Denis Bonzy

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  • 13/02/09 : une classe politique qui tourne à vide

    L'entrée dans la crise économique est intervenue. L'impopularité présidentielle augmente. L'image de marque des entreprises chute. Dans ce climat très particulier, la classe politique Française tourne à vide.

    Son actualité tourne autour de sujets totalement décalés à l'exemple des suivants :

    * la candidature de F. Hollande à la présidentielle de 2012. Alors que chacun se demande comment il sortira de 2009, F. Hollande, à l'écart de la crise, pense à … 2012,

    * Rachida Dati se met sur les rangs de la municipale de Paris en … 2014. Cette annonce est faite le jour où, par un communiqué officiel, le Procureur du Qatar dément "être le père de l'enfant de Rachida Dati"…

    * Quant à la réforme de l'hôpital, elle tourne à la discussion sur la réforme de la publicité et des contraintes des ventes d'alcool, sujet relayé avec complaisance par des députés qui subissent les pressions électorales des viticulteurs notamment.

    * Pendant ce temps, l'épouse du Président de la République "règle ses comptes" avec son pays d'origine amenant une mise au point officielle de celui-ci s'ajoutant aux protestations aussi officielles du Québec, de la Grande-Bretagne …face à des déclarations "offensives" du Chef de l'Etat.

    Il faut remonter loin dans le temps pour constater un tel décalage entre les priorités quotidiennes de chacun et celles d'une classe politique repliée sur elle-même totalement déconnectée des priorités du grand nombre.

    C'est une situation grave, regrettable qui ne restera pas sans conséquences politiques majeures.

  • 12/02/09 : crise : vers l’éclatement de la « bulle politique » ?

    En 2001, la "bulle Internet" a eclaté lors du premier semestre marquant la fin de valorisations irréelles qui avaient vu par exemple des sociétés être introduites en bourse sur la base d'une valorisation de 18 fois le CA à n + 2 …

    En octobre 2008, la "bulle financière" a éclaté portant des actifs dont l'inscription théorique ne correspondait en rien à la réalité. Cette crise est d'une telle ampleur qu'elle accélère une chute de dominos ouvrant une nouvelle donne.

    En période de crise grave, l'opinion demande de l'efficacité et met les étiquettes politiques au vestiaire. Ce qui compte à ses yeux, c'est que les décideurs montrent leurs capacités à être réactifs et à vite tourner la page noire de la crise.

    Au moment où l'agglomération Grenobloise entre concrètement dans la crise, la mobilisation est-elle à la hauteur des enjeux ?

    Quand on compare les budgets publics consacrés au soutien de l'activité, les sommes cumulées en Isère sont faibles. La seule agglomération de Nice injecte 10 fois le montant prévu par le Conseil général pour … tout le Département de l'Isère. Sur le plan local, on ne voit pas de travaux publics significatifs. Les élus locaux avec la Conseillère Générale à leur tête devraient multiplier les projets, retrousser les manches pour accélérer des grands travaux publics … Sur le support d'informations chargé de suivre l'actualité de l'action de la Conseillère Générale, le dernier billet date de début janvier 2009 et il n'est pas consacré à la crise économique mais … à une foire aux huitres …

    C'est une situation concrète qui en dit long sur le décalage entre la réalité quotidienne et les priorités de responsables politiques.

  • 10/02/09 : la réforme de l’hôpital est engagée

    La crise économique écrase toute l'actualité en dehors de sporadiques affaires affectant des responsables politiques d'ailleurs aussi vite dégonflées que montées en épingle.

    C'est peut-être l'occasion pour faire passer la réforme de l'hôpital qui est une réforme majeure ?

    La réforme de l'hôpital est peut-être l'une des réformes les plus importantes de la mandature. Elle est de facto une nouvelle carte de la santé comme la carte judiciaire le fut à la justice. Les fêtes de fin d'année ont été rudes pour l'image de marque de l'hôpital. Les conditions de déroulement du débat parlementaire permettront de nuancer cette actualité ou au contraire la renforceront.

  • 09/02/09 : le Modem lance sa campagne pour les Européennes

    Hier, le Modem a lancé sa campagne pour les Européennes. Les premiers sondages donnent 14 % d’intentions de vote à cette formation politique présidée par François Bayrou.


    Les Européennes risquent de devenir un referendum sur la politique présidentielle. En Isère, ce scrutin sera la première campagne conduite par la nouvelle équipe départementale de l’UMP élue en novembre dernier.


