Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • La nouvelle communication publique

    Top 6 : la nouvelle communication publique ou l'art pour détourner l'attention : la vie publique Française est entrée dans une nouvelle ère de communication à l'écart de la vie de tous les jours. Les grands sujets sont ignorés. Le droit de suite sur les dossiers majeurs est laissé aux vestiaires. La communication publique vit sa vie comme si elle avait renoncé à s'intéresser aux sujets du quotidien…

    (suite…)

  • Les qualités de Tim Geithner

    Top 7 : la politique économique Américaine : aux Etats-Unis, les élections se jouent d’abord sur la situation économique et tout particulièrement le niveau de l’emploi. Depuis janvier 2009, Tim Geithner, comme Secrétaire d’Etat au Trésor, incarne le pragmatisme de la nouvelle Administration. Cette administration récuse la sécheresse du jeu libre du marché mais définit des conditions d’interventions de l’Etat Fédéral qui sont claires en contrepartie des financements fédéraux alloués. Les parlementaires procèdent à des auditions musclées, investiguent. Tim Geithner s’est identifié à cette nouvelle politique économique. Certes, cette situation l’expose mais en contrepartie il libère une réelle marge de manoeuvre pour le Président.



     


    Flop 7 : à l’opposé de la situation ci-dessus, la France occulte tout débat de fond sur la situation économique. Le nombre des chômeurs a augmenté de + 22 % au cours de l’année civile 2009, ce qui est considérable. Les outils d’interventions de l’Etat n’ont pas fait l’objet de discussions publiques sérieuses. Bien malin qui pourrait énoncer les critères d’interventions du FSI ? Le tissu des PME et des TPE est durement exposé depuis l’été 2009. Les conditions du « sauvetage bancaire » n’ont fait l’objet d’aucune mission de contrôle ultérieur. La France traverse la crise économique dans un esprit de sauve qui peut individuel surprenant qui restera avec le recul l’une des caractéristiques particulières de la crise d’octobre 2008. 

  • La fête des Lumières à Lyon

    Top 8 : la fête des lumières 2009 à Lyon : réussite hors du commun pour ce temps fort qui attire désormais plusieurs centaines de milliers de personnes à la grande joie notamment des commerçants.

    Flop 8 : la volonté d’exclusion des militants qui anime les partis politiques Français : pas un parti n’a voulu trouver des bases modernes de participation en dehors de la simple contribution financière. Il est donc facile dans ces conditions de comprendre la désertion militante qui les frappe. Rien n’est effectué pour changer sérieusement cette situation qui permet une moindre concurrence interne et le partage « entre amis et initiés » des places sur les listes tout particulièrement. Le thème de la démocratie interne est passé de mode.


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  • Michel Destot et le lycée de la Vallée de la Gresse

    Nous mettons en ligne le n°6 de notre lettre d’information. Pour en prendre connaissance, il suffit de cliquer sur une page. Elle apparaît alors en version plein écran apte à la lecture.


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    Top 9 : le quartier de Bonne à Grenoble. Jean-Louis Borloo a décerné plusieurs prix nationaux à ce nouveau quartier au titre de son Ministère de l’Environnement. Une réalisation qui intervient à un moment où le Maire de Grenoble est désormais libéré à la fois des Verts qui n’appartiennent plus à la majorité municipale mais aussi de toute opposition municipale au sein de son Conseil puisque cette dernière est fractionnée en plusieurs groupes au sein même de l’ex-dernière liste de mars 2008.

     


    Flop 9 : le lycée de la vallée de la gresse : décembre 2007, pas un tract pré-électoral dans la périphérie sud de Grenoble sans la mention de la « priorité absolue » en faveur de cette construction. Décembre 2009, aucune avancée d’aucune sorte sur ce dossier. Les engagements d’élections n’engagent parfois que ceux qui acceptent de rester crédules. Les actuels élus du Canton de Vif ont beaucoup perdu en crédit avec un tel décalage entre les intentions et les actions. Dommage !


  • Rétrospective 2009 : les 10 top et les 10 flop : André Vallini et l’UMP 38

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    Le top 10 est attribué à André Vallini et à la pause fiscale dans l’Isère une année sans élection. Cette volonté tranche avec la logique du mistigri dans laquelle de trop nombreux élus sont engagés se réfugiant derrière le moindre argument pour continuer une fuite en avant fiscale.

