Denis Bonzy

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  • 10/03/09 : Internet : le projet de loi qui inquiète …

    Internet subit actuellement en France une offensive en règle de la part de défenseurs de l'ancienne économie et ce dans des conditions inquiétantes. C'est le cas aujourd'hui de la loi sur le piratage. L'industrie du disque est malade. Mais de là à identifier Internet comme la cause de cette maladie, il y a un pas rapide. Le pas est encore plus rapide quand il s'agit de sanctionner si ce projet devait entrer dans les faits.

    Plus sérieusement, les accusations portées contre Internet traduisent l'hypocrisie qui règne actuellement dans de nombreux dossiers. Bien plus gravement encore, il y a une perméabilité nouvelle à des intérêts privés influents ayant notamment l'accès privilégié au Président. La loi LME est souvent moquée par les initiales de son inspirateur (Leclerc Michel Edouard). Comme la loi sur le piratage via Internet serait directement inspirée par Pascal Nègre. Le piratage est présenté aujourd'hui comme une atteinte intolérable à une oeuvre intellectuelle. Le piratage n'est autre que ce que fut hier la copie aux oeuvres écrites. On ne plaçait pas un gendarme devant les copieurs pour sanctionner celle ou celui qui photocopiait des parties entières d'un ouvrage. Combien d'enseignants ont fonctionné ainsi …?

    La naissance de nouveaux médias perturbe les situations acquises et fait naître de nouveaux équilibres. Mais jamais dans l'histoire des médias, un support a disparu. Il a dû s'adapter. La radio n'a pas tué la presse écrite. La télévision n'a pas tué la radio. Internet ne tuera pas davantage un autre support. Il faut s'adapter et ce pluralisme de médias fait gagner le choix donc la liberté.

    Il est à souhaiter que le projet de loi dont la discussion s'ouvre aujourd'hui ne soit pas adopté. Mais le Parlement Français paraît tellement dans la dépendance de l'exécutif. En pleine crise financière, c'est un des rares Parlements à ne même pas avoir créé une commission d'enquête sur les structures bancaires renflouées à coups de milliards publics …

  • 09/03/09 : JO 2018 : à une semaine de la décision

    Après les échecs à répétition de Paris, chacun s'accorde à reconnaître qu'il faut porter un projet capable de figurer dans la short list du dernier arbitrage du CIO.

    Après un départ "euphorique", Nice semble s'attendre désormais à une compétition au résultat incertain. La candidature de Grenoble est celle qui joue le mieux la carte du développement durable. Le "faste de Nice" ne correspond peut-être pas ou plus à l'ambiance du moment ? Pelvoux ne compte que 1 778 lits en hôtels et résidences de tourisme … Quant à Annecy, il lui faudrait contruire deux villages olympiques réutilisables que partiellement … Pour toutes ces raisons, la candidature Grenobloise est compétitive et permettrait en cas de succès d'obtenir rapidement des aides financières bonifiées pour améliorer notamment les dessertes (TGV et routières), point faible de la candidature Grenobloise.

  • 07/03/09 : pourquoi faire mentir les chiffres à ce point ?

    Nous assistons actuellement à une opération d'envergure qui consiste à montrer que la France serait moins affectée par la crise que d'autres pays dont les Etats-Unis. La dernière "démonstration" réside dans l'exploitation du chiffre des 600 000 emplois supprimés en février aux Etats-Unis. Tous les commentaires les plus dramatiques entourent ce chiffre : "le pays est saigné à blanc", "la crise de l'emploi est historique" …

    Mais, il faut comparer les chiffres et leur assiette quantitative. Les Etats-Unis, ce sont 50 Etats et 305 millions d'habitants. La France, c'est 1 Etat et 65 millions d'habitants. Quand en janvier 2009, la France supprime 90 000 emplois, c'est l'équivalent de 450 000 emplois supprimés aux Etats-Unis. Bien davantage, pour que cette comparaison soit plus correcte, il faudrait la pondérer du poids des seniors et surtout du poids du secteur public ; deux catégories qui échappent aux licenciements. Or, ce secteur public pas affecté par les suppressions d'emplois est proportionnellement considérablement plus élevé en France qu'aux Etats-Unis. Avec ces seuls repères, on s'aperçoit tout de suite que la comparaison de "l'écart" est loin d'être aussi évidente qu'il n'y paraît dans les commentaires lorsque les détails sérieux sont avancés. Le chiffre de la suppression d'emplois doit être ramené à la population active diminuée du secteur public protégé par définition des licenciements.

