Denis Bonzy

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  • 05/05 : une opinion qui n’a plus le respect d’elle-même

    La situation actuelle de l’opinion publique Française traduit un « détachement » inquiétant. Les chiffres publics sont faux. Pour le 1er mai, les données ont varié de 1 à 3 pour le nombre des cortèges. Il y a un an, Fillon dénonçait les « caisses vides ». Un an plus tard, chaque semaine connaît une annonce d’un coût minimal d’un milliard d’euros … Il y a 3 000 emplois supprimés par jour mais si l’opinion devait parler de licenciements, elle ne pourrait citer que Continental, Caterpillar, Heuliez car aucune information n’entoure la réalité de la crise économique. L’Europe est très importante : la preuve Sarkozy a pu « contrer » la crise économique quand il exerçait la Présidence de l’Union mais à 30 jours du vote la campagne pour les Européennes ne démarre pas. Voilà autant d’exemples d’une opinion qui n’a plus le respect d’elle-même tant elle est accoutumée à subir n’importe quoi.


    En matière de « démocratie locale », il est en de même : appartenances politiques « oubliées » le temps d’une campagne, hausses d’impôts non annoncées, promesses aussitôt abandonnées …


    L’opinion publique Française s’est habituée à être mal traitée probablement parce qu’elle n’a plus le respect d’elle-même car elle n’entoure d’aucune conséquence pratique de telles méthodes.


    Cette situation est aussi rendue possible par des durées de mandats publics très longues. Aux Etats-Unis, les durées des mandats sont plus courtes et le poids de l’opinion reste plus grand. La campagne de mi-mandat (2010) a débuté et même celle de 2012 comme le montre la vidéo ci-dessous.


    La réduction des mandats publics pour évoluer vers des durées de quatre ans permettrait de revitaliser le poids de l’opinion tout au long de l’exercice du mandat et rafraîchirait le respect des engagements.


  • 04/05 : 65 % de déçus au moment du bilan des 2 ans de mandat de Nicolas Sarkozy

    Deux sondages sont publiés ce jour avec des chiffres qui méritent l’attention. 65 % des Français se déclarent déçus par la politique mise en oeuvre depuis mai 2007. 79 % des Français se disent angoissés par le chômage.


    Ces deux premières années sont marquées par 4 faits majeurs :


    1) la rupture de l’état de grâce au cours de l’été 2007 quand le « Président bling bling » a choqué une part importante de son électorat par des attitudes provocatrices,


    2) la détérioration des marges de manoeuvre avec la crise économique internationale,


    3) la comparaison avec d’autres leaders occidentaux : Nicolas Sarkozy souffre de la comparaison avec le leader de « charme » qu’est Obama ou « la gestionnaire humble » qu’est Angela Merkel. Il a du mal à dessiner sa voie entre de tels profils,


    4) la réforme n’a toujours pas impacté la France qui offre le visage d’une société terriblement bloquée.


  • 01/05 : quand la politique joue au moins le rôle d’ascenseur … financier

    Un débat s'est ouvert sur le rôle des élus, leur efficacité, leur implication durable sur les grands dossiers. Sous cet angle, le reportage de la revue "Capital" publié hier au sujet du salaire des élus mérite une attention particulière.Salaires élus

    Tout d'abord, pour ceux qui connaissent un peu la réalité des dossiers, il importe de préciser que les montants donnés sont incomplets. Par exemple, ils n'intègrent pas l'avantage de véhicules de fonction ; ce qui représente pourtant de 300 à 500 € par mois …quand on intègre l'essence, les assurances …

    Ensuite, même incomplets, ces chiffres montrent qu'il ya un réel problème dans le rapport travail / rémunération. Je passe sur le cas de JF Copé qui est député-maire, président de groupe à l'assemblée nationale : autant de tâches qui peuvent laisser penser qu'il y a matière à un plein temps. "Super Copé" est en plus avocat et il a perçu la dernière année 200 000 € d'honoraires à ce titre ! Il devrait dispenser des formations sur l'organisation d'un emploi du temps pour cumuler autant de tâches en 24 heures.

