Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • Le dernier week-end …

    Mardi, deux Etats Américains vont désigner leurs Gouverneurs : le New Jersey et la Virginie.


    Dans le premier, les deux candidats sont au coude à coude. Dans le second, Bob McDonnell (Républicain) a une avance considérable dans les sondages.


    Le dernier week-end est toujours l’occasion pour lancer toutes les forces dans la bataille pour mobiliser les électeurs, chercher à les convaincre.


    L’an dernier, à la même époque, c’était le dernier week-end avant l’élection de Barack Obama. La fin d’un parcours de deux ans pendant lesquels le candidat démocrate avait parcouru le pays dans tous les Etats comme le montre la vidéo ci-dessous datant d’août 2007. Le dernier week-end avant un vote historique.


  • Au début d’une terrible tourmente éthique …

    Jacques Chirac est renvoyé en correctionnelle. Un ancien Ministre de l'Intérieur est condamné à de la prison ferme. Les marchés d'armement passent sur le devant de la scène. L'influence des laboratoires sur la décision gouvernementale en matière de santé ne devrait plus tarder à provoquer le probable prochain scandale de première importance. Les dépenses des autorités de l'Etat sont passées au crible … La France est au début d'une terrible tourmente éthique. Pourquoi ?

    1) Parce que chaque crise économique exige encore davantage de vertu de la part des Gouvernants. Quand les fins de mois sont difficiles pour le très grand nombre, le respect des règles s'impose encore davantage pour ceux qui paraissent "protégés".

    2) Parce que la France, repliée dans l'hypocrisie, n'a jamais réglé sérieusement les questions de fond se limitant à une logique du bouc-émissaire qui permettrait à tous les autres de "continuer comme avant".

    3) Parce que l'information via Internet met fin à l'omerta. La conférence faite cette semaine par Robert Namias sur "la nouvelle information" était remarquable. Il fut 16 ans Directeur de l'information de TF1. Il a analysé l'impact d'Internet qui change entièrement les règles "élitistes" d'antan.

    Pour les prochaines élections locales, cette tourmente et cette transparence vont imposer une rigueur particulière dans les candidatures. Il sera difficile d'être un prétendant avec "des zones d'ombres" significatives car ce climat est l'assurance de l'explosion en plein vol. 

  • L’UMP 38 maillon faible pour la reconquête de Rhône-Alpes

    Xavier Bertrand devrait bientôt rendre visite à la fédération iséroise qui s'enfonce manifestement dans une crise toujours plus profonde.

    Dans les couloirs de la rue de la Boetie, il est beaucoup question de cette fédération qui, treizième Département de France, serait tombée à la … 97 ème place des adhérents. Une fédération qui, dans sa ville chef-lieu (Grenoble), compte pas moins de 3 groupes au sein d'une opposition municipale totalement éclatée pourtant composée de seulement 9 membres. Enfin, une décision de justice serait tombée fin 2008 concernant un membre de l'équipe départementale toujours en exercice comme si "de rien n'était" dans ce Département où l'opposition doit d'abord relever le défi de l'éthique. Des allusions à des dossiers "préoccupants" commenceraient à circuler sur certains noms parfois évoqués pourtant comme candididats à la candidature.

    Ces quelques éléments parmi d'autres plombent actuellement cette fédération dont la liste pourrait arriver en troisième position dans le scrutin départemental de mars 2010. Une liste où il faudra figurer parmi les toutes premières places pour penser pouvoir bénéficier d'une élection sécurisée.

    Ce Département est devenu un exemple caricatural de l'incapacité de l'opposition à organiser sa remise en ordre de bataille.

    De 1986 à 2004, la Région Rhône-Alpes, seconde région de France, paraissait solidement ancrée à droite. L'Ain, Les 2 Savoies, le Rhône, le Drôme, la Loire étaient des géographies "solides" pour la droite. En 2008, de nombreux passages à gauche sont intervenus dans l'Ain, dans la Drôme, dans la Loire avec la perte de St Etienne par exemple.

    Fin juillet, l'ambiance était à la reconquête dans l'immédiate foulée des Européennes. Début septembre, les pronostics devenaient plus modestes. Fin octobre, la morosité s'est installée. L'ambiance nationale est difficile. Mais surtout, localement, le défaut de leadership handicape les reconstructions. Tout est figé. Les rancoeurs sont installées, creusées, irréversibles. La mobilisation d'adhérents ne prend pas. Les perspectives de reconquêtes s'éloignent au moment où le PS semble disposer à présenter des candidats neufs appelés à bénéficier ultérieurement de l'onction régionale pour partir à la conquête des rares municipalités significatives qui lui font encore défaut.

    Probablement jamais l'écart n'a été aussi grand dans ce département entre les deux formations principales de la vie politique et ce depuis 1977.

  • Qui décide de l’information ?

    Face à une opinion de plus en plus autonome, la question importante devient progressivement la suivante : qui décide de l’information ?


