Denis Bonzy

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  • Que font concrètement les villes françaises pour l’environnement ?

    Le Canada est actuellement très mobilisé par la publication du classement WWF des villes qui ont déployé des efforts concrets pour lutter contre les changements climatiques.

    Vancouver est la grande gagnante devant Toronto. Le réseau des pistes cyclables est une réelle priorité offrant une alternative de qualité à la voiture. La Ville vise à atteindre un objectif de zéro émissions polluantes. Elle va jusqu’à récupérer les restes de table et de jardinage à des fins de compostage. Elle vient de lancer un projet « Imagine 2020 » qui vise à faire de Vancouver la ville la plus verte au monde dans 9 ans.

    Comparativement, les Villes Françaises ont beaucoup de retard.

    En France, l’écologie se parle. Au Canada, elle se vit par des actes. C’est une grande différence.

  • Cantonales 2011 et le sens du relatif …

    L'opinion française évolue vers l'opinion américaine de façon considérable dans ses comportements.

    Aux Etats-Unis, dans des circonstances ordinaires, l'impact de la dernière semaine avant un vote est considérable : plus de 30 % des électeurs se décident dans la dernière semaine.

    C'est le chiffre des cantonales du 20 mars 2011 en … France.

    L'enquête Louis Harris pour Le Parisien révèle que 10 % des votants ont décidé le jour du scrutin et 24 % des votants ont décidé la dernière semaine avant le vote…

    Quand il s'agit de tirer des enseignements durables sur un échantillon composé de moins d'un électeur sur deux et au sein duquel un électeur actif sur trois a décidé dans les 7 derniers jours, il devrait y avoir matière à laisser une place plus importante au relatif … que les débats actuels débordant de passion et de leçons supposées définitives qui devraient être vite modifiées dès le prochain scrutin.

  • « Cantonales » 2014 : le temps des ciseaux

    La réforme territoriale pour 2014 est un mélange de bonnes intentions mais d'exécutions problématiques.

    Il était nécessaire de supprimer au moins un échelon territorial. Mais pourquoi le faire à moitié à l'exemple de la fusion-non absorption entre la Région et le Département où chaque collectivité garde ses administrations distinctes donc des coûts élevés de fonctionnement ?

    Pourquoi mêler les exercices des fonctions dans des conditions qui vont professionnaliser encore davantage le corps politique français déjà terriblement coupé d'une vie professionnelle ordinaire ?

    Il était nécessaire de rétablir de l'équilibre territorial dans les "cantons" mais pourquoi le faire dans une telle opacité ? Au gré d'indiscrétions, des rumeurs de découpages et de fusions circulent. Pourquoi ne pas avoir établi des règles claires, simples, mettant à l'abri de l'arbitraire dans le découpage ? Beaucoup de "petits cantons" du Sud Isère vont être regroupés. Mais sur quelle base technique ? Comment les découpages des cantons urbains très peuplés vont-ils être opérés ?

    Il est préjudiciable que de tels arbitrages ne soient pas rendus dans la clarté la plus totale à partir de règles publiques connues de tous.

    C'est d'autant plus préjudiciable qu'avant même que le découpage actuel ait été mené publiquement à bien, le PS aurait confié à F. Rebsamen une mission de "re-redécoupage" susceptible d'être exécuté dès l'été 2012 en cas de victoire de la gauche à la présidentielle prochaine.

    Ce sont des méthodes de ce type qui alimentent l'abstention et des votes de colère. Pourquoi l'opinion est-elle maintenue à l'écart de ce qui est "sa propriété" : la démocratie donc les conditions de découpage. Et pourquoi un parti prend-il déjà le principe de tout remettre sur la table en cas de victoire ?

    Ces jeux politiciens abîment la vie démocratique et fragilisent gravement l'exercice de la représentation.

  • Cantonales 2011 Isère : les 7 enseignements techniques majeurs

    Le scrutin du 20 mars 2011 apporte 7 enseignements techniques majeurs :

    1) La fin de la France des cantons : avec un taux d'abstention record, une logique institutionnelle prend fin dans l'indifférence. C'est un système totalement déconnecté des évolutions démographiques. Dans une Assemblée Départementale, un élu de 1 500 électeurs avait la même voix qu'un élu de 15 000 électeurs. Rarement des inégalités démographiques aussi fortes auront été préservées aussi longtemps. Dans trois ans, le nouveau scrutin devrait permettre d'évoluer vers une meilleure égalité démographique entre les territoires ; ce qui était indispensable.

