Ce qui se passe aujourd'hui en France est d'une extrême gravité. Faire appel à l'armée pour compléter des forces de l'ordre est un choc considérable. Quels seraient les commentaires des médias français si une telle situation se passait aux Etats-Unis, en Italie, au Portugal, en Grèce … ? Pourquoi ces colères ? Parce que dans la vraie vie on se nourrit de chiffres, de réalités et non pas de formules verbales ou de déclarations de bonnes intentions exprimées avec des têtes d'anges innocentes irréprochables. On va prendre un exemple très concret. Vous êtes un jeune couple et vous ouvrez un commerce d'alimentation sur une Commune de 2 500 habitants comme St Paul de Varces dans l'agglomération grenobloise. Vous habitez sur cette Commune. Vous payez vos impôts. Globalement le budget annuel fêtes et cérémonies représente 14 800 € (budget général + CCAS). Vous regardez le Grand Livre des comptes de l'année 2018 et vous constatez que, sur ce potentiel de 14 800 €, 173 € ont été dépensés auprès de commerçants localisés sur la Commune. 2 d'entre eux seulement. 1 pour des galettes des rois. Et un autre pour des quiches. 1, 16 % du potentiel ! Face à de tels chiffres, il faudrait être … content. Et la liste d'exemples pourrait durer longtemps. Avec la communication du budget fleurissement. Celle sur la flotte des mobiles (le mot "flotte" est très adapté) … Dans la vraie vie, c'est la réalité des chiffres qui compte. Et dans cette réalité là, il y a aujourd'hui matière à beaucoup de colères légitimes. Vouloir les faire taire sans aller à la racine des causes c'est l'enfoncement dans une crise toujours plus grave.
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La vraie question, c’est quoi ?
Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (10/30) : aujourd'hui, l'opinion majoritaire ne se construit plus à partir d'un parti politique. Aucun d'eux n'est majoritaire et loin s'en faut. Les mots clefs d'avant (socialisme, gaullisme …) ne sont mobilisateurs que pour des noyaux durs très faibles. C'est donc l'enjeu du concret local et non pas de l'abstrait national. Sur le concret local, quand nous avons avancé, l'expérience montre que ce fut à partir de l'identification de la vraie question. La vraie question, c'est le décalage qui va devenir insupportable si des actions immédiates ne sont pas apportées. Identifier pour agir. C'est un fossé terrible avec la situation actuelle. L'étape de l'identification fait défaut et celle de l'action parait hors de portée. Il y a des domaines où des progrès considérables ont localement été effectués et sont aujourd'hui remis en cause. Prenons l'exemple des collèges. En 10 ans, 1 collège avait été restructuré (La Masségu – Vif). 1 collège a été reconstruit (Le Moucherotte – le Pont de Claix) et un collège a été construit ( Jules Verne – Varces). Pour avoir été conseiller général du canton pendant cette époque de totale remise à niveau des Collèges qu'-a-t-il fallu ? 1) Du travail pour identifier les enjeux et les solutions ? 2) De la mobilisation pour présenter des actions solides, convaincantes. 3) Un effort financier départemental considérable. Le coût moyen d'un collège c'est 13 millions d'euros (en dehors des aménagements collatéraux et en dehors des surprises locales comme les pieux pour le collège Jules Verne de Varces). Une opération comme celle connue dans les années 90, c'est un engagement financier départemental local de plus de 30 millions d'euros (en coûts actualisés). Si les frais de fonctionnement du département + les coûts sociaux + les investissements internes (par exemple nouveaux locaux) mobilisent la quasi-totalité des budgets, des redistributions locales de ce type deviennent impossibles. C'est aujourd'hui la vraie question localement : dans un exercice budgétaire que reste-t-il comme réelle marge de manoeuvre ? Une question terriblement évitée par les décideurs publics parce que l'étroitesse de cette marge réelle de manoeuvre est devenue le symbole de l'impuissance publique à faire. Tant que cette réalité ne sera pas sérieusement traitée, le désarroi des contribuables grandira. C'est la vraie question.
