Denis Bonzy

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  • La France et les contrôles …

    Le débat sur les aides agricoles est le dernier exemple en date d'une spécificité Française sur les contrôles.

    La France aligne une liste impressionnante de gaspillages, de dénonciations a posteriori d'erreurs. Mais dans tous ces cas, le contrôle semble sans incidence. Le contrôle n'entraîne aucune "correction préventive" ni de véritable sanction a posteriori. Le peuple ne se plaint même pas comme si la fatalité frappait. Est-ce que cette situation tient au fait qu'en France 50 % des personnes paient des impôts contre 90 % en moyenne dans les autres pays ?

    Mais surtout, le contrôle fonctionne en interne. L'Etat se contrôle lui-même et, au sein de l'Etat, les mêmes corps administratifs occupent cette fonction. C'est la confusion des rôles et des genres. Dans de telles conditions, longue vie aux gaspillages quand de surcroît il suffit désormais de crier à la révolte de rue pour que la règle passe à la corbeille. En temps de crise tout particulièrement, ce sont quand même de bien surprenantes pratiques.

  • Vers des records de hausses d’impôts ?

    Le dernier trimestre 2009 s'annonce comme le rendez-vous incontournable avec des hausses records d'impôts pour 2010.

    Les collectivités publiques voient fondre des recettes en raison de la crise économique à l'exemple des produits de taxe professionnelle et des droits de mutation. Elles n'ont pas modifié leurs conditions de fonctionnement en conséquence. Les hausses d'impôts paraissent "obligatoires" dans de telles circonstances.

    C'est l'un des volets par lesquels l'opinion publique va progressivement prendre conscience d'une façon très particulière de "gestion de la crise". Beaucoup a été fait pour "sublimer" les conditions de réactivité au choc. Mais après ? Le FMI annonce un retour au taux de croissance antérieur à la crise pour … 2013 en France. Il met en garde contre le poids excessif de la dette. Or, pour simplement préserver le fonctionnement habituel, les impôts vont s'alourdir dans des pourcentages élevés.

    Ce sont des circonstances particulières qui ont dominé la gestion de la crise comme si seule l'immédiate sortie de la crise bancaire pouvait emporter tout le reste sur son chemin. La gestion médiatique et purement politique de la crise peut réserver des lendemains délicats.

  • « Le nouveau Président » : épisode 4 : entre réalité et fiction …

    Dans cet épisode, la fiction est malheureusement rattrapée pour partie par la réalité. L’épisode de dimanche dernier relatait le décès de militaires Français en Afghanistan. Les durs combats sur ce territoire ont produit des conséquences qui ne sont pas que celles d’un feuilleton-fiction.

    Dans ce quatrième épisode, heureusement, beaucoup d’autres aspects relèvent de la pure fiction : le PS a choisi son nouveau nom et sa nouvelle ligne de doctrine, les socles électoraux bougent et surtout de nouvelles propositions secouent les habitudes des campagnes présidentielles.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce quatrième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Ou sont les tempéraments ?

    L'Express consacre un long reportage cette semaine au "phénomène people" qui frappe le milieu politique Français. Il y a 21 ans à quelques jours près, Haroun Tazieff s'engageait dans le combat des cantonales en Isère. Une décision importante pour celui qui avait été de 1984 à 1986 le Secrétaire d'Etat aux Risques Majeurs sous François Mitterrand. Au passage, quand la "mode" de l'ouverture est à ce jour "découverte" ; un tel rappel montre, si besoin était, que le neuf est si souvent ce qui a été oublié volontairement ou pas…

    Son arrivée en Isère allait changer beaucoup de choses. Pour deux raisons : 1) Alain Carignon le laissait fonctionner avec tolérance et liberté ; 2) Par conséquent, Haroun Tazieff s'appliquait dans son domaine de compétences avec une totale mobilisation.

    Son seul souci : faire et faire bien. Il ne s'agissait pas de plaire, encore moins de faire carrière. Il lui fallait aller à l'essentiel : être utile pour apporter des réponses concrètes rapides.