    2) L'UMP 38 en fond de cale : il fut un temps où le label UMP assurait une présence au second tour avec possibilité de victoire. Puis ce fut la "présence – témoignage" au second tour sans possibilité de victoire. Maintenant, c'est ne plus être au second tour tout simplement. Dans le ressort de la Métro, c'est à dire dans l'agglomération grenobloise, dimanche prochain, aucun candidat UMP n'est en course. Tous les candidats UMP ont été dévancés par des duels mettant en présence le PCF, Le PS, les Verts ou le FN. C'est du jamais vu dans toute l'histoire électorale de l'agglomération grenobloise que la disparition de la représentation d'une formation politique. Il faut aller dans le Voironnais pour retrouver une présence UMP au second tour.

    3) La poussée du FN : une nouvelle fois les enquêtes ont logiquement annoncé la poussée du FN. Dès que la droite classiques était divisée avec la présence d'un DVD, le FN a atteint un seuil qui le place devant l'UMP. Cette poussée, c'est le cumul de la "France qui a mal" (chômage, perte de pouvoir d'achat) et de la "France qui a peur" (insécurité, immigration). Le FN effectue une percée dans les cantons "populaires" confirmant là aussi qu'il est devenu le premier parti dans le vote des ouvriers et des employés. Il est donc naturel de le retrouver tout particulièrement sur Fontaine, Echirolles, St Martin d'Hères.

    4) La progression des écologistes : sur Grenoble, les écologistes sont une force politique qui égalise le PS. Le plus important réside dans l'extension dans le péri-urbain. Nous avions signalé cette perspective. La percée pronostiquée est intervenue à St Egrève, à Villard de Lans notamment. S'agissant du Sud Isère, c'est peut-être la prochaine circonscription des écologistes. La députée sortante (PS) est à la peine sur le Canton de Corps. Une circonscription qui n'a révélé aucune surprise avec l'élection d'une DVD sur Monestier de Clermont, petit canton de 2000 votants, où le PS ayant parachuté un inconnu habitant le Nord Isère est devancé par les écologistes face à une candidate DVD qui a manifestement bénéficié de très gros moyens et d'un contexte local très favorable.

    5) La disparition du centre : le centre n'existe plus. Dans le meilleur des cas (Vienne Sud), il plafonne à 6 %. C'est la disparition d'une sensibilité qui, depuis 2007, n'est plus parvenue à garder une identité entre le PS et l'UMP. Cette disparition intervient au moment où les écologistes progressent dans l'agglomération grenobloise ; ce qui ne peut que mettre en difficulté le socle de la majorité municipale grenobloise reposant depuis 2008 sur une alliance avec le Modem et non plus avec les écologistes. Or les premiers (Modem) fondent comme neige au soleil tandis que les seconds (écologistes) progressent toujours davantage …

    6) Il s'agit d'une élection intermédiaire supplémentaire dominée par une logique protestataire : la vie politique française est désormais structurée entre les "élections de pouvoir" (Présidence et municipales) et les "élections d'humeur" (européennes, régionales et cantonales). Dans le premier cas, l'opinion ne "plaisante" pas : elle se déplace, vote pour un pouvoir qu'elle identifie sur le plan national ou le plan local (le Président ou le Maire). Dans le second cas, elle témoigne son humeur face à la politique nationale. Les élections intermédiaires ne peuvent donc servir d'extrapolation pour les présidentielles ou les municipales en raison de ce changement d'ambiance.

    7) La classe politique classique (UMP et PS) est manifestement déstabilisée par le FN et par les écologistes : les votes pour le FN et pour les écologistes sont certes protestataires mais ils témoignent d'abord la volonté d'un "autre système" quand pour 68 % des électeurs les différences entre le PS et l'UMP sont difficiles à percevoir.

  • Elections 2012 et réseaux sociaux : Facebook et Twitter bientôt dépassés ?

    Dans la course permanente aux outils de réseaux sociaux susceptibles de changer les méthodes des campagnes électorales pour les rendre toujours plus efficaces, deux instruments connaissent actuellement un développement accéléré grâce à leur logique de géolocalisation : Foursquare et SeeClickFix.

    Et si les réseaux sociaux influents pour les élections 2012 étaient déjà au-delà de Facebook et Twitter ?

    Il ne s’agit pas encore de conclure à leur déclassement mais constater que, dans l’actuelle préparation des campagnes américaines, les investissements importants concernent les fonctions de Foursquare et SeeClickFix.

    Ce sont des réseaux qui géolocalisent les informations. Il s’agit là d’une clef particulièrement importante lors d’une campagne électorale.

