Denis Bonzy

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  • Nicolas Sarkozy et Fatima avec sa burqa

    Fin septembre 2009, nous avons publié un guide sur 20 techniques de manipulations. Cette publication retrace 20 méthodes extraites d'expériences déjà mises en oeuvre notamment aux Etats-Unis et qui ont fonctionné avec succès : les 20 techniques de manipulation . Ce fut l'exemple de Joe le plombier dans les dernières semaines de la présidentielle 2008. Il interpelle Barack Obama sur un projet de taxe qui serait mis en oeuvre en cas d'élection de Barack Obama et annonce au candidat démocrate qu'il ne pourra pas voter pour lui parce que cette taxe compromettrait sa "petite entreprise". McCain vit un débat public entier sur l'exemple de "Joe le plombier". Quelques jours plus tard, après enquête, il devait s'avérer que Joe n'était pas plombier, encore moins responsable d'une TPE menacée par une taxe éventuelle mais … militant républicain et qu'il avait servi avec loyauté et efficacité un scenario imaginé par l'équipe de McCain.

    Nous n'avons jamais pensé que cette publication s'appliquerait aussi rapidement à la vie politique Française.

    Or, la France vit actuellement le même "cinéma" avec la burqa de Fatima. Sarkozy vient à la Chapelle en Vercors et il fait de "la burqa de Fatima" la nouvelle grande cause nationale. Il faut défendre Fatima contre tous les symboles de sa burqa.

    Qui croisons-nous le plus ?

    Vous rencontrez davantage Fatima et sa burqa ou Kevin et sa recherche du premier emploi ?

    Fatima et sa burqa ou Ginette et sa pension retraite qui ne lui permet plus de vivre avec confort ?

    Fatima et sa burqa ou Max et son impossibilité de reconversion ?

    La liste pourrait être longue.

    Alors pourquoi choisir Fatima ? Parce qu'elle incarne une peur qui pourra d'autant mieux être combattue qu'elle est déjà contenue de fait ? Alors que tous les autres sujets sont autant d'échecs déjà avérés ou en cours.

    C'est un exemple caricatural de manipulation mais, avec la docilité de médias à l'exemple du Figaro Magazine de cette semaine, même très grosse, la ficelle fonctionne.

    La France est entrée dans une démocratie en crise avec un hyper-président qui règne en maître, des ministres qui jouent les seconds violons, des députés qui font figuration. Même si cette situation est grave, il est pourtant probable que la sortie ne soit pas pour demain.

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  • La déroute de l’information

    Le Québec engage une étude sur "l'avenir de l'information et des médias au Québec dans le contexte de crise actuelle". Le cahier des charges pose toutes les bonnes questions : aides financières, critères, montants …

    La presse française est souvent donnée en exemple comme un secteur particulièrement sinistré en dépit d'aides financières étatiques considérables. Depuis le début 2009, 2 300 journalistes Français auraient perdu leur emploi.

    Partout la même question est posée : comment aider la presse classique qui est à la base de la pyramide de l'information ?

    Il faut aussi reconnaître que cette presse classique a sa part directe de responsabilité.

    En 1992, Carl Bernstein, célèbre journaliste qui contribua à faire éclater le Watergate avec Bob Woodward, avait effectué un point public dénonçant la détérioration du professionnalisme et de l'éthique des journalistes Américains.

    Il s'élevait notamment contre "la vénération des célébrités, la transformation des rumeurs en nouvelles, le sensationnalisme qui est un moyen d'occulter la réalité sociale". Et d'ajouter "nous créons une culture d'idiot. Le bizarre et le vulgaire deviennent nos normes culturelles".

    Depuis 1992, la situation s'est terriblement aggravée.

    Fondamentalement, qu'est ce qui est reproché aux médias Américains ?

    Tout d'abord, la confusion des styles entre la presse à scandales et le vrai journalisme s'est renforcée.

    Ensuite, cette confusion repose sur des indignations sélectives qui peuvent brutalement s'abattre sur un responsable politique et ignorer un autre que chacun sait pourtant frappé des mêmes "caractéristiques".

    Enfin, les journalistes "importants" monopolisent la parole pour échanger des propos convenus sur les sujets du moment.

