Denis Bonzy

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  • 20/05 : quand le lait sucre

    L'actuel conflit initié par les agriculteurs producteurs de lait mérite une attention particulière. Contrairement aux affirmations officielles, aucune mesure sérieuse n'a été engagée pour contraindre la grande distribution à davantage de transparence et de respect de parité contractuelle.

    Avec les banques notamment, la grande distribution fait en France sa loi dans des conditions indignes. Le mécanisme des RFA renégociées en fin d'année contrairement aux bases contractuelles écrites de début d'année et suspendues de fait au nouveau référencement à venir est une pression généralisée connue mais jamais sanctionnée de fait. La grande distribution a été le corrupteur n° 1 sous la Vème République et les grandes enseignes tiennent les partis politiques de droite comme de gauche dans leurs mains pour ne pas dire "par les c…..".

    En pleine période de crise, que la grande distribution puisse gagner 30 % de marge à l'achat sans rétrocéder une partie à la vente donc faire gagner les consommateurs en pouvoir d'achat est un scandale indigne.

    Quelles suites concrètes seront données …?

    C'est un dossier qui relève de Michel Barnier qui avait pris comme premier engagement de campagne de quitter son Ministère début mai 2009 parce que la campagne le "prendrait à plein temps". Ce premier engagement a déjà été repris …

  • 19/05 : le buzz des clips : la mode du « derrière la scène »

    Nicolas Sarkozy court derrière Barack Obama. Ou plutôt, les pratiques du second inspirent vite les actions du premier. Dernier exemple en date, cette probable mise en scène d’une visite « improvisée » qui, pour « contenu », permet d’apprendre que l’intendance de l’Elysée fonctionne bien et que le Président fait du sport …


    De telles vidéos ne sont que la reproduction de la technique US du « derrière la scène » qui est la rubrique désormais souvent la plus visitée des sites Internet.


    L’idée est simple : le devant de la scène serait trop fabriqué pour « être vrai ». Il faudrait donc aller « derrière la scène ». Mais ce « derrière la scène » devient aussi fabriqué que le devant alors à quand « derrière … le derrière de la scène » … ?


     

  • 18/05 : Internet : simple commodité ou droit fondamental ?

    La loi Hadopi destinée à lutter contre le piratage d'oeuvres intellectuelles via Internet est un mauvais texte qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale.

    Non seulement, ce texte n'est pas une réponse adaptée mais il pose des questions majeures :
    – de compatibilité avec la nouvelle norme Européenne,
    – d'éthique de groupes d'information qui ouvertement affichent une ligne éditoriale régie par des contraintes économiques spécifiques au détriment de l'information "équilibrée",
    – d'un groupe politique (UMP) qui retourne à un exercice caporalisé,
    – d'une Assemblée qui renie son vote en quelques jours

    La question de fond était : Internet est-ce une simple commodité ou un droit fondamental qui impose une adaptation pragmatique des règlementations ?

    Quand on constate les "révolutions" rendues possibles par Internet notamment dans le télé-conseil dont l'e-santé ; il est stupéfiant d'assister à une approche plaçant Internet au rang de "simple commodité".

    Selon le dernier rapport de l'Union Internationale des Télécommunications (UIT), le futur technologique se vit désormais en Corée du Sud, Suède, Japon, Etats-Unis, Autriche, Allemagne mais pas de France dans cette liste.

    C'est un retard de plus qui s'annonce dans un domaine pourtant majeur pour les emplois de demain.

  • 16/05 : Michel Noir fête 1989

    Pour Lyon, 1989 fut 1789. Jusqu'alors, des notables sexagénaires mettaient la politique locale "en ordre" à l'occasion de déjeuners ou de diners dans des bouchons lyonnais. Et ce soir de mars 1989, tout cet "équilibre" volait en éclats. Un jeune député faisait un score historique qui modifiait toute l'histoire politique de Lyon.

    Hier soir, dans un hôtel de Lyon, Michel Noir a réuni ceux qui ont contribué à son succès de 1989.

    A cette date, Michel Noir est un physique, une doctrine et une ambition.

    Un physique, car son mètre 93 est l'assurance de le voir distinctement sur chaque photo. Très télégénique, sa photo de campagne en 1989 avait été la reprise d'une affiche de Clint Eastwood et la "copie" était plus belle que l'original pour une fois.

    Mais le physique s'accompagnait d'une doctrine sur la "nouvelle vie publique". Avec les rénovateurs au printemps 89, ce fut la première expérience et la seule de tentative de rebellion d'une jeune génération face aux blocages des appareils. La relecture des écrits de l'époque dégage une immense ouverture à du neuf.

    C'était une ambition, celle de devenir Président de la République en 1995. Son emploi du temps était organisé en conséquence. Les sondages lui ouvraient les plus belles perspectives.

