Internet subit actuellement en France une offensive en règle de la part de défenseurs de l'ancienne économie et ce dans des conditions inquiétantes. C'est le cas aujourd'hui de la loi sur le piratage. L'industrie du disque est malade. Mais de là à identifier Internet comme la cause de cette maladie, il y a un pas rapide. Le pas est encore plus rapide quand il s'agit de sanctionner si ce projet devait entrer dans les faits.
Plus sérieusement, les accusations portées contre Internet traduisent l'hypocrisie qui règne actuellement dans de nombreux dossiers. Bien plus gravement encore, il y a une perméabilité nouvelle à des intérêts privés influents ayant notamment l'accès privilégié au Président. La loi LME est souvent moquée par les initiales de son inspirateur (Leclerc Michel Edouard). Comme la loi sur le piratage via Internet serait directement inspirée par Pascal Nègre. Le piratage est présenté aujourd'hui comme une atteinte intolérable à une oeuvre intellectuelle. Le piratage n'est autre que ce que fut hier la copie aux oeuvres écrites. On ne plaçait pas un gendarme devant les copieurs pour sanctionner celle ou celui qui photocopiait des parties entières d'un ouvrage. Combien d'enseignants ont fonctionné ainsi …?
La naissance de nouveaux médias perturbe les situations acquises et fait naître de nouveaux équilibres. Mais jamais dans l'histoire des médias, un support a disparu. Il a dû s'adapter. La radio n'a pas tué la presse écrite. La télévision n'a pas tué la radio. Internet ne tuera pas davantage un autre support. Il faut s'adapter et ce pluralisme de médias fait gagner le choix donc la liberté.
Il est à souhaiter que le projet de loi dont la discussion s'ouvre aujourd'hui ne soit pas adopté. Mais le Parlement Français paraît tellement dans la dépendance de l'exécutif. En pleine crise financière, c'est un des rares Parlements à ne même pas avoir créé une commission d'enquête sur les structures bancaires renflouées à coups de milliards publics …