Denis Bonzy

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  • Régionales 2010 : UMP 38 : Michel Savin installerait une nouvelle donne …?

    Michel Savin chercherait à être le chef de file de la liste UMP pour l’Isère. Il tenterait d’obtenir l’accord des parlementaires UMP de l’Isère le 16 octobre à l’occasion d’un déjeuner. Il abandonnerait le canton de Domène.


    Si ce schéma se vérifiait, ce candidat supplémentaire ne faciliterait pas la composition de la liste en ajoutant un éligible sur les 8  élus en cas de défaite. Et ce n’est pas sans conséquence sur la composition de la liste car une logique territoriale devra tout de même être préservée un minimum.


    Or, il y a embouteillage de candidats dans l’agglomération grenobloise : Fabien de Sans Nicolas soutenu par son patron Christian Estrosi, Nathalie Béranger qui joue la carte femme et UMP, Marie Christine Tardy Conseillère sortante, Jean Claude Peyrin qui a la légitimité de sa présidence de groupe UMP au Conseil Général et une belle élection dans la canton de Meylan .


    Dans cette configuration, Marie Christine Tardy, qui a déjà raté le Secrétariat départemental de l’UMP38 qui lui avait été pourtant promis pour services rendus anti-Carignon, pourrait être la nouvelle victime…


    Pour le reste, la situation est encore plus difficile puisque Françoise Grossetête qui dirige la liste a fait savoir que la consigne était d’éliminer 80% des sortants ! Le casse tête s’accentue avec le fait que l’Isère a été retenue pour prendre en charge un représentant de la Gauche Moderne, qu’il faudra s’ouvrir à des ex UDF /Modem qui ne veulent pas faire liste commune avec la gauche. Une place doit aussi être reconnue en position éligible au Nouveau Centre et à un jeune UMP de moins de 25 ans.


    Si l’on compte deux sortants jeunes et pleins d’avenir comme indéboulonnables  l’un au sud Fabrice Marchiol et l’autre au Nord Thierry Kovacs, la candidature surprise de Michel Savin compliquerait particulièrement les choses sans compter le fait que le rapport des forces politiques voudrait que ce soit un élu du Nord Isère qui conduise la liste départementale face à la fragilité politique de l’UMP dans l’agglomération grenobloise.




    Or, s’il paraît acquis que Fabien de Sans Nicolas sera dans les éligibles avec Michel Savin, cela fait déjà deux personnes dans les éligibles représentant l’agglomération grenobloise. Marie-Christine Tardy devrait dans ce cadre avoir des difficultés à conserver sa place car sa candidature serait de « trop » pour la représentation de l’agglomération grenobloise. A cela s’ajoute les ouvertures indispensables aux sensibilités de l’UMP si Michel Savin ne veut pas se faire attaquer sur le rassemblement qu’il n’aurait pas réalisé et la « nouvelle génération » qu’il priverait de l’existence voulue par les instances nationales de l’UMP…


    Dans ce schéma, plusieurs sortants au premier rang desquels MC Tardy, Maire de Meylan, seraient désormais en position très fragile. Les instances départementales devraient être reçues à Paris le 20 octobre pour déposer leurs premières propositions précises.


     


     


  • Est-il possible d’informer librement face à « ses financiers » ?

    L'Institut Harris – Decima vient de réaliser un sondage sur le plan Canadien de sauvetage des journaux. Les chiffres de cette enquête sont particulièrement préoccupants pour cette industrie qui subit une réelle désaffection et une chute considérable de son image de marque.

    Les jeux dangereux des relations entre l'information et les financiers ont gangréné la relation de confiance des lecteurs. Le rôle des annonceurs publicitaires est désormais officiellement revendiqué par des annonceurs qui établissent un lien entre leur marque et une ligne éditoriale. Dernièrement, face à Nice Matin, un élu local déclarait officiellement penser à retirer des annonces publicitaires si la ligne éditoriale ne changeait pas.