    Ces travers ont créé un establishment médiatique qui multiplie les émissions superficielles, spectaculaires ou vulgaires coupées des réalités de la vie quotidienne. En effet, les mouvements internes frappent ce milieu comme si les postes étaient interchangeables : politiques, journalistes, publicitaires.

    Bernstein avait posé à cette époque la question de fond : doit-on être généreux pour ceux qu'on côtoie ou rigoureux pour ceux qu'on informe ?

    Et il expliquait que son enquête avait été possible parce qu'elle avait été conduite "loin du monde enchanteur des riches, des célèbres et des puissants".

    La déroute de l'information n'est pas seulement le fait de la concurrence de nouveaux supports. Elle résulte aussi de pratiques qui ont dangereusement désacralisé ce métier qui est l'un des socles des régimes démocratiques.

  • Les talonnettes de Rocky

    Le débat politique Français est tombé largement en-dessous de zéro. Mais surtout, il est tombé dans le travers d'une extrême gravité : l'intolérance. Tout est asséné. Rien n'est débattu et encore moins démontré.

    C'est le règne de l'invective permanente au point qu'il peut même être question de demander un "droit de réserve à des écrivains". Cette formule pose deux questions :

    – comment peut-elle être imaginée ?

    – comment peut-elle être sérieusement formulée ?

    Si elle est imaginée et formulée, c'est que la situation actuelle est "sans limite". Une nouvelle génération d'élus s'est installée. Elle est bien résumée par le syndrome des talonnettes de Rocky. Au début des années 80, Sylvester Stallone devient une star internationale : Rocky puis Rambo sont alors les caricatures des patriotismes revanchards. Dans la "vraie vie", Stallone mesure plusieurs dizaines de centimètres de moins que son épouse d'alors mannequin danois. Il adopte deux mesures dès qu'il est aux côtés de ce mannequin : les talonnettes et l'obligation pour son épouse de fléchir le corps en permanence.

    Le problème avec cette "génération" dans la vie politique française sans expérience professionnelle personnelle en dehors du carrièrisme courtisan, sans volonté de défendre une certaine dignité du débat d'idées loin des populismes éphémères, ce n'est même plus le dos qu'ils font rapetisser chez les autres mais l'esprit tout entier. Le plus pathétique, c'est que finalement, ils peuvent aussi constater qu'il n'y a pas que les mannequins danois qui acceptent de courber l'échine pour sauver les apparences et rester en couverture des papiers glacés. Triste période.

  • Les nouvelles bulles spéculatives

    La semaine dernière, Nouriel Roubini, économiste à l'Université de New York, a publié dans le Financial Times un article annonçant les prochaines difficultés liées à de nouvelles bulles spéculatives.

    Le 7 septembre 2006, cet économiste avait décrit le déroulement, point par point, de la future crise des subprimes.

    Aujourd'hui, selon lui, de nouvelles bulles spéculatives ont vu le jour dans des conditions qui ne peuvent que conduire à de très graves difficultés.

    A la Bourse de Taïwan, les valeurs des actions représentent 100 fois les bénéfices des sociétés, 90 fois en Australie contre 13 fois à la Bourse de Paris.

    La liquidité mondiale n'a jamais progressé aussi vite. A Hong Kong, sur les seuls 10 derniers mois, la spéculation immobilière a repris de plus belle : le prix des maisons à progressé de + 28 % en moyenne.

    Pour cet économiste, la reprise est trop tôt, trop vite et surtout monte trop haut dans des pays émergents notamment asiatiques qui mettent en place de nouvelles bulles spéculatives financières et immobilières dans des conditions qui ne devraient pas tarder à poser de nouvelles difficultés majeures.

  • La culotte ou … le vertige

    Les débats publics Français sont de plus en plus déconnectés de la vie quotidienne. En réalité, il y a deux domaines différents : la culotte ou le vertige.

    La culotte symbolise tout ce qui attrait au sexuel. Là, pas de problème, l'audience est au rendez-vous. Les repères sont simples. Les codes sont bien établis : des photos ou vidéos suggestives avec un titre "graveleux chic". Tout le monde comprend vite, achète, en redemande.

    Pour le reste, le décrochage entre l'information et la vie quotidienne est sans précédent au point de donner le vertige.

