Denis Bonzy

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  • Dominique de Villepin et l’éthique de la terre

    Cool, sans cravate, Dominique de Villepin est allé rencontrer des éleveurs dans le Département de l’Yonne. L’occasion pour lui de montrer son attachement à la terre, à la profession agricole et aux terroirs.


    L’ancien Premier Ministre voit dans le travail de la terre le sens de tous les travaux sérieux : le professionnalisme dans la durée.


    La profession agricole incarne à ses yeux l’excellence à la Française.


    Enfin, les terroirs sont l’expression de la richesse qu’est la diversité.


    C’est dommage que les médias n’aient pas davantage relayé ce déplacement car il montre Dominique de Villepin sous un jour qui compte puisque c’est celui de la réalité de son tempérament comme de ses priorités : aider ceux qui luttent pour exercer un travail souvent pénible et défendre les professions qui font la richesse des territoires avec d’abord l’amour du travail bien fait sans tomber dans les tentations des gains faciles.


    Mais l’absence de couverture médiatique a aussi du bon. Elle permet de constater que Dominique de Villepin mène sa campagne de proximité « avec l’éthique de la terre », le sens des réalités, loin des projecteurs. Il va à la rencontre des Français pour dialoguer les « yeux dans les yeux » de la vraie vie de tous les jours avec simplicité et volonté d’écoute.

  • Crises : jusqu’à quand la prochaine ?

    La notion de crise est familière à la nature humaine. Tout notre fonctionnement collectif vise à prévenir les crises, les circonscrire, les maîtriser, les surmonter.

    Ce sont des périodes où l'ordinaire cède le pas à l'exceptionnel.

    Mais depuis quelques mois, c'est l'état de crise qui est devenu ordinaire sans perspective de sortie comme l'atteste le sondage BVA publié ce jour (64 % des Français ne croient pas à une sortie de crise).

    La vraie crise est d'abord celle d'une fracture entre les élites politiques et la vie quotidienne d'une majorité de l'opinion.

    Il suffit d'entendre les discours des uns et des autres pour juger de l'ampleur du fossé.

    La vraie crise est là. 

    Cette gravité se manifeste par la répétition des crises au point qu'on attend toujours la prochaine tant les sujets sont désormais nombreux et importants :
    – financière avec le poids de la dette publique que l'opinion intègre désormais comme le prochain rendez-vous incontournable,
     - économique avec une installation de la précarité et d'une réelle paupérisation,
    – sociale avec le dossier des retraites sans cesse repoussé,
    – de représentation politique avec des partis de contestations qui progressent,
    – internationale avec une économie toujours très fragilisée,

    Toutes ces formes de crises reposent sur une crise plus grave qui est celle de la représentation politique qui connaît depuis 30 ans une crise permanente qui s'est dangereusement amplifiée :
    – crise de la participation avec une poussée significative des abstentions,
    – perte de crédibilité du Parlement sans vrai pouvoir,
    – crise des partis politiques qui ne recrutent plus,
    – banalisation des scandales avec un sentiment croissant d'irresponsabilité,
    – érosion considérable de la vraie assiette politique de chaque pouvoir qui au 1er tour représente désormais moins d'un cinquième des suffrages exprimés,
    – une présidentialisation du régime conduisant à une concentration considérable des pouvoirs mais sans contrôle.

    La France ne peut plus ignorer durablement ces réalités. L'opinion le ressent avec une certitude croissante.

    La IV ème République est morte de l'instabilité gouvernementale. Les Institutions de la Vème République furent alors présentées comme " l'action dans la démocratie ". Qui peut encore parler d'action mais surtout qui peut parler de "démocratie" tant le fait majoritaire a changé la donne ?

    C'est bien une crise de régime qui est désormais traversée par notre pays. C'est cette réalité qui angoisse parce qu'elle dénote l'ampleur des réformes incontournables et particulièrement difficiles.

  • 2012 : la course des challengers se clarifie

    DdV 12 10 09 Les prochaines élections présidentielles seront celles du style.

    Les vainqueurs seront ceux qui auront été capables de briser les barrières des " coutumes politiques " pour faire naître leur style c'est-à-dire leur personnalité avec ce qu'elle apporte de différent, de nouveau, voire de fantaisie.

    Comment y parvenir ?

    En laissant au placard les " vieux habits des campagnes électorales " et en substituant de la couleur, de l'âme, du plaisir ; bref du tempérament et surtout de l'authenticité.

    Les campagnes vont se jouer à un  niveau plus émotionnel que rationnel.

