Les deux plus grosses fédérations politiques (UMP et PS) connaissent un automne marqué par des élections internes. Pour l’UMP, l’élection devrait avoir lieu le 15 novembre 2008. Notre équipe de rédaction a pris contact avec des candidats de chaque tendance sans exception comme avec des membres des instances nationales pour tenter d’effectuer un premier point d’étape technique.
1) Cette élection concerne l’ensemble du Département de l’Isère comme les autres Départements de France. En Isère, l’élection paraît animée. Elle l’est également dans de nombreuses autres géographies. L’évolution possible de scrutins avec une dose de proportionnelle aiguise les ambitions.
2) Le Département de l’Isère ne peut se résumer à la seule agglomération Grenobloise. En dehors de l’agglomération Grenobloise, des rapports de forces sont parfois plus "établis". Dans le Nord Isère, la fédération départementale sortante conduite par Alain Carignon peut compter sur un maillage élus locaux et militants qui lui donne une avance certaine. Trois circonscriptions (6 – 7 – 8) paraissent "acquises" pour le Président sortant. La 9 devrait être plus serrée mais probablement basculer en faveur du Président sortant.
3) Michel Savin peut compter sur une victoire dans la 5 ème circonscription sous la conduite de M. Pierre Arioli.
4) Par conséquent, avant le scrutin de l’agglomération Grenobloise, le rapport des circonscriptions pourrait être de 3 pour l’équipe départementale sortante / 1 pour ses challengers avec une circonscription indécise (9).
5) Dans l’agglomération Grenobloise (4 circonscriptions), pour que la majorité départementale bascule, il faudrait que les équipes de Michel Savin gagnent largement au mois 3 des 4 circonscriptions. Dans la 3ème, la majorité sortante semble pouvoir compter sur une avance confortable. En réalité, seuls les sorts de la 1ère et de la 4ème semblent incertains compte tenu du grand nombre de nouvelles cartes effectuées par les équipes de Michel Savin dans ces deux secteurs. Là aussi, des nuances s’imposent. Par exemple, dans la 4ème, deux géographies ont connu des "poussées" d’adhésions : le canton de Vif et le Vercors. Sur l’Oisans, le Trièves et la Matheysine, peu d’évolutions sont intervenues. Sur le Canton de Seyssins, les adhésions seraient largement plus nombreuses en faveur de Mme Malandrino.
6) Au sujet de ces adhésions récentes, l’équipe de Michel Savin semble en avoir effectué à la fois trop et trop peu.
Trop, parce que les "militants historiques" commentent désormais sévèrement certaines "arrivées" pour le moins de dernière minute et se soudent face à de telles pratiques au sujet de noms qui commencent à circuler.
Trop peu, parce que, même si les efforts ont été considérables, le rejet de cette pratique mobilise en retour des militants plus anciens qui se sentent "dépossédés" en fonction de la circulation de tel ou tel nom manifestement "atypique". Il ne faut pas confondre militer et adhérer. Payer une carte, c’est une chose. Militer va bien au-delà du simple fait de payer une carte. Cela suppose de s’engager, distribuer, aller à des réunions … Les vrais militants s’estiment à ce jour injustement concurrencés par des adhérents de dernière heure. Ce climat signifie que, même sur la 1ère et sur la 4ème, le score devrait être serré.
7) Michel Savin n’est pas parvenu à franchir un seuil décisif dans la dernière ligne droite. Il a progressé manifestement en organisation logistique mais sa campagne a été considérablement altérée par trois facteurs.
Tout d’abord, dans ses réunions publiques, il ne prend pas d’engagement quant à l’union ultérieure en cas de défaite de sa part. Il aurait même laissé entendre ouvertement que battu il ne travaillerait pas avec l’équipe nouvellement élue. Cette déclaration inquiète celles et ceux qui souhaitent tourner la page des divisions.
Ensuite, Michel Savin a annoncé qu’il reviendrait en cas d’élection sur la désignation des candidats par le vote des militants.
Enfin, à tort ou à raison, il est apparu comme très agressif pendant cette campagne modifiant profondément l’image ancienne plus calme qui était la sienne.
8) Par conséquent, avant cette dernière ligne droite, la majorité départementale sortante semble disposer d’un avantage certain. Elle paraît d’ailleurs disposée à prendre des mesures de "réconciliation" pour favoriser le travail de tous ; ce qui explique notamment le dernier courrier du Trésorier National de l’UMP relativisant certains de ses écrits antérieurs particulièrement sévères à l’endroit de certains membres de l’équipe de Michel Savin. Pour les nombreux mails reçus à ce sujet, nous précisons que n’ayant pas publié la lettre initiale de M. Woerth, nous ne publierons pas la seconde par souci d’équilibre de traitement entre ces deux documents.
Tels sont les éléments les plus objectifs de l’actuelle situation à près de 15 jours de ce scrutin.