    Le flop 10 est attribué également à ce Département mais à l’UMP 38 qui a défini un nouveau fond de cale en juin 2009 lors des européennes : 21, 2 % dans la Capitale du dauphiné et 24 % pour l’ensemble du Département. Par rapport aux européennes de 2004, c’est une chute de près de 9 points sur Grenoble et de 7 points sur le Département par rapport aux réserves des composantes politiques de cette liste. Un record historique !

  • Copenhague ou les limites de la « communication armageddon »

    Sur le plan étymologique, le terme "armageddon" est employé pour qualifier une catastrophe planétaire, l'apocalypse.

    C'est la technique mise en oeuvre depuis l'été 2008 pour réhabiliter la politique présidentielle française.

    La Georgie fut le premier épisode. L'ex-bloc de l'Est était alors supposé sombrer dans la guerre. Puis ce fut la catastrophe bancaire où les épargnants étaient supposés perdre le fruit d'une vie de labeur. Puis ce fut l'Iran au printemps 2009 avec la perspective de la troisième guerre mondiale pour mettre un terme au nucléaire iranien. Puis, ce fut la grippe H1N1 et on imaginait les salles d'hôpitaux prises d'assaut pour l'équivalent de la "grippe espagnole" d'antan. Puis ce fut Copenhague et le sauvetage de la planète face au réchauffement climatique. Et demain …?

    Cette logique trouve progressivement ses limites ne serait-ce que par la répétition des catastrophes éventuelles.

    La limite nait surtout du fait que pour l'opinion la catastrophe n'est plus pour demain et ailleurs mais qu'elle intervient ici et tout de suite : le chômage, le pouvoir d'achat, la précarité, le logement … autant de dossiers de la vie quotidienne sans la moindre amélioration.

    Ce décrochage fait apparaître tout le reste comme manipulation.

    En réalité, ce système de communication est victime de trois facteurs.

    1) La diminution de l'indépendance d'esprit. La soif de grandeur notamment matérielle a emporté l'autonomie d'analyse pour laisser place à une logique de répétition.

    Les professionnels du commentaire sont de moins en moins nombreux. Ils occupent tous les fronts : hebdomadaires, radios, TV.

    L'essentiel du commentaire tourne actuellement sur moins de 20 noms pour un pays tous médias confondus. Ils s'auto-confinent à un jeu de rôles au contenu bien ajusté.

    Second phénomène, la place croissante admise pour l'irréflexion. Tout n'est que répétition et parfois dans des conditions d'une pauvreté affligeante tant la préoccupation n'est pas de délivrer un message mais de relayer la parole officielle.

    Quelques exemples récents :
    " le grand emprunt vise à effectuer des investissements pour l'avenir et ce volet d'avenir le justifie donc ". A-t-on déjà vu un emprunt lancé pour financer des investissements du passé ?
    " on est sorti de la crise mais la reprise est laborieuse ". Qu'est une "reprise" si elle ne se différencie pas significativement de la crise ?

    La quasi-totalité du discours gouvernemental repose sur des affirmations vides que le moindre "innocent indépendant" dénoncerait avec facilité.

    Le troisième phénomène est celui la généralisation de la "vie d'illusion".
    La politique est vécue comme un festin de mots relevé d'un doigt de formules. Mais la réalité est absente de ce festin.

    La réalité est celle d'un pays qui ne bouge pas, qui ne se réforme pas, qui ne progresse pas. Les chutes de la première neige bloquent les routes nationales dans les mêmes conditions chaque année. Les priorités se succèdent à un rythme effréné comme si la suivante était supposée remplacer la précédente non réglée dans les faits.

    Le décrochage est intervenu entre l'opinion et les acteurs de ce système de communication. Le danger naîtra lorsque la colère succédera à la déception qui, elle, existe déjà.

    L'interrogation porte désormais sur le calendrier.

    C'est peut-être là le véritable "phénomène armageddon" ?

  • vers une nouvelle exception Française ?

    La période actuelle voit progressivement la naissance d’une nouvelle exception Française : une comédie permanente sans prise sur les réalités.


    Prenons quatre exemples récents.


    Le 17 décembre, le patron d’un grand groupe industriel est reçu sur plateau TV à une heure de grande écoute. De quoi est-il question ? De la crise économique ? De la reprise ? Des mutations de l’édition ? Aucun de ces sujets « accessoires » n’a trouvé grâce aux yeux des journalistes comme du patron en question. Dans un rire permanent de grande complicité, des questions portent sur des couvertures de magazines et le point de savoir si l’intéressé a couché avec un joueur de tennis (voir vidéo ci-dessous).