    Mais les affaires ont éclaté. Le plan de carrière a été significativment révisé. Et pourtant, il est le Maire qui a le plus changé Lyon y compris dans la pure esthétique urbaine. 

    Il appartient à la "génération des décalés" non pas tant par rapport aux schémas politiques d'alors mais par rapport aux capacités de ces élus qui ont été ensuite marginalisés comme Michèle Barzach, Gérard Longuet, Alain Carignon, François Léotard, Charles Millon et dans une moindre mesure Philippe Seguin, voire Alain Madelin.

    Pour bon nombre d'entre eux, ils ont été présentés comme auteurs de "scandales politiques" à une époque où les financements politiques étaient un sujet culturellement tabou.

    Souvent, ils ont dû laisser la place à des "successeurs" qui ne les auraient probablement jamais battus à la loyale devant le suffrage universel direct.

    Avec le recul, la Vème République restera peut-être, et surtout pour cette période des années 90, comme d'abord le scandale de tous les sandales qui n'ont pas éclaté et donc l'injustice de ceux qui ont été jetés en pature … pour aucune modification collective sérieuse de surcroît dans ce domaine comme dans tant d'autres.

  • 14/05 : PCF 38 : bilan des 400 jours : replié sur ses ultimes bastions …

    Lentement mais sûrement, le PS grignote les "territoires" du PCF en Isère. Le PCF ne compte plus aucun député. Il a perdu une municipalité d'importance en mars 2008 dans l'agglomération Grenobloise. Une autre municipalité (Fontaine) parait désormais très menacée. Au sein de la municipalité de Grenoble, le PCF cohabite avec le … Modem et des membres influents de la société civile. C'est un paysage entièrement nouveau qui est né.

    Le PCF 38 est confronté à deux enjeux majeurs. D'une part, la perte d'influence nationale qui ne pouvait pas ne pas impacter les territoires locaux. Mais aussi, d'autre part, le manque de leadership après une génération marquée par de très fortes personnalités qui dépassaient très largement la seule audience communiste à l'exemple de MM Maisonnat, Kioulou, Biessy, Blanchon …

    Avec l'ancrage durable PS-Modem dans l'agglomération Grenobloise, c'est une version social-démocrate qui s'affirme conduisant le PCF 38 à une nouvelle prochaine étape dans sa marginalisation car probablement débordé sur sa gauche face aux mesures de gestion qu'il assume dans les exécutifs locaux.

  • 13/05 : à 300 jours des régionales

    Le seuil des 300 jours avant les élections régionales vient d’être franchi. 4 régions occupent particulièrement l’attention dans la préparation des prochaines régionales : Poitou, Centre, Rhône-Alpes et Paca.


    Pour la Région Poitou, l’enjeu est de constater si l’ancrage de Ségolène Royal est confirmé ou pas. En 2004, la victoire de Ségolène Royal avait été le tremplin véritable pour sa présidentielle. Une défaite en 2010 deviendrait un handicap majeur sur le chemin de la présidentielle 2012.


    Pour la Région Centre, elle fut un bastion historique de la droite. Michel Sapin (PS) a gagné en 2004. La tête de liste pour la majorité présidentielle devrait revenir à un Nouveau Centre : Philippe Vigier (voir vidéo ci-dessous). C’est un jeune parlementaire dynamique issu de la société civile. Il est aujoud’hui le leader de l’opposition dans cette région et a gagné de haute lutte la circonscription de Chateaudun. La Région Centre pourrait revenir à son ancrage habituel.


    Pour Paca, la lutte sera d’abord entre « l’influence Gaudin » et celle d’Estrosi. Un retour dans la majorité présidentielle serait naturel compte tenu du profil sociologique de cette région et donc des conséquences politiques qui en résultent.


    Pour Rhône-Alpes, la situation est très compliquée. Pendant longtemps, au sein de la majorité présidentielle, il a été question de « réserver » cette région à un arbitrage post-européennes. Aujourd’hui, face aux difficultés rencontrées sur le terrain, certains évoquent la nécessité de rouvrir le choix de la tête de liste en fonction des résultats des Européennes. Le résultat des Européennes pèsera lourd. Certains Départements se mobilisent activement par des actions militantes manifestes dont la Drôme et les 2 Savoies. La réunion dans le Rhône lundi soir a été un échec flagrant de participation. Quant à la Loire et l’Isère, elles semblent en perdition. Les querelles internes se creusent toujours plus. Dans ce dernier Département (l’Isère), la direction actuelle de l’UMP déjà installée depuis près de 8 mois est désormais exposée y compris en son propre sein à de nombreuses critiques sur son absence d’initiative et la faiblesse de son opposition aux collectivités locales toutes détenues par le PS. Là aussi, les Européennes permettront d’y voir plus clair par un résultat qui dépassera les simples querelles internes pour apprécier l’impact sur les électeurs.