    Dennis Crowley est l’un des fondateurs de Foursquare (2009) et son business model fait l’objet actuellement de l’attention prioritaire de la quasi-totalité des sociétés chargés de la communication électorale aux Etats-Unis.

  • Agglo de Grenoble : Bernard Gallizia ouvre un débat de fond : enfin !

    Bernard Gallizia ouvre aujourd'hui dans un quotidien régional le débat sur le SCOT (schéma de cohérence territoriale) dans l'agglomération grenobloise. Enfin un débat de fond sur un sujet majeur !

    Depuis 1995, l'agglomération grenobloise a connu une pensée unique sans précédent sur la base d'un schéma binaire d'une simplicité implacable : ce que fait la majorité PS – Verts – PCF est bien tandis que la droite doit se chamailler dans son bac à sable ! Le PS et la droite ont trouvé plusieurs profils très efficaces pour

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  • Vif – Varces – St Paul : à quand la localisation du lycée de la vallée de la Gresse ?

    Je tiens à exprimer ma totale désapprobation devant la politique d'urbanisation actuellement mise en oeuvre sur le Sud du Canton de Vif.

    C'est une désapprobation sur la méthode, sur le contenu et sur les conséquences probables.

    Sur la méthode, j'ai toujours considéré que la démocratie veut que les décisions soient de la compétence des élus et non pas de techniciens "envoyés au feu" pour défendre une variante qui, en réalité, est le choix des élus. Les méthodes qui consistent à demander à des prestataires ou à des fonctionnaires

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  • 2012 et les tranches de vie

    Pour retrouver l’intérêt de l’opinion, le débat politique français doit se réconcilier avec trois attentes :

    – sortir de débats convenus porteurs de sujets tabous : le politiquement correct a progressivement installé une pensée unique qui bride l’espace des discussions. Il y aurait ainsi des dogmes à ne jamais contester. C’est une logique étonnante dans un pays qui se veut historiquement celui de la pensée et de la liberté que d’avoir progressivement exclu des pans entiers de débats,

    – raccrocher la politique à la vie de tous les jours : où est la finalité même de l’action politique ? C’est que la vie de tous les jours puisse aller vers le mieux. Dès que la politique décroche de la vie, elle perd son sens et son utilité,

    – faire vivre une offre plurielle parce que ce pluralisme est assurance d’émulation donc à terme de la qualité de choix.

    Le 31 mars 2011, Nicolas Dupont Aignan publie un ouvrage sur l’euro, les banquiers, la mondialisation. Il a bien réussi le clip de lancement à l’exemple de la vidéo ci-dessous qui montre sa volonté de raccrocher son ouvrage à la vie de tous les jours. C’est un ouvrage qui aura le mérite de secouer les idées admises. Peut-être fera-t-il enfin engager un débat sur de véritables sujets de fond ?

    http://www.dailymotion.com/swf/video/xhl9d3?width=560&theme=none
    L'arnaque du siècle 2 par dlrtv

  • Cantonales : Brigitte Périllié « fête » un décevant anniversaire de ses 10 ans de mandat cantonal

    Il y a 10 ans déjà, Brigitte Périllié infigeait alors une double défaite au Maire sortant de Vif de l’époque, le battant aux élections municipales d’une courte tête et le battant très largement aux élections cantonales.

    Qu’en est-il 10 ans plus tard ?

    Brigitte Périllié est confrontée à la crise d’un territoire empêtré dans des polémiques permanentes qui bloquent les projets.

    Elle est aujourd’hui fragilisée puisque le Maire sortant qu’elle avait battu en 2001 a pris « sa revanche » en 2008. Le mot « revanche » paraît très approprié en l’espèce tant l’animosité personnelle semble considérable à la lecture des déclarations musclées échangées entre les intéressés.

    Sous des aspects polis, Brigitte Périllié est probablement d’un tempérament très dogmatique. Cette ex- adjointe au Maire de St Egrève, parachutée en 2001, s’est engagée dans la cause des « femmes » et en dehors de ce sujet il est difficile de lui trouver d’autres thèmes permanents de prédilection. De 2001 à 2008, la Mairie de Vif lui assurait une logistique et des moyens évènementiels. Faute de cette logistique, il est bien difficile de citer un dossier cantonal qui ait avancé depuis 2008 même au niveau de base d’animations locales.

    Si, pour son premier mandat (2001-2008), elle avait pu compter sur l’élan des investissements considérables concrétisés par son prédécesseur (nb : en septembre 2001, Brigitte Périllié a inauguré le collège de Varces financé et construit du temps de son prédécesseur sans même le convier à cette ouverture ce qui en dit long sur le niveau de « tolérance » de l’intéressée …), pour le second mandat, elle est à la remorque des dossiers municipaux que les élus concernés gèrent de façon solitaire ou directe avec les services du Conseil général.