    Aux Etats-Unis, Barack Obama livre un bras de fer atypique avec Fox News reprochant à ce réseau d’être un réseau d’opinion et non pas d’information. En conséquence, il refuse toute audience à un représentant de Fox News.


    Ici, la question de la composition de l’actionnariat des supports d’informations a été posée. Mais surtout, le dossier de l’identité nationale le démontre de façon caricaturale, est-ce le Gouvernement qui fait l’information ou est-ce les journalistes ? Est-ce le Gouvernement qui fait l’information en installant un sujet certes important (l’identité nationale) mais dont l’urgence d’actualité est modérée face à des questions comme la dette publique, l’érosion du pouvoir d’achat, la poussée du chômage, les difficultés d’insertions des jeunes …


    Le Gouvernement veut reprendre « la main » en plaçant l’actualité sur son terrain d’où ce choix. C’est une technique d’instrumentalisation de l’opinion qui est de plus en plus utilisée.

  • Internet devient un générateur de confiance

    L’IFOP a réalisé une enquête auprès de 1012 Français sur la base d’un échantillon représentatif face à 19 catégories d’achats.


    Internet est désormais reconnu comme un support informatif décisif dans la décision d’achat. C’est aussi le support qui porte le plus grand nombre d’informations. C’est le média le plus influent.


    Cette étude montre l’ampleur des redistributions de rôles qui impacte actuellement les médias.


     


  • Barack Obama et la guerre contre Fox News

    Barack Obama a engagé une guerre publique contre Fox News dans des termes qui rappellent ceux de Richard Nixon évoquant sa fameuse "liste des ennemis".

    Cette guerre a donné lieu à plusieurs déclarations très offensives des plus proches Conseillers du Président mais surtout le 20 septembre le Président Américain a boycotté ce réseau alors même qu'il accordait des entretiens à tous les autres réseaux.

    Certes, Fox News est très critique contre l'Administration Américaine mais est-il possible de se comporter ainsi contre un réseau d'informations ? La question anime le débat politique Américain.

    Pour l'instant, l'audience de Fox News a été boostée par cette querelle.

    Il n'est pas sûr que l'image de marque de la Maison Blanche soit gagnante à terme.

    Cet épisode est un résumé des problèmes rencontrés par le Président Obama face aux promesses du candidat Obama. Le premier ne résoud pas les problèmes quotidiens majeurs dont l'emploi. Il apparaît aussi beaucoup moins "cool" et novateur que les déclarations de campagne.

    Ces deux constats sont le socle de la désapprobation actuelle.

  • Dominique de Villepin ouvre l’après Cleastream

    Dominique de Villepin s’engage manifestement sur une route longue composée de plus de 900 jours nous séparant du 1er tour de la prochaine présidentielle.


    Pour avoir rencontré Dominique de Villepin le mardi 8 septembre 2009 à quelques jours du début du procès, je dois dire que le procès s’est déroulé exactement comme il l’avait alors indiqué. Cette procédure a permis à l’opinion de découvrir la vraie personnalité de ce serviteur de l’Etat (voir notre post du 10/09/09 : DdV et Clearstream). Elle a fait naître dans l’opinion un désir de candidature qui est la première étape vers toute démarche présidentielle crédible.


    La nouvelle étape doit être désormais celle du désir d’élection. Cette étape passe par le succès dans trois domaines :


    1) la reconnaissance de compétence : pour les deux fonctions qui incarnent le « vrai pouvoir » (Président de la République et Maire), cette étape est un point de passage obligé. Ségolène Royal avait buté sur cette étape en 2007 lorsque la cacophonie s’était installée parmi ses propositions. Dominique de Villepin ne devrait pas rencontrer cette difficulté.


    2) le rendez-vous des idées : les Français attendent du concret pour que leur vie quotidienne soit améliorée. Il s’agit de lutter enfin contre les véritables enjeux du moment : la dette publique c’est à dire les impôts de demain, l’érosion du pouvoir d’achat, la solidarité nationale face aux multiples accidents de la vie. Il n’y a rien à craindre en la matière, les propositions concrètes seront solides, imaginatives et réalistes. 


    3) Le rendez-vous de la logistique : sur ce point, avec l’aide de Brigitte Girardin et Jean-Pierre Grand, le réseau de DdV est probablement aujourd’hui le plus opérationnel face à la lourde machine UMP mais terriblement divisée sur les plans locaux par des rivalités internes irréductibles. M. Carignano a constitué un réseau communautaire de grande qualité, le meilleur à ce jour sur le plan national. Une équipe de blogueurs anime les réseaux avec une détermination exemplaire.


    Par conséquent, tout est prêt pour que cette nouvelle étape s’ouvre dans les meilleures conditions. Par votre participation personnelle, cette nouvelle étape peut encore gagner en efficacité. A cette fin, il vous est possible d’adhérer au Club Villepin et à Villepincom pour participer le plus activement possible.

  • Le FSI : fonds stratégique d’investissement ou fonds sous interventions ?

