Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • 15/04 : la négociation sans intermédiaire

    La mondialisation dépossède les élus locaux de toute marge réelle de négociation. Faute d’intermédiaire crédible (voir vidéo ci-dessous en cliquant sur le lien Dauphiné Libéré en bas du billet), une nouvelle conscience de classe naît. L’actuelle crise dégage une double caractéristique :


    * elle paraît excessivement déshumanisée,


    * le fort agit à sa guise, comme il veut, s’émancipant des clivages habituels entre le bien et le mal.


    C’est ce dernier volet qui produit l’effet le plus dévastateur.


    Face à cette situation, l’individu estime que l’amélioration de sa situation ne peut que résider dans le résultat d’actions collectives. Pendant des décennies, la société libérale avait multiplié les éfforts pour installer un climat selon lequel le capitalisme portait un rôle « bienfaisant » d’une richesse certes mal distribuée mais distribuée quand même. L’actuelle crise casse cette image. Quand la table du banquet n’est plus assez garnie pour accueillir de nombreux invités, les exclus ont tendance à vouloir renverser la table. C’est le phénomène compréhensible auquel nous assistons. L’absence de réseaux intermédiaires ne peut qu’accentuer un rapport violent et imprévisible.


    (Le Dauphiné Liberé)

  • 13/04 : en attente de vrais changements

    Le 1er avril, lors de la réunion de Dominique de Villepin dans une annexe de l’Assemblée Nationale, plusieurs points ont attiré mon attention. Il y a des moments où l’intéressé paraît prêt à « fendre l’armure » et évoquer des réformes indispensables pour notre pays. C’est le cas tout particulièrement de l’information qui, en France, ne relève pas d’une démocratie moderne. Quelques mois auparavant, Dominique de Villepin avait exposé ses remarques en la matière (voir vidéo ci-dessous).


    Le récent avis du Conseil d’Etat sur la prise en compte du temps de la parole présidentielle montre, si besoin était, que sur le plan national des critères existent même s’ils peuvent être contestés. Mais sur le plan local, aucun critère d’équilibre n’existe. Dans de nombreux cas, l’opposition représente 45 à 48 % de l’opinion. Ce pourcentage est promis au néant entre deux scrutins. La réforme de l’information est l’une des nombreuses réformes pas engagée par le pouvoir à tort quand on constate la perte d’énergie consacrée par exemple à la récente loi avortée sur les téléchargements illégaux sur Internet.

  • 12/04 : la colère de Christophe : 3 minutes de vérités à l’état brut : à écouter absolument

    Les injustices de l'actuelle crise font renaître des sentiments d'appartenance de classes. Il y a les "nantis" et les autres. Pour les premiers, la table du banquet est toujours plus belle. Pour les seconds, les difficultés augmentent.

    Sur RMC, un auditeur prend la parole. Il est entrepreneur et il dit tout haut ce que tout le monde commence à penser de moins en moins bas.

    Je vous encourage vivement à prendre le temps pour écouter ce témoignage. Tout est résumé en moins de trois minutes.

    Pour cela, il suffit de cliquer sur le lien suivant : http://sagephilippe.20minutes-blogs.fr/archive/2009/04/09/la-colere-d-un-homme-qui-se-leve-tot.html

  • 11/04 : Européennes 09 – Sud Est : Vincent Peillon à Arles

    Le leader socialiste sera aujourd’hui samedi à Arles. Il est actuellement le seul à faire campagne puisque l’UMP n’a toujours pas arrêté la composition de ses listes.


    Selon les sondages à paraître la semaine prochaine, Olivier Besancenot connaîtrait une nouvelle poussée et l’écart entre UMP / PS comme 1ère formation politique serait très serré.


    La dernière enquête Ifop montre que l’opinion reproche à l’exécutif une politique sociale jugée sévèrement mais aussi une absence d’écoute.

  • 10/04 : la fonction de député en faillite … rémunérée

    36 députés pour voter un texte très important sur Internet (voir vidéo ci-dessous) : c’est un exemple d’une fonction en crise. Une fonction débordée par les grands « féodaux locaux » qui à la tête de collectivités locales puissantes disposent eux des moyens financiers et humains. Une fonction qui n’est plus considérée par la haute fonction publique qui sait que les carrières sont faites par le loyalisme auprès d’un petit cercle de l’autorité présidentielle. Enfin, sur le terrain, cette démocratie dite représentative, donc fondée sur la fonction d’intermédiaire, n’est plus reconnue. Ce sont des actions directes qui sont engagées pour tenter d’obtenir satisfaction à l’exemple des occupations d’usines.


    La crise impacte directement la fonction représentative.


    Mais les premiers concernés font comme si de rien n’était car leur train de vie collectif comme individuel n’est en aucune manière modifié. C’est l’invention de la faillite rémunérée.

  • 09/04 : pour des états généraux de la dépense publique locale

    Le Forum pour la gestion des collectivités territoriales vient de publier ses conclusions pour 2009 et ses prévisions pour 2010. Ce qui attend pour 2010 a de quoi inquiéter. La crise fait chuter des recettes importantes dont les produits des droits de mutations.