    Enfin, ces chiffres montrent qu'il y a aujourd'hui une véritable difficulté sur les salaires. Il est beaucoup question d'endettement mais il n'est pas question du niveau des salaires. C'est pourtant le véritable sujet. Combien d'élus se feraient la même rémunération dans le privé ? Et quelles postes devraient-ils occuper pour parvenir à cette rémunération ? Pour les salaires, il faut toujours regarder la comparaison par le bas. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour d'autres secteurs ? Dans les pays scandinaves, les fonctions politiques sont quasi-bénévoles mais dans ce domaine la "comparaison par le bas" n'est jamais de rigueur …

  • 26/04 : Barack Obama toujours en plein état de grâce

    La Fondation Terra Nova a reçu dernièrement Howard Dean. Ce dernier, Chairman du Parti Démocrate lors de la présidentielle 2008, est revenu sur les caractéristiques de la dernière campagne présidentielle. Il a détaillé les incontournables du professionnalisme mais aussi les facteurs d’innovation. D’ailleurs, sur ce point, le rapport de Terra Nova est très instructif.


    A trois jours du cap des 100 premiers jours, le Président Américain est toujours en état de grâce. Pour 48 % des Américains, il leur « donne de l’optimisme », c’est dire son rôle emblématique.


    Il a apporté trois changements majeurs :


    1) de la suspicion à la confiance : sous GW Bush, tout était menace. Aujourd’hui, tout paraît chance y compris le déblocage des relations avec l’Iran, ce qui montre l’ampleur du changement,


    2) de l’amertume à la joie : de leader incompris comme seul « gendarme du monde » qui dot exposer en permanence ses muscles, les Etats-Unis dégagent la force de l’espoir par le respect de valeurs fondamentales.


    3) de l’arrogance à la tolérance : le partenaire qui « encombrait » est devenu l’ami qui sait écouter.


    Hier face à GW Bush, l’opinion internationale se disait « il va se fâcher« . Aujourd’hui, face à Obama, elle se dit « il va me séduire » et pour le moment ça fonctionne à la perfection.


  • 22/04 : Caterpillar : un exemple des nouveaux rapports de pouvoirs

    La sortie de l'actuelle crise marquera la naissance de nouvelles situations dans des cadres multiples. L'imprévoyance des Gouvernements incapables de prédire l'arrivée de la crise va modifier significativement leur autorité. Nous sommes entrés dans une logique permanente de démocratie directe. Sur le plan Américain, Moveon.org a été la première structure à poser les jalons d'une telle évolution. Le pouvoir n'est plus à l'élu mais au citoyen à la condition que ce dernier ait conscience de ce transfert.

    En trois semaines, les salariés de Caterpillar viennent de sortir du "politiquement correct" à trois reprises.

    1) Ils refusent d'aller à l'Elysée. C'est un précédent considérable qui montre leur refus d'être enjolés par les "ors de la République" : 1er comportement atypique.

    2) Ils appliquent la démocratie directe et le compromis n'est pas validé par la base. L'autonomie individuelle a fait son chemin et les "intermédiaires" ne "tiennent" plus leurs mandants : 2ème comportement atypique.

    3) Ils refusent le referendum dans les locaux de la République (la Préfecture). Ce nouveau refus montre ou traduit l'impact désormais nul de toute proprosition notabilaire : 3ème situation atypique.

    L'autonomie individuelle a effectué des progrès considérables ces dernières années. Sur le plan politique, le scrutin de l'Ile de France au sein de l'UMP pour les régionales avec la victoire de Pécresse sur Karoutchi avait déjà traduit l'émancipation des militants sur les mots d'ordres de l'appareil. Sur le plan syndical, il en est de même.

    Le pouvoir est revenu à chaque citoyen. C'est une indiscutable avancée que de telles décisions de démocratie directe loin d'un politiquement correct qui a montré toutes ses limites sauf celles de la tromperie dans le temps. 

  • 21/04/09 : la France et les scrutins sans campagne

    La France invente une nouvelle forme de "démocratie" : les scrutins sans campagne électorale. Ce climat a déjà marqué les dernières élections locales sur le plan national : pas de débat contradictoire, des échanges de projets réduits au strict minimum … Le scrutin s'est déroulé dans une banalité apaisante comme s'il était naturel d'aller voter un dimanche matin après s'être rendu chez le boulanger pour prendre son pain.

    Le scrutin Européen de juin marque une évolution nouvelle dans ce climat. L'Europe devrait être un sujet d'enthousiasme. A fortiori en période de crise, l'Europe devrait être le sujet de projets, le débat d'avenir. A moins de 60 jours du vote, il ne se passe rien. L'UMP n'a même pas bouclé ses listes. Comment faire campagne quand les candidats ne sont même pas connus ? Bien davantage, les fédérations se remettent de leurs échéances internes et l'Europe paraît bien éloignée après la forte énergie mobilisée pour le partage des responsabilités de proximité.