    Quand on compare les tempéraments dans les engagements publics, force est de constater à regret que de telles personnalités sont désormais très rares dans la politique Française. Elles ne faisaient pas le spectacle. Leur tempérament était un spectacle permanent. En 1990, il est question que Tazieff soit "fatigué". La file d'attente pour les voeux en Préfecture est très longue. Alain Carignon et Jacqueline accueillent les présents un à un et ils sont très très nombreux. A chaque personne croisée, Tazieff constate qu'on lui demande des nouvelles de sa santé. Il veut montrer qu'il est en pleine forme. Il prend son élan et plusieurs dizaines de mètres plus tard effectue une glissade sur plusieurs dizaines de mètres sur les paquets bien cirés de la préfecture. Il estimait ainsi avoir répondu aux questions sur sa forme …

    Chaque année à cette époque d'été, j'ai une pensée émue pour la gentillesse permanente qui fut la sienne (photo en 1989 avec mon fils Jonathan)Tazieff_jonathan_88 . Les tempéraments ont beaucoup changé. Tazieff n'avait rien à démontrer si ce n'est à son propre regard. Aujourd'hui, avant de se lancer dans une telle démonstration de "bonne santé", le politique concerné chercherait d'abord le photographe avant même de passer à l'acte éventuellement. Une autre mentalité …

  • La reprise sans … emploi ?

    La courbe de popularité de Barack Obama est à l'épreuve. Les raisons fondamentales sont simples : le chômage augmente et les impôts fédéraux devraient progresser. Ce sont les deux critères pour juger d'une "bonne" politique présidentielle aux Etats-Unis.

    Pour le moment, il n'y a pas matière à inquiétude. Mais la véritable angoisse réside dans le lien entre reprise et emploi. Et s'il y avait une reprise sans emploi. Ou plutôt si la reprise ne signifiait pas un retour aux emplois d'avant-crise ?

    Les économistes Républicains évoquent de plus en plus ouvertement cette situation. Une reprise sans emploi mériterait-elle le nom de reprise ? La "nouvelle économie" post-crise sera-t-elle comme avant ? Si les Etats-Unis s'engagaient durablement dans la logique d'un taux élevé de chômage, quelles seraient les conséquences politiques ? Les élections de 2010 paraissent encore bien lointaines et finalement incertaines.

  • La mode des 3 P

    Les années 80 avaient été la mode des 3 R : rêve, rire et risque. C'était une conception quasi-hollywoodienne du spectacle de la vie politique : Coluche, Tapie, Montand … 

    Les années 90 ont été celles des 3 S : simplicité, solidarité, substance. Parce que cette mode était pour partie une réaction de l'opinion contre des excès des années 80, les années 90 ont été redoutables pour les "idoles" de la décennie antérieure dès l'instant qu'elles n'avaient pas corrigé le tir assez tôt.

    Les actuelles années installent la mode des 3 P : Pluriel, Proximité et Positif.

    La société est de plus en plus éclatée. Par conséquent, les leaders doivent fonctionner en équipe et cette équipe doit être un casting de la société plurielle. C'est le savoir-faire dominant du Chef d'Etat. Les campagnes au singulier sont des campagnes solitaires vouées à l'échec.

    La proximité traduit la priorité du quotidien : ici et tout de suite.

    Enfin, l'attente de positif résulte de la logique de consommation appliquée désormais à la politique. Le "positif" est ce qui sert. Le "négatif" est limité au débat politicien. L'opinion attend ce qui sert, ce qui fait avancer ses intérêts. Le "positif" est désormais à la politique ce qu'est la concurrence commerciale à la guerre des prix.

    Ce nouveau contexte impacte directement les actuels partis politiques engagés dans une course nécessaire au repositionnement pour suivre ces évolutions de l'opinion. Sur le plan national, l'UMP a pris une incontestable longueur d'avance. Il reste à organiser cette situation nationale dans la réalité des différents territoires régionaux.

  • « Le nouveau Président » (3/11) : casser les codes

    Le blog 2villepin a mis en ligne aujourd’hui le 3ème épisode du feuilleton sur la présidentielle 2012. Cette rédaction a été un moment agréable. Il ne s’agit pas de mettre en perspective une présentation manichéenne entre d’un côté un candidat qui rassemblerait toutes les qualités et d’un autre côté des compétiteurs voués  l’échec.


    Il s’agit d’identifier des repères de « nouveaux codes » de campagnes. Nicolas Sarkozy a fait naître en 2007 une nouvelle génération de campagnes en modifiant de nombreuses frontières habituelles. En France, il faut probablement remonter à 1974 et à la campagne de VGE pour vivre de telles transformations dans un cadre aussi accéléré.


    La prochaine campagne présidentielle exigera probablement encore davantage de mouvement et d’innovation que d’ordinaire. Soit l’actuelle crise économique existe toujours et alors l’ambiance sera au « nouveau départ » : comment tourner enfin la page d’un cycle maudit de casse économique ? Soit l’actuelle crise est passée et l’ambiance sera aux conditions pratiques de la « nouvelle redistribution » : comment partager les fruits après les fardeaux ?