    Sur cette base, il n'est pas sûr que la situation Française ne soit pas déjà plus dramatique que la situation Américaine en matière de suppression d'emplois …

    Courant mars 2009, nous présenterons lors de la parution de la lette 4 du changement notre dossier sur la situation financière des Communes. La situation révèle beaucoup de surprises.

    Cette méthode d'instrumentalisation les chiffres est très préjudiciable car elle fait disparaître toute rationnalité technique dans le débat.

    La vérité n'est pas toujours ce que l'on croit. La vérité doit reposer sur des faits précis dont des chiffres justes et ensuite chacun est libre d'en donner son interprétation. Face à ce cheminement, on assiste à une inversion des étapes. Chacun donne son interprétation dès l'origine et agrémente sa démonstration des chiffres "utiles". C'est une régression certaine dans la qualité du débat que de procéder ainsi.

  • 06/03/09 : ni de droite ni de gauche mais derrière le caddie …

    La majorité présidentielle est tombée dans l'impopularité. L'énergie militante baisse. Les sondages dévissent. La fronde intérieure s'organise. Le Gouvernement paraît usé. Le Président serait même "dépassé" pour reprendre la une de l'hebdomadaire "Le Point" à la ligne éditoriale pourtant modérée…

    A quoi tient cette situation ? L'absence de résultat concret donne une dimension nouvelle aux effets d'annonces.

    Dans les manifestations, la formule qui résume le mieux la situation est "ni de droite ni de gauche mais derrière le caddie".

    A l'approche du deuxième anniversaire de la présidentielle 2007, la désillusion est forte. Les circonstances sont très difficiles. Mais l'Etat au sommet ne donne pas l'exemple des économies. Qu'est ce qui empêche une réduction des rémunérations des Ministres et du train de vie de l'Etat ?

    Qu'est ce qui rend impossible la mobilisation nationale contre la crise en rassemblant aussi les collectivités locales ? Qu'est ce qui interdit au moins l'audition parlementaire des banquiers qui ont poussé dans le gouffre des établissements maintenant renfloués à coups de milliards publics ?

    La liste est longue des mesures prises dans d'autres pays. Pourquoi dans la crise le Président paraît aussi isolé, aussi coupé des réalités, aussi impuissant devant des actes symboliques, bref aussi inefficace ?

  • 05/03/09 : réforme Balladur : où est le changement ?

    Depuis les années 60, la France est incapable de réformer son territoire. Les analyses sont légion : rapport Guichard, le "Mal Français" de Peyrefitte …

    La décentralisation de Mitterrand est passée par là en aggravant les maux initiaux parce qu'elle a trop affaibli l'Etat.

    Aujourd'hui, c'est une immense pagaille, un gâchis financier insupportable. Seuls les élus concernés nient officiellement la réalité des choses parce que c'est leur quotidien et pour certains une rente de situation dont ils ne parviennent pas à imaginer la fin.

    4 enjeux sont prioritaires :

    1) Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de "réel pouvoir territorial" en dehors de l'élection au suffrage universel direct. Par conséquent, il faut faire passer les Présidents de Communautés de Communes par l'élection au suffrage universel direct.

    2) Il faut reconnaître un seuil de "viabilité financière". En dessous, les élus gardent des fonctions d'état civil et d'animations de proximité mais les Communes concernées doivent se fondre dans une entité plus large.

    3) Il importe de renforcer les contre-pouvoirs locaux. La France a assisté à l'émergence de "féodaux" sans réel contre-pouvoir. Là aussi, ce n'est pas sain dans une démocratie.

    4) Il faut supprimer les Départements et évoluer vers une trentaine de Régions ayant une assise correspondant à la réalité économique moderne.

    Il faut donc :

    * moins d'élus,

    * davantage de responsabilité par la clarté des compétences pas partagées,

    * des contre-pouvoirs plus efficaces.

    Les propositions d'Edouard Balladur sont très éloignées de telles évolutions. Cette réforme est très délicate. Nicolas Sarkozy très affaibli dans les sondages, aurait-il encore l'autorité politique pour conduire une réforme aussi profonde ? Il est possible d'en douter.

    On s'achemine donc vers des propositions qui auront probable vocation à "garnir les tiroirs"et s'ajouter aux nombreuses études anciennes.

  • 04/03/09 : une fonction en crise ?

    Nicolas Sarkozy était hier en visite dans la Drôme. En pleine crise économique, de nombreux chefs d’entreprises attendaient des contacts directs avec lui comme avec des conseillers.


    Rapidement assiégé par des demandes très nombreuses, un « raidissement » est intervenu et les échanges directs furent difficiles voire impossibles, suscitant des réactions vives de fortes déceptions.


    Entre de tels faits et les commentaires qui accompagnent parfois d’autres situations à l’exemple de la vidéo ci-dessous, il semble bien que progressivement la crise affecte aussi l’exercice de la fonction présidentielle comparativement aux prédécesseurs de la Vème République.


