Marinette était probablement la personne qui connaissait le mieux les chemins de St Paul. Pendant des décennies, cette passionnée de la marche pouvait être croisée sur les chemins de cette belle Commune. Par tous les temps. Pluie et neige ne l'arrêtaient jamais. Faire alors une halte pour parler un moment avec elle était d'abord l'assurance d'un large sourire car Marinette était très accueillante. Elle adorait St Paul. Pendant de nombreuses années, elle a présidé avec dévouement le Club des Anciens. Une responsabilité si naturelle pour cette femme dont la famille est ancrée sur St Paul depuis si longtemps. Très énergique, fluette, elle avait toujours un mot gentil. Elle symbolise le beau dévouement bénévole qui fait la force des villages. Ces localités où chacun s'appelle encore par le prénom. Un très joli prénom qui lui convenait si bien : Marinette c'est à dire "petite Marie". Parmi les habitants de notre Commune, il y a beaucoup de tristesse aujourd'hui. Toutes mes condoléances aux membres de sa famille.
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Les déséquilibres en marche
Hier sur Pont de Claix se tenait une réunion sur le devenir de l'ex Collège des Iles de Mars. C'est un dossier très concret qui montre combien l'actuelle crise de confiance est justifiée. 1) Quand il est décidé de reconstruire le Collège Moucherotte, toutes les parties, dont la ville de Pont de Claix, s'engagent à l'existence durable de 2 collèges : Moucherotte + Iles de Mars. J'étais Conseiller Général à l'époque et j'ai tous les écrits clairs. 2) Sur ce secteur Sud de l'agglomération, à périmètre constant de territoires, la population est passée de 34 374 habitants (2 000) à 39 277 habitants (2018) = + 15 %. Qui peut sérieusement défendre que lorsque la population augmente de + 15 %, il y a matière à supprimer un collège de proximité (passant de 5 à 4) ? De plus quand la croissance démographique annoncée dans ce secteur bat tous les records. 2 exemples concrets : les tranches de la ZAC des Coins à Varces = 480 logements annoncés (cf réunion publique du 26 octobre 2016) et St Paul de Varces (le Villarey) = 130 à 150 logements annoncés sur les 2 premières tranches. Tout craque. Et pour avoir l'expérience de la construction de collèges, c'est un temps long : acheter un terrain, préparer les dessertes, le concours d'architectes puis celui de la construction, puis la carte scolaire de l'Etat, les effectifs d'enseignants … Sous les yeux, c'est l'exemple d'une parole publique totalement violée et d'une impréparation absolue de l'avenir à court terme. Comment un système qui dysfonctionne ainsi pourrait encore avoir des défenseurs ? C'est impossible. Comme hier soir quand sur LCI la personne faisait remarquer qu'elle payait de plus en plus d'impôts pour faire fonctionner des services publics de proximité qui … ferment. Avec de tels dysfonctionnements, c'est une réelle crise de régime. Et les citoyens ne sont plus dupes d'une mal-gestion qui est insupportable.
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Réfléchir surtout à la façon de ne plus vivre
Il y a une semaine sur la Commune de St Paul de Varces, nous engagions un dialogue via un document composé de près de 50 questions liées à la vie quotidienne. J'ai connu déjà plusieurs initiatives de ce type. En les comparant, pour la première fois, des caractéristiques nouvelles apparaissent. 1) D'abord la réactivité. En une semaine, les retours sont nombreux. Cela montre le décalage qui peut exister entre cette réactivité individuelle et la lourdeur d'administrations qui mettent tellement de temps à répondre, quand elles … répondent. C'est un fossé tel que les délais des administrations deviennent insupportés. 2) L'importance des commentaires. Les personnes qui s'expriment savent exactement ce qu'elles ne veulent pas vivre. Et elles l'expriment de façon très motivée. 3) Elles ne voient pas pourquoi des élus pourraient leur imposer ce qu'elles ne veulent pas. Sous ces deux derniers volets, c'est une forme remarquable de maturité. C'est aussi la démonstration d'une étape nouvelle dans la démocratie dite représentative. Il ne s'agit plus de déléguer le pouvoir. Il s'agit de fixer les modalités pour un réel exercice du pouvoir impliquant toujours le citoyen entre deux élections. D'où la décomposition des appareils politiques anciens qui fonctionnent toujours sur les anciens logiciels. La présidentielle 2017 et les législatives dans la foulée ont peut-être été insuffisamment analysées comme véritable début d'une séquence nouvelle de démocratie. Ce sont peut-être des scores moins ponctuels, moins accidentels que ceux souvent imaginés … ?