    C'est un scrutin de plus sans campagne, sans débat donc sans projet. C'est une situation bien surprenante qu'un pays où la démocratie ennuie comme s'il n'y avait plus rien à en attendre.

  • 20/04 : la crise révèle un climat politique Français inquiétant

    Un contraste saisissant intervient actuellement entre le climat Français et celui d'autres pays. La crise économique contamine tout le débat public en dressant chaque composante du pays les unes contre les autres.

    Le libéralisme avait mis des décennies à construire une nouvelle réputation laissant une place plus importante à l'humanisme, à des formes de justices sociales et en quelques semaines tout ce travail a été balayé.

    La crise pouvait être combattue autrement avec davantage de justice sociale, davantage d'humanité, davantage d'exemplarité de la part des responsables publics. Rien n'empêchait ces derniers de montrer l'exemple en matière d'économies, en matière de partage des épreuves. Les élites politiques et économiques ont donné l'exemple du "sauve qui peut" dans des conditions en rien prédestinées par les tendances des dernières années.

    Le climat politique ne tourne pas aux échanges de fond mais aux commentaires qui accompagnent de "fausses vraies déclarations" du Président de la République sur ses homologues. Les responsables politiques s'injurient à ce propos sur les nouvelles initiatives d'une ex-candidate à la présidentielle. C'est une situation assez pathétique face à l'ampleur des enjeux et surtout à la variété des solutions possibles.

  • 18/04 : la crise et … « les plantes vertes »

    Luc Chatel est un des Ministres les plus compétents de l’actuel Gouvernement. Il est sérieux et suit ses dossiers avec efficacité. Son constat sur la grande distribution dans la vidéo ci-dessous est sans appel. Mais dans les faits, rien ne change. Bien au contraire, le nouveau dispositif qui sort des poids réglementés est un nouvel avantage pour la grande distribution.


    Ce décalage entre le plaidoyer virulent et l’impuissance dans les faits ouvre actuellement une vague inquiétante d’antiparlementarisme : absentéisme, cumul, inefficacité …


    Ce matin sur la première radio de France en terme d’auditeurs (RTL), un éditorialiste employait le mot de « plantes vertes » pour parler des pays comme la France qui n’ont pas de vrai mot à dire face à la crise économique internationale et des responsables politiques de notre pays.


    C’est ce décalage entre les annonces et la réalité qui fait naître l’actuelle colère. Les annonces font vivre l’espoir. Puis les jours passent et rien ne change ; d’où le sentiment d’avoir été trompé. 


    La sortie de crise ne sera pas sans impact sur les élus locaux et nationaux Français de tous bords politiques

  • 17/04 : Jacques Chirac et le « vivement hier »

    En 1986, Jacques Chirac avait conduit une très belle campagne conçue par Bernard Brochand sur le thème du « vivement demain ». Il incarnait alors le dynamisme avec une jeune garde composée de Michel Noir, Alain Juppé, Alain Carignon, Jacques Toubon … qui étaient à ses côtés sur de très belles affiches de 4 m x 3 m.


    En 2007, la victoire de Nicolas Sarkozy a d’abord été l’échec de Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy était devenu le marqueur des échecs d’un pouvoir qu’il partageait mais dont il était devenu le rebelle permanent.


    L’actuelle popularité de Jacques Chirac est le marqueur des regrets des échecs de Nicolas Sarkozy qui choque l’opinion par des comportements individuels très éloignés des repères présidentiels classiques.


    Dans la crise tout particulièrement, l’opinion attend davantage d’écoute, davantage de respect quant à l’application des engagements pris, davantage d’union.

  • 16/04 : le formidable potentiel des services à la personne

    L’agglo Grenobloise a beaucoup de retard dans la mise en place des services à la personne. C’est un secteur très développé dans d’autres géographies nationales mais aussi à l’étranger. Ce retard est particulièrement dommageable au moment où l’Etat renforce ses aides dans ce domaine dans le cadre du plan de relance.


    Laurent Wauquiez, dynamique Secrétaire d’Etat à l’Emploi, a beaucoup agi pour ce secteur d’activité. C’est l’un des rares Ministres à consacrer autant de temps au terrain et à vérifier ainsi, Département par Département, les avancées en la matière.