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Les chiffres toujours méthodiquement …. oubliés
Un support d'informations par voie numérique est remarquable : timetosignoff.fr. Chaque soir, gratuitement, on reçoit un mail avec les brèves importantes du jour parues souvent dans la presse internationale. Hier, cette revue de presse portait des chiffres malheureusement méthodiquement … oubliés en France. 1) The Economist a publié son classement du coût de la vie dans les principales villes du monde (immobilier, alimentation, transport, éducation… 160 produits et services pris en compte)… Et la ville la plus chère du monde est… PARIS. Ex-aequo avec Hong-Kong et Singapour et devant Genève (4e), Copenhague ou NYC (7e) ou Tel-Aviv et Los Angeles (10e). 2) Les Echos ont classé les 50 premières capitalisations mondiales de la tech et le résultat est : 88% des entreprises du classement sont US ou asiatiques. L'Europe (dont le premier acteur, l'Allemand SAP est 10 ème) ne représente que 10%. Aucun Français dans le top 50 ! 3) L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) a publié son bilan annuel. En 2018, pour la première fois, les pays asiatiques ont généré, à eux seuls, plus de la moitié (50,5 %) de toutes les demandes internationales de brevets : "un basculement historique et géographique de l'innovation". L'économie française est manifestement à la peine sur les créneaux de demain. Et le pays des "libertés" en est à interdire des manifestations pour prévenir des casseurs et inventer la culpabilité … préventive. Le "modèle français" a très sérieusement de quoi se questionner.
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Une élection : créer le désir à la condition que ce ne soit pas le … mirage
Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (9/30) : il y a beaucoup d'études pour tenter d'expliquer les ressorts d'une élection. C'est une alchimie étonnante. Loin de toute rationalité, mon expérience des campagnes électorales a montré la place d'un facteur décisif très souvent pas évoqué : le désir. C'est le moment où la victoire vient à celui ou à celle qui est capable de créer le désir. Le désir peut être positif : par exemple le coup de jeune donné à un système perçu comme usé : Obama 2008, Trudeau 2015, Macron 2017.
Peut-être O'Rourke 2020 aux Etats-Unis ? Le désir peut être celui de la sanction : Trump 2016, populismes européens ou l'élection devient le désir d'ouvrir "la boîte à gifles". Sur des plans municipaux, les campagnes de Juppé pour son retour à Bordeaux après son départ à Montréal (Juppé : tout naturellement) ou de Delanoë ( Paris, un temps d'avance) ont été des réussites remarquables. Localement dans l'agglomération, 4 campagnes sur les 30 dernières années m'ont semblé réussir à créer ce désir en changeant d'un coup totalement la donne traditionnelle. Carignon 1983 : la campagne de 4 m x 3 m change entièrement la situation en début de campagne. D'un seul coup les habitants de Grenoble voyaient un autre univers, frais, novateur, moderne, dynamique. C'est l'équivalent du coup d'épée du samouraï. Un coup est décisif. Il est capable de résumer à lui seul une nouvelle identité collective. Piolle en 2014 a fait une campagne de ce type. Jeans + vélo ont changé la donne. D'un coup, il donnait un coup de vieux aux autres candidats. Il devenait hors système politique. A Vif en 1989, Daniel Biston avec l'aide notamment de JF Fechino a fait vivre la fête dont la remise de mimosas la dernière semaine. C'était la renaissance d'un patriotisme municipal positif : recompter dans le paysage des territoires. La ville de Vif se revivait chef lieu de canton, une fierté réelle retrouvée tout particulièrement chez les anciens habitants. La même année, à Allevard, Philippe Langenieux Villard a réalisé une très belle campagne festive, chaleureuse, émotionnelle. Philippe est un créatif remarquable. A mes yeux, c'est l'une des plus belles campagnes de proximité. Chaleureuse. A travers cette reconnaissance de la capacité à créer du désir, la politique montre qu'elle est aussi (voire d'abord ?) une affaire de séduction et pas que de raison. Encore faut-il que le désir ne se transforme pas en mirage sinon le désamour sévère succède vite à la lune de miel. C'est tout le problème des relations affectives. Elles sont rarement nuancées … A 350 jours des prochaines municipales, ce sera instructif de constater qui est capable de se situer sur cette dimension émotionnelle.