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L’isère ou ce territoire avec ces élus qui n’aiment même plus Tintin …
Le 2 février 2019, il y a une semaine, c'était la date anniversaire du décès d'Haroun Tazieff. 21 ans ! 21 ans pendant lesquels le Département où il a été élu a trouvé le moyen de ne jamais célébrer une seule manifestation en sa mémoire ! Irréel. Une semaine d'attente pour bien vérifier ce silence. Pourtant, Tazieff avec Cousteau, Frison-Roche, Alain Bombard, c'est l'un des premiers à avoir compris que la science devait être accessible, partagée, comprise. C'est une réputation internationale. Mais il y a un territoire qui veut effacer sa trace : l'Isère. Dans un premier temps, même si c'est une forme de sectarisme intellectuel peu honorable, il était question d'une gauche qui ne lui pardonnait pas d'avoir participé à battre la … gauche localement. Il avait gagné son canton contre Fugain père et participé à la ré-élection de Carignon en 1989. En Isère, c'est très instructif de constater qu'il y a une part de gauche qui s'enrobe dans la tolérance mais à la condition de célébrer ceux qui pensent comme … elle. Sinon c'est plus délicat…. Mais depuis 2015, le Département a changé d'ancrage politique. Il a été saisi de propositions, de contacts pour célébrer la mémoire de Tazieff … Rien n'y fait. Tazieff doit être oublié, marginalisé. Là, une autre clef d'interprétation doit être trouvée. La mienne, c'est qu'il y a une partie de génération locale qui ne se résigne pas à la comparaison tant elle est dramatique en leur défaveur. Quand on compare l'audace de Tazieff sur des sujets locaux avec la petitesse d'actuels coups de com éphémères, ce n'est pas la même division. Une partie de cette génération n'aime pas Tintin. Car Tazieff, c'était d'abord Tintin, l'aventure, l'audace, la Liberté. Ils n'aiment pas davantage l'Homme de Rio qui bouge, qui se casse la figure, qui rebondit … Car Tazieff, c'était Tintin + l'Homme de Rio. Ils aiment leurs pairs professionnels de la politique pour gagner le confort matériel qu'une carrière dans le privé ne leur a jamais donné. Ils n'aiment pas la Liberté parce que la Liberté c'est la fraîcheur de la compétition et la compétition leur fait peur. Vive Tintin. Vive l'Homme de Rio. Donc vive Tazieff. Et la satisfaction, une année de plus, de se différencier en célébrant sa mémoire sur ce blog.
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Seule la fin éclaire l’histoire
La stupéfaction la plus totale devrait actuellement entourer un constat simple : comment l'un des pays aux impôts les plus élevés et à la dette la plus lourde fait-il pour avoir autant de services publics qui paraissent moribonds ? Et seconde stupéfaction, cette question n'est actuellement posée nulle part dans les débats. Pourquoi ? Parce que les tenants du système reprennent en main le dispositif. Il ne s'agit plus de débats mais du bal des pleureuses. Et, une fois de plus, pour gagner la paix, le pouvoir en place cède à cette démagogie ambiante du "toujours plus de dépenses publiques". C'est la surenchère permanente du "j'ai pas les moyens !". Mais comment font les autres pays en imposant moins et en s'endettant moins ? Au rythme actuel, l'opération des Gilets Jaunes s'annonce catastrophique pour le pays. Elle a débuté sur le thème du "trop de taxes" et elle va terminer sur le refrain du "davantage de dépenses publiques". La France baigne dans l'illusion. Mais finalement à voir les débats tant de citoyens français semblent se contenter d'être … achetés : une aide publique par là, l'octroi d'un privilège présidentiel par ailleurs … Si la fin est celle qui commence à s'annoncer, l'opération des Gilets Jaunes peut laisser craindre une terrible parenthèse à ce rythme.
