Denis Bonzy

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  • Dailymotion ou la nouvelle télé de demain

    Le temps quotidien des loisirs n’est pas extensible. La place de l’ordinateur face à la télé augmente et ce tout particulièrement parmi les jeunes générations.


    La gamme de choix via Internet est encore plus ample que le sprogrammes TV. Mais surtout, l’information est plus active. Chacun part à la recherche de son autonomie d’information composée des bonnes lectures comme des vidéos peu connues qui seront ensuite partagées avec sa communauté.


    Dans cette ambiance, Dailymotion vient d’annoncer une levée de 15 M€ avec ses partenaires financiers classiques que sont Partech et Atlas Venture. C’est le fruit de trois constats. Tout d’abord, Dailymotion occupe la place du n°2 derrière Youtube ; ce qui est remarquable. Ensuite, la progression de la fréquentation est considérable : 60 millions de visiteurs uniques par mois. Enfin, compte tenu de la tendance présentée en préalable, le modèle économique devrait progressivement se clarifier. Mais le marché reconnaît à terme la force des agrégateurs de contenus dont les contenus visuels.


    Ces agrégateurs vont occuper l’espace de liberté et de révélation à l’exemple de la vidéo ci-dessous de Dominique de Villepin. Une vidéo particulièrement bien réussie et qui montre la valeur ajoutée de tels sites face au formatage croissant des chaînes classiques de TV.

  • 19/10 : l’UMP va mal mais le PS va encore plus mal …

    La victoire hier de David Douillet est une réalité qui impose de regarder des faits en face.

    1) Il serait question d'un rejet de la "politique people" : réponse de l'opinion : elle en veut toujours plus. Le candidat "people" est parachuté. Il n'a aucune expérience de la politique. Il gagne.

    2) Les affaires de la rentrée devaient impacter le score de l'UMP : réponse du terrain : l'impact est très faible. Le PS a probablement été encore davantage impacté par les absences de décision de report du Modem et du Parti de Gauche en faveur du candidat PS.

    3) L'électorat attend de la morale et sanctionne les affaires : réponse du terrain : non. Dans ce dossier, la partielle fait suite à une condamnation pour un volet de corruption. Le parti politique concerné n'est pas impacté.

    Sur la conduite de campagne, les leçons sont doubles :

    1) La prime aux campagnes bulldozer. La justification est perçue comme le début du mensonge. Douillet a tracé sa route comme si tout le reste ne le concernait pas. La tactique est payante.

    2) L'offre politique n'est pas élastique. le choix se fait à partir d'une offre très limitée. l'UMP n'est pas le paradis mais le PS paraît parfois encore plus proche de l'enfer pour les électeurs. Tant que la situation reste sur ces bases, le pouvoir présidentiel a de beaux jours devant lui.

  • 18/10 : les élections partielles à fortes valeurs

    Ce jour, dans une circonscription d’Ile de France très à droite, une élection législative partielle a lieu. Normalement, le candidat UMP devrait être élu facilement. Trois hypothèses sont donc possibles. L’élection est largement gagnée par ce candidat. Cette situation signifie que l’électorat de droite n’a pas été perturbé par les difficultés de la rentrée. Deuxième hypothèse : l’élection est serrée. La faiblesse de l’écart traduira une érosion politique de la majorité présidentielle. Troisième hypothèse : la gauche gagne. Ce résultat traduirait la crise politique latente dans le pays.


    Certes, il sera nécessaire d’examiner le taux de participation. La bouderie d’un électorat aurait également une signification politique. C’est donc une partielle qui dépasse largement le seul enjeu local.


    Pour les Etats-Unis, à un an de l’élection de Barack Obama, il en est de même de l’élection pour la fonction de Gouverneur de Virginie. A ce jour, le candidat républicain dispose de 7 à 14 points d’avance selon les enquêtes. Il est certain que si la Virginie était conquise par les républicains, l’ambiance politique serait très impactée avant le lancement actif des élections du mid term.