    Mais surtout, au-delà de ce socle, il importe de constater que le style ne peut être le même selon les circonstances rencontrées et qu'il doit être travaillé en fonction des étapes de vie d'une campagne électorale.

    Trois " temps de vie " appellent des profils différents de personnalités.

    Le temps de crise produit la super-personnalisation avec le retour en force du sérieux qui sécurise.

    Le temps de croissance forte favorise un profil d'arbitre.

    La période de "croissance douce" ouvre la porte aux " copains du quotidien ".

    Nous traversons une indiscutable période de crise. Les prochaines campagnes seront donc marquées par une personnalisation poussée à l'excès.

    Derrière cette personnalisation se cachent trois enjeux.

    Tout d'abord, recréer les bases d'une nouvelles confiance. Le vrai séisme des années 90 c'est la chute généralisée des piliers classiques de la société. C'est le manque de confiance de tous côtés. Nous ne croyons plus en ceux qui nous gouvernent mais pas davantage aux entreprises, à la religion, à la médecine, à la publicité, aux valeurs familiales…Tout s'est écroulé et fracassé en mille morceaux.

    Ensuite, trouver les bases d'une nouvelle simplicité. Tout est devenu trop compliqué, trop incertain à l'exemple des actuelles controverses sur le "vaccin de la peur". Il faut redonner de la visibilité et de la lisibilité comme nouveau dispositif d'orientation collective.

    Enfin, réhabiliter le sens du concret mesurable. Dans l'actuelle perte d'orientation, c'est à la fois le sens qui fait défaut mais aussi le concret mesurable qui tend à disparaître.

    Dans cette course, quatre challengers se détachent actuellement.

    Dominique de Villepin incarne le chevalier contre les épreuves : bravoure, panache, vertu. Se transformera-t-il en mousquetaire défenseur de tous et pas seulement des grandes causes ?

    François Hollande représente la force tranquille : il mérite la confiance et sait gérer avec sérieux. Mais disposera-t-il de cette touche de charisme qui séduit ?

    Martine Aubry se positionne de plus en plus en Simone Veil de gauche : mère courage porteuse de principes claires. Mais ne sera-t-elle pas trop taciturne à la longue ?

    Daniel Cohn-Bendit apparaît comme le troublion talentueux qui s'interdit aucune nouveauté. Ce sens de "l'interdit d'interdire" ne choquera-t-il pas lors d'une provocation de trop ?

    Pour les autres, le jeu s'est compliqué. Les quadras sont à la peine. Ségolène Royal s'est marginalisée progressivement par des polémiques trop fréquentes et surtout trop banales.

    La course commence à sélectionner ses concurrents principaux.

  • Grenoble : le tome 2 de « secrets de pouvoirs » arrive

    Le premier tome concernait la période des conquêtes (1982 à 1994).

    A cette époque, l'opposition locale de 1982 gagne toutes les élections locales et renverse totalement l'équilibre des pouvoirs dans le Département de l'Isère. Affiches_livredb

    A compter de 1995, la dynamique se retourne. En mars 1995, le PS regagne la Ville de Grenoble. En mars 2001, la majorité départementale perd le Conseil général de l'Isère.

    Comment expliquer cette inversion des rapports de forces politiques ? Quels ont été les acteurs majeurs de cette période ? Leurs priorités ?

    Telles sont quelques-unes des questions abordées par ce tome 2. 

  • Les gouvernants sans le peuple

    La France est le pays qui compte les prélèvements publics les plus élevés. C'est le pays qui, dans le même temps, compte également une dette publique record. Avec ces deux records, elle en ajoute un troisième : pour des actions vitales, elle doit faire appel à la générosité populaire. Ainsi, les restos du coeur lancent cette semaine leur 25 ème campagne face à une demande qui a augmenté de 14 % l'an dernier et le prochain week-end c'est toujours la générosité populaire qui fera l'objet d'un appel pour une cause de santé publique. Le 4ème record, c'est que les trois premiers puissent être "oubliés" au point de donner des leçons de bravade à la terre entière.

    Dans de telles circonstances, cette gonflette médiatique a une part d'indécence.

    Vouloir intervenir comme donneur de leçons à l'international à ce point quand les sujets intérieurs sont d'une telle gravité est un choc culturel étonnant.

    Que révèle-t-il ?

    1) Le décrochage total entre le pouvoir et la vie quotidienne. Le premier ignore les réalités de la seconde.

    2) L'acceptation de la "fatalité" pour ne pas vouloir changer des situations intolérables sur des sujets d'une telle gravité : manger, se soigner, se loger.