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« Vous verrez quand vous ne serez plus bondissant d’étage à étage … »
Samedi, dans la neige, l'une de mes chaussures préférées de randonnée a rendu l'âme. J'espère que la colle U va faire l'un de ses miracles habituels. Mais rien ne parait garanti tant elle est usée. L'enseignement majeur du terrain est ailleurs. https://cdn.embedly.com/widgets/platform.js« >En 40 ans, je n'ai jamais vu des chemins aussi abandonnés, détériorés, transformés en ruisseaux. Et dans ces ruisseaux j'ai beaucoup bataillé samedi. Dans de telles circonstances, les souvenirs sont toujours intéressants. J'ai repensé au mercredi 10 janvier 1990 (date précise vérifiée depuis sur mon agenda). Ce soir là à 19 heures, en mairie de Vif, se déroule une réunion de l'association des maires du canton de Vif. A la sortie de la réunion vers les 21 heures, sur le parking, je trouve mon prédécesseur (Michel Couëtoux) très fatigué. Nous parlons un moment ensemble et nous décidons d'aller au Picaban en face de la mairie prendre un café et un croque-monsieur. Un moment très sympathique. Nous reparlons de la campagne électorale de l'année précédente. Et avec l'écart d'âges (Michel Couëtoux était alors dans la moitié supérieure de ses 50 ans), il a une formule qui me marque évoquant le porte à porte effectué alors et sa surprise devant ma ténacité : "vous verrez quand vous ne serez plus bondissant d'étage à étage …". Samedi, cette formule a souvent été présente dans mon esprit dans l'eau et la neige … Il y avait manifestement beaucoup de vérité et de sagesse dans son expression d'alors.
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30 ans !
Hier, c'était la journée internationale des zones humides. Elles sont indispensables à la préservation d'espèces animales de proximité. Pour une fois, il y a de la cohérence dans l'agglomération grenobloise. Terriblement maltraitées par le projet de PLUi, ces politiciens professionnels locaux qui ne vivent que par les communiqués de presse et les auto-compliments ont été … discrets en la circonstance. Ils vont supprimer tellement de zones humides dans des villages de l'agglomération grenobloise, qu'ils ont "rasé les murs" hier alors que dans tant d'autres agglomérations les zones humides étaient à l'honneur car respectées ailleurs. C'est comme les arbres. Le sapin en photo ci-dessus a été planté par mes parents il y aura 30 ans dans quelques semaines. Avec Marie, nous faisons de même pour notre petit-fils. Le sapin planté à Noël 2019 est à ses débuts.
On voit la différence de tailles. Dans l'agglomération grenobloise, je n'ai jamais vu autant d'arbres massacrés qu'au cours des dernières années. Des arbres âgés qui méritaient le respect faisant l'Histoire d'une place de village, d'un quartier, d'une vieille propriété … C'est totalement incompréhensible à ce point. Aujourd'hui, avec une légère couche de neige, les arbres sont particulièrement beaux. Si cette beauté pouvait être davantage partagée donc respectée, quel progrès serait accompli.
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Et la sortie, elle est où ?
La crise appartient à la nature humaine. Il y a toujours eu des crises. Mais la crise est aussi un marqueur de l'intelligence collective dans la capacité à sortir de la crise. Et là en France, cette forme d'intelligence est manifestement en panne actuellement. Tristement pour toutes les parties en cause. Pourquoi cette panne ? Au moins pour 2 raisons. 1) nous sommes entrés dans l'ère "post vérité". C'est une étape terrible. Elle signifie que l'on a même abandonné l'idée que la vérité puisse être … vraie. Le doute est partout. Et pourtant dans chaque sujet une vérité existe dans les faits, dans les chiffres. Mais beaucoup semblent s'ingénier à la cacher. Et ils y réussissent particulièrement bien. D'où le désarroi généralisé. 2) La mauvaise foi gagne tout. L'étiquette ci-dessus est affichée chez les Leclerc. Pas une ligne d'explication sur cette mesure. Le manichéisme règne. Le "mauvais Etat" impose la hausse des prix mais le "gentil Leclerc" (le supposé Zorro de défense contre les prix hauts) se bat pour en limiter les effets. A ce niveau, le mal est profond. Il peut même en France y avoir matière désormais à douter qu'une sortie de crise puisse exister pour de bon durablement.