  • 17/10 : et si les « vrais traders » étaient ailleurs ?

    Les traders sont devenus le symbole de la "rémunération disproportionnée". Les études techniques montrent qu'ils n'ont eu aucune responsabilité majeure dans la crise d'octobre 2008 qui relevait d'une logique systémique les dépassant amplement.

    Leurs rémunérations sont de fait indéxées sur une commission au résultat. Ces résultats reposent sur des formations élevées et une expertise indiscutable. La réalité du marché est telle que le trader qui ne performe pas connait la sanction la plus redoutable : le départ.

    Avec "talent", les responsables politiques ont jeté les traders à la vindicte populaire.

    Depuis l'audition du Directeur de Cabinet du Président de la République sur le budget de l'Elysée, les mistigris circulent. Pierre Giacometti est sur le devant de la scène avec ses supposés 43 000 euros nets par mois pour déchiffrer l'opinion pour le Chef de l'Etat. Ce chiffre n'est d'ailleurs probablement pas la réalité des budgets cumulés. Mais il montre que l'argent dans la politique française demeure un tabou.

    Cette situation se comprend car l'opinion franchirait une probable étape de crise si elle connaissait la réalité des salaires de ses élus locaux. Des spécialistes du "cumul discret" arrivent à des sommes rares dans le privé et surtout sans aucune proportion tant avec leur formation que leur niveau de travail.

    Les niches sont par exemple dans les remboursements des frais de déplacement, l'indemnité de représentation, le jeton de présence à une commission … Si la politique Française est aujourd'hui de plus en plus critiquée comme coupée des réalités, c'est qu'elle est accaparée par des professionnels de la politique qui parfois même n'ont eu aucune carrière personnelle en dehors de la politique. Par conséquent, comment pourraient-ils connaître un secteur qu'ils n'ont jamais "fréquenté".

    Si le mot "trader" devait désigner la disproportion entre la rémunération et le travail, il n'est pas sûr qu'il ait à s'appliquer d'abord aux salles des marchés financiers …

  • 16/10 : à la recherche des multi-conquêtes

    La revue Sciences Humaines de novembre consacre un article technique très intéressant sur les nouvelles techniques pour convaincre.


    C’est un sujet à la mode. La présentation de notre publication sur ce thème a déjà franchi le seuil des 2 000 visites sur la base de deux documents distincts.


    L’opinion a beaucoup changé. Pour l’essentiel, elle a éclaté et chaque groupe fonctionne de façon de plus en plus autonome consacrant de moins en moins de temps aux enjeux collectifs.


    Par conséquent, les méthodes classiques de communication doivent être modifiées. Les uns cherchent à imposer la communication par l’image à l’exemple de l’augmentation de la part des vidéos clips dans les campagnes US. Les autres tentent de mettre à profit les possibilités des nouvelles technologies pour s’adresser à des groupes « mieux sectorisés ». Une période d’adaptation à cette nouvelle donne est manifestement ouverte.


  • Où est l’esprit de mai 2007 ?

    La rentrée de septembre 2009 est particulièrement pénalisante pour la majorité présidentielle qui semble en plein naufrage.

    Les affaires se succèdent à un rythme accéléré. Les mesures difficiles sont légion. Les engagements présidentiels ne sont pas tenus. Mais surtout, le décalage entre les promesses de 2007 et les actes de septembre 2009 est consternant.

    Dès le premier semestre de son élection, le Président nouvellement élu avait surpris et choqué son électorat. A cette époque, la griserie de la victoire proche et le besoin de prendre ses nouveaux repères avaient été les excuses utilisées. Une fois cette période passée, tout devait "rentrer dans l'ordre".

