Denis Bonzy

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  • 29/12/08 : rétro 2008 : la naissance du vrai faux changement

    Le mot « changement » a été roi lors du 1er trimestre 2008. Lors des élections locales, même des équipes installées depuis plus d’une décennie promettaient le … changement.


    Une fois l’élection passée, le mot est vite retourné au placard. La continuité a repris sa place dans la quasi-totalité des cas même lorsqu’une alternance s’est produite.


    En cette période de crise économique grave, il y a un test simple : la transformation de la dépense des voeux en finances d’actions sociales au lieu de dépenser en une soirée des montants considérables pour le champagne et les petits fours. Cet exemple concret est un test de réactivité et de changement.


    A Paris, Bertrand Delanoë divise par 2 les cérémonies. A Rouen, le Maire annule l’impression des cartes de voeux traditionnelles et reverse 12 000 € (coût de l’impression) à des actions sociales. A Strasbourg, Marseille … les voeux sont annulés. A Marseille, le Président PS du Conseil général reverse 252 000 € (coût habituel des voeux) à des actions sociales.


    Dans quelques jours, dans chaque Commune, les citoyens pourront juger sur acte qui préfère l’action sociale durable à une soirée éphémère de fête. C’est un test de … changement.


  • 28/12/08 : rétro 08 : l’information locale bouge (02/02)

    Le Canton de Vif offre un nouveau paysage en matière de blogs. Pendant la campagne électorale, chaque liste avait ouvert son blog. Plusieurs mois plus tard, de nombreux blogs ont disparu.

    4 constats s'imposent :

    1) les actuelles municipalités ont une conception très restrictive des sites Internet qui ne sont finalement qu'une vitrine décevante des documents par ailleurs disponibles sous une version papier classique.

    2) C'est la Commune de Claix qui a l'activité de blogs la plus dense. Le blog le plus actualisé est celui de M. Bruno Gerelli : http://brunogerelli.info/

    Ce blog renvoie à celui de Claix Naturellement : http://www.claix-naturellement.fr avec un article très détaillé sur le dernier Conseil de la Métro.

    Le site http://www.vivre-ensemble-claix.com est celui de l'opposition municipale. D'une moindre actualisation que celui de M. Gerelli, c'est un blog très documenté qui remplit pleinement sa fonction d'information.

    3) Sur Varces, le site de l'opposition municipale conduite par M. Didier Rouveure (http://caillougram.free.fr) a manifestement une ligne éditoriale très axée sur les questions financières, hausses d'impôts …

    4) Dans l'ensemble, cette revue des blogs locaux permet d'effectuer la différence entre ceux qui ont subi la mode des blogs l'espace … d'une campagne électorale et ceux qui sont réellement attachés à ce nouveau mode d'information.

  • 27/12/08 : rétro 08 : l’information bouge (1/2)

    L'année 2008 restera comme l'année de l'émergence d'Internet dans la communication publique. Le succès de Barack Obama popularise cette donnée. Mais, bien au-delà, des chiffres consacrent cette nouvelle situation.

    En 2008, pour la première fois, Internet devance la presse écrite comme source d'informations. 40 % des adultes affirment que la plupart de leurs informations viennent d'Internet contre 35 % pour la presse écrite. La télévision est encore loin devant mais une inversion notoire vient de se produire (source : Pew Research Center).

    Bien davantage, sur le plan commercial, cette poussée du web bat tous les records. Amazon vient de publier ses chiffres pour décembre 2008. Le 15 décembre 2008, 6 300 000 articles ont été commandés dans une seule journée, soit + 17 % par rapport au record 2007 sur la journée top !

    Le plan local n'est pas à l'écart de ce phénomène. Les audiences des blogs progressent significativement. Notre blog en est un exemple parmi d'autres. Une nouvelle information est en marche. C'est une information plus diverse. Elle doit trouver son équilibre mais c'est un phénomène passionnant qui est en route.

  • 26/12/08 : rétro 08 : André Vallini invente « l’élection qui n’existe plus »

    En mars 2008, le PS a conforté ses positions dans le Département de l'Isère. Ce résultat repose sur plusieurs facteurs : l'impopularité de l'UMP sur le plan national, les divisions de la droite locale mais aussi, voire surtout, une nouvelle technique de campagne électorale reposant sur la négation du temps électoral.

    Techniquement, au cours des 20 dernières années, dans l'agglomération Grenobloise, trois innovations de conduites de campagnes électorales sont intervenues.