    Sur le plan national, les Européennes marqueront un nouveau rapport de forces politiques depuis les présidentielles 2007 ouvrant la seconde moitié du mandat présidentiel.


    Sur le plan local, elles constitueront un test de la capacité d’imagination et de mobilisation de l’opposition locale avant le rendez-vous des Régionales. Michel Savin avait promis de nombreuses modifications d’organisation. Les Européennes seront le premier rendez-vous pour juger concrètement des modifications apportées.


  • 08/02/09 : JO 2018 : à 40 jours de la décision

    A mi-mars, le Comité Olympique Français va faire son choix pour la candidature Française pour les JO 2018.


    Pour Grenoble et l’ensemble de l’agglomération, ce choix sera déterminant pour changer de « dimension ». Depuis plusieurs années, Grenoble est immobile. La candidature olympique est d’abord celle du réveil. Si cette candidature devait être écartée, ce serait le retour au statut de « ville moyenne de région » que seules quelques réussites sporadiques parviennent à faire « oublier ». Ce statut est réducteur dans l’actuelle compétition implacable des villes et ce au moment même où Lyon a indiscutablement réussi son évolution vers la reconnaissance d’une métropole régionale vitalisant ses liens avec le voisin stéphanois que le nouveau Maire dynamise objectivement depuis mars 2008.


    Ne pas avoir les JO, c’est devoir supporter seul tous les investissements qui ont connu du retard au démarrage ces dernières années. C’est donc à la fois l’assurance d’une pression fiscale lourde mais aussi d’un lissage dans le temps desdits investissements.


    Avoir les JO, c’est réconcilier la Ville avec le mouvement et la compétition. C’est lancer des investissements créateurs d’emplois. C’est tourner la page à une « culture du rétroviseur » qui voudrait qu’être bien dans l’agglomération c’est le retour « à la calèche et au boudin braisé » des origines (?). Il est possible d’aimer les racines de la « vie en région » sans devoir passer par la case du culte du patois. Les JO, c’est l’assurance d’une ville enfin tournée vers l’avenir. 40 jours pour faire la bonne décision.


  • 07/02/09 : une odeur de crise de régime …

    La presse hebdomadaire de cette semaine dégage une odeur de réelle crise de régime.


    Dans le Nouvel Observateur, Rachida Dati est présentée comme l’experte de l’intrigue permanente, celle qui parle de son collègue Xavier Bertrand comme « Naf Naf », qui ne manque aucune occasion pour tenter la promotion par d’autre voie que la meilleure connaissance des dossiers …


    Puis il est question du couple Kouchner qui est une PME qui ne connaît pas la crise avec des interventions qui, si elles respectent la légalité (?), s’éloignent quand même d’une certaine déontologie. Cette déontologie qui s’efface pareillement devant la frénésie d’achats de Julien Dray qui ne parvient jamais à résister aux « belles montres » (affaire de la semaine précédente).


    Cette déontologie qui fait tant défaut à cet ex-Président (Chirac) toujours « locataire » d’un luxueux appartement prêté par de « compréhensifs » amis libanais pendant que son ex-Premier Ministre (Villepin) est entendu sur un mystérieux compte japonais dont cet ex-Président serait titulaire mais il dément ?


    Quant au successeur (Sarkozy), qui était supposé faire la rupture avec cette monarchie finissante de l’autre siècle, il pense pas moins qu’installer une dynastie avec son « fils Jean qu’il prépare » tant ses talents seraient « immenses » …


    Sur le plan local, un député pourtant discipliné (J. Remiller : voir vidéo ci-dessous), déchire sa carte UMP car il a été désavoué sur le choix d’un projet mettant en cause la Ville dont il est Maire (Vienne). Il avait promis la démission mais il commence (et peut-être même finit) avec la carte déchirée pour dénoncer une « trahison », une « manipulation ». C’est une réaction instructive car jusqu’alors si le député devait d’abord être le fantassin docile de la majorité gouvernementale ou de l’opposition selon les appartenances, ce dernier s’attendait à être au moins respecté lors de choix locaux a fortiori quand il est maire de la Commune concernée. Maintenant, ce n’est même plus le cas.


    Et que dire du « grand oral » de jeudi soir avec des « journalistes » qui s’excusaient presque de devoir poser des questions au « grand homme » qui « affronte la crise du siècle » mais qui ne parvient pas à convaincre 52 % des téléspectateurs selon le sondage publié ce jour.


    Toute cette comédie, a fortiori dans des circonstances aussi graves, dégage une odeur de crise de régime.

