intriguait : les audiences d'articles du Club 20 sur les réseaux sociaux. Plus les articles étaient critiques, plus les audiences étaient fortes et moins les mentions publiques "j'aime" étaient … nombreuses. Très souvent, c'est alors via la messagerie privée que les commentaires arrivaient : soutiens, exemples à ajouter, dossiers supplémentaires à évoquer … Et les personnes d'expliquer : un marché public, un emploi, un stage, une subvention pour une association … : autant de contraintes pour une expression publique bâillonnée. Cette réalité est à mon avis d'ailleurs une des explications des Gilets Jaunes. Dans le mépris du statut du citoyen, il y a beaucoup de reproches faits au local (par ailleurs gros décideur d'impôts) mais toute la facture est présentée au … lointain Etat car, face à l'Etat (Paris), l'anonymat est de retour, donc la liberté d'expression. C'est une triste réalité qui montre combien la démocratie de proximité doit encore progresser en France. 

  • De 17 à 563 voix

    DB démission 1994

    Je suis très surpris par l'actuel traitement de crise par la majorité en place. Elle manque de panache et dans la quasi-totalité des hypothèses sortira très affaiblie en conséquence. Dans une démocratie moderne, on ne s'impose pas au peuple. Dès que la légitimité est entachée, le seul arbitrage c'est le suffrage universel direct. Cela a toujours été ma conviction. Et d'ailleurs toutes les proportions gardées et à un niveau terriblement plus modeste, j'ai pu le vérifier il y a plusieurs années déjà. A cette époque, contestation par le battu sur la couleur de l'encre utilisée pour des votes par procuration dans des bureaux de votes totalement extérieurs à toute influence de ma part. Il pouvait y avoir débat sur les conséquences juridiques à donner. Le commissaire du Gouvernement, selon le terme de l'époque, évoque une irrégularité de nature à remettre en cause le scrutin. Il s'exprimait à 11 heures. A midi, la parole était rendue aux citoyens. 1 heure après, ma démission était officialisée. Sans attendre le jugement ni même chercher à actionner une voie de recours. 1 mois plus tard, les 17 voix d'écart étaient devenues 563 voix d'écart. Emmanuel Macron devrait retourner devant les électeurs et il serait ré-élu très largement. La dissolution de l'assemblée nationale c'est une étape de plus dans la fragilisation. Le débat, c'est une immense pagaille à venir. Celui qui est contesté, c'est Emmanuel Macron. Si les citoyens n'en veulent plus, c'est un garçon talentueux qui ira faire des affaires et sa vie sera agréable. Et si les français le confortent, les GJ seront contraints de respecter le suffrage universel. Dans 3 mois au plus, on est sûr d'y voir clair. Et la démocratie, qui suppose de toujours passer et respecter le seul choix des urnes et seulement ce choix là, y gagnera. Tout le reste c'est du temps perdu et surtout de la paralysie liée à la crise. 