    La première innovation date de la campagne d'Alain Carignon aux municipales de Grenoble en mars 1983. Il change les techniques habituelles de communication publique et conduit la première campagne de marketing politique avec des techniques modernes proches de la communication commerciale classique. Le PS local attribuera longtemps sa défaite à ce choix novateur au point que Louis Mermaz va conduire en 1985 une campagne intitulée "l'Isère en tête" qui reprend la quasi-totalité des moyens mis en oeuvre par Alain Carignon … deux ans plus tôt.

    La seconde innovation réelle date d'octobre 1988 avec la campagne départementale conduite par Alain Carignon donnant naissance à la "nouvelle gauche". L'ambiance politique est alors particulière avec la poussée du Front National lors d'une partielle à Villeurbanne. Alain Carignon, comme Président du Conseil Général, modifie les frontières politiques classiques et intègre une composante de "nouvelle gauche" composée d'Haroun Tazieff et notamment de MM Cardin, Berthier, Puissat, Arvin-Berod … Le paysage politique isèrois a bougé ; ce qui est rare. Il faudra attendre mars 2008 pour qu'il rebouge avec l'intégration du Modem dans la majorité municipale de Michel Destot mais aussi avec l'arrivée d'une composante socio-professionnelle forte et significative.

    La troisième innovation est celle de la campagne de mars 2008 à l'occasion de laquelle André Vallini fait comme si le temps électoral n'existait pas. Les débats publics n'ont plus lieu ou si peu. Lors des réunions publiques, il se présente en gestionnaire consensuel annonçant les initiatives des semaines à venir comme si l'élection était sans impact sur le chemin de la majorité sortante. Il invente le "fatalisme électoral". Il n'y pas d'enthousiasme mais voter "autrement" devient inconcevable. C'est une logique nouvelle initiée lors des législatives de 2007 mais jamais poussée à ce point. C'est une technique très risquée car elle pouvait encourir le reproche d'une certaine "prétention" et les électeurs condamnent parfois ceux qui "veulent vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Mais là, cette technique a remarquablement fonctionné.

    Chacune de ces techniques a constitué une rupture par rapport aux usages admis. Chacune de ces techniques a reposé sur un risque important : que la novation suscite un effet rejet. Dans les trois cas, les ruptures ont été non seulement acceptées par l'opinion mais fortement accompagnées par elle. Ce qui montre bien, contrairement à certaines appréciations, que l'opinion accepte de bouger pour aller sur des terrains nouveaux.

    Note de l'équipe de rédaction : dans cet article comme dans d'autres passés et d'autres à venir, il est question d'Alain Carignon. Cette mention ne doit pas suciter des mails sulfureux anonymes qui ne seront pas publiés. Nier des réalités ou confondre des réalités relève pour nous de l'obscurantisme intellectuel. Comme nous sommes des esprits libres, il ne faut pas compter sur nous pour nous associer à cette forme d'obscurantisme et encore moins la cautionner. Par conséquent, que des internautes au sectarisme aiguisé et au "courage" replié derrière l'anonymat ne perdent pas leur temps une fois de plus en nous adressant des commentaires qui ne passeront pas car nous entendons que notre blog conserve le recul nécessaire. Ce commentaire vaut pour le nom d'Alain Carignon, celui d'André Vallini ou tant d'autres …

  • 25/12/08 : rétro 08 : la pub politique ne connaît pas la crise

    La pub politique continue sa progression dépensière. Les budgets de communication dans les collectivités publiques importantes sont souvent désormais éclatés dans plusieurs chapitres budgétaires, portés parfois par des "organismes satellites" … si bien que le chiffre global est de plus en plus difficile à identifier.

    Mais rien n'est trop cher en matière de pub politique : agendas gratuits sur papier glacé couleur, magazine municipal couleur sur papier haut grammage, banderoles ponctuelles, cartons d'invitations, dépliants, achats d'espaces publicitaires …

    Les signes extérieurs de propagande se multiplient et progressent sans cesse vers des supports de plus en plus luxueux.

    C'est un phénomène qui a marqué 2008 car, même lors d'alternances, la continuité préside en la matière du moins. "Mon beau miroir …"

  • 24/12/08 : rétro 08 : UMP sur le plan national : difficile retour sur terre

    Après une année 2007 digne du "rêve" de la victoire présidentielle, cette formation politique a connu une année 2008 très difficile sur le plan national.

    Elle a perdu 90 000 adhérents alors même que des élections internes ont dopé des adhésions ponctuelles.

    Elle a reçu une alerte électorale terrible lors des élections locales de mars 2008 qui ont été marquées par une forte poussée de gauche.