    Alors comment comprendre l'actuelle période ? Rechute ? C'est l'ensemble d'un système qui semble à bout de souffle. Le pouvoir trop concentré a surexposé et vite usé. Derrière le leader, il n'y a pas de relève talentueuse. Bien davantage, une confusion généralisée des genres est apparue avec l'exposition excessive de collaborateurs présidentiels ou de simples membres de l'entourage.

    C'est l'ensemble d'un régime politique qui est à la recherche de lui-même car s'il est désormais commun de critiquer le Chef de l'Etat, il est tout aussi commun de constater que le transfert d'espoir n'a pas encore été opéré. Le pays semble en mal généralisé de leadership. C'est une situation étonnante dont il est difficile de prévoir à ce jour les conséquences pratiques comme les conditions et le calendrier de sortie.

  • Communication publique : le changement d’âge

    Sous nos yeux en ce moment, la communication publique connaît un réel changement d’âge.


    Cette évolution majeure est le résultat de nombreux facteurs. Tout d’abord, l’opinion guette la faute de comportement des décideurs. En France, ce climat conduit aux dossiers Mitterrand, Besson, Jean Sarkozy … Au Canada, c’est la recherche de « l’excès de pouvoir » à l’exemple des décisions sur des campagnes publiques de communication. En Grande-Bretagne, c’est le débat sur les remboursements des frais privés des Ministres. En Italie, c’est le feuilleton des frasques sexuelles de Berlusconi. Aux Etats-Unis, c’est la quête aux règles non respectées par les politiques ou leurs proches à l’exemple de la vidéo sur Maria Shriver qui conduit en téléphonant.


    Ensuite, cette demande peut compter sur des outils neufs que sont les nouvelles possibilités des téléphones portables permettant de prendre sur le champ une vidéo ou une photo. Chacun devient un paparazzi potentiel avec un cliché explosif.


    Enfin, cette demande intervient dans un contexte de « sentiment justicier » ou « vengeur » tant l’opinion a désormais le sentiment d’être manoeuvrée par les pouvoirs. Le mot manipulation est probablement le mot clef de cette rentrée de septembre 2009.


    J’ai eu plaisir à participer à la rédaction d’une publication qui, à l’aide d’exemples concrets, recense les principales méthodes mises en oeuvre ces dernières années avec parfois un succès considérable : comment sauver l’opinion face à 20 techniques de manipulations ?


     

  • UMP : le temps des godillots et des « cardinaux en costume »

    Des films, des chansons, des témoignages … en disent parfois plus qu'une étude technique sur l'état de l'opinion.

    De champion de l'impertinence quand il était challenger jusqu'en 2007, Nicolas Sarkozy est devenu celui de la pensée unique depuis qu'il est au pouvoir au point qu'il a été possible vendredi qu'un porte-parole de l'UMP puisse regretter que le Prix Nobel de la Paix ait été attribué à Obama et non pas à … Sarkozy.

    Le temps des godillots est de retour. Ou plutôt, c'est le temps des cardinaux en costume. Les godillots font référence à ce travers de la Vème République où les compagnons des temps difficiles constituaient la garde rapprochée des fondateurs de ce régime si particulier le défendant contre vents et marées au prix d'arguments parfois peu rationnels.

    Le temps des "cardinaux en costume" correspond bien à la présente période. Ce sont les nouveaux directeurs des consciences. Cette formule intègre assez bien les "doubles visages de l'Eglise", celui du discours et celui … des actes.

    Dans les discours, il devait y avoir la "France du mérite" ou le résultat par le travail. A 23 ans, les uns galèrent pour des stages professionnalisants pas rémunérés tandis qu'être "fils de" donne accès à une responsabilité très rémunératrice. Est-ce là la France du mérite ?

    Dans les discours, il devait y avoir le respect des militants, exemples merveilleux du bénévolat. Les listes pour les régionales sont constituées dans la "pénombre", sans appel public à candidatures, sans débat sur des projets et probablement sans … vote des militants.