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Laisser de la place à … l’espace
Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (8/30) : dans l'agglomération grenobloise, le "politiquement correct local" a progressivement imposé ses dogmes. Ainsi, il ne faudrait pas prendre l'automobile pour se déplacer même à partir de points non desservis par les … transports collectifs. Il faudrait considérer des tags parfois objectivement monstrueux comme un "ajout artistique" au patrimoine historique de base. Et dans cette longue liste de pensées totems, il faudrait respecter l'espace en ne l'occupant pas. Le problème est double. 1) L'espace non occupé n'est pas entretenu. 2) La densité de proximité crée des tensions. Occuper l'espace en laissant de la place pour un large espace approprié, c'est la meilleure façon pour respecter l'espace. Ce qui creuse le déclassement objectif actuel de l'agglomération grenobloise c'est 2 phénomènes. 1) Des a priori qu'on ne retrouve nulle part ailleurs à ce point. On n'a pas raison parce qu'on est AVEC les autres. Mais il faut quand même se méfier quand on pense avoir raison CONTRE tous les autres. 2) C'est une vie publique qui n'accepte plus ou très peu la diversité. La diversité territoriale est contestée par le PLUi. La diversité des modes de déplacements est contestée par le PDU et par un cortège de mesures dissuasives dans la ville-centre. Il y a désormais une culture d'uniformité locale qui devient très pesante. Bon nombre d'élus parfois connus de longue date s'y soumettent désormais alors même que leurs analyses de départ pouvaient être très éloignées de telles considérations. Mais le mimétisme et l'acceptation du calme par la soumission de pensées ont gagné beaucoup de terrain. Localement trop. Des opérations d'urbanisme répondant à d'autres données réalisées il y a 40 ans comme le Grand Sorbier sont des réussites durables manifestes. A l'opposé des craintes peuvent naître comme au sujet de la nouvelle salle des fêtes de St Paul de Varces. Sa localisation contribue à la densification. Le coût de cette densification est énorme. Où vont se garer les utilisateurs une fois que les 35 places de parking seront occupées ? Quels bruits pour le proche voisinage lors des départs en milieu de nuits à la fin d'une fête ? Quelle sécurité pour les enfants déposés quand ils doivent être récupérés en bordure de voirie très fréquentée et à la sortie d'un … virage ? Toutes ces questions pratiques seraient réglées de façon tellement plus simple sur un site dédié à l'écart avec de l'espace autour. Laisser de la place à l'espace autour d'une occupation publique ou privée mériterait d'être localement une valeur réhabilitée.
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La plus belle des libertés : ne pas chercher à plaire
Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (7/30) : le recul a toujours confirmé une règle simple : le succès du SVM : soyez vous même. Quand des étudiants me demandaient des "recettes de communication", ma réponse a toujours été la même : 1) soyez vous même. 2) Pensez positif et surtout n'ayez pas de concurrent qui retienne votre attention parce qu'à la longue vous allez finir par lui … ressembler. Plus le temps a passé, plus ces règles me sont apparues évidentes. Pourquoi les Gilets Jaunes dans la réalité de leur mouvement sont forts. Parce qu'ils ne cherchent pas à plaire. Ils sont à bout. Ils cherchent des résultats. Pas des images. Après ce week-end marqué par des événements graves indéfendables, ils sont soumis à des manipulations inacceptables dans une démocratie. Si les Gilets Jaunes sont associés aux casseurs dans un total irrespect de la nuance des chiffres, les membres du Gouvernement étaient au Noto. Comme ils faisaient du ski à la Mongie. Si le rapport des chiffres conduit à assimiler le nombre aux comportements de quelques uns, il faut que cette approche soit permanente, générale. La souffrance ne doit jamais être méprisée. J'ai parlé avec des membres des GJ de longue date et encore samedi sur Vif dont leur très dynamique animatrice locale. Ils étaient au carrefour pour prendre la route du Genevrey. J'en connais de longue date plusieurs d'entre eux. Ce sont des gens bien. C'est scandaleux de chercher à nuire à leurs causes en les assimilant à des agissements qu'ils n'ont jamais pratiqués, jamais cautionnés, jamais souhaités. Dans la gestion publique tout particulièrement, il faut respecter autrui, chercher à le comprendre. Parce que personne ne fait quelque chose pour rien. Il y a toujours une cause. Et c'est l'identification de cette cause qui permet de faire évoluer les situations. Le Gouvernement a tort d'avoir oublié cette réalité. Sa responsabilité est immense. Il est prisonnier de trop de personnes qui défendent l'indéfendable au seul motif de plaire aux chefs, dire ce qu'ils pensent qu'ils veulent entendre. Ce réflexe, c'est la chute de toute bonne décision. Car une bonne décision repose sur la plus belle des libertés : dire ce que l'on pense sans chercher à plaire.