    3) Le détournement de confiance : 2007 a vu la naissance d'une parole d'élection qui marquait une réelle rupture avec beaucoup d'habitudes. La déception n'en est aujourd'hui que plus grande. Ce week-end, l'UMP a fixé comme ambition collective le gain de quelques régions face à la débacle de 2004. C'est le choix du plus petit échec comme perspective de … victoire. L'argument se profile : "on a moins perdu en 2010 qu'en 2004".

    Ces réalités traduisent une situation inquiétante : les gouvernants sans le peuple.

    Le divorce est acté. Il n'y a plus la volonté de changer des conditions élémentaires de vie. Il y a même une acceptation expresse de l'impopularité comme si gouverner devait être en France une épreuve dans le drame ; ce qui est un comble dans une démocratie. Cette réalité traduit surtout que quand des gouvernants oublient le peuple à ce point, ce dernier n'oublie pas de changer de gouvernants.

  • Les habits neufs de la centralisation

    Le conseil national de l'UMP hier est une caricature de la situation actuelle. Il est le résumé de la culture dominante du moment au sein de la majorité présidentielle : une centralisation sans précédent.

    Centralisation de la désignation des candidats : dimanche dernier dans l'après-midi, à l'Elysée, des ultimes arbitrages auraient été rendus.

    Centralisation du profil des candidats : la France est l'un des rares pays modernes où la qualité de Ministre laisse, en pleine crise, la disponibilité pour mener campagne électorale loin de son Ministère et des arbitrages quotidiens.

    Centralisation des thèmes de campagne : il est imposé une campagne nationale loin des identités régionales.

    Centralisation des formations politiques : au prix parfois de procédures stupéfiantes, toutes les formations sont fondues dans une seule et même offre. Dans Rhône-Alpes, un élu Nouveau Centre appartenant à Lyon, dernièrement élu sur Lyon au titre du Parlement Européen est parachuté tête de liste dans … l'Ain. Voilà comment le Nouveau Centre prétend incarner la "nouveauté en politique" …

    La France est le seul pays à vivre une telle centralisation des pouvoirs. Comment expliquer ce phénomène ?

    1) Les caractères sont de moins en moins nombreux dans la politique Française qui, par exemple, en 30 ans, a vu son Ministre de la Défense passer de Bigeard, para exemplaire sautant dans la cuvette de Dien Bien Phu, à … Morin, éleveur de … chevaux.

    2) La professionnalisation fragilise aussi. Bon nombre d'élus n'ont pas d'autre "carrière" et par conséquent la perte d'un mandat devient matériellement dramatique. Il faut d'ailleurs ajouter que pour bon nombre d'entre eux très peu de filières professionnelles leur assureraient une rémunération analogue à celle du cumul des indemnités de leurs mandats politiques …

    C'est un pays sans contre-pouvoir qui voit le jour progressivement.

    Le fait majoritaire paralyse le Parlement. L'autorité judiciaire est fragilisée notamment par son manque de moyens humains et matériels. Les médias sont en crise d'audience et de recettes. La fonction de Premier Ministre s'apparente à celle d'un chef d'etat major. La liste est longue des manifestations comme des facteurs d'une centralisation caricaturale.

    Alors même que la modernité devrait être le souffle de la diversité, du débat, du pluralisme, de la liberté ; la France est tombée dans une unicité généralisée. Ils sont "un" : un seul pouvoir au sein de l'exécutif, une seule formation politique, un seul programme même pour des élections dites locales … Une situation étonnante et inquiétante.

    Aucune tête de contestation ne doit dépasser. Il est ainsi de plus en plus question d'une note interne qui, lors des voyages présidentiels, imposerait que toute manifestation soit "hors d'oeil et hors d'oreille" présidentiels. Les opposants devraient être tenus à distance pour que le Chef de l'Etat ne les voit pas et ne les entende pas …

    La docilité des professionnels de la politique fait que leur "souplesse d'échine" n'impose même pas une telle disposition dans les rangs politiques qui ont plus vite compris que l'opinion plus rebelle.

    Il n'y a pas que le réchauffement climatique qui mérite un examen attentif. Ce "climat politique" là mérite aussi une réflexion prioritaire.

  • Dominique de Villepin et le défi de la « campagne Amélie Poulain »

    L’opinion post-crise est en train de naître. Cette opinion sera le creuset culturel de la prochaine présidentielle. Au début des années 2000, la croissance économique avait fait naître une nouvelle génération : les dirigeants d’avenir. Leur culture était dans le mouvement, dans l’énergie, dans la volonté. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » résume bien cette époque : une sorte de loi naturelle où celui qui veut peut. Mais la crise est passée par là.