    Les élections internes ont été frappées par des scandales manifestes sur lesquels la direction nationale tente de mettre le couvercle pour cacher les problèmes réels. Ainsi, dans une circonscription des Alpes Maritimes, 400 "adhésions surprises" sont intervenues en 48 heures conduisant la liste adverse à se retirer tout simplement face à des "militants de la 25 ème heure" inconnus jusqu'alors…

    Les Européennes s'annoncent à haut risque puisque le 1er sondage place l'UMP et le PS à égalité à … 22 % des intentions de votes.

    L'état de grâce n'a pas vécu plus d'une année. L'image du Président de la République choque. La politique conduite déçoit. Qu'en sera-t-il au printemps 2009 après l'impact social de la crise ?

  • 23/12/08 : rétro 08 : une agglomération sans opposition ?

    L'année 2008 a marqué une étape supplémentaire dans un déséquilibre inquiétant des pouvoirs locaux. L'opposition dans l'agglo a manqué 4 rendez-vous majeurs comme le montrent tout particulièrement les dernières semaines :

    * 1er rendez-vous manqué : celui de la baisse de fiscalité. Chacun savait que les majorités PS augmenteraient les impôts 2009. Cette hausse était techniquement incontournable. L'opposition se devait de se poser en repère d'une autre politique : celle de la baisse de la pression fiscale. Une baisse d'ailleurs réclamée hier par Dominique Strauss-Kahn sur la BBC quand il la présente comme le meilleur moyen d'une relance par la demande … Loin d'un tel axe fort et clair, l'opposition locale a souvent contribué à cette hausse, négligeant ainsi de passer un message simple à l'opinion sur la différenciation possible.

    * 2ème rendez-vous manqué : les propositions de réductions des trains de vies des collectivités locales. Les hausses d'impôts ne sont pas liées à des investissements structurants mais à des dérapages permanents récurrents sur l'augmentation des coûts de fonctionnement. L'opposition aurait dû présenter un programme précis de réduction des trains de vies en donnant l'exemple : refus des véhicules de fonction, refus des cérémonies gadgets, refus des déplacements en surnombre …

    * 3ème rendez-vous manqué : les propositions précises pour la relance. Là aussi, pas une seule proposition émise pour participer à la relance par des grands travaux publics. C'est une situation exceptionnelle quand on connait les situations des agglomérations comparables. Ailleurs, chacun "fait les tiroirs" pour accélérer les actions au titre de la relance. Ici, l'opposition boude en laissant les chaises vides parce qu'un point d'ordre du jour a été modifié en son absence. On croît rêver (ou plutôt cauchemarder) dans les disproportions entre la bouderie et l'ampleur des défis d'une crise économique comme celle actuellement connue …

    * 4ème rendez-vous manqué : reconstruire une démocratie locale qui a besoin d'une majorité mais aussi … d'une opposition. Quand nous constatons de telles réalités, nous comprenons mieux les divergences qui ont pu exister en mars dernier justifiant certaines candidatures de division comme dans ce canton. Face à un tel "bilan" de la page blanche et de la chaise vide, il y a en effet plusieurs vrais clivages de fond dans les actuelles oppositions locales.

    Avec de tels rendez-vous manqués, c'est l'ensemble de la vie publique locale qui rate le nouveau souffle nécessaire dans l'équilibre des sensibilités politiques mais également pour l'efficacité des actions dans l'intérêt de tous grâce à la bonne et saine émulation.

  • 21-22/12/08 : rétro 08 : l’année de toutes les hausses d’impôts

    En pleine crise économique, les collectivités locales décident presque toutes d'augmenter la fiscalité locale donc de diminuer le pouvoir d'achat des contribuables. Cette décision est d'autant plus étonnante que les impôts locaux frappent sans considération des niveaux de revenus. Comment expliquer ce phénomène ?

    1) Cette décision est d'abord le produit d'une augmentation incessante des frais de fonctionnement des collectivités. Leur train de vie quotidien est de plus en plus onéreux. Pour maintenir un niveau minimum d'investissements sans avoir à réduire ce train de vie, l'augmentation des impôts est la fuite en avant.

    2) Cette décision est d'autant plus mise en oeuvre que l'opposition locale est en déficit de crédibilité. Le pouvoir en place se considère comme sans challenger crédible et il libère ses tendances dépensières sans crainte.

    3) Bien davantage, l'opposition a perdu son pouvoir d'évocation de baisse de la pression fiscale. Dans ce climat global, elle contribue souvent à son tour à la hausse des impôts municipaux quand elle gère une Commune. Dans ces conditions, il lui devient impossible de réclamer à autrui une baisse des impôts qu'elle ne s'applique pas à elle-même.