    Les Etats multiplient les aides discrètes. Quel est le prix de telles aides ? L'actuelle couverture du procès Clearstream est un exemple de la fluctuation des couvertures journalistiques. Le groupe Lagardère devient discret sur les auditions manifestement favorables à Dominique de Villepin par exemple. Le témoignage de JP Raffarin a été quasiment "boycotté" … France 2 revient à ses origines en étant le miroir des "invités officiels". Les journalistes n'opèrent jamais la moindre relance. Ce matin sur RTL un Ministre influent se posait lui-même les questions auxquelles il voulait répondre par la technique du "vous me demandez …" alors même que le journaliste n'avait pas évoqué ce point.

    La presse a manifestement un mal croissant à trouver son nouvel équilibre éditorial dans un paysage financier difficile qui la fragilise encore davantage.

  • Les rapports complexes entre les annonceurs, la presse et la politique

    La ligne éditoriale de Fox News devra-t-elle changer du fait de retraits d’annonceurs publicitaires qui refusent de cautionner les campagnes anti Obama conduites sur ce support d’informations ?


    Les supermarchés Waitrose viennent de publier un communiqué pour expliquer le retrait de tous leurs budgets publicitaires sur cette chaîne parce que le « contenu de certains programmes n’est pas conforme aux valeurs de notre marque« .


    Le retrait a été immédiat, général.


    Il fait suite à une campagne de boycott lancée par des sites Internet US qui ont engagé des campagnes en ligne appelant à boycotter les firmes qui resteraient sur Fox news. Campagnes désormais contrecarrées par des campagnes opposées appelant à boycotter les firmes retirant leurs publicités de Fox News.


    Cette radicalisation donne un éclairage particulier sur les relations entre les annonceurs, la presse et la politique.


    La France est loin d’une telle radicalisation pour le moment. Il suffit de prendre connaissance de la vidéo ci-dessous pour constater comment Arnaud Lagardère, patron d’un grand groupe de presse, refuse avec sourire de répondre à une question parlementaire importante pour constater que la « bataille des pouvoirs » est loin d’être engagée.


  • Starbucks Coffee et le « troisième lieu »

    Howard Schultz a créé en 1971 la chaîne Starbucks Coffee sur la base de la définition d’un troisième lieu qui s’ajoute au domicile et au travail.


    Cette idée a connu un succès considérable avant de rencontrer ces dernières années des difficultés qui ont imposé son retour dans « son » entreprise.


    Il vient de passer dernièrement en France en annonçant la « nouvelle génération » du troisième lieu comme espace de convivialité dans les centres urbains.


    Sa définition reprend beaucoup à la logique Française du « bistrot » de proximité. C’est assez étonnant de voir cette idée défendue par un tel chef d’entreprise au moment même où le « bistrot à la Française » quitte tant d’espaces péri-urbains ou ruraux. Le départ du boulanger, du bistrot ou de l’antenne de poste sont souvent l’étape vers une forme de désertification ou de vie moins collective.


  • 2010 sera hot

    Les relations entre crise économique et démocratie sont toujours éprouvantes. La première impacte toujours la seconde en mettant en péril son fonctionnement serein, apaisé comme si l’opinion aspirait, en période de crise économique, à une démocratie plus « musclée », populiste exprimant des formes de violences subies dans le quotidien.


    2010 devrait être l’année de la transparence. Les primaires US pour les élections du mid term commencent avec les vidéos « révélations » destinées à « mieux faire connaître » les concurrents. La semaine dernière, dans le camp Républicain, a été lancée la vidéo sur la « participation citoyenne » de Meg Whitman, ex CEO d’Ebay candidate à l’investiture pour le Parti Républicain dans la course à la fonction de Gouverneur. Elle est payée par … son concurrent Républicain. L’ambiance est déjà « sportive » à 12 mois du vote.



    Une même transparence devrait s’appliquer à la mode selon les salons qui viennent de se dérouler. Une transparence poussée parfois assez loin lors des défilés récents à l’exemple de cette vidéo qui fait un tabac sur le net. La « transparence politique » a encore du retard au moins en terme de nombre de visites sur les vidéos … alors de là à changer de style de transparence ?


    Entre tout savoir et tout voir, à chacun de faire son choix. 2010 s’annonce une année très hot.