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Rien ne peut calmer le doute
Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (6/30) : la place de l'arbitraire dans la vie publique française est particulière. L'arbitraire est l'ennemi du calme dans le débat public. Pour qu'une décision soit acceptée, il faut non seulement qu'elle soit juste. Il faut aussi qu'elle soit perçue comme juste. C'est une dimension décisive. Je l'ai vu hier dans les discussions à la fête du Gua. Si Jack Lang est un mannequin au point de voir ses costumes offerts pour 200 000 € : qu'il vive de la mode et non pas de l'Institut du Monde Arabe. Si Castaner peut participer à un concours de vodkas, qu'il explique qui décide en son absence … Et la liste d'arbitraires cités pourrait durer longtemps. Dans ce cas, l'arbitraire c'est quoi ? Quelqu'un bénéficie d'un avantage impossible pour d'autres. Lang reçoit des largesses. Castaner échappe au dépistage de l'alcool. C'est une dimension que je n'ai pas nécessairement su gérer comme elle le mérite tout particulièrement en matière d'urbanisme. L'urbanisme, via des terrains urbanisés ou pas, c'est le loto avec le gros lot assuré au moindre grattage. C'est d'une ampleur financière telle qu'il faut écarter tout soupçon d'arbitraire. J'ai à l'esprit deux échecs. 1) La localisation du Collège de Varces. J'ai été aux côtés des propriétaires mais nous n'avons pas protesté assez fort. Rien ne peut justifier qu'un m² vaille 10 € à l'ouest d'une route et 310 € à l'est de la même route, 3 mètres de l'autre côté ! La position des élus varçois d'alors a été scandaleuse dans ce dossier. 2) Comme maire, des décisions d'urbanisme à destination de particuliers ont été parfois perçues comme privilégiées. Je suis reconnaissant aux bénéficiaires d'avoir montré dans le temps combien ils pouvaient avoir été bénéficiaires et opposants vis à vis de ceux qui avaient pris alors les décisions. Et tout particulièrement ces derniers mois. Mais la leçon à tirer c'est qu'il faut toujours veiller à ce que le doute ne naisse pas. Car rien ne peut calmer le doute. Un vrai sujet d'actualité quand le doute est maintenant partout.
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Le budget ou quand les comédiens se démaquillent
30 ans. 30 progrès. Notre histoire (4/30) : En France, il est souvent question du "cinéma politique". C'est une formule juste tant les visages d'individus peuvent changer entre leur vrai tempérament et l'image qu'ils souhaitent donner lors d'un engagement public. Il y a alors une culture du "rôle cinématographique". Pour le comédien professionnel, il y a un moment où il tombe le masque : dans sa loge quand il se démaquille. Pour le politique, ce moment, c'est le budget. Là, on voit les vrais tempéraments. On constate le "faux sympa" qui parle beaucoup du commerce local de proximité mais qui achète pour un montant considérable à … la grande distribution dans les Communes voisines. Celui ou celle qui demande aux associations des efforts budgétaires considérables mais dont l'équipe municipale fait supporter par les contribuables des abonnements de mobiles dont la "flotte", terme alors très approprié, laisse entrevoir qu'il pourrait y avoir un mobile dans chaque poche du pantalon et de la veste … Et la liste concrète pourrait durer longtemps. Quand le comédien se démaquille, le visage réel est parfois terrible. L'expérience a également appris une autre réalité : un équipement consensuel n'a pas d'âge. N'ayant pas d'âge, il n'a donc ni père ni mère ou plutôt il a beaucoup de pères et beaucoup de mères dont tous ceux qui n'y ont été pour … rien. Cet équipement ne retrouvera un âge que si naît un problème. Dans ce contexte général, la quiétude d'avoir respecté 3 vraies priorités : celle donnée aux services publics de l'enfance dont l'école. La protection contre les risques naturels. Et l'austérité dans le budget "fêtes et cérémonies" puisqu'elles étaient payées par une mutualisation mensuelle d'une partie des indemnités des élus. Dans ces conditions, le passage par la "loge du démaquillage" n'a pas été difficile à supporter dans le temps.
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Pas de passagers. Que des membres d’équipage.