  • 12/05 : hausses records d’impôts sur 2010

    L'année 2010 pourrait être une année historique dans les annales de la comptabilité publique en raison des hausses d'impôts battant tous les records.

    A la fin du mois de mars 2009, le déficit du budget de l'Etat était de près de 44 milliards d'euros contre 22 milliards à la même date en 2008. Si les chiffres de la loi de finances rectificatives s'avèrent juste pour une fois ce déficit pourrait monter à 104 milliards d'euros en fin d'année 2009…

    L'année 2010 va donc connaître un poids accru de la dette avec une baisse significative de recettes liée à la crise économique (dont produits de la TP et des droits de mutation). Pour garder le "fonctionnement habituel", les solutions sont peu nombreuses.

    Il en est de même pour les collectivités locales. De façon surprenante, ce volet n'est pas ouvert pour engager dès à présent la concertation sur des économies de façon à ne pas augmenter les impôts. Il est vrai que finalement les contribuables Français sont assez dociles et semblent être habitués aux hausses fiscales permanentes …

  • 11/05 : Caterpillar : le conflit des symboles

    La crise économique impacte fortement l’actualité quotidienne. 3 000 emplois par jour sont supprimés depuis quelques semaines. Les médias institutionnels semblent guidés par la volonté de marginaliser cette réalité. C’est dommage pour la qualité du contenu de l’information. C’est d’autant plus regrettable que certains conflits montrent des tournants dans les réactions collectives.


    Dans les années 70, le conflit le plus symbolique fut celui de Lip, proclamant alors la force de l’autogestion face à un patronat paternaliste qui partageait peu ou pas du tout les décisions. José Bidegain a publié des travaux très intéressants sur cette ambiance. L’autogestion fut rangée dans les tiroirs mais la participation allait connaître de nouvelles avancées d’ailleurs largement insuffisantes.


    Dans des circonstances différentes, le conflit Caterpillar donnera probablement lieu à des études intéressantes. Il a marqué deux valeurs :


    – le retour en forme de la solidarité salariale,


    – la priorité à l’instant présent.


    Jusqu’alors, dans de très nombreux cas, des conflits étaient fragilisés par des divisions dans le front des revendications. La crise d’octobre 2008 a fait renaître une conscience de classe c’est à dire la certitude que la revendication collective est le seul moyen d’être fort. Cette conscience de classe nouvelle repose sur des bases différentes. La ligne de frontière est désormais entre ceux qui « profitent » de la crise et tous ceux qui « subissent » la crise, ses précarités, ses angoisses … C’est la fin du « sauve qui peut » qui prévalait jusqu’alors.


    Deuxième constat, la confiance est tellement ébranlée qu’accepter un sacrifice immédiat au motif d’en éviter un autre éventuel demain ne marche plus. Chacun a le sentiment qu’accepter un sacrifice immédiat s’ajoutera au sacrifice prochain juste différé. C’est donc un cumul d’inconvénients intolérables. Cette perception montre que la confiance n’existe plus. Là aussi, c’est une nouvelle donne importante qui ne peut que radicaliser les relations.


    Caterpillar marquera une étape dans les conflits sociaux.

  • 09/05 : Barack Obama en France le 6 juin

    Les services de la Maison Blanche ont confirmé hier que le Président Américain avait intégré une étape Française dans son voyage international de début juin. Le temps fort de ce déplacement sera le discours du Caire. Puis il se rendra en Normandie avant de se diriger sur l’Allemagne.


    Un Président qui cultive toujours la proximité comme le montre la vidéo ci-dessous lors d’un arrêt surprise à Arlington.


  • 06/05 : INSEE : la pauvreté progresse en France

    Dans son rapport publié ce jour, l'INSEE indique qu'en 2006, 8 millions de personnes en France vivaient sous le seuil de la pauvreté soit 13, 2 % de la population.

    En 2004, ce chiffre s'établissait à 11, 7 %. La pauvreté a donc augmenté en France.

    1 retraité sur 10 vit en dessous du seuil de la pauvreté…

    Ce sont des chiffres qui méritent une profonde réflexion. Bien davantage, c'est l'ensemble de la pyramide des salaires qui devrait être revue. Un pays qui accorde un taux horaire supérieur aux garagistes chargés de gérer les ennuis matériels qu'aux médecins chargés de la santé humaine … : voilà des chiffres qui en disent long. Il en est de même pour tant d'autres professions.

    Mais surtout, l'éventail des rémunérations a considérablement augmenté dans des proportions qui ne peuvent en aucune manière refléter un juste rapport entre les travaux en question.

    La proclamation sur le "modèle Français" en prend pour son grade avec un tel chiffre de progression de la pauvreté.