La mondialisation dépossède les élus locaux de toute marge réelle de négociation. Faute d’intermédiaire crédible (voir vidéo ci-dessous en cliquant sur le lien Dauphiné Libéré en bas du billet), une nouvelle conscience de classe naît. L’actuelle crise dégage une double caractéristique :
* elle paraît excessivement déshumanisée,
* le fort agit à sa guise, comme il veut, s’émancipant des clivages habituels entre le bien et le mal.
C’est ce dernier volet qui produit l’effet le plus dévastateur.
Face à cette situation, l’individu estime que l’amélioration de sa situation ne peut que résider dans le résultat d’actions collectives. Pendant des décennies, la société libérale avait multiplié les éfforts pour installer un climat selon lequel le capitalisme portait un rôle « bienfaisant » d’une richesse certes mal distribuée mais distribuée quand même. L’actuelle crise casse cette image. Quand la table du banquet n’est plus assez garnie pour accueillir de nombreux invités, les exclus ont tendance à vouloir renverser la table. C’est le phénomène compréhensible auquel nous assistons. L’absence de réseaux intermédiaires ne peut qu’accentuer un rapport violent et imprévisible.
(Le Dauphiné Liberé)