  • Hervé Morin et la guerre en Iran

    Les déclarations de Wesley Clark ont de quoi mériter la réflexion. Ce militaire est une référence tout particulièrement pour les Démocrates. Il a tenté d’obtenir l’investiture en 2004 et à l’époque son franc parler a été un handicap.


    C’est ce franc parler qui mérite l’attention puisqu’il vient d’annoncer pas moins qu’une opération militaire contre les logistiques qui posent problème en Iran serait une « opération pratique pour l’Occident » car l’Iran serait actuellement un tigre de papier avant que …


    Il est surprenant que cette déclaration publique ne suscite pas davantage de commentaires.


    Sur le fond, cette perspective semble mériter un examen sérieux.


    Mais sur la forme, une telle initiative changerait radicalement les actuelles situations politiques dans les principales démocraties concernées. Barack Obama ne pourrait plus subir de reproches sur le thème de « la garde baissée qui fragilise la sécurité nationale ». En France, les régionales de mars 2010 se dérouleraient dans une ambiance d’union nationale qui s’impose dans de telles circonstances. En Grande-Bretagne, Brown retrouverait un espace politique …


    Pour tant de raisons, ce dossier mérite une attention vigilante.


  • Clearstream : une journée importante à suivre en direct sur 2villepin

    Voilà maintenant près de 5 ans qu’il est question du web 2.0 (ce terme a pour la première fois été utilisé en 2004 lors du Web 2.0 Summit).


    Le web 2 .0 était le terme utilisé dans les années 2006/2007 pour décrire un changement majeur dans les usages de l’Internet avec déjà un temps plus bref d’information, une logique accrue de participation et surtout une diffusion à destination des particuliers.


    Maintenant, il est question de la nouvelle génération qui est celle de médias sociaux qui sonnent moins “informatique” à l’oreille. C’est le temps de l’information en direct : le real-time.


    Les conditions de couverture de son actuelle procédure offrent un rendez-vous exploratoire particulièrement réussi.


    Dominique de Villepin est le premier responsable politique Français à prendre un tel parti pris de l’immédiat.


    C’est techniquement le prochain défi de cette nouvelle génération d’Internet.


    Si vous voulez suivre en direct le déroulement de ce mercredi avec son audition qui apportera toutes les clarifications nécessaires, il vous suffit de vous connecter sur le site 2villepin par le lien suivant : 2villepin

  • Karl Rove fait-il école actuellement en France ?

    Obama.mp3

    Karl Rove fut le conseiller le plus proche de GW Bush. Toutes ses actions ont été entourées d'une réputation sulfureuse car il s'était spécialisé dans les "coups tordus" ou les méthodes de manipulation.

    Il a créé lui-même sa légende en se vantant de son premier "coup" dès l'âge de 20 ans. Dans l'Illinois, il arrive à se faire accepter comme un supporter par un candidat démocrate. Une fois admis dans le premier cercle, il dérobe du papier à en-tête. Il publie alors un tract sur ce papier à en-tête qui annonce des réunions publiques avec "filles et bière gratuite". Il distribue ces invitations dans les quartiers les plus délicats. Les marginaux et clochards abondent. Le candidat démocrate ne peut plus tenir une réunion publique …

    Plus tard, il va inventer la technique du push polling. Il s'agit de poser des questions biaisées lors d'un sondage pour faire passer des messages par la question et non pas par les enseignements de la réponse.

    En 1994, il commande un sondage qui, parmi les questions, comporte la question suivante : "voteriez-vous toujours pour Ann Richards pour le poste de Gouverneur du texas en sachant que son équipe est entièrement composée de lesbiennes ?".

    En 2000, il reconduit méthodiquement son système lors de la primaire républicaine en organisant par exemple un sondage qui contient la question suivante "voteriez-vous pour McCain si celui-ci s'était rendu coupable de trahison durant la guerre du Vietnam ?".

    Puis il en fut de même en 2004 contre Kerry …

    La bataille entre les faiseurs d'opinion et l'opinion est aujourd'hui très inégale tant les techniques de manipulations ont évolué à l'exemple du push polling. Un guide pratique vient de lister ces techniques, exemples pratiques à l'appui.