    4) Le dernier facteur tient aussi aux citoyens. Ils donnent le sentiment d'avoir la mémoire courte et de fonder leur décision sur le dernier exercice qui précède l'élection. Par conséquent, ils favorisent les réflexes d'augmentations de début de mandat à l'exemple de la pratique caricaturale du Conseil Régional Rhône-Alpes.

    Même si des facteurs explicatifs existent, c'est une situation lourde de conséquences négatives.

  • 20/12/08 : rétro 08 : la candidature de Grenoble aux JO 2018

    C'est une décision importante que de lancer une ville dans une telle "aventure". Pour Grenoble, ce choix de candidature mérite un très large consensus. L'héritage de 1968 a vécu. Sur le plan international, le souvenir s'est effacé. Il fallait donc "réinitialiser". Mais surtout, c'est une géographie qui a de très gros besoins de modernisation d'équipements à l'exemple des voies de communication. Ces aménagements sont incontournables. Obtenir les JO, c'est l'assurance de les réaliser dans un calendrier bref et d'obtenir des financements d'Etat dans des conditions incomparables. Les contribuables de la Savoie ont été largement gagnants lors des derniers JO. Il en serait probablement de même pour une éventuelle désignation de Grenoble.

    Cette désignation permettrait de combler trois handicaps.

    Tout d'abord, il lui faut impérativement améliorer ses dessertes globales. La situation actuelle n'est pas digne d'une ville d'avenir. Les dessertes ne sont pas performantes.

    Ensuite, il lui faut rendre du cachet à son centre ville. Dans l'ensemble, l'architecture Grenobloise est laide, triste, avec des animations de centre-ville peu innovantes. Si Grenoble n'était pas au milieu d'un cadre naturel aussi "porteur", ce serait une ville très ordinaire sur le plan architectural. D'ailleurs, les touristes contournent la ville sans avoir le sentiment de "perdre quelque chose". Europole a été une indiscutable avancée en changeant le premier visage de la ville lors d'une arrivée ferroviaire. Le dernier grand projet imaginatif date de la seconde municipalité Carignon qui voulait capitaliser l'atout de la Bastille ; ce qui est une véritable originalité que ce "bout de montagne en ville". La polémique permanente sur les affaires ne doit pas cacher d'autres réalités qui ont fait changer cette ville à cette époque. Puis, les écologistes ont limité les initiatives Destot ; cela semble changer avec la nouvelle équipe municipale depuis mars 2008.  C'est un des enjeux de son nouveau mandat que de voir si, à contraintes politiques différentes, Michel Destot effectue des réalisations significatives et si oui lesquelles ? Mais il faut avoir la même ambition dans la Ville avec peut-être l'opportunité de la restructuration du palais du Parlement ? Les JO seraient une formidable opportunité pour ce challenge de la dynamisation du centre ville.

    Enfin, les JO sont l'assurance d'une forte notoriété internationale avec une image de marque d'énergie, de gagne.

    Pour toutes ces raisons, cette candidature nous paraît un bon choix et nous espérons que Grenoble obtiendra cette désignation. Bon travail et bonne chance.

  • 19/12/08 : rétro 08 : le Modem passe à gauche

    L'un des faits politiques majeurs de 2008, c'est l'intégration du Modem dans l'équipe municipale de Grenoble. Cette évolution est d'abord le produit d'une double contrainte. Du côté de Michel Destot, l'émancipation progressive prise par rapport aux Verts imposait de trouver un autre pole de partenariat. Le Modem était la condition politique pour rompre avec les Verts. Sans le Modem, cette rupture devenait très risquée. Du côté du Modem, le partenariat avec Michel Destot était la condition pour échapper à une marginalité redoutée. Philippe de Longevialle s'était coupé de la droite lors des législatives 2007. Son combat municipal d'origine sur Meylan devenait très difficile. Ces deux contraintes ont donc rapidement trouvé un terrain d'entente indiscutable.

    Cette entente change considérablement la donne politique dans l'agglomération grenobloise. Elle place le plafond des réserves électorales de droite à un étiage très faible. Si cette donne n'évolue pas rapidement, la compétitivité électorale de la droite est très altérée. Seul un électrochoc changeant le climat local pourrait rendre à la droite locale une vocation d'alternance qu'elle a perdu progressivement par des érosions internes à l'exemple du passage à gauche du Modem alors même qu'initialement rien ne "prédestinait" des personnalités comme Philippe de Longevialle, Stéphane Gemmani ou Morad Bachir à siéger dans la majorité municipale de Michel Destot.