  • Les angles morts de la démocratie

    Gilets Jaunes 2 22 11 18

    Hier matin, le vrai séisme en France n'était pas dans l'annonce du 9 ème samedi des GJ mais dans la publication du baromètre de confiance du Cevipof. Du jamais vu. Depuis 10 ans, la "température" est prise sur des bases techniquement solides et là, pour la première fois à ce point, la crise est partout. Elle a tout gagné : de la morosité à la défiance en passant par le discrédit à des niveaux rarement atteints. Plus une situation est grave, plus elle est complexe, plus il faut s'en remettre à des idées simples. Pour l'essentiel, elles sont au nombre de 5. 1) L'existence d'une crise n'est pas exceptionnelle. La notion de crise est même liée à toute activité humaine. Ce qui est important ce n'est pas l'existence d'une crise mais la capacité à une sortie rapide de crise. 2) Dans une démocratie, en cas de crise, un pouvoir ne gagne jamais contre le peuple. Si un pouvoir parie sur l'usure et si l'usure n'intervient pas, il vaut mieux retourner le plus rapidement devant les électeurs. 3) Pour qu'un système soit respecté, il faut qu'il soit respectable. Or depuis un nombre élevé d'années, le système politique français a sombré dans des travers répétés qui lui ont fait perdre sa respectabilité aux yeux d'un nombre croissant de citoyens. 4) Un système non respecté peut quand même rester en place s'il donne des résultats positifs pour le grand nombre. Or en France, les résultats font défaut. Au pays de l'impôt le + élevé et de la dette la + lourde, chaque pan du secteur public semble défaillant. 5) Toutes ces réalités anciennes sont amplifiées, accélérées par les réseaux sociaux qui chassent les angles morts de la démocratie. On va y chercher ce qu'on n'a pas trouvé dans les réseaux professionnels classiques. Et dès qu'on y trouve une information qui conforte son sentiment initial, elle est démultipliée. C'est une spirale terrible. Plus le pouvoir s'éloignera de ces réalités de bon sens, plus la température collective risque de monter. Et d'escalade en escalade, il deviendra très peu probable que des décès soient toujours évités. A cette étape dramatique là, l'émotion chasse totalement la raison. Chaque samedi on s'en rapproche de plus en plus dangereusement. 

  • La beauté du souvenir

    Ottawa 11 01 19

    Se souvenir, c'est la seule façon d'arrêter le temps. Temporairement. Mais régulièrement. Des souvenirs sont heureux. D'autres particulièrement tristes. Puis il peut y avoir des souvenirs où les deux sentiments se mêlent de façon étonnante. C'est le cas avec Ottawa. Elle a aujourd'hui 4 mois. Il y a deux ans, Aspen décédait. Une énorme tristesse. Même aujourd'hui, il m'est toujours difficile d'en parler ou d'écrire sans que la gorge ne se serre douloureusement. Nous avons beaucoup attendu avant de décider de retrouver une autre chienne briard. D'abord par protection de nous-mêmes : ne pas s'exposer à revivre une telle tristesse lors de la disparition. Mais le choix effectué nous apporte comme jamais connu jusqu'à ce jour une telle coïncidence d'attitudes que nous retrouvons tout ce que nous avions tant aimé avec Aspen (photo ci-dessous). C'est une beauté positive du souvenir jamais connu à ce point. Une belle façon pour cette jeune chienne de nous faire un très joli cadeau à son tour. 

    Aspen 26 11 12

  • La crise de la génération qui voulait tout cumuler

    Chantal Jouanno 2 09 01 19

    La crise actuelle vient de loin. Elle était même souvent évoquée comme probable. Le calendrier était alors incertain. Depuis novembre, le calendrier est connu. Sur le fond, c'est la crise de la génération qui voulait tout cumuler. Le bon sens a quitté en conséquence la vie publique française. Avec humour, un juriste (Robert Viargues ancien Président du TA de Lyon) disait à ses étudiants : "vous ne cumulerez jamais les 4 P : Pouvoir, Pognon et Petites Pépées". Le "Pognon" c'était le domaine du privé, la vie des entreprises. Le Pouvoir, c'était le domaine du public (politique et administration). Et les "Petites Pépées" c'était le domaine du spectacle et des activités de ce type. Dans la culture française, chaque domaine avait ses règles. La personne aimant l'argent se consacrait aux affaires. Celle préférant le service public se consacrait à la politique et à l'administration … ce qui ne signifiait pas vivre "misérablement" mais sans ostentation matérielle. Or la génération politique actuelle a tout voulu : Pouvoir + Pognon + Petites Pépées. Culturellement, elle s'est mise hors jeu. Parce que pour les Français argent et politique ne sont pas un couple durable. Dans la conception large du "service public", il y avait de façon collatérale la notion d'une forme d'austérité matérielle. Surtout quand la crise économique est là. Il n'est pas possible de se considérer "bien représenté" par des personnes qui se "font du fric" par la représentation démocratique. C'est l'affaire Jouanno. La crise ne changera pas durablement de ton tant que les fromages de la République ne disparaîtront pas. C'est le véritable enjeu de la crise actuelle. Mais les politiques sont-ils prêts à se … réformer ? 