    L'emprunt : qui aurait l'idée de lancer un emprunt sans connaître le montant et l'objet ? Imagine-t-on un citoyen se rendre chez son banquier pour lui dire "je veux emprunter. Je vous donnerai le montant après. Pour ce qui concerne l'objet, il en sera de même". C'est pourtant la "logique" adoptée par le Gouvernement dans le "grand emprunt".

    Le montant des enquêtes d'opinion : ce n'est pas le montant qui compte mais le décrochage des moyens financiers entre la majorité et l'opposition. Le chiffre des 3 millions d'euros n'est qu'une probable petite partie car il faudrait ajouter Matignon, l'Intérieur et l'UMP … pour avoir une réelle connaissance du coût global.

    Les grèves dans les services publics : hier la pagaille sur Paris a été historique. Pour certains modes de transports, un support par heure au lieu d'un support tous les 4 minutes d'ordinaire. L'été 2007, il fut question du service minimum. Qu'est-il devenu ?

    Les impôts : les hausses sont considérables au niveau des collectivités locales qui ont recruté ces dernières années dans des conditions qui battent tous les records des pays comparables. Mais les chiffres précis ne sont pas arrêtés dans des conditions de nature à permettre un véritable débat public.

    Sur tous ces sujets comme tant d'autres, les questions de bon sens sont pas ou peu posées. Un cercle médiatico-politique interchangeable s'est installé progressivement totalement déconnecté de la vie de tous les jours. Des remarques élémentaires ne sont plus formulées. L'indulgence pour la corporation qui se fréquente l'emporte sur l'exigence dont devraient bénéficier ceux qui ont le droit d'être informés.

    C'est un décrochage qui est lourd de conséquences. Il a de quoi donner le vertige tant il devient impossible de s'y retrouver dans le flux des informations accessoires.

     

  • Scandales politiques : retour à la une

    Toutes les démocraties modernes sont exposées à un retour à la une des scandales politiques.

    Au Canada, ce sont les dépenses politiques qui sont passées à la loupe. Le moindre voyage, une dépense de restauration … dans l'exercice d'une responsabilité publique donnent lieu à un examen détaillé.

    En Grande-Bretagne, ce sont les transferts de charges domestiques sur les remboursements publics qui font l'actualité de même que les frasques sexuelles de responsables politiques.

    Idem en Italie avec le passage au scanner de la vie sexuelle de Silvio Berlusconi mais aussi maintenant d'autres leaders politiques ou de hauts fonctionnaires.

    Aux Etats-Unis, avec le lancement des élections du mid term, c'est toute la vie privée des candidats qui peut être exposée ; ce qui dissuade d'ailleurs certaines personnalités à devenir candidates.

    La France prend le même chemin. Pasqua agite le spectre du "grand déballage" ; ce qui est déjà un scandale en soi que de penser qu'un responsable public puisse avoir connaissance d'irrégularités non sanctionnées. Frédéric Mitterrand avait ouvert la boîte aux scandales intimes. Pasqua agite ouvertement la boîte des affaires au "fric particulièrement sale". La France se met donc dans la course aux scandales.

    Deux raisons à ce climat généralisé :

    – la crise exige davantage de vertu que les temps faciles pour tous qui permettent davantage d'indulgence,

    – mais surtout, faute de clivage idéologique, l'opinion doit bien trouver des marqueurs pour faire la différence. L'exposition aux scandales devient l'un de ces marqueurs.

  • Françoise Grossetête, élue député européen de l’année dans le domaine de la santé

    C’est une députée Française qui a reçu cette distinction à l’issue d’un vote de l’ensemble des députés européens.


    Françoise Grossetête voit ainsi ses travaux sur la maladie d’Alzheimer être récompensés par ses pairs. C’est la récompense méritée de longs travaux pour installer la lutte contre cette maladie parmi les priorités européennes.


    Françoise Grossetête a été désignée pour conduire la liste UMP aux régionales de mars 2010 dans la région Rhône-Alpes. Une région importante qui compte de nombreux fleurons économiques nationaux à l’exemple de la société Mérieux qui est une référence internationale en matière de santé (voir vidéo ci-dessous de M. Alain Mérieux).

  • Le chiffre qui compte le plus : 67 %

    Cette semaine apporte une vague de sondages particulièrement importante. La crise politique est consommée. La défiance est installée. le mécontentement est élevé. Et pourtant, quand il faut passer aux intentions de votes, le niveau du Président sortant reste élevé comparativement aux autres indicateurs de mécontentement.