    Cette crise a désormais trois visages principaux : l’économie, l’environnement, la santé.


    L’économie rappelle que les réalités n’acceptent pas durablement le prix de la tricherie (les bulles spéculatives) et le réveil est alors très douloureux pour le grand nombre qui paye les frais du cynisme de quelques-uns.


    L’environnement pointe l’urgence de préparer les vraies prochaines guerres de demain : la relation entre l’usage des territoires et les ressources naturelles.


    La santé inquiète car l’opinion sent confusément qu’elle échappe à des défis mais les santés-séismes se rapprochent.


    Ces circonstances seront celles de la prochaine présidentielle.


    Elles connaissent pour l’instant 4 profils de compétiteurs :


    – le pouvoir sortant qui incarne le passif mais surtout la sécheresse de coeur du pouvoir. C’est probablement ce dernier volet qui sera le plus difficile à expliquer pendant la campagne car l’échec est intégré comme une donne naturelle. Mais pourquoi cette ambiance de sanctions, d’exclusions, de ruptures entre les composantes de la communauté nationale ?


    – les nostalgiques du passé lisible (partis extrêmes) avec des droits acquis solides qui vivent en permanence dans le refuge de l’histoire comme s’il était encore possible de fondre le temps actuel insaisissable et le temps contrôlé passé,


    – le candidat de la relance du parti (PS) pris en sandwich entre les générations, entre les doubles responsabilités : parler aux militants pour gagner la primaire tout en parlant à toute l’opinion pour faire un bon score de premier tour …,


    – le réparateur de vies : c’est le probable creuset de la campagne qui peut créer la surprise sur des bases nouvelles. Dans cette logique, il s’agit de faire vivre une ode à la « vie à la française » faite de diversité de territoires et d’adaptations douces. C’est une nouvelle générosité dans un esprit de fraîcheur qui ouvre des initiatives nouvelles. C’est le retour à l’essentiel de la vie face aux fragilités actuelles. 1995 avait été l’émergence du réparateur de fractures sociales. 2012 peut être l’année du réparateur des fractures de vies.


    Loin des rapports de forces de partis, la victoire présidentielle a toujours appartenu au candidat qui a su prendre la vague culturelle du moment. Une nouvelle vague se prépare manifestement.


  • Dominique de Villepin et les barrières brisées

    Remarquable déplacement de Dominique de Villepin à Toulouse. Tous les participants s’accordent à reconnaître la métamorphose de ce quinquagénaire qui n’a pas seulement bonne mine mais aussi le souffle de l’espérance.


    Trois barrières ont été manifestement brisées.


    La première est celle de la distance. Il est aujourd’hui proche, accessible, attentif, respectueux des avis les plus divers, humain. C’est une réalité qui est loin de l’imagerie classique qui collait au tempérament de celui qui fut d’abord pendant plusieurs années au premier poste de service de l’Etat au Secrétariat général de la Présidence de la République.


    La deuxième barrière est celle des circonstances. Notre pays est au debut de la crise économique et des conséquences sociales qui en découlent. Tous les chiffres dont les plus récents en matière de chômage montrent qu’il y a « le feu à la maison ». Les chiffres donnés hier par le Directeur des Etudes de la Fondation Abbé Pierre en matière de logements donnent le frisson tant le drame est profond. La France est installée dans la crise. La chance de Dominique de Villepin est actuellement d’être à l’écart des pouvoirs, vivant la réalité avec un petit cercle de proches qui savent ce que vivre un effort signifie, ce qu’économiser signifie, ce que faire appel à des aides bénévoles signifie. Cette leçon du terrain est le meilleur anti-corps contre les « grosses têtes » coupées des réalités. Voir travailler Mme Girardin et M. Carignano est un retour au vrai militantisme c’est à dire à la force de la valeur des convictions.


    La troisième barrière est celle des dossiers. Il n’y a plus d’intervention de Dominique de Villepin qui n’intègre pas d’abord la dimension humaine. Il n’est plus seulement question du dossier de l’emploi mais de la tragédie humaine de l’exclusion économique. Il n’est plus question du dossier du logement mais de la perte d’identité car comment être soi sans toit ?


    Nous assistons actuellement à un parcours politique original qui correspond à une tranche de vie originale de son auteur.


    Aucune présidentielle n’a répondu aux pronostics initiaux. Les seconds tours prévus serrés ont été larges (2002, 1995, 2007). Les premiers tours joués ont été ouverts (2007 et Bayrou, 1995 et J. Chirac, 1974 et VGE).  