    Il est à craindre que certaines d'entre elles ne restent plus à l'écart de la vie politique Française : Présentation du guide pratique

  • L’opinion esclave

    « Les réalités ne plaisent pas. Alors changeons l’opinion » …: cette formule n’est-elle pas le résumé le plus fidèle de la situation actuelle. Tout est organisé pour que la prime soit au bruit et non plus à la raison. Il s’agit de résoner et non plus de raisonner.


    La façon dont l’opinion est actuellement baladée est probablement un fait sans précédent.


    La crise financière sera résolue par la limitation du bonus des traders. Le sauvetage de la planète dépend de la taxe carbone de la France. Le G 20 vit au rythme des pensées Françaises… Voilà quelques exemples du climat intellectuel qui sévit actuellement dans des conditions qui ne résistent à aucun examen sérieux. S’il n’y avait pas toute la puissance de tir de la pensée officielle pour oser de telles « réductions », personne ne s’aventurerait d’ailleurs sur de tels chemins.


    Heureusement, il y a encore quelques personnalités qui veillent à réserver à des considérations techniques et à une forme d’expertise les places qui doivent être les leurs pour traiter sérieusement certains dossiers. C’est le cas de Claude Allègre dont le dernier livre mérite une lecture attentive. Il a le courage d’insister sur quelques réalités qui, un jour ou l’autre, devront bien être reconnues.

  • La vraie rupture conduite par Nicolas Sarkozy : la priorité aux effets

    Même ceux qui n'ont aucune sympathie pour le Chef de l'Etat doivent reconnaître qu'il y aura une vie politique française avant la Présidence Sarkozy et une vie politique après cette Présidence. Il y a une "génération Sarkozy" qui cherche à déchiffrer ses techniques et manifestement à les reproduire.

    Ce qui paraît l'élément central de cette "génération", c'est la priorité donnée aux effets et à une communication par la pure annonce. En 20 ans, la vie publique française est passée d'un extrême à l'autre. Hier c'était des gestionnaires qui concédaient des efforts pour ne pas froisser l'opinion. Aujourd'hui, ce sont des "sondeurs d'opinion" qui concèdent quelques mesures à la gestion.

    En réalité, la gestion de l'opinion occupe tout leur esprit avec 4 étapes qui relèvent d'une méthode désormais bien rodée :

    1) l'enquête d'opinion avant toute annonce de décision. Il n'y a pas une annonce qui n'ait pas fait l'objet d'une enquête préalable.

    2) La répartition des tâches : le Président garde toutes les annonces positives et les autres autorités ministérielles se chargent des annonces plus clivantes à l'exemple de F. Fillon aujourd'hui dans le JDD.

    3) Quand une orientation est incontournable, la perspective est délibérément noircie. Ce fut le cas pour EDF. L'opinion entend parler de 10 % d'augmentation des tarifs par an sur 3 ans. Quand l'augmentation finale est de 3 %, elle devient presque … une baisse par rapport au projet initial d'augmentation. C'est la même technique pour le forfait hospitalier aujourd'hui. Il fut question de 20 € par jour. L'opinion enregistre presque comme "bonne nouvelle" que l'augmentation soit le passage à 18 €.

    4) Quand la décision est délicate, il y a 3 batteries offensives. Tout d'abord, les commentateurs officiels qui positivent. Ensuite, les sondages qui viennent à l'appui pour provoquer un réflexe "légitimiste" des indécis appelés à se ranger du côté de ceux qui font la majorité. Enfin, ultime défense, l'argument selon lequel l'opposition ne ferait ni mieux ni autrement.

    Ce système de gestion de la décision publique fait tâche d'huile bien au-delà des sensibilités politiques.

    Il reste à savoir si la crise ne fera pas imploser cette méthode de "gestion". Pour l'instant, elle fonctionne avec efficacité. Parce qu'elle rassure aussi l'opinion qui manifestement ne veut pas encore regarder en face certaines réalités.