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Du « tout se vaut » au règne du « c’est juste puisque beaucoup le pensent » …
Après l'égalisation des règles et des comportements, la France vit maintenant dans le règne de l'audience. C'est la dictature du nombre. Un sujet devient juste ou important parce que beaucoup le pensent. Au pays supposé historique de la raison, la raison perd du terrain chaque jour devant un chiffre magique : l'audience. Jusqu'où cet affaissement peut-il durer ? Cette semaine, Le Point consacre un long reportage à Raymond Aron. Enfin ! En quelques décennies, le pays de Raymond Aron, Jean Guitton, Sartre … s'est abandonné au vide. Dans la quasi-totalité des domaines. Même la musique. Qui oserait comparer les paroles des chansons de Bécaud, Brel, Dumont, Trenet, Aznavour … avec les Booba et Kaaris ? Et les films de Chabrol ou Melville avec Camping 3, 4, 5, 6 … ? Le pire, c'est que le nombre accepte à ce point que le parti pris de la bêtise puisse devenir le socle de la vénalité. Car c'est d'abord le règne des "faux cons", ceux qui ont fait le pari de la bêtise des autres pour faire carrière, pour devenir riches … et si souvent pour faire du fric à partir des français mais pour le dépenser ailleurs et sans le moindre grief aux yeux des français. Le palmarès des vedettes les plus populaires en France est truffé d'exilés fiscaux qui vivent notamment aux Etats-Unis, à Londres ou en Suisse. Un tissu manifeste de contradictions. Mais en France la mode n'est plus aux raisonnements mais à la résonance : faire du bruit et surtout susciter l'attention. Quel peut être le devenir d'un pays qui fonctionne sur de telles bases ? La question se pose de plus en plus sérieusement chaque jour qui passe.
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Les matins où « vivre à la campagne » doit se mériter …
Dans l'agglomération grenobloise, je suis très surpris par la tournure prise ces dernières années par le débat sur l'intercommunalité. Il y a une grosse dose d'ignorance et beaucoup trop de sectarisme géographique. De l'ignorance parce que des urbains qui le matin ont le choix entre la trottinette électrique, le tram ou le vélo pour faire 10 minutes de trajets entre le domicile et le travail (très souvent la fonction publique) ne cherchent pas à comprendre comment d'autres peuvent vivre. Et il y a un sectarisme souvent irréel, parce qu'ils ne veulent pas accepter que d'autres puissent vivre autrement qu'eux. Hier matin, la chute de neige a nécessité un maniement de la pelle à neige. La pluie avait durci sous la neige. 4 098 pas plus tard selon mon compteur Fitbit, la trace était correctement faite. Un moment que j'adore. Se lever vers 4 heures 30 du matin. Un silence total en dehors du bruit lointain du ruisseau et du vent dans les arbres. Les matins où "vivre à la campagne" se mérite. Le jour où les écolos des centres-villes donnant des leçons sur tout accepteront ce droit à la diversité dans l'agglo, le "mieux vivre" y gagnera significativement. Il y a encore beaucoup de progrès à faire. L'Histoire a appris que l'être humain protège ce qu'il aime. A constater la démarche méthodique implacable pour imposer la ville à la campagne ces dernières années dans l'agglomération grenobloise, il y a manifestement plus beaucoup d'élus sortants qui aiment encore la campagne dans l'agglomération grenobloise. Probablement aussi parce qu'elle demande des efforts qu'ils ne sont plus prêts à faire…