    Les réunions de concertation intercommunale sous l’initiative du Conseiller Général ont pris fin. Des Maires se vantent même de traiter directement avec le Président du Conseil Général qu’ils rencontreraient en l’absence de Brigitte Périllié ; ce qui est un déclassement grave de la fonction même de représentante d’un canton.

    Bref, c’est le mandat de la crise généralisée. Tout semble rompu : du dialogue comme des projets.

    Elle a gagné de peu en mars 2008 dans des conditions pourtant particulières. Elle fut la seule candidate de toute la gauche sans la moindre candidature d’un Vert, d’un PCF ou même d’un extrême gauche. Déjà seule à gauche, elle a pu compter sur l’aide d’une partie de la droite sarkoziste qui avait alors inventé, avec un sens d’anticipation, les « candidats masqués » puisque des « sans étiquette » mais UMP encartés l’ont significativement aidé par de multiples moyens : depuis une dissidence habilement manoeuvrée jusqu’à des appels de votes discrets mais avérés. Même dans ce contexte très favorable, Brigitte Périllié a été minoritaire dans 4 Communes sur 6 !

    Tout ce « petit monde » se déchire désormais de façon quasi-hebdomadaire pour se passer le mistigri des échecs devenant souvent une caricature de proximité des travers qui poussent l’opinion dans l’abstention ou des votes extrêmes.

    C’est donc un triste dixième anniversaire pour les contribuables du Canton de Vif  que cette date de mars 2001 car les aides départementales ont comparativement fondu comme neige au soleil et faute d’assister à des débats sur des projets, c’est le temps des querelles tous azimuts.

    Le canton de Vif est ainsi devenu un triste exemple d’une couverture institutionnelle qui n’existe déjà plus dans les faits dans l’attente de la mise en oeuvre de la réforme territoriale de mars 2014.

  • Cantonales 2011 : J – 5 : Vienne Sud ou la bataille du Nord Isère

    En préalable, il importe de rappeler l’estimation nationale donnée hier par Louis Harris pour le vote des cantonales :

    – 32 % PS ou Divers Gauche

    – 28 % UMP ou Divers Droite

    – 15 % Front national

    – 10 % Front de Gauche

    – 9 %  Verts Europe Ecologie

    – 2 % Modem

    – 4 % Extrême Gauche + divers

    Mais surtout, 29 % des personnes qui ont indiqué une des intentions de votes ci-dessus déclarent pouvoir changer d’avis d’ici le 20 mars.

    Ces tendances donnaient pour l’essentiel sur le plan national :

    – avantage au PS,

    – poussée du FN mais dans des conditions plus limitées que pour la présidentielle en raison de critères de votes différents,

    – score moyen des Verts mais pour une température prise avant la dramatisation de la catastrophe nucléaire du Japon,

    – effondrement du Modem puisqu’il perdrait la moitié de sa base électorale des régionales de mars 2010.

    Voilà la situation nationale la plus récente.

    Cette situation nationale sera actualisée dans la semaine. Elle permettra d’établir des comparaisons avec les scores locaux.

    C’est là que le Canton de Vienne Sud est intéressant.

    1) Le Nord Isère est aujourd’hui le dernier bastion de la droite en Isère. Les années 80 étaient marquées par la présence de la droite dans l’agglomération grenobloise et celle de la gauche dans le Nord Isère avec la figure emblématique de Louis Mermaz. Les années 2000 ont totalement inversé cette situation.

    Par conséquent, l’analyse des scores sur Vienne est très importante dans la perspective de 2014.

    2) Le Canton de Vienne Sud sera d’abord un test pour la présence du Modem dans cette ville avec la candidature d’une responsable dynamique : Michèle Cédrin. La cantonale permettra de calculer sa valeur ajoutée personnelle par rapport à la norme nationale.

    3) Si le PS gagnait ce Canton, qui est à droite depuis 1985, ce serait une terrible alerte pour la préparation de 2014. C’est une situation qui parait peu probable. Mais elle ne peut être totalement exclue. Avec deux Conseillers généraux sur 2, le PS partirait alors rapidement à la conquête des municipales sur la Ville de Vienne qui est la Capitale du Nord Isère. A l’exemple du PS sur Grenoble avec le dossier de la succession de M. Destot, la droite est confrontée à un enjeu de nouvelles générations sur le Nord Isère. C’est sa capacité à gérer cet enjeu avec intelligence qui rythmera la durée de son implantation dans ce territoire aux portes de Lyon.