30 ans. 30 progrès. Notre histoire (2/30) : dans l'agglomération grenobloise, St Paul de Varces est la Commune qui a organisé le plus de choix par référendum sur les 30 dernières années. Alain Carignon à Grenoble avait montré la voie en juin 1983. Je suis un esprit libre. Le dire c'est reconnaître une réalité. Et il faut toujours se méfier de ceux qui veulent travestir les réalités. La réalité d'alors est simple. Sans la force du suffrage universel, le tramway ne serait jamais passé dans certaines rues de Grenoble. Donc le tramway serait resté un projet abstrait. Puis j'ai observé le référendum sur le dossier de la voie sur berge. Même constat. Par conséquent, à partir de ces réalités, j'ai toujours été persuadé de la force du referendum. Dans la vraie vie, il y a deux hypothèses. Soit un projet figure clairement dans le contrat présenté lors de l'élection et il bénéficie de l'onction du vote. Soit ce n'est pas le cas et c'est sain de donner la parole aux habitants. C'est une conception forte du rôle du citoyen : pas de passagers, que des membres d'équipage ! Etre associés. Co-décider. Une fois que ce précédent est pris, c'est difficile de revenir sur ce processus. St Paul de Varces a organisé 4 référendums sur 30 ans. 1 sur le Coeur Village. 1 sur les rythmes scolaires. 1 sur le Villarey. 1 sur la salle polyvalente. Celui sur le Villarey organisé par la municipalité de Francis Diaz et Jean Claude Michaud a été techniquement novateur sur la séquence temps d'ouverture du vote. Cela a montré que des consultations référendaires peuvent vivre selon des formats variés et réussis.
Comme pour l'élection, la décision qui sort d'un référendum doit être sacrée. C'est pour cela que la position de l'actuelle municipalité de St Paul de Varces est intenable sur le Villarey. Ceux qui la cautionnent portent une très lourde responsabilité morale. Si vous mettez un référendum à la poubelle, tout le mécanisme de la confiance dans la démocratie partagée est cassé. Dans l'agglomération, le référendum le plus réussi à mes yeux : celui organisé par Jean Yves Poirier pour le centre – ville du Fontanil. La procédure a été remarquable techniquement. La participation a été forte. Et le score a été … positif. Lors du 1er référendum que nous avions organisé sur St Paul (le coeur-village rendu à la nature et une maison médicalisée pour personnes âgées dépendantes), nous avions reçu une "belle fessée" avec un rejet massif du projet. C'est la vie démocratique. Il vaut mieux que le projet ait été refusé qu'imposé.
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Surtout éviter la rancune qui referme les portes
30 ans. 30 progrès. Notre histoire (1/30) : Le 12 mars 1989, l'équipe municipale élue connaissait alors trois records. 1) il fallait remonter à 1935 sur la Commune de St Paul de Varces pour connaître une équipe élue dès le 1 er tour en totalité dans le cadre d'un scrutin uninominal (1 : liste des membres ci-dessous). 2) La participation au scrutin a été très élevée : 85, 9 % de votants. 3) C'est la première fois que des femmes représentent 30 % de l'équipe municipale. Ces 3 repères méritent l'attention. 30 ans plus tard, le scrutin uninominal a disparu pour laisser la place à la proportionnelle. La participation aux scrutins a fondu comme neige au soleil. Et la loi a imposé la parité hommes – femmes. Quand on dit que la "France est bloquée", c'est souvent faux. Des évolutions importantes interviennent. Quelles leçons tirer d'une élection ? Pour l'essentiel à mes yeux 3 leçons. 1) Il n'y a pas un mandat mais trois mandats en un. Les 2 premières années sont l'enthousiasme collectif du début. La mi-mandat est souvent le temps de la lassitude. Et les 2 dernières années deviennent celles des interrogations. Il y a indiscutablement 3 temps dans un mandat. 2) Ce qui n'a pas été engagé dès le début sera mal engagé plus tard. Une élection, c'est un contrat. Et si les termes du contrat passés et perçus par les citoyens ne sont pas immédiatement appliqués, le reste du mandat devient plus délicat. 3) La campagne électorale terminée, le meilleur service à rendre à la démocratie, c'est d'ouvrir la chance de travailler avec le plus grand nombre en respectant les différences. La rancune referme les portes. Elle réduit les esprits. Elle altère la qualité de l'analyse. C'est la plus redoutable ennemie de l'exercice d'un mandat. Ceux qui ratent leurs débuts de mandats ont souvent des traits de caractères communs : rancuniers, jaloux, arrogants, mal dans leur peau dont leur passé avec qui ils veulent régler des comptes par personnes interposées. L'exercice d'un mandat en dit toujours beaucoup sur le tempérament des titulaires.
1 : Lyne Burdin, Martine Gouilloux, Anne Marie Metzger, Raymonde Harlot, Jacques Menut, Jean Luc Bénis, Guy Heinrich, Michel Cachet, Jean Pierre Leva, Jean Baptiste Pichon, Henri St Pierre, Georges Behague, Daniel Molin, André Guyon,