    Second exemple : la décision de l’AMF dans le dossier EADS. Que traduit-elle ? La France dispose d’analystes financiers hors pair qui décident de vendre tous en même temps des actions d’un groupe sans savoir qu’il s’apprête à traverser des moments difficiles qui vont faire chuter le cours. Avec des financiers d’un tel talent, comment comprendre que le pays puisse être confronté à une crise de quelque nature que ce soit ?


    Troisième exemple : Julien Dray. Pendant des mois, il fut question d’une affaire qui mêlait des comptes qui auraient dû être étrangers et imperméables. Les sommes en question sont très élevées. L’objet des dépenses concerne des frais purement privés et futiles : des montres de collection. A quelques jours de Noël, sans élément nouveau, le dossier est dénoué par un rappel à la loi, procédure originale qui s’apparente à une petite fessée publique.


    Quatrième exemple : Copenhague. Pendant des mois, une campagne publicitaire a proclamé « il n’y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à le faire ». Quels « petits gestes » ont été invités à faire les Français pour donner l’exemple pendant le sommet de Copenhague ? Aucun puisque Copenhague c’est l’enjeu que la France porte en dehors de son territoire où là l’enjeu est … l’identité nationale.


    Il est rare de trouver de tels décrochages entre la réalité et la version officielle. C’est le politique show permanent qui évite de s’attaquer aux problèmes de fond. Pendant encore combien de temps cette nouvelle exception française peut-elle durer ?


  • La révolution Obama en route (10/10)

    Ce jour de clôture du sommet de Copenhague, je termine la présentation des 10 personnalités qui ont marqué la politique de l’environnement ces dernières années.


    Bien entendu, cette sélection est très subjective même si elle a visé à retenir des tendances structurantes.


    Cette subjectivité affecte le choix d’aujourd’hui. Et pourtant, même à l’écart de tout sentiment partisan, je demeure convaincu que Barack Obama est le leader qui peut le plus faire pour l’environnement dans les prochaines années.


    Il occupe cette place par la conjonction de trois facteurs.


    Tout d’abord, il défend en priorité tout ce qui rassemble. Cette pédagogie de la conviction positive par l’adhésion est la meilleure, voire même la seule possible.


    Ensuite, il incarne une indiscutable pensée plus universelle que celle des habituels responsables politiques US. Ses discours de Philadelphie, du Caire notamment sont des visions de fond avec lesquels il est possible d’être d’accord ou pas mais qui ont le mérite d’exister.


    Enfin, sur des sujets comme la santé ou l’environnement, il est en avance sur l’opinion. Sa faculté de séduction est telle qu’il arrivera à faire progresser l’opinion.


    La rivalité Obama / Sarkozy n’existe que dans la pensée française. L’un est à la tête de la première puissance du monde tandis que le second veut faire croire qu’il « sauve la planète » quand son pays est paralysé par trois centimètres de neige, que l’électricité peut tomber en panne pour des régions majeures, qu’aucun débat de fond n’est mené à bien dans des conditions sérieuses, que les stations Françaises font tourner les canons à neige depuis 10 jours, que la taxe carbone est abandonnée pour les routiers avant d’être mise en exercice…


    Il faut beaucoup de complaisance ou beaucoup de dépendance aux médias Français pour rester à l’écart des observations de leurs collègues étrangers. Il est vrai que désormais, la crise des finances des médias fait que le véritable rédacteur en chef est le …comptable et que ce dernier ne veut en aucune manière se fâcher avec le moindre annonceur publicitaire classique ou potentiel…


    Après la réforme de la santé et dans le cadre de la reprise économique que les Etats-Unis vivront en premier, Barack Obama aura des choix majeurs à effectuer en matière d’environnement.


    S’il les effectue, la donne changera. Il faut neutraliser l’année 2010 car année des élections du mid term qui vont radicaliser les positions des uns et des autres. 2011 sera le véritable test en la matière.


  • Moveon.org ou le nouveau combat pour l’environnement (9/10)

    Moveon.org marque une double évolution dans la défense de l’environnement :
    1) il ne faut pas changer la politique de l’environnement mais le système,
    2) le levier pour ce changement, ce n’est pas le Pouvoir mais le citoyen.


    MoveOn est une association dont l’action repose sur deux postulats :
    – le citoyen est toujours plus important que l’élu. C’est le citoyen qui est à la base de tout. C’est lui qui fait et détient le pouvoir,
    – pour que le citoyen puisse exercer convenablement ses droits, c’est-à-dire se prononcer en totale connaissance de cause, il doit être « averti ».