    Dans les discours, il devait y avoir une équipe gouvernementale restreinte. Dans les actes, le fromage de la République voit se multiplier missions, nominations …

    La liste pourrait être longue de ces fossés entre les intentions d'hier et les réalités d'aujourd'hui.

    L'opinion acceptera-t-elle encore longtemps de cautionner ces fossés. Il n'est pas sûr que les cardinaux en costume servent efficacement le régime qu'ils prétendent servir.

  • Jean-Jack Queyranne et « le temps d’avance »

    Jean-Jack Queyranne vient d’installer la direction de campagne pour les régionales de mars 2010. Il s’agit d’une co-direction de campagne respectant la parité sexuelle.


    Il est désormais admis que sa campagne sera officiellement engagée le 19 octobre. Ce calendrier appelle trois commentaires.


    1) Dans la Région Rhône-Alpes, le PS prend manifestement un temps d’avance sur l’UMP. En effet, bon nombre de fédérations départementales n’ont pas engagé toutes les consultations nécessaires pour l’appel à candidatures, puis le débat sur le projet départemental de programme … Il y a là un décalage peu compréhensible.


    2) Ce décalage est encore moins compréhensible quand sont comparés les calendriers pour la reconquête de l’Ile de France et ceux des autres régions. En Ile de France, Valérie Pécresse va fêter son premier mois de campagne active. Pourquoi le calendrier bon pour la reconquête de l’Ile de France serait-il mauvais pour la reconquête des autres régions ?


    3) La logique de la liste unique de la majorité présidentielle ouvre un espace pour d’autres contributions. Dans plusieurs régions, il est désormais question de listes d’alternative libérale ou de société civile … ? Il est certain que la logique de la liste unique met au pied du mur une part importante de l’électorat présidentiel actuellement en contestation sans pour autant vouloir voter socialiste ou s’abstenir.


    NB : l’article sur l’UMP 38 a suscité de très nombreux commentaires. La fédération de ce mouvement fait l’objet de très nombreux messages avec des mentions que la légalité ne nous permet pas de publier. Les auteurs sont donc rappelés à davantage de modération et trouveront dans cette précision technique la raison de la non-publication de leurs commentaires.

  • L’UMP et la théorie du signal

    Dans le système des informations financières, de nombreux auteurs ont cherché à conceptualiser une théorie du signal. Quels seraient les indicateurs ? Les marqueurs du caractère sain d'une entreprise ? Ceux du début de difficultés ? Ceux de l'irréparable ?

    Cette théorie du signal s'applique-t-elle à la politique et que donnerait-elle dans les circonstances actuelles ?

    Des faits récents méritent l'attention technique :

    1) Sur un sujet aussi technique et inintéressant que Clearstream, des vidéos de Dominique de Villepin font plus de 120 000 visites en une dizaine de jours. Les chiffres sont publics et émanent d'un hébergeur extérieur sur une base mécanique incontestable (Daily Motion),

    2)  Sur le terrain, un Président de groupe parlementaire ( JF Copé) fait plus du double d'audience qu'un Ministre (C Estrosi) et ce dans la même géographie. Le 1er tient un discours critique dans des conditions permanentes en présence de représentants des autorités départementales de l'UMP qui applaudissent à tout rompre et de très nombreux parlementaires UMP. Il est même question de mobiliser tous les efforts pour la création d'une antenne départementale… Le second, "garant de l'orthodoxie", intervient dans un cadre moins chaleureux et en l'absence des parlementaires.

    3) L'hebdomadaire féminin par excellence (ELLE) consacre un article où l'une de ses journalistes vedettes expose avec humour ses fantasmes et ils concernent … Dominique de Villepin.

    4) Quelle récente mesure trouve grâce actuellement aux yeux de l'opinion ?

    S'il n'est pas encore possible de parler de retournement de l'opinion, c'est une situation qui mérite quand même quelque vigilance car les signaux ne manquent pas … loin des procès d'intention ou des simples clivages partisans.