Denis Bonzy

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  • Titrer c’est trahir

    C'est toujours difficile de trouver un titre qui résume avec rigueur l'esprit d'un texte surtout quand ce texte est technique et nuancé.

    Les résumés sur le texte d'Olivier Blanchard sur le redressement de l'économie varient beaucoup selon les supports techniques. Certains sont très surprenants par rapport au contenu de ses analyses …

    Ce qui est sûr, c'est que selon cet économiste réputé :

    – le redressement de l'économie prendra du temps (au moins plusieurs années),

    – la clef de la reprise dépendra de l'Asie et en particulier de la Chine,

    – des hausses d'impôts considérables sont annoncées pour plusieurs Etats notamment occidentaux qui n'ont plus "les réserves" pour conduire leurs missions classiques. La France appartient à cette catégorie. A quand l'annonce officielle ?

  • Le pays qui aime trop le pouvoir …

    Chaque nation porte une culture spécifique. L'actuel débat sur la réforme de santé aux Etats-Unis fait naître des réactions inconcevables en France notamment.

    Dans un autre domaine, une radio nationale révèle la "mise en scène " qui accompagnerait des reportages TV sur Luc Chatel en visite dans des hypermarchés : tout serait scénarisé et les "familles" avec lesquelles il dialogue seraient des adhérents de l'UMP bien briefés …

    Si cette information est exacte, c'est une faute déontologique grave de la part des chaînes TV de se prêter à de telles manoeuvres. Mais, loin de susciter un débat sérieux, cet épisode relève de l'anecdote.

    En France, il faut être "bien avec le pouvoir". Il n'y a pas de structure sérieuse de contestation du pouvoir comme Moveon ou Democracy Watch. Le pouvoir peut se tromper par exemple sur le chiffre des suicides en prison (impossible d'avoir le bon chiffre alors même qu'il ne dépasse pas le seuil de 100 … : cela relativise la fiabilité de la statistique publique). Il peut scénariser des déplacements en province … Bref, il peut tout. En dehors de périodes rares de contestation violente, le citoyen Français est emporté par son légitimisme. Il laisse les principes au vestiaire pour penser aux accords individuels possibles. Cette culture s'installe actuellement comme "la règle du jeu" avouable et avouée. Appliquée à la décentralisation, cette culture transforme bon nombre de collectivités locales en "cours du grand Turc" où s'est installée une comédie de la satisfaction qui permet de ne pas fâcher le pouvoir … C'est souvent assez pathétique à ce point là, il faut quand même le reconnaître.

  • Reprise économique : tout et son contraire

    La journée d'hier a été un exemple caricatural des informations désormais contradictoires qui surgissent au sujet de la reprise économique.

    Le matin, la presse technique faisait état d'une étude de JPMorgan Chase annonçant une reprise rapide et surtout très vigoureuse. Certes, cette étude conditionnait la vigueur de la reprise à quelques critères techniques. Mais l'optimisme était possible.

    Au même moment, les bourses ont plongé. Des analystes produisaient un document différent considérant que l'actuelle période était un statu quo lié aux financements massifs des Gouvernements. En conséquence, lorsque ce statut quo prendra fin alors même qu'aucun traitement de fond n'est opéré, une nouvelle crise se produira donnant naissance à un phénomène de récession "à double creux".

    Les Bourses ont engagé un mouvement généralisé de baisses significatives.

    L'ambiance devenait même très morose considérant que le rebond avait été excessivement anticipé.

    Difficile de disposer d'analyses aussi contradictoires dans la même journée. La matin avait bien débuté et le soir devenait significativement morose. Alors aujourd'hui ?

  • Le débat sur les théories dominantes

    La "sortie de crise" s'accompagne d'un débat très intéressant sur les théories dominantes. Pour la première fois à ce point prend naissance un échange sur l'explication de la pensée unique qui sévit dans la vie publique française.

    Cette situation serait le fruit de 4 facteurs :

    – la logique de "niche" qui prévaut dans "l'expertise" médiatique : quelques experts trustent les médias importants et moindres,

    – le vide du débat politique : la position des experts est d'autant plus forte que le débat politique n'existe plus sur les enjeux importants,

    – l'opinion qui aspire à croire et non plus à réfléchir : il faut lui livrer du prêt à penser bien emballé,

    – le règne du "tout ce vaut" : l'opinion passe très vite d'un sujet à l'autre, d'un extrême à l'autre. Elle manque de recul. Par conséquent, elle ne tire pas les conséquences des alertes, erreurs ou fautes dont elle se reconnaît pourtant victime.

    L'analyse de Frédéric Lordon, "économiste critique", est terrifiante quand il expose les évolutions des uns et des autres. Les mêmes auteurs arrivent toujours à expliquer l'actualité … passée en convenant qu'elle correspondait à leurs prévisions même si c'est totalement contraire à la réalité. C'est un supermarché des idées qui a de quoi inquiéter en effet.

  • Le nouveau Président (épisode 6/11) : 1er meeting de campagne

    Le blog 2villepin a mis en ligne le 6ème épisode de ce feuilleton d’été. Nous entrons dans la campagne active avec la tenue du premier meeting de campagne et la présentation de mesures fortes.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce sixième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Où en est la réforme de l’Etat ?

    La rentrée de septembre 2009 sera marquée par les révélations d'ardoises fiscales. Pour les collectivités publiques, l'enjeu global est simple : les recettes chutent en moyenne de 25 % et leur train de vie est resté le même.

    C'est une situation hors du réel qui annonce au moins trois types de mesures :

    – des augmentations d'impôts et / ou de taxes diverses en cherchant d'ailleurs très probablement à reporter la responsabilité sur des tiers comme d'ordinaire,

    – une chute des budgets d'investissements,

    – une détérioration de fait de certaines prestations car les économies seront incontournables.