  • Il manque des vrais premiers de cordées …

    Pasqua

    Hier et si Benjamin Griveaux était descendu dans la cour du Ministère pour faire face au lieu d'être évacué … ? Le vrai tournant de la politique en France c'est les années 90 avec la disparition de ceux qui avaient connu la seconde guerre mondiale et le vrai terrain. Dans des circonstances de ce type, imagine-t-on Pasqua ou Chaban quitter leurs ministères. Pasqua aurait retroussé les manches, descendu dans la cour et avec un accent plus méridional que jamais aurait crié "Oh petit, tu veux me parler, je suis là … !". Dans la crise, on parle aux tripes et pas à la raison. C'est ce qui fait défaut actuellement. Des 1ers de classes bien proprets habitués à réciter les fiches et les chiffres. Mais pas des premiers de cordées qui sont au contact de la paroi, prêts à se geler les mains pour tirer la cordée. Et instinctivement le peuple le ressent. La peur a changé de camp. C'est une donne majeure comme ces derniers jours les achats inhabituels de pates, de riz, d'huile … achats qui sont les meilleurs marqueurs d'un sentiment populaire que la crise peut devenir encore plus grave. 

  • La compréhension est la source des indulgences nécessaires

    Les Mallets 1 02 01 19

    L'un des problèmes majeurs de la période actuelle : la compréhension a quitté le champ des réflexes de base. Dans trop de cas, les comportements sont des blocs d'attitudes à prendre ou à laisser. Or il reste un formidable besoin de compréhension. C'est ce que je constate sur le terrain dans les contacts (photo ci-dessus : dialogue sur le terrain aux Mallets le 02/01/19). Chercher à comprendre c'est respecter autrui. Dans le fonctionnement d'un être humain, un moteur existe toujours. Il change selon les tempéraments : argent, besoin de reconnaissance, intérêts directs … c'est ce terrain là qui ouvre l'espace de l'entente. L'absence de moteur, c'est la définition même de la stupidité (à ce sujet livre remarquable chez les PUF sur les lois fondamentales de la stupidité humaine / 7 €). L'individu stupide est le plus dangereux parce qu'il échappe à la rationalité. D'où cette conclusion l'homme sait tout affronter sauf la … stupidité. Dans la vie courante, c'est un constat que chacun a pu faire. Mais les vrais stupides sont rares. Heureusement. De plus en plus rares. Si davantage de temps était consacré à chercher les raisons plutôt que d'immédiatement s'invectiver, les solutions et les résultats gagneraient probablement en rapidité. La compréhension est toujours la source des indulgences nécessaires pour fonctionner en groupe. C'est pour cela qu'il y a matière à s'inquiéter de la voir actuellement si fragilisée. 

    Les Mallets 3 02 01 19

  • Les livres qui restent et ceux qui passent

    Livres Noël 2018

    La période de Noël est toujours agréable pour la lecture. Les livres sont de beaux cadeaux. Si on préfère le calme de la lecture à la fièvre des soirées de fêtes, c'est le calme absolu pour … lire. 5 livres : 2 recommandations très fortes. 1) La vie secrète des animaux : livre remarquable avec un auteur qui a le sens de l'observation. Un délice. 2) Belle réussite aussi le livre d'Yvon Chouinard (confessions d'un entrepreneur). Le témoignage de l'utilité des entreprises citoyennes. Une réalité trop sous-estimée en France. Ce sont 2 livres que je recommande tout particulièrement. Puis il y a les livres qui passent. 3) Le livre de Mike Horn sur l'Antarctique : moyen. Et deux fortes déceptions : le livre de Gonin sur Robert Kennedy : pour qui connait déjà un peu le  cursus de RFK, on apprend rien. Et il y a des approximations assez irréelles. Et le livre "Devenir" de Michelle Obama, très probablement écrit par un auteur rémunéré. Rien de particulier. Banal. Un esprit "Jours de France" sans les photos. La différence entre les livres qui restent et ceux qui passent.