  • 02/03/09 : Vincent Peillon dénonce son « crève coeur » : venir dans le Sud Est !

    Vincent Peillon est l’un des rares brillants responsables de la jeune génération politique marquée par une terrible paupérisation des talents au moment où aller dans le privé mobilise les plus « prometteurs ».


    Vincent Peillon conduira la liste PS dans le Sud Est à « contre coeur ». Pour cet élu de Picardie, ce parachutage dans le Sud Est est une forme de sanction.


    C’est une situation assez irréelle que d’être ainsi candidat pour représenter une géographie que l’on ne connaît pas et que l’on aime pas.


  • 28/02/09 : gagner la guerre mais pas … la paix

    Les conflits modernes introduisent une originalité sans précédent. Le vainqueur de la guerre ne gagne pas la paix.


    Hier, gagner une guerre signifiait organiser la paix pendant au moins plusieurs décennies. La paix était le « premier trophée » de la victoire de la guerre.


    Aujourd’hui, la situation est très différente. Il est possible de gagner la guerre mais pour autant la paix n’est pas l’étape suivante. L’exemple caricatural est celui de l’Irak. Personne ne peut contester que les Etats-Unis ont gagné la guerre. Mais personne ne peut également contester que les Etats-Unis n’ont pas gagné pour autant la paix. L’étape post-guerre est celle d’un désordre violent, une forme de « nouvelle génération de guerre ».


    Dans ce contexte, la décision incontournable de retrait des troupes Américaines de l’Irak avant fin août 2010 va ouvrir une étape imprévisible de « nouvel équilibre » dans cette région.


    Le coût humain de tels conflits est difficilement supportable. Mais il devient financièrement insupportable en période de crise économique. Cette donnée financière va accélérer des retraits dans des géographies très instables ; ce qui est probablement source de lourds dangers pour après-demain …

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  • 28/02/09 : la « pensée présidentielle » … et l’après scrutin des européennes

    Quand Nadine Morano et André Vallini partagent une très bonne table parisienne, le contenu de la « pensée présidentielle » semble un sujet réveillant manifestement l’attention du Président du Conseil général de l’Isère.


    Il est vrai que les rumeurs de remaniement du Gouvernement s’accélèrent pour l’après scrutin des Européennes et que trois noms de Députés PS Isèrois commencent à circuler de façon active. Les 3 noms contiennent deux réelles surprises à ce stade…par rapport à ceux qui seraient probablement évoqués par simple notoriété d’opinion publique.

  • 25/02/09 : l’impopularité comme « partenaire » …

    Quand un Gouvernement revendique l'impopularité comme "partenaire" de sa politique, c'est une reconnaissance de fatalité d'échec à terme car en démocratie on ne peut pas gouverner longtemps en étant impopulaire.

    A quoi tient cette actuelle impopularité présidentielle dont les chiffres de défiance sont battus en Europe seulement par Gordon Brown en Grande-Bretagne ?

    1) Le pays est en manque d'union. Face à la crise, nous attendons que la droite et la gauche mobilisent tous leurs talents pour une sortie la plus rapide de la crise. Or, le Président semble trop clivant pour permettre cette union même s'il a des circontances atténuantes car l'opposition ne facilite pas non plus la tâche en la matière.

    2) Le pays est en manque de proximité. Lundi, un Ministre est venu à Grenoble. Combien de temps a-t-il consacré pour rencontrer des militants de sa formation politique ou des socio-professionnels ? Lundi dernier, la Ministre de la Santé devait venir à Grenoble. Elle a annulé sa visite. Vendredi, Xavier Bertrand vient exclusivement dans le Nord Isère. Le temps avec "la base" fait défaut.

    3) Le pays est en manque d'exemplarité. Le sommet de l'Etat semble "épargné" par la crise. Prenons un exemple concret. "Le bouche à oreille" demeure toujours le support n°1 d'information. Ces derniers jours, la "mode" est à l'information sur les conditions pratiques de la visite présidentielle à Val d'Isère puis surtout à Mégève pour retrouver son épouse dans un luxueux hôtel. Les uns détaillent le nombre de gardes du corps. Les autres évoquent les "amis conviés" dont ce publicitaire déclarant dernièrement que "qui n'a pas une rolex à 50 ans a raté sa vie …". Comment se reconnaître dans de tels "exemples" a fortiori en temps de crise économique.

    Nous assistons à un fantastique gâchis car la présidence Sarkozy devait être une entrée dans la modernité et elle tourne à "une nouvelle monarchie" avec la sympathie de son prédécesseur en moins.