    Dans les deux cas, l’appel à une « nouvelle donne » devrait être fort.


    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce troisième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • L’information sans repère fiable

    La période actuelle est traversée par deux courants forts : les chiffres ne sont plus justes et les mots perdent leur sens habituel. Il est reproché aux citoyens de ne plus s'intéresser aux "débats d'idées" mais comment serait-ce possible quand :

    – "la vérité scientifique" ne peut tracer son chemin clair sur un sujet aussi important que la grippe A,

    – la réputation de l'INSEE n'est plus la caution d'aucun chiffre fiable en matière de déficits, de chômage, de dette,

    – la crédibilité de la police ne garantit même plus un écart faible dans le comptage de manifestants puisque les chiffres varient désormais de 1 à plus de … 3.

    Dans de telles circonstances, sans chiffre incontestable, comment faire vivre un débat sérieux ?

    Ce d'autant plus qu'aux chiffres fluctuants s'ajoutent désormais des mots sans signification. Quand le pôle emploi passe au privé le traitement d'un nombre élevé de chômeurs, hier cette évolution aurait été qualifiée de "privatisation" puisque le secteur public était dessaisi d'une mission pour que celle-ci soit confiée au privé. Aujourd'hui, il n'est plus question de "privatisation" mais de "complémentarité performante" …

    L'opinion s'écarte alors des débats sans chiffre fiable ni mot compréhensible et se consacre aux photos. Là au moins l'oeil retrouve ses repères. A moins de bientôt apprendre que les photos ont été "corrigées" avant publication …

  • L’effet décisif du premier tour …?

    L'Ifop vient de publier aujourd'hui une étude très documentée sur l'élection municipale partielle d'Aix en Provence.

    Les enseignements sont nombreux même s'ils doivent être nuancés compte tenu du climat très particulier lié à toute partielle.

    Le phénomène le plus intéressant réside dans l'effet décisif du premier tour. Les rassemblements du second tour s'exposent à des "pertes" élevées.

    Le premier tour acquiert désormais une fonction plus élevée que le seul tour avant la décision. Il est presque la décision dès que l'un des candidats se détache. Il crée une dynamique qui influence le reste de l'électorat et qui motive un second tour enregistrant presque la "décision du 1er".

    Les études qualitatives vont parfaire cette impression. Si cette prime au rassemblement dès le 1er tour s'installait comme une donnée majeure structurante de l'électorat ; ce serait une nouvelle donne capitale pour des scrutins comme la présidentielle au moment où la gauche vit un fort éclatement de son offre.

  • La France : un pays aux talents si … rares

    Quand j'ai commencé mon engagement public, deux responsables me motivaient : Chaban-Delmas et Rocard. Le premier donnait le sentiment d'être un aventurier moderne plein de panache depuis la traversée de Paris dans les dernières heures d'occupation jusqu'au programme de la Nouvelle Société. Le second incarnait les "idées réformistes". Chaque fois qu'il est venu à Grenoble alors que j'étais étudiant je suis allé à ses réunions publiques. C'est donc sans parti pris négatif que je vais m'exprimer sur ses actuelles propositions.

    A 80 ans, Michel Rocard découvre tout ce qu'il n'a pas pu faire en 50 ans de vie publique. Il s'occupe de l'Arctique. Puis il passe à la mission sur l'emprunt dont il s'occupe avec Alain Juppé. Et maintenant, il propose la taxe carbone qui est un hold up fiscal qui va coûter 300 € en moyenne par an et par ménage.

    Cet état d'esprit du "toujours mieux demain" exposé par des personnes qui ont été au pouvoir pendant tant d'années est inconvenant.

    Faut-il donc que la France ait aussi peu de talents pour s'en remettre ainsi à des responsables qui n'ont jamais effectué ce qu'ils recommandent aussi doctement ?

    Faut-il aussi que ce pays soit géré par des personnes aussi avides de pouvoir pour qu'à 80 ans elles n'éprouvent pas l'envie de "faire autre chose" mais aussi de laisser la place à une "relève" ?

    Pour ne jamais avoir été un adepte de F. Mitterrand, je me dis qu'un comportement de ce type montre 30 ans plus tard qu'il ne pouvait pas avoir entièrement tort sur l'appréciation du tempérament de Michel Rocard. Dommage …