    Les relations entre l'Etat banquier ou l'Etat actionnaire et les règles de la vie économique ont toujours été "surprenantes". Le FSI n'échappe plus à ce constat.

    Créé début 2009 pour aider les entreprises à "passer la crise", il se devait au début de fixer sa doctrine d'interventions. 10 mois plus tard, la liste des interventions ne permet pas de voir la logique de critères clairs.

    Il y a d'abord les interventions annoncées et qui n'ont pas eu lieu encore à l'exemple d'Heuliez.

    Il y a ensuite les interventions qui ont été opérées mais cette liste relève davantage du "supercasino" multi-produits que de la cohérence d'un portefeuille habituel. Il y a du jouet (Meccano), Internet (Dailymotion annoncé hier), de l'Industrie …

    Et puis, il y a les interventions qui n'ont pas eu lieu. Quand ces dernières sont croisées avec les précédentes, la cohérence déjà inexistante disparaît totalement.

    S'il s'agissait d'un investisseur privé, parce qu'il travaillerait avec son argent, cette "incohérence" ne mériterait pas de commentaire. Il suffirait d'observer dans le temps le pourcentage du retour sur investissement.

    Mais là, il s'agit d'un investisseur public travaillant sur fonds publics. Par conséquent, il serait naturel que les critères soient publics, transparents et donc que les décisions soient cohérentes au regard de ces critères techniques.

    Comment faut-il interpréter l'absence de cohérence ?

    L'une des raisons peut résider dans le positionnement du FSI face aux interventions politiques. Serait-il le "bras armé" de décisions politiques prises sur la base d'autres critères que de simples critères techniques connus de tous . Au lieu de signifier "fonds stratégique d'investissement", FSI signifierait-il "fonds sous interventions" ?

    L'urgence de la crise a "bon dos". Avec le recul, les conditions de certaines décisions publiques pendant la crise pourraient revêtir des habits considérablement moins nobles que les belles déclarations de départ. Il est temps que le FSI s'explique publiquement sur ses critères d'interventions et leur application équitable.

  • Le nouvel engagement civique

    4 responsables politiques Français ont pris les devants en matière de nouvelles technologies : NKM, Royal, Hamon, Villepin.

    Pour autant, la vie politique Française n'est toujours pas dans la même division que bon nombre d'autres démocraties comparables. Progressivement, les nouveaux outils technologiques ont trouvé des fonctions complémentaires.

    Aux Etats-Unis, les politiques reconnus comme les plus en avance sont : Deval Patrick (Gouverneur de Boston), Gavin Newsom (Maire de San Francisco), Mark Warner (Sénateur Virginie).

    Pourquoi sont-ils en avance ? Parce qu'ils n'ont pas conçu tous leurs supports comme un contenant nouveau mais comme un nouvel engagement civique à base de conversations, de transparence, de visuels … donc un potentiel de nouveaux contenus.

    Début décembre, Le Meur organise le colloque annuel consacré cette année au real time web. Au-delà des supports, l'avenir appartiendra à celles et à ceux qui portent cette nouvelle culture de l'engagement civique :  la guerilla 2.0

  • Clearstream : les vrais pièges

    Clearstream est une procédure qui porte 4 pièges majeurs.

    Pour le Chef de l'Etat, son maintien dans la procédure ouvre la voie à ce que l'opinion puisse considérer qu'une décision de la justice ne soit pas une décision de justice. Le Chef de l'Etat est tombé dans ce piège et l'assume avec son aplomb habituel.

    Pour Dominique de Villepin, le piège c'est que son énergie soit scotchée à cette affaire. Le verdict de l'opinion est déjà tombé : c'est un procès politique. On ne connaîtra jamais la réalité. La politique n'est pas la "petite maison dans la prairie", des coups bas ont dû intervenir et ce de tous les côtés sans exception. Par conséquent, c'est un coup supplémentaire que l'un des camps puisse crier "allo maman bobo" comme tente de le faire le Chef de l'Etat. L'enjeu pour Dominique de Villepin c'est de consacrer son énergie à faire des propositions sur les dossiers qui intéressent les Français.

    Or, troisième piège, considérer que Cleastream intéresse les Français. La dernière enquête Ifop pour le JDD montre que Clearstream "intéresse" les Français à hauteur de 1 à 4 % selon les époques d'octobre 2009. Clearstream ne concerne pas le quotidien des Français. Les Français, en consommateurs de la politique, veulent d'abord des réponses à l'amélioration de leur quotidien.

    Quatrième piège, considérer que la place de l'éthique dans la politique soit réglée par Clearstream. La place de l'éthique dans la politique est plus indispensable que jamais. Cette éthique va de l'impartialité de l'Etat dans les nominations, dans les décisions jusqu'à la transparence de ses processus de décision comme la qualité de ses choix majeurs à l'exemple de la dette publique. Cleartream ne règle rien de ces sujets.

    C'est sur ces dossiers que Dominique de Villepin doit s'exprimer. Clearstream est un processus à rebondissements multiples probablement durables mais si vite oubliés.