    L'agglo connaît une hausse considérable de sa fiscalité locale sur 2009. A Vif et à Varces, des hausses à deux chiffres placent ces Communes sur le "podium" des augmentations fiscales les plus lourdes. Ces chiffres pourraient apparaître modérés face à ceux de 2010 compte tenu de baisse de certaines recettes.

    Il est temps de mettre davantage de transparence sur les économies possibles et d'engager très en amont les préparations des prochains budgets pour que les économies soient mieux partagées et permettent de limiter les hausses fiscales sur 2010.

  • 07/04/09 : s’occuper enfin avec sérieux de risques naturels locaux majeurs

    Le séisme en Italie rappelle que des risques naturels majeurs méritent une attention particulière. La vidéo ci-dessous date de l’émission des dossiers de l’écran du 4 septembre 1979, il y a 30 ans … Le débat alors naissant sur le réchauffement climatique est particulièrement prémonitoire.


    Sur le plan local, Haroun Tazieff a mis en évidence des risques naturels. Plusieurs décennies plus tard, l’immobilisme a sévi. Bien davantage, dans plusieurs endroits, l’urbanisation en zone dangereuse a progressé dans des conditions stupéfiantes.


  • 06/04 : la frontière entre la contestation et la colère

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’entretien accordé hier par Ségolène Royal au Journal du Dimanche. Cette ancienne candidate à la présidentielle subit actuellement des moqueries quasi-permanentes alors même que ses analyses sont parfois judicieuses.


    Aujourd’hui, le temps n’est plus à la contestation. Il est à la colère. Les images ci-dessous concernant Caterpillar donnent une tonalité de climat qui mérite l’attention. Les médias traditionnels édulcorent à ce jour la réalité de ce climat. Les images sont plus feutrées. Ne le sont-elles pas trop ? Les voyages présidentiels sont contruits avec des précautions rarement atteintes.


    La situation actuelle est particulièrement grave parce qu’elle ouvre trois sentiments nouveaux :


    * la frustration matérielle : la vie est globalement trop chère,


    l’insécurité psychologique : la sortie du tunnel paraît impossible,


    * mais surtout un besoin de vengeance contre les élites qui sont jugées comme à l’origine des difficultés, incapables de nous en sortir collectivement alors même qu’elles sont individuellement épargnées.


    Ce dernier sentiment est explosif. Le temps de la simple contestation est bien passé. La colère est ouverte.


  • 05/04/09 : Avec Vincent Peillon, l’ennui n’est pas au balcon

    La jeune garde du PS a au moins l’avantage d’avoir des personnalités qui échappent à une sorte de fadeur qui affecte le personnel politique Français. Il y en a deux dont nous allons probablement entendre parler : Benoît Hamon et Vincent Peillon.


    Ce dernier est doté d’un contenu d’analyses de qualité. Bien entendu, sur de très nombreux points, je suis en désaccord avec lui. Mais au moins ce contenu existe ; ce qui est loin d’être le cas chez d’autres responsables politiques. Et de plus, de temps en temps, il se lâche dans des moments atypiques où les formules sortent des chemins battus, voire même de l’imagination classique dans des circonstances comparables. Etre désigné dans une Région, et qualifier ce choix de « crève coeur », c’est original. A Grenoble, il a été amené à commenter la « sortie de Bernard Soulage » et, une fois de plus, les termes sont surprenants avec un mélange de cynisme et de décalage qui leur donnent une dimension particulière qu’il faut savourer.


  • 04/04 : Barack Obama et … les autres

    Derrière les images, l’installation du nouveau Président Américain correspond à une réelle transformation de fond. Trois données majeures séparent désormais Barack Obama et les autres leaders occidentaux dont Nicolas Sarkozy.


    Première différence : incarner l’optimisme dans la crise. La crise crispe bon nombre d’autres leaders dont Nicolas Sarkozy qui donne désormais le sentiment d’être en crise avec tout le monde (patrons, salariés, syndicats, Ministres, Conseillers …). A l’opposé, Barack Obama a choisi une attitude décontractée. Certes la crise est là. Mais « on » va en sortir. Il faut être lucide mais pas dramatique.


    Seconde différence : le leader Américain unit tandis que le Chef d’Etat Français s’isole. Le premier fait appel à toutes les compétences possibles y compris républicaines. Le second donne le sentiment de tout vouloir ramener à lui sans laisser d’espace à d’autres personnalités fortes.


    Troisième différence : Barack Obama reconnaît d’abord un professionnalisme à l’exemple des responsabilités confiées à Hillary Clinton, voire Joe Biden , deux anciens concurrents des primaires démocrates. A l’opposé, le Gouvernement Français semble d’abord composé de « fidèles » sans existence politique personnelle qui sont là « par nomination du Prince » et parce qu’ils lui doivent tout s’exécutent en permanence comme la « voix de son maître qui prévoit tout, qui règle tout, qui maîtrise tout ».


    Cet état d’esprit frappe-t-il seulement le sommet de l’Etat Français … ?