    Le « citoyen averti » est à la démocratie ce que le « consommateur averti » est à la consommation quotidienne.


    C’est celui qui sait déchiffrer les fausses promesses, poser les bonnes  questions, ne se laisse pas piéger par les annonces racoleuses…


    Mais comment construire « un citoyen averti » ?


    Sous cet angle, c’est simple. Il s’agit d’abord de dénoncer les « complots du concurrent ».


    Il s’agit ensuite d’appliquer la « publicité comparative ».


    En ce qui concerne la notion du « complot », l’axe consiste à  dénoncer publiquement les comportements qui portent atteinte à la considération des consommateurs ou des citoyens.


    Les premiers pratiquent alors le boycott des produits désignés pour cibles.


    Les seconds votent contre les candidats ou contre les responsables qui ne respectent pas certaines valeurs.


    Aux USA, cette logique crée une véritable dictature du consommateur ou du citoyen et malheur à l’entreprise ou à l’élu qui entre dans le collimateur de groupes de pression.
    Cette clameur est d’autant plus redoutable qu’elle ne vise pas toujours à établir une stricte matérialité des faits mais à convaincre que le vrai est révélé.


    C’est la différence entre « l’objectivement probable et le subjectivement certain ».


    Dans une époque qui se dit scientifique, la place de ce que le groupe social croit vrai n’a probablement jamais été aussi grande.


    Le réel importe moins que ce qu’on croit qu’il est.


    Là réside tout le danger et toute la perversité des campagnes de MoveOn.


    Elles constituent une structuration du corps social et le rendent ensuite quasi imperméable à des considérations plus objectives.


    Pour conduire cette information, MoveOn recourt à la « publicité comparative ». De nombreuses comparaisons peuvent intervenir en politique.
    Il est ainsi possible de comparer :
    – les déclarations et les actes,
    – les bonnes intentions et les votes,
    – les chiffres officiels et des statistiques d’autres sources,
    – les résultats d’un Etat et ceux des voisins,
    – les résultats d’une période donnée et ceux d’une période antérieure,
    ….


    C’est la reconnaissance qu’une élection est d’abord le refus d’un candidat plus que le vote positif en faveur de l’un des prétendants. Cette reconnaissance est loin d’être évidente puisqu’elle malmène sévèrement l’égo des candidats.


    La victoire de Barack Obama en 2008 est peut-être aussi l’oeuvre de Moveon.org qui a mobilisé son maillage et la motivation de ses volontaires qui voulaient impérativement tourner la page de l’Administration Bush.


    Moveon.org est probablement la structure annonciatrice des grandes mobilisations collectives pour des causes ponctuelles dont l’environnement.


  • Brigitte Girardin et le succès de Villepincom

    Le réseau social Villepincom fête son 1er trimestre de fonctionnement puisque lancé le 15 septembre 2009.

    Les proches de Dominique de Villepin ont été les premiers à organiser un bouquet aussi cohérent d'offres via Internet.

    Le Club Villepin, présidé par Brigitte Girardin, a son site Internet. Mais à côté de tous les satellites habituels (facebook …), il a lancé un réseau social : Villepincom. Girardin 18 09 09 Cette initiative est coordonnée par M. Christophe Carignano.

    Ce réseau social fonctionne désormais de façon dense : plus de 4 000 membres actifs. Les groupes de travail se multiplient.

    C'est un espace démocratique d'expression en veillant à ce que la liberté d'expression ne produise pas des débordements préjudiciables.

    Ce qui est intéressant dans cette démarche, c'est un triple pari.

    Tout d'abord, le choix de la vie par le terrain : les membres ont totalement investi cet outil de relations. C'est le site qui mobilise le plus de bénévoles liés en aucune manière à des permanents de partis politiques ou de collectivités. C'est le premier réseau citoyen en nombre et en production.

    Ensuite, le choix du contenu : sa Présidente entend faire naître du terrain des propositions concrètes. Ce réseau incarne le premier "militantisme Internet" à ce point.

    Enfin, le choix du style : sobre. Il représente une approche "SVM" (soyez vous-même) qui tranchera probablement dans la candidature de Dominique de Villepin face à la "génération sarkozy" du tout-image.

    Les excès et les ratés de ce tout-image qui se multiplient actuellement quotidiennement vont peut-être installer un nouveau climat de "non communication" avant de retrouver un juste point d'équilibre.

    C'est une initiative à suivre de façon très attentive car elle s'est installée avec succès dans le paysage de la communication publique en suscitant les échanges et les effets d'entraînement sur des bases quantitatives désormais significatives.