  • 06/02/09 : Nicolas Sarkozy face à la presse professionnelle et non pas face à l’opinion

    Chacun se souvient encore de Jacques Chirac répondant aux questions de Français avant le référendum Européen et cette expression suite à plusieurs questions de jeunes "je ne vous comprends pas". Hier, le Chef de l'Etat a choisi un mode tellement plus facile : répondre aux questions des journalistes stars de chaînes. Des journalistes qui ne connaissent pas le "droit de relance". La réponse n'est pas assez détaillée, sans le moindre problème, ils passent à la suivante.

    Ce premier choix "d'interlocuteurs" est choquant. Il en est de même du décor qui consistait à parler de la crise sur fond des dorures du Palais de l'Elysée …

    Enfin, la méthode consistant à "toujours faire espérer pour demain" sera-t-elle encore longtemps efficace ?

    Les pochains sondages seront très instructifs pour juger de l'état de l'opinion dans les circonstances présentes.

  • 05/02/09 : l’information et la démocratie locale

    Lyon Mag semble voué à la disparition. Une disparition qui intervient dans une quasi-indifférence générale. Progressivement, les citoyens ont accepté le règne des monopoles d’informations locales.


    Dans les années 50, à Grenoble, il y avait le choix quotidien entre le Dauphiné-Libéré, Le Réveil, Les Allobroges, Le Travailleur Alpin.


    Dans les années 80, pour les quotidiens, il restait le choix entre Le Dauphiné, le Progrès et des pages quotidiennes dans Le Monde, Libé ou Lyon Figaro.


    Il ne reste plus que le Dauphiné. Tous les autres supports ont disparu y compris au niveau des hebdomadaires ou mensuels à l’exemple de : Vérité Rhône-Alpes, Ville Ouverte, Le Journal Rhône-Alpes, Projecteurs, La Tribune de l’Avenir, Le Nouvel Objectif, L’Essentiel, Actualités Dauphiné, le Pays Dauphinois …


    C’est un mouvement assez étonnant de considérer qu’une démocratie locale saine et pleine de vitalité puisse cohabiter notamment avec un monopole généralisé d’informations quotidiennes dans chacune des régions de France.


    La crise de Lyon Mag dépasse bien largement la situation de ce seul magazine.

  • 04/02/09 : CAC 40 : vers les 2 500 points … ?

    Les informations qui tombent actuellement montrent, si besoin était, que le début de l’impact concret de la crise économique commence à frapper la vie des entreprises, celle des commerces et celle des artisans.


    Le fonctionnement des établissements bancaires, considérablement renfloués lors du dernier trimestre 08 par des fonds publics, mériterait actuellement une transparence accrue. Ces établissements ont une grande capacité à internationaliser les croissances et à nationaliser les difficultés, à privatiser les boni et à publiciser les pertes.


    Personne ne peut se réjouir que le système bancaire soit ébranlé. Mais la juste et naturelle compensation de l’injection de fonds publics dans des conditions aussi massives n’est-elle pas la bonne traçabilité des fonds injectés ?


    Aujourd’hui, aucune information sérieuse n’est donnée quant à cette traçabilité : retour dans l’économie réelle, vision globale des actifs toxiques à purger dans le temps …


    Cette absence d’informations précises est très dommageable.

  • 03/02/09 : un plan de relance dans la plus grande opacité

    François Fillon était hier à Lyon. Il a présenté pour Rhône-Alpes des travaux qui s’élèvent à 300 millions d’euros.


    Trois constats s’imposent :


    1) il s’agit d’accélérer la concrétisation de projets déjà programmés à l’exemple du déblocage de crédits inscrits dans le cadre du contrat de plan Etat-Région.


    2) Pour l’Isère, l’essentiel consiste dans les travaux de sécurité de l’université.


    3) Mais surtout, sur la méthode, ce sont des décisions qui tombent dans l’opacité la plus totale.


    Les contribuables seraient en droit de savoir : la liste complète des travaux proposés par les collectivités locales, les critères de sélection convenus, les raisons de l’adoption de tel projet plutôt que tel autre.


    Sur le plan local, l’opacité la plus grande entoure les projets « accélérés ». Le seul support cantonal officiel d’informations (le blog de la Conseillère Générale) est bloqué au 11 janvier avec un évènement « anti-crise » : la foire aux huîtres. Il y a là un décalage entre la mobilisation qui devrait animer les élus locaux pour défendre l’emploi et leurs querelles politiciennes qui est un révélateur d’une autre crise : celle de la démocratie locale et du sens des responsabilités dans des moments où les élus doivent aller à l’essentiel.