    Il y a une raison simple : personne ne capitalise le transfert. En effet, 67 % des Français considèrent que l'opposition ne ferait pas mieux que Nicolas Sarkozy.

    En dehors de Nicolas Sarkozy, c'est le scepticisme généralisé comme s'il n'y avait pas d'autre offre.

    Ce chiffre est d'ailleurs très stable depuis mai 2007 puisqu'il n'est jamais descendu en dessous de 61 %.

    Ce chiffre montre aussi les déficits de l'actuel débat politique qui s'est structuré autour d'une offre unique. La demande est mécontente mais elle s'est résignée à une offre unique.

    Tant que cette situation perdure, les conséquences durables du mécontentement politique sont faibles puisqu'il n'y a pas d'offre alternative perçue comme existante. C'est le meilleur bouclier pour la majorité présidentielle.

  • Google lance en France son portail d’informations locales

    Hier, Google a annoncé le lancement de son portail d’informations locales pour la France. Ce dispositif était déjà lancé aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, en Allemagne.


    Les internautes vont pouvoir ajouter une rubrique locale à leur page d’accueil personnalisée en indiquant soit le nom d’une ville soit un code postal.


    Google modèle son algorithme pour détecter un article qui concerne ce référent géographique et il apparaitra dans cet espace.


    C’est une révolution considérable d’information à terme puisque la logique du site agré&gateur de contenus va s’appliquer aux informations locales. Le vent de liberté qu’Internet a fait vivre sur le plan national va désormais s’appliquer au local.


    Nous reviendrons prochainement sur les applications concrètes de cette évolution.


    Actualité : conformément à plusieurs demandes, voici ci-dessous le texte du discours prononcé le 27 octobre par Dominique de Villepin à la Maison de l’Amérique Latine :


     


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  • Barack Obama : créateur de mode ou créateur de valeur ?

    Il y a un an, Barack Obama entrait dans les dernières 48 heures décisives avant son élection.

    La véritable innovation de la campagne 2008 de Barack Obama, c'est le parti pris d’idéal.

    C’est l’axe stratégique de la campagne 2008 de Barack Obama.

    Le choix fort a été ensuite, grâce à des outils, d’offrir de s’associer à cet idéal pour le transformer en idéal commun. Ces outils ont «vendu de la relation».

    Mais Barack Obama a d’abord «vendu de l’idéal» y  compris par la force de son propre cursus personnel mais bien au-delà par le symbole de tous ses grands projets.

    Les outils ont permis de bâtir l’adhésion du grand nombre à cet idéal puis de s’affirmer comme une «marque».

    Parce qu’on adhérait à la campagne de Barack Obama, on montrait que l’on partageait une vision et des engagements. Ce faisant, il a probablement annoncé le renversement d’une tendance qui condamnait l’idéalisme au profit du réalisme. Il a annoncé la «conscientious living», c'est-à-dire un style de vie mesuré qui est la recherche de sens.

    C’est la fin du consumérisme ostentatoire (style de vie «bling bling»).

    La campagne Obama a démarré comme créatrice de valeur. Par son succès, elle est devenue créatrice de mode. Au moment où elle est devenue créatrice de mode, les «premiers engagés» ont d’ailleurs mal vécu la perte de leur différenciation initiale.

    Les rencontres avec les acteurs de la première heure étaient très significatives. Ils exprimaient presque une forme de regret d’être désormais suivis par tant de personnes. Ils s’estimaient dilués, dépassés. La marque distinctive initiale était en voie de disparition.

    Par conséquent, toutes les approches qui consistent à analyser la communication de Barack Obama comme la mobilisation de réseaux communautaires, l’émergence d’un style de «cool attitude» qui rompt avec l’image classique du pouvoir … nous semblent passer à côté de la vraie vague de fond : répondre à la soif d’idéal comme rencontre entre un engagement personnel et une mobilisation collective.

    C’est le moment où la politique vient à la rescousse de la vie ; ce qui explique d’abord la mobilisation militante puis celle civique du vote.

    Ce nouvel esprit est l’enjeu de tout candidat qui entend tenter de conduire une campagne sur le style de celle de 2008. La course est ouverte.