    C'est trois conséquences vont généralement se cumuler et produire une hausse supplémentaire des prélèvements publics sans amélioration de la qualité des services.

    En 2007, la réforme de l'Etat avait été annoncée : faire moins mais mieux. Cette réforme n'est pas intervenue. Dans ce contexte, la crise économique frappe encore plus lourdement l'Etat Français car son train de vie est trop élevé, son endettement est trop lourd et son allergie à la moindre réforme est excessive. 2010 annonce le début d'une période très délicate pour le secteur public Français faute d'avoir vécu sa réforme dans des périodes plus favorables.

  • Bagnolet : le débat impossible

    L'été 2009 bat-il des records d'insécurité ? Dans les discussions au quotidien, chacun donne des exemples de vols, de délinquances diverses dont le bruit qui devient une pollution importante. Mais il n'y a pas de chiffres sérieux disponibles permettant de construire une comparaison solide dans le temps.

    En réalité, le débat sur l'insécurité est progressivement devenu impossible en France pour trois raisons majeures.

    Tout d'abord, l'UMP occupe de façon excessive ce volet abandonné par le PS. La majorité présidentielle peut avoir un bilan mauvais en ce domaine, chacun est persuadé que "c'est déjà pas mal" tant cette situation serait pire avec l'autre formation dite de gouvernement. Il n'y a pas de compétition positive car le PS a acté sa disqualification en la matière et ce dans des conditions surprenantes.

    Ensuite, le bon sens semble avoir quitté ce sujet à l'exemple du dossier récent de Bagnolet. Quand la police poursuit un présumé délinquant, c'est pour le … rattraper. Certes des règles sont à respecter dans ce cadre mais l'accident par excès de vitesse du délinquant ne peut devenir systématiquement une "bavure policière" qui autoriserait tous les excès de "vengeance". De telles situations montrent que, même sous l'actuel régime, il existe toujours des zones de non droit qui n'ont pas été reconquises dans des conditions très inquiétantes.

    Enfin, la victimisation immédiate d'une partie de la société est désormais tolérée dans des conditions qui rendent impossible tout débat sérieux. La "chaîne d'autorité" est entièrement cassée dans de nombreux territoires en France par le fait de la démission des parents, d'enseignants. La réforme du service national n'a rien arrangé. Il y a aujourd'hui un "vide d'autorité" qui fait que des jeunes gens de plus de 20 ans n'ont jamais rencontré des limites à respecter. Dans cette "culture", le choc avec la "première autorité" devient encore plus violent. 

    Il serait temps de bâtir un consensus pour remettre à niveau des règles indispensables dans toute vie en communauté. 

  • « Le nouveau Président » (épisode 5/11) : la campagne se muscle …

    Le blog 2villepin a mis en ligne le nouvel épisode du feuilleton sur la présidentielle 2012.


    Sa rédaction est intéressante sur le plan de la méthode car elle confronte aux deux défis majeurs : comment faire vivre une campagne et surtout comment concevoir des initiatives qui puissent faire bouger les blocs électoraux de base ?


    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce cinquième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • L’éventuel véritable signe de reprise …

    La question majeure actuellement consiste à identifier le calendrier de sortie de la crise. Les analystes économiques exposent leurs prévisions. Et si l'indicateur était ailleurs ?

    Au Canada, le parti libéral a le vent en poupe. Il a retrouvé un leadership incontestable lié notamment à la personnalité de son nouveau responsable. Le parti conservateur est donc en difficulté. L'organisation d'un vote de confiance devrait conduire à une censure donc à sa chute. Les observateurs politiques sont persuadés que le parti libéral engagera ce vote de confiance juste avant la reprise afin que celle-ci ne permette pas au parti conservateur de se refaire une santé. Il importe donc d'observer attentivement la date de dépôt de cette motion qui devrait annoncer que nous sommes entrés dans la salle d'attente de la reprise.

  • Décès brutal de Christiane Courtadon

    C'est avec une grande tristesse que je rédige ce billet. L'engagement dans la vie publique m'a donné la chance de rencontrer des personnes d'une extrême qualité. Pour certaines d'elles, plusieurs années après leur disparition, elles habitent toujours mon quotidien. J'ai si souvent une pensée chaleureuse pour M Valfort qui m'a fait découvrir à près de 40 ans la force véritable de ceux qui ont la foi alors même que j'avais reçu une formation scolaire que dans des établissements religieux. J'ai souvent à l'oreille le rire éclatant de Mme Permingeat, femme du Sud dont le rire était le plus beau drapeau alors même qu'elle devait lutter contre des épreuves fortes qui en auraient démoralisé plus d'un. Je repense souvent à  l'opiniatrêté de M. Menut qui voulait toujours mener à bien une action engagée. La liste pourrait être longue.

    Mme Courtadon est au premier rang de toutes ces âmes d'une extrême qualité. Enseignante, elle aimait le service public. Courtadon 3 Ayant la passion des livres, elle mobilisa toute son énergie si grande pour faire partager ce volet de culture. Croyante, elle s'est beaucoup investie dans la paroisse et, avec l'aide de nombreuses autres personnes, elle suppléait les prêtres désormais si rares et parfois même si étrangement peu disponibles. A ce titre, elle a officié lors des cérémonies religieuses pour les décès de mes parents qu'elle avait tant connus et qui l'aimaient énormément.

    A son mari Raymond, à tous les membres de sa famille, à ses très nombreux amis, j'adresse mes plus sincères condoléances. Avec beaucoup de tristesse.

    Denis

    NB : la cérémonie religieuse aura lieu vendredi 7 août à 14 heures à l'église de St Paul de Varces