    Nous assistons actuellement à l’émergence d’une tendance qui pourrait bien réconcilier les Français avec une dimension humaine et essentielle de la Présidence comme vitamine de cohésion et non pas d’affrontements, de réalité et non pas d’annonces, d’esprit d’équipe dans la diversité et non pas d’exercice solitaire du pouvoir.


    La montée de nouveaux clivages culturels donc politiques est probablement en train de naître pour fonder les conditions de la vraie sortie de crise.

  • Environnement : le règne de l’information-spectacle

    A quelques jours de Copenhague, tous les effets médiatiques sont mobilisés pour donner le sentiment que le temps de l’action est engagé.


    C’est d’abord le temps de la démesure et surtout celui du passif.


    Le temps de la démesure car le tour du monde orchestré par des responsables gouvernementaux Français aurait pu commencer par un tour de … France quand l’Union Européenne dénonce 60 grandes villes Françaises qui ne respectent pas les normes européennes de qualité de traitement des eaux usées. Sans le moindre retard sur son arrogance internationale, la France part expliquer aux autres ce qu’il faut faire … sans l’avoir fait avec succès sur son propre territoire dans un domaine essentiel.


    C’est surtout le temps du passif. Aucune mesure structurante sérieuse n’a été engagée alors même que dès 2004 des techniciens exposaient le détail des problèmes à venir à partir d’études datant de … 2001. Rien n’a été fait pour tirer les conséquences pratiques de cette réalité de faits et de chiffres pourtant très significatifs à l’exemple du rapport ci-dessous.


    Il n’existe pas de fatalité à la condition que les responsables politiques sortent du fort Chabrol de l’annonce. Un temps important a été perdu. Le vrai défi de Copenhague est là.


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  • Les Français vivent moins bien

    Début 2009, 13 500 foyers ont été sondés pour une étude réalisée par la société LaSer à partir d'un panel TNS Sofres. Les résultats de cette étude ont été publiés hier. 30 % des Français jugent que leur niveau de revenu ne leur permet pas d'être "à l'aise" et ils considèrent que leur situation sociale s'est détériorée.

    Les enquêtes complémentaires vont toutes dans le même sens :

    – le patrimoine moyen des foyers Français (immobiliser, placements, assurance-vie …) est en baisse de 6 % par rapport à 2007,

    – les statistiques bancaires sur les conditions de découvert traduisent une forte détérioration,

    – le recours croissant au mal-endettement explose et les statistiques de demandes de valorisations dans les crédits municipaux battent des records …

    Le mandat du "gagner plus" s'annonce comme celui du "vivre moins bien". Il est étonnant que ces chiffres et que ce sujet majeur soient marginalisés actuellement. Cette situation traduit le décrochage entre l'action officielle et la vie quotidienne de chacun. Les conditions de traitement de la crise économique vont probablement donner lieu dans le temps à des appréciations très sévères sur les actions menées.

    Les conditions techniques d'interventions du FSI ne répondent à aucun critère public, transparent, cohérent. Le plan 30 000 logements de soutien à l'immobilier aurait donné lieu à 7 000 logements aidés dans le cadre d'une enveloppe financière globale d'un potentiel de 10 000 logements soit le tiers du montant de l'annonce et le dixième du montant des dossiers déposés. Là aussi, quels ont été les critères de choix ? Dans les Chambres professionnelles concernées, il est beaucoup question de rumeurs sur des parts considérables au profit de Bouygues et de Nexity …

    C'est peut-être la première fois à ce point que les chiffres et les critères publics sont aussi absents d'un débat public. Dernier exemple en date : le nombre des personnes vaccinées contre la grippe A. A ce jour, il y aurait 305 000 personnes vaccinées soit une moyenne de 3 000 personnes par Département ; ce qui est très faible. Les informations sont alors données sur les pourcentages de progression des effectifs vaccinés. Comme l'assiette de référence est zéro par définition, il n'y a pas grand risque à pouvoir exposer des pourcentages en forte progression … Mais dans le même temps, il n'y a aucune information sérieuse, claire sur la question de formulaires à signer pour s'engager à aucune action ultérieure ou sur des circulaires très péremptoires dans des administrations "hiérarchisées" comme la gendarmerie ou l'Armée …

    Ce divorce progressif entre la vie quotidienne et les discours officiels s'installe comme la composante majeure de l'actuel mandat. Mais les faits et les chiffres sont têtus. Ils sont là et cette réalité s'imposera à un